( 17 janvier, 2017 )

Vivre vraiment, c’est avoir une passion

Je fais partie des convaincues qui pense que seule la passion nous garde en vie. Fréquentant bien malgré moi, les couloirs des maisons médicalisées, je ne rencontre que des corps sans âme, déjà vides de vie, vide d’envie. Tant de personnes ont la chance d’être encore en bonne santé, et s’enlisent dans une coquille vide oscillant entre travail, repas, télé, sans rien changer, sans rien vouloir, sans même en avoir conscience, un peu comme les simples d’esprits. Au fond, ils n’en souffrent pas puisqu’ils ne savent pas. C’est nous qui souffrons pour eux. Ils n’ont plus de passion au fond des yeux. Il faut dire que dans notre société, on nous la coupe vite notre passion, jugeant, critiquant, nous obligeant à douter.
C’est douloureux de ne pas savoir, de ne pas toujours être sûr de soi.
Un peintre avec son pinceau va barbouiller sa toile de couleurs jusqu’au jour où il entendra une critique. Là, il va hésiter, ne plus oser. Sa passion va se faner.
Un écrivain verra son encrier sécher, un bricoleur rangera ses outils.
Pourtant tous ne vivent qu’au travers de leurs passions, ne sont rien sans ces émotions.
Quant à l’amour, cette folie qui attrape autant les jeunes que les octogénaires, cette force qui va s’installer prête à tout dévaster, pourquoi une fois encore la stopper, la réduire en cendres. Pourquoi surtout fait-elle si peur ?
Je fais partie de ces personnes passionnées, qui vivent totalement au travers de leur art, de leur désir, de leur propre folie, et qui en sont fières.
J’ai eu une vie bien remplie où longtemps j’ai gardé mes passions verrouillées. Aujourd’hui, je n’ai peur de rien ni de personne, juste du temps qui passe et qui lui seul peut mettre le mot fin à ma vie. En attendant, je m’éclate à travers mes mots, à travers tous les plaisirs que j’aime savourer, toutes les minutes qui accompagnent ma respiration. Je ne sais pas si c’est cela le bonheur, mais cela y ressemble. Une chose est sûre, je vis tout simplement …

( 16 janvier, 2017 )

La naissance du premier enfant

Aujourd’hui, mon fils ainé à trente-quatre ans. Voilà, c’est dit. Enfin, c’est écrit et pourtant cela coince un peu. Je dois me tromper, il ne peut être si « vieux » ? Pas déjà ? Parce qu’au final, cela signifie que moi aussi j’ai pris des années, que je ne suis plus si jeune, allez presque vieille, et c’est une idée terrible.
Je me souviens encore cette nuit du 16 Janvier 1983 où j’ai fissuré ma poche des eaux. J’étais toute jeune, vingt-deux ans, toute ronde, j’avais pris presque vingt kilos et bébé avait un mois d’avance. Curieusement, j’ai oublié beaucoup de choses dans ma vie, des noms, des têtes, mais je me souviens de mes cinq accouchements, sauf peut-être de la douleur, elle existait, elle n’est plus qu’idée.
Trente-quatre ans, des années de vie pour lui, pour moi aussi, un monde où on se retrouve au final qu’à certains moments, parce que la vie est ainsi, parce que l’on n’a pas besoin de dire toujours à ses enfants qu’on les aime, ils le savent …
Et puis, même si le temps a passé trop vite, même s’il ne me reste pas trente-quatre ans à vivre, je ne regrette rien, ni ces nuits blanches ni les colères ni les otites ni les caprices, ne gardant que le souvenir d’une petite main dans la mienne, un jour, hier, il y a si longtemps …

 

 

( 15 janvier, 2017 )

Ouvrir un blog littéraire

Vous êtes nombreux à me suivre et certains me demandent d’ouvrir un autre blog juste pour les chroniques littéraires. C’est gentil, mais je n’ai ni la qualité ni la motivation de mes amies chroniqueuses qui font des blogs superbes. Un argument a retenu mon attention « tu lis tellement, et tu ne prends jamais le temps de donner ton avis ». J’avoue ! Rares sont les fois où je chronique en dehors des coups de coeur, alors j’ai décidé, faute de mieux, d’ouvrir une page Facebook juste avec des avis rapides, pas des analyses de dix pages, mais juste pour vous dire, oui je vous ai bien lu, j’ai aimé ou non, car je ne fais aucune chronique de complaisance, et chacun sait que lorsque je n’aime pas, je le dis.
J’y mettrais donc les liens de mes coups de coeur de ce blog, et quelques autres traces.
J’espère que cela contentera tout le monde. J’essaie de faire au mieux.
Ma page s’appellera « la forêt des livres », Sylvie voulant dire forêt comme tout le monde le sait …
Que l’on se rassure, je ne ferai jamais d’ombres aux grandes blogueuses, par paresse, par respect, et surtout parce que même si lire reste une grande passion, écrire en est une autre, bien plus phagocytante !

https://www.facebook.com/La-for%C3%AAt-des-livres-1077023245742013/

( 15 janvier, 2017 )

La patience en amour, illusion ou espoir

Aimer jusqu’à y laisser un peu de son âme, patienter à en crever, ce pourrait être encore le thème d’un roman , non ? Et pourtant, ce n’est bien trop souvent qu’une triste réalité. On a tous ouïe un jour de ces histoires d’amour où l’un attend l’autre, indéfiniment, inexorablement, sans jamais flancher, sans jamais douter.
Attendre l’autre est certainement une merveilleuse preuve d’amour à condition de ne pas se perdre soi-même, de ne pas renoncer à vivre.
Certaines routes vont se croiser au mauvais moment, un coup de « pas de chance », vont choix volontaire ou non de ne pas se revoir pour sauver le présent, mais efface-t-on pour autant le sentiment amoureux ? Le fait de ne pas pouvoir vivre un amour peut engendrer des frustrations, des déceptions, un nouveau regard sur la personne qui partage la vie au quotidien, qui n’est pas l’autre, mais qui est tout de même là.
Pour sortir de cette toile d’araignée, certains vont choisir de tout effacer, quitte à noircir les sentiments, à les réduire en cendres, à peindre l’autre comme quelqu’un de mauvais, c’est rassurant. Le choix est alors moins lourd à porter, les regrets ou la honte aussi. Nul ne peut ni ne doit juger. D’autres vont opter pour une vie libre, sans attache, en faisant semblant de ne pas souffrir, d’être heureux, pas toujours satisfaisant. Et puis, il y a les autres, ceux qui vont cocher le mot patience en rouge.
Ce sont ces femmes ou ces hommes, convaincus d’avoir trouvé en l’autre leur double, l’âme-sœur, ils vont attendre, avec patience, amour, pensées positives, des mois voire des années. Certaines de mes amies ont vécu ainsi de jolies retrouvailles.
En tant que grande romantique, je suis très admirative sur cette faculté à attendre, car je ne suis pas patiente et le silence prolongé est pour moi synonyme de fin. Alors je m’interroge sur ceux qui ont ce pouvoir entre leurs mains, qui croient tellement en l’autre qu’ils ne doutent pas sur un retour possible. Je trouve cela magnifique et pourtant tellement illogique.
Aimer, c’est se fondre dans l’autre en gardant son identité, en ayant peur de voir tout disparaitre, cet infime bonheur, alors comment peut-on continuer à espérer lorsqu’il n’y a plus de contact ? De signe ? N’est-ce pas vivre dans une douce et terrible illusion ?
L’amour touche à notre moi profond, à notre relation première, celle qui nous a unis à notre mère, puis nous projette dans cette cassure brutale lors de l’accouchement. Certains hommes, statiquement ce sont plus les hommes, vont renoncer à aimer, quitte à tout détruire par peur d’un jour être abandonnés. Pourtant nombreux sont ceux qui vont continuer à penser à l’autre, des années après, à fantasmer sur ce qui aurait pu être, parce que l’amour est un sentiment si violent qu’il peut tout ébranler. L’amour n’est pas écrit à l’avance, il s’écrit à deux. Il peut parfois merveilleusement commencer puis s’engluer dans des sables mouvants ou à l’inverse, éclore sur un champ de mines. Le désir de l’autre, l’envie de l’autre, le besoin de se noyer dans l’autre va un jour s’inscrire comme une évidence.
Je ne crois pas en l’amour platonique, je sais que cela existe, mais je n’y crois pas. Cela s’apparente plus pour moi à l’amitié, car la ligne entre les deux est très fine. L’amour a besoin de désir pour vivre, de renouveau, de casser les barrières, de faire tomber les frustrations. Je ne suis pas en train de dire que les couples vivant depuis vingt ans ensemble ne s’aiment plus. Je dis juste qu’ils s’aiment autrement, plus amicalement, ce qui ne veut pas dire moins fort, laissant alors une place à l’arrivée d’un nouvel amour possible, plus fusionnel, plus hors norme.
Et là, rien n est impossible. Alors ? Faut-il apprendre la patience si c’est pour vivre ensuite simplement des moments de vrais bonheurs ? D’un autre côté, attendre pour rien n’est pas sain, et puis la vie est si courte … Parce qu’au final, l’amour n’est pas dans les grandes démonstrations, mais dans ces petites choses qui font des tout, dans ces petits riens qui font les souvenirs, dans ces silences qui parlent si fort, et surtout dans le pardon.
Je rappelle que tous mes articles sont stockés sur mon blog et soumis aux droits d’auteur. Merci de ne pas vous les approprier.

http://rougepolar.unblog.fr/

 

 

( 14 janvier, 2017 )

Comment choisir un bon livre ?

 

 

 

 

 

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La facilité de publier ouvre de nouvelles portes, le monde de l’édition est en train de changer. Preuve en est tous les grands éditeurs qui vont à la chasse des autoédités sur Amazone ! Avant, il fallait attendre des années pour être lu voire pire, connaître « ceux qui … ». Aujourd’hui, chacun peut oser se lancer, et même si une majorité de ces premiers romans restent des ébauches avec peu de ventes, elles ont le mérite d’exister, ce qui est le plus important.
Cette profusion de livres est une bonne chose, j’en suis convaincue qui va transformer le milieu de l’édition dans les années à venir. Ne croyez pas que cela va niveler le niveau littéraire vers le bas, simplement offrir à tous, riches et pauvres, l’accès à un type de culture en perdition. Car ne nous voilons pas la face, les jeunes ne lisent plus, sauf contraints et forcés par leurs enseignants. Pour eux, s’allonger avec un bouquin est une perte de temps. Offrir un éventail varié permet de donner une chance même infime à une jeunesse réfractaire aux mots, à de jeunes adultes préoccupés par leur smartphone, de tomber par hasard sur un livre qui leur convient. L’arrivée depuis dix ans, en masse, des livres numériques incite à ce choix possible, permettant de lire des histoires courtes et peu chères, des niaiseries parfois, de retrouver une envie.
Quant au bon livre, il n’existe pas. Un roman qui plaira à l’un ne plaira pas nécessairement à l’autre d’où l’importance des couvertures « coup de coeur », des quatrièmes accrocheuses, sans oublier le fabuleux travail des blogs qui incite à se pencher sur des romans non médiatisés.
Le choix d’un livre reste au final un grand hasard, une rencontre entre l’auteur et le lecteur, des mots qui vont faire mouche à un instant T, le regard qui va se stopper sur un titre. Nul ne pourra à l’avance dire ce que sera le best-seller de demain, et c’est bien. Faites comme moi, lisez de tout, des indés, des best sellers, des nouveautés … des perles, il y en a partout … pensez à regarder mes chroniques sur ce blog.

Et puis, n’oubliez pas mes livres en vente sur le site fnac et partenaires …

( 13 janvier, 2017 )

Chronique le corps parfait des araignées

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J’attendais avec impatience le nouveau roman de Franck Balandier, ayant eu un vrai coup de coeur pour « le silence des rails ». Je me disais très honnêtement que l’on ne pouvait faire mieux. J’ai donc lu ce roman d’une traite, sans m’arrêter, puis je l’ai refermé. J’étais seule chez moi, donc je n’ai rien dit, juste pris un thé, puis j’ai repris le livre et je l’ai relu une seconde fois. Ne croyez pas que je sois stupide, je voulais juste être certaine d’avoir bien senti la fin, le dénouement comme on dit en littérature.
Ce roman ne se raconte pas, cela gâcherait tout, chaque mot a un poids, une intensité, ne se trouve pas là par hasard. Tout se joue sur deux personnages terriblement atypiques, hors normes, tout comme le style, et bien sûr, telle une peinture par derrière, la mort, crue, violente et douce selon les moments.

Ce livre est décoiffant, stupéfiant, je n’ai pas de mots pour qualifier  » Le corps parfait des araignées ». J’ai vraiment adoré. Un roman peu ordinaire, un peu déjanté, particulier, qui ne peut laisser indifférent, une griffe que l’on trouve rarement. Une histoire à lire au travers de mots à sentir. Simplement parce que c’est beau, comme la vie, peut-être même dirions-nous en fermant le livre, comme la mort.

( 13 janvier, 2017 )

Les maladies thyroïdiennes ne sont pas imaginaires

Une fois de plus, je prends ma plume pour remettre un peu les pendules à l’heure.
Non, un malade de la thyroïde ne simule pas une fatigue, il est fatigué.
Non, un malade de la thyroïde ne grossit pas parce qu’il se gave de sucreries , mais parce que son métabolisme est déréglé, et non, un régime n’est pas impossible, mais n’est pas donné à tout le monde. Certains malades, malgré leurs efforts ne verront jamais la balance descendre, alors que d’autres auront cette chance.
C’est cela Hashimoto, cette injustice face aux symptômes, face à la maladie.
Non, on n’en guérit pas, sinon cela se saurait, mais oui, on peut avec le temps voir son système endocrinien s’améliorer.
Non, un régime sans gluten ou sans lactose ne fera pas « repousser » une thyroïde, mais pourra pour certaines personnes améliorer des douleurs de colon irritable par exemple. Là encore, nous ne sommes pas égaux !
Non, la perte de mémoire ou de concentration lors d’un dérèglement thyroïdien n’est pas signe de démence précoce, et pourra se réguler dès que le traitement sera efficace.
Non, une dépression avec une thyroïde défectueuse ne nécessite ni traitement d’anti dépresseur ni séjour en hôpital psychiatrique, juste une fois encore l’ajustement d’un bon dosage.
Lorsqu’un malade découvre cette maladie, il est affaibli, tout est détraqué dans son corps, et de nombreux médecins sont démunis face à une telle souffrance. Expliquer une maladie thyroïdienne lorsque l’on n’est pas soi-même malade est presque impossible. Comment percevoir la douleur psychique d’une personne qui se retrouve du jour au lendemain, épuisée, sans force, perdant ses repères, allant à l’aveuglette, si on ne l’a pas vécue ? L’entourage du travail, de la famille ne comprend pas ou ne veut pas comprendre, parce que cela signifierait devoir se mettre à la place des autres, ce qui est difficile dans notre société. Pour la majorité des individus, si on est debout, c’est que l’on va bien. Et bien non, avec une maladie comme Hashimoto, la grande majorité des malades vont juste faire en sorte d’aller bien, se bottant les fesses pour tenir debout, mais la destruction qui attaque leur corps est invisible mais tenace.
C’est une des raisons pour laquelle de nombreux malades tirent sur la corde, et vont « casser » du jour au lendemain d’épuisement, alors que personne n’a rien vu venir.
Une personne croisée dernièrement, ignorant que je faisais partie de ce club s’insurgeait contre ces malades qui ne cessaient, selon elle, de se plaindre. Elle n’a pas échappé à ma colère.
Non, nous, les malades de la thyroïde, nous ne nous plaignons pas souvent voire rarement. Nous voulons juste être respectés pour ce que nous sommes. Nous n’avons pas choisi de tomber malades. Nous n’en savons même pas la raison. Hérédité ? ça aussi c’est une généralité trop facile, car beaucoup d’entre nous qui ont fait la recherche « du fameux gène possible » n’avons aucune prédisposition, Tchernobyl ? J’y crois beaucoup plus, et puis il y a tout le reste, le stress, l’environnement …
Est-ce vraiment important d’en connaître la cause ? N’est-ce pas plus important de trouver des solutions pour vivre mieux ?
Les maladies endocriniennes ne sont pas anodines. Preuve en est, contrairement à la France, au Canada ou aux States, la TSH est automatiquement réalisée lors d’une entrée aux urgences. Tous les cardiologue affirment haut et fort qu’une diminution ou accélération du rythme cardiaque est liée dans 50% des cas à un souci de thyroïde, qu’un yoyo de tension en est également, et pourtant la moitié seulement des malades sont diagnostiqués ( les témoignages le prouvent chaque jour).
Quant à la stabilisation, si elle est une évidence pour certains, cela reste un drame pour d’autres. Il faut cesser de tout généraliser. Nous avons tous une « zone de confort » différente, un corps qui va réagir différemment. La rapidité de diagnostic est donc importante, l’âge va jouer aussi, puis nous nous heurterons aux autres hormones du corps très actives durant certains moments de vie, puberté, grossesses, ménopause. Chaque malade devrait avoir une sorte de questionnaire précis afin de cibler au plus juste. Certains vont réagir positivement en bord de mer en rechargeant leur thyroide, d’autres ce sera l’inverse. Souvent, un réajustement sera nécessaire au retour. Pareil lors d’un gros stress, d’un changement de vie, rien n’est jamais acquis, et le traitement sera à vie.
Un suivi régulier sera indispensable, un soutien familial, amical, et surtout un minimum de stress. Bien vivre est possible. Hashimoto n’est pas une fatalité, mais ce n’est pas non plus une maladie bénigne liée au psy. C’est une maladie avec laquelle on va vivre tout simplement, en croisant les doigts que notre corps ne fonce pas ensuite tête baissée vers d’autres pathologies associées.

Les maladies thyroïdiennes ne sont pas dans la tête, ce sont des désordres endocri iens qui font souffrir, qui déstabilisent, qui peuvent se soigner si ce ne sont pas des auto-immunes, mais dans tous les cas, chacun est birn différent.

Je rappelle qu’Hashimoto, mon amour est toujours en vente sur le site Fnac pour encore quelques mois … et au salon de Paris le 25 Mars. Venez nombreux nous rencontrer au stand !

http://livre.fnac.com/a9389468/Sylvie-Grignon-Hashimoto-mon-amour?omnsearchpos=2

 

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( 12 janvier, 2017 )

Coup de coeur PRUDENCE ROCK d’Anne-Véronique Herter

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C’est toujours un immense bonheur de recevoir un livre dédicacé, merci Anne-Véronique. J’ai plongé dans Prudence Rock avec délice, me laissant prendre à la vie de cette jeune Prudence, happée par les mots distillés avec tendresse par Anne-Véronique.
J’ai adoré cette étude psychologique faite avec finesse et pudeur, cette personne engluée dans ses doutes, sanglée dans un corps qu’elle pense maitriser, mais qui au final n’est qu’un pale reflet de ce qu’elle est, ces appels au secours qu’elle lance que nul ne veut entendre. Au travers de ces lignes, on se met à applaudir la ténacité de Prudence, on vibre avec elle, on pleure avec elle, on tourne les pages inlassablement sans pouvoir quitter ce roman. Le style d’Anne-Véronique nous enveloppe à tel point que l’on souffre avec cette jeune de seize ans, comme si les stigmates de sa maigreur étaient palpables, comme si une apparence pouvait offrir le bonheur. Puis plongeon brutal dans la vie de Prudence adulte, cette Prudence qui se dit forte, qui n’est pourtant qu’une brindille qui plie, mais qui va s’offrir les moyens de vivre, ou de survivre, jusqu’à cette fin, si intense qu’elle nous donne une boule à l’estomac, nous incitant à tendre la main vers Prudence, de lui crier :  » Prudence, on est là … » J’évite d’en dire trop de peur de spolier.

Vous l’avez compris, Prudence Rock est un roman que j’ai particulièrement aimé, dévoré même, qui m’a laissée sans voix  ayant lu le manuscrit d’origine et ne pouvant qu’applaudir le superbe travail de réécriture, un roman à lire impérativement !
Courrez vite vous procurer Prudence Rock ! Et bonne lecture !

( 12 janvier, 2017 )

Série coup de coeur : Les voyageurs du temps

Ayant délaissé depuis déjà un an les salles obscures pour les séries tv , paresse de sortir dans les lieux publics, j’ai découvert ces dernières semaines, une série que m’avait conseillé Anne-Ju  » Les voyageurs du temps »
Le synopsis : Des centaines d’années dans le futur, des hommes parviennent à se téléporter au XXIème siècle en prenant pour hôtes des personnes sur le point de mourir. La nouvelle équipe de voyageurs doit remplir un certain nombre de missions pour empêcher la destruction de l’humanité à venir. Dans l’intervalle, chacun doit se glisser dans la peau de son hôte sans éveiller de soupçons : une jeune maman battue par son époux, un agent du FBI, un junkie, un lycéen et… une déficiente mentale.

J’adore ces séries sur la possibilité de transférer la mémoire dans un corps, de changer le futur en interagissant sur le passé. Classique ? Oui, bien sûr car ce thème revient de plus en plus souvent, mais j’ai passé un bon moment. J’ai apprécié particulièrement que le fantastique ne soit pas omniprésent. Les épisodes de la saison 1 se passent dans notre présent à nous, montrant un futur qui fait froid dans le dos ( et malheureusement loin d’être une illusion), pas d’effets de sciences fiction ni de combinaison de supers héros.
Netflix fait fort ! Toute la série est axée sur la psychologie des personnages, leurs émotions, celles de « leurs souvenirs », et pose une fois encore la dite question, et si nous pouvions changer le passé pour éviter les catastrophes d’aujourd’hui, que ferions-nous ? Stopperions-nous l’évolution d’Internet, les dégâts causées par les effets de serres ? Comment pourrions-nous changer demain et offrir un monde meilleur à nos arrières-petits- enfants ?

( 11 janvier, 2017 )

Ces hommes que l’on n’oublie pas.

Une chanson me disait récemment une amie, et le passé se rappelle à notre bon souvenir. Les statistiques montrent pourtant que les hommes souffrent bien plus que les femmes face à une rupture qu’ils n’ont pas décidée. Pourquoi ? Serait-ce parce que leur égo en a pris un sacré coup ou parce qu’à force de jouer les insensibles en surface, sous la couche, un coeur saigne ? L’amour est le sentiment le plus beau qui soit, magique, irréel que l’on dessine du bout des lèvres, du bout d’un pinceau, d’un stylo, d’une caresse. L’amour, c’est une énergie qui nous envahit jusqu’à nous rendre dépendant, pouvant nous changer. Les affinités amoureuses ne sont pas monnaie courante, c’est cette sensation presque parfaite de se sentir combler lorsque l’on se trouve avec l’autre que ce soit pour quelques minutes ou pour une vie. Ces hommes qui vont ainsi toucher notre âme ne seront parfois que de passage tel un éclair dans notre vie, parce qu’ils ne sont pas libres ou simplement pas amoureux, et pourtant ils vont laisser un sillon brûlant, un souvenir inébranlable, malgré les jours, les mois voire les années.
Pourquoi sont-ils si difficiles à oublier ? Parce que souvent nous n’arrivons pas à pardonner l’autre ce souhait de ne plus avoir de contact, nous lui en voulons de ne plus ou pas nous aimer. La colère, la frustration s’invitent alors à notre porte et plutôt que de refuser d’ouvrir, nous laissons s’infiltrer ces émotions bien trop négatives. Il faut se reconstruire après une rupture, surtout si elle n’a pas d’issue positive, surtout si on est certain d’avoir tout essayé, sinon on tombera vite dans un schéma type : dépression, rancune, violence.
Tous les psychologues sont unanimes sur ce point, il faut pardonner, ce qui ne veut pas dire oublier ou nier. Mais comment pardonner quand on a si mal ? Quand on ne cesse de penser en boucle au mal que l’autre nous a fait, à nos rêves effondrés, à ce désir non satisfait ? Tout d’abord, il est important de se dire que le pardon n’implique pas l’oubli.
 » Je sais ce que tu m’as fait, je ne l’oublierai jamais, mais j’accepte de te pardonner, de me pardonner, et de ne pas en reparler, et surtout, je te fais savoir que je ne prendrais pas ta culpabilité sur mes épaules. Ce qui est fait ne peut s’effacer. »
Il me semble primordial, et c’est le plus difficile, d’accepter la souffrance que l’on a pu ressentir et de la verbaliser.
« Je t’ai aimé à en mourir, au fond de mon âme, de mon coeur, ton abandon fut une véritable violence, même si tu ne l’as pas comprise, et je veux que tu le saches. »
Ce pardon que l’on accepte au fond de nous implique-t-il de se réconcilier avec l’autre ? La vie n’est pas un conte de fées et souvent, deux personnes n’évoluent pas au même rythme. Lorsque l’une termine son chemin vers sa reconstruction, l’autre parfois la commence juste. Très souvent, ces deux personnes n’ont plus rien à se dire, se raccrochent à un amour ancien qui n’existe plus. Souvent, on ne parvient pas à oublier ces hommes, simplement parce qu’il est sécurisant de se raccrocher à un ancien amour ou à une illusion. Tourner la page est violent, difficile et pose la question inéluctable  » Et si … Et si, il m’aime toujours, et si il est mon âme soeur, et si on pouvait juste une fois refaire ensemble le monde, et si je pouvais lui dire à quel point je l’aime Ou plutôt, je l’ai aimé … »
Au final, et si on les oubliait ces hommes qui nous ont fait tant de mal ? Parce qu’au final, s’ils  avaient voulu revenir vers nous, ne l’auraient-ils déjà fait ?

 

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