( 21 septembre, 2015 )

Ma vie a changé avec Hashimoto mais je suis vivante

Merci aux premières personnes ayant lu mon essai qui me font des retours plein de gentillesse.
Ayant peu parlé vraiment de moi dans ce livre, certains me demandent où j’en suis aujourd’hui.
J’ai donc décidé de mettre cartes sur table et de dire ce que fut ma vie et ce qu’elle est maintenant.
Avant, j’étais une femme dynamique, toujours partante pour un jogging, une partie de tennis, une ballade de plusieurs heures, des soirées interminables. C’était avant ! Aujourd’hui, je choisis avec réflexion mes sorties, préférant des promenades dans la nature ou en bord de mer, à pied ou à vélo. Je ne me disperse plus. J’ai appris à ne plus agir sur un coup de tête, choisissant mes projets de vie.
Hashimoto m’aurait-il rendue raisonnable ?
Avant, j’étais une pile électrique, enchaînant mille choses à la fois, dormant peu, épuisant presque mon entourage. Aujourd’hui, je savoure chaque minute. J’ai découvert le plaisir d’une sieste d’abord par obligation au début de ma maladie puis maintenant juste pour le plaisir de récupérer ou de me poser en lisant. Je ne brasse plus du vent autant en actes qu’en paroles, je déguste les instants précieux qui jalonnent ma route.
Avant, j’étais une gourmande, me goinfrant de glaces, chantilly, et aliments bien gras. Aujourd’hui, je n’ai plus d’autres choix que de supprimer les laitages et limiter les mets pouvant dérégler mon organisme. Qu’à cela ne tienne ! Je suis toujours gourmande mais je n’ai pas renoncé aux restaurants où je continue d’aller régulièrement. Faire attention, ne veut pas dire se priver. Le plaisir sous toutes ses formes restent l’élément clé d’un bon équilibre.
Avant, je supportais toutes les critiques, les réflexions malveillantes même si elles étaient injustes. Aujourd’hui, Hashimoto a laissé des traces indélébiles. Je suis plus sensible. Je m’autorise le droit de pleurer devant une scène triste, face à un souvenir qui me blesse encore, mais je choisis surtout de me protéger des personnes négatives. Je m’éloigne des conflits, fais des tris réguliers quand j’entends certains ragots revenir à mes oreilles. J’ai ainsi retrouvé une force intérieure que j’espère ne plus jamais perdre.
Avant, j’ai baissé les bras avec Hashimoto. La découverte de la maladie faisant suite à une trahison qui m’a anéantie fut terrible. J’ai renoncé à vivre un temps, m’isolant, n’ayant plus confiance en moi. Cette maladie m’avait atteinte en profondeur en me ralentissant. Je n’avais plus de repères, plus de mémoire. Je doutais de moi.  J’ai mis un an à stabiliser correctement mon traitement même si ce dernier se dérègle au moindre stress. Alors, j’ai décidé de changer mon fusil d’épaule, accepté de ne plus jamais être ce que j’étais avant ce qui ne voulait pas dire que ce que je suis aujourd’hui n’est pas mieux. Ce passage était nécessaire.
Je ne regrette ni d’avoir vécu cette maladie, ni d’avoir aimé, ni d’avoir été. Je regrette juste que certaines personnes ne soient pas revenues vers moi une fois la tempête passée, juste pour s’expliquer. On est tous otages du destin.
Aujourd’hui, je suis peut-être plus sensible, plus emphatique mais est-ce au final une mauvaise chose ? Je ne fais plus que ce que j’ai envie de faire et ne me sens plus obligée de courber l’échine que ce soit dans la vie ou dans mon travail pour faire plaisir. Je ne fais plus que ce en quoi je crois.
Oui, avant j’étais différente. Avant j’abattais un travail de titan. Aujourd’hui, je prends juste le temps de vivre. Au final, mon travail n’en est pas moins bon et surtout j’apprécie chaque instant que je vis.
J’ai toujours vécu avec passion et Hashimoto ne m’a pas changé sur ce point. J’ai juste adapté mon rythme.
Je n’ai aucun regret. Longtemps, je m’en suis voulu d’avoir cette maladie. Je me sentais coupable de me détruire. Ce n’est plus le cas. Je n’en veux à personne. Cela devait être. J’ai fait des choix, peut être que je m’étais  trompée sur certains, peut-être pas, je ne le saurai jamais. J’ai choisi de ne garder que le meilleur, les jolis souvenirs d’une période de vie qui m’ont conduit à écrire. Aujourd’hui, vous êtes nombreux à me suivre et je vous en remercie. Hashimoto m’a donné une nouvelle orientation de vie et je l’accepte car la vie est ce qu’il y a de plus beau.
On peut vivre avec Hashimoto. Personne ne sait ce que fait votre thyroïde à l’intérieur de vous. On oublie souvent que vous êtes malade. Au final, c’est bien. Faites simplement comprendre à ceux qui se posent des questions comment et pourquoi vous avez changé. C’est important de mettre vos propres mots sur vos maux. Que vous soyez atteinte de cette maladie ou d’une autre similaire, invisible, vous transformant de l’intérieur, n’ayez pas peur de le dire. Vous en avez  le droit d’être différent mais surtout de restez vivants !
Pour rappel : Hashimoto mon amour aux Editions Les Ateliers de Grandhoux.
Commandes possibles directement à l’éditeur ou dans les librairies.
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4 Commentaires à “ Ma vie a changé avec Hashimoto mais je suis vivante ” »

  1. Etienne Renaudon dit Tienou dit :

    Vivre des changements radicaux au cours de sa vie marque bien souvent beaucoup plus qu’on ne pense.
    Vivre une vie agitée (parce que je pense que c’est ainsi que l’on doit parler face à l’hyper activité) n’est jamais une source d’épanouissement. J’ai trop vu de gens s’effondrer après un tel déchaînement.
    Devoir se reconstruire quand la chute, de plus, vient d’une grave altération de la santé relève du grand art. je ne peux qu’être admiratif de ceux qui en passe par là et donc en l’occurrence de toi.
    Mais tu as raison, de la sorte dont tu t’es défendue, ce que tu as préservé dans ta vie, c’est une expérience forte et sûrement un grand fondement de ta vie à venir.
    Et si comme cela se présente avec une belle reconnaissance de la part de tes lecteurs, alors oui, c’est une belle œuvre!

  2. amie dit :

    Joli témoignage… qui me redonne un peu d’espoir.
    Hashimoto depuis plus de 15 ans, et toujours pas équilibrée. Actuellement dans une phase difficile, je désespère. Un petit rien me demande tellement d’énergie, c’est un combat au quotidien.
    J’aimerai tellement sortir de cette impasse, avoir la même vision que vous, peut-être le temps me le permettra-t-il…
    Je vais essayer de trouver votre livre.
    Merci pour ce rayon de soleil !

  3. tiffany dit :

    C’est un beau texte…qui me fais echo. Pour ma part, diagnostiquée il y a un an 9 mois maintenant et j’ai du mal à me faire à ce changement perpetuel; J’ai changé et j’ai du mal à me retrouver et à m’y retrouver. Est on à vie différents lorsque l’on a Hashimoto? je pensais qu’avec le traitement je pourrais retrouver une certaine stabilité mais j’ai l’impression que ca n’arrivera plus. Ton message donne espoir meme si je desespere un peu de faire le deuil de la personne que j’étais….

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