( 5 juin, 2014 )

Réussir … un challenge .. une réalité …

Hier, j’ai remporté avec mes élèves le premier prix pour mon projet injustices et devoir de mémoire. Heureuse pour mes élèves, heureuse de voir qu’un an de travail est reconnu et récompensé … C’est pareil pour un livre ! Quand je lis sur FB certaines remarques dévalorisantes à propos de tel livre ou tel autre, à propos d’une librairie qui refuse certains livres sans les avoir lus, je suis outrée !
Qui êtes-vous, vous qui vous permettez de juger un autre sans le connaître simplement sur un quand dira-t-on ? On sélectionne juste un livre sur le nom d’un éditeur, on se permet de dire : ce n’est pas Albin Michel ou Grasset. Et ALORS ? Vous allez me dire que vous n’avez jamais lu un navet venant de ces maisons là ? Moi, si ! Et j’ai plus de 5000 livres dans ma bibliothèque !!!! Alors pourquoi ne pas, une fois, une seule, faire l’inverse, regarder un livre qui n’est pas assez connu, qui vient d’une petite édition régionale ou d’une édition alternative. Mais pourquoi ne laissez-vous pas la chance à ce livre ?
Pensez à monsieur Proust, l’un des plus grands écrivains français, dont on a failli ne jamais lire un seul livre.
« Roman sans intrigue, aux phrases embrouillées dont il est «impossible d’en pouvoir rien dire» », rapporta un des lecteurs d’une grande société d’édition à qui le manuscrit avait été confié. «Je suis peut-être bouché à l’émeri, mais je ne puis comprendre qu’un monsieur puisse employer trente pages à décrire comment il se tourne et se retourne dans son lit avant de trouver le sommeil.» indiqua un autre éditeur par courrier à Marcel Proust. Ces 2 commentaires étaient relatifs à « Du Côté de Chez Swann » devenu le premier succès de l’auteur français.
A la suite de ces refus, Marcel Proust contacta un autre éditeur en lui proposant d’être édité à compte d’auteur, ce qui était donc très favorable à l’éditeur Grasset dont il était question. Bernard Grasset se souciât peu du style des ouvrages, étant plus un financier qu’un puriste de la langue. Les critiques trouvent alors un certain style à l’ouvrage, qui se vendra à 2000 exemplaires en 2 mois. Ce qui eut pour effet un « retournement de veste » de certains qui avaient refusé le livre de Proust. Ce dernier, pas rancunier, accepta de signer avec La Nouvelle Revue Française ( qui n’avait donc pas accepté le manuscrit quelques mois précédents ). Et NRF fut heureux d’avoir en son catalogue celui qui devint en 1919 lauréat du Prix Goncourt.
Ce morceau d’Histoire eut lieu il y a un siècle … Pourtant, rien n’a changé: il faut toujours faire ses preuves, persévérer, pardonner mais ne pas oublier ! En outre, il faut savoir mettre de côté les objections habituelles pour voir l’avantage primordial, comme Grasset qui édita Proust sans l’avoir lu auparavant. ( extrait trouvé sur le web)
Laissons la chance à chacun !
C’est un peu comme si moi, enseignante, je n’avais pas laissé la chance à mes élèves en leur disant juste : vous êtes trop durs? Trop faibles cette année donc je refuse de vous emporter avec moi dans mon projet compliqué !
Et bien non ! J’ai relevé tous les défis, je les ai poussés car j’ai cru en eux et ils ont gagné !
Tout comme un livre ! S’il est bon, il se vendra ! Il suffit juste que vous lecteurs, vous croyez en lui !
Alors vous aussi, les libraires, donnez une petite chance à tous ces auteurs qui en ont bien besoin ! Permettez aux livres de vivre, de se vendre !
Croyez en ROUGE … Croyez en BLANC …
Afin que vivent les rêves !

4 Commentaires à “ Réussir … un challenge .. une réalité … ” »

  1. Mars Landouis dit :

    Bien dit madame ! Même s’il est vrai que la chasse aux éditeurs reste un sujet tabou car seuls les vrais, grands, beaux ont droit au tapis rouge. Gardez votre force de conviction ! un jour vous serez sur le devant de la scène !

  2. sonia dit :

    Article très intéressant. Bravo à vous qui combiner avec art votre profession et votre passion ! Vous avez du mérite et votre réussite ne vaut que des éloges. Continuez avec fougue

  3. Pierre dit :

    Bien dit ! Assez de ces maisons d’édition qui font de l’ombre ! Pic assiette ! Y’a ceux qui ne versent pas les DA, ceux qui demandent des engagements à vie ou de 10 ou 5 ans, ceux où on doit tout payer ! Ras le bol,

  4. Josette dit :

    J’ai édité deux livres chez des très grands G… Et B .,,,
    Certes j’ai bien vendu ! Certes, j’ai été connue mais pas riche ! Et depuis huit ans plus rien … Plus d’inspiration en fait …
    Alors c’est bien de garder cette force, de croire comme vous dites en vos rêves ! Vous aurez ainsi toujours foi en vous
    Les gros éditeurs font tout mais c’est le fait de faire sa promotion qui vous permet de vous battre ! Bravo à vous Sylvie !

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