( 7 octobre, 2016 )

La difficulté du mot FIN

Qu’il est difficile pour un auteur d’écrire la dernière ligne d’un manuscrit puis de le fermer. Si vous êtes comme moi, c’est un vrai déchirement, presque une angoisse. Clôturer un roman, c’est quitter nos personnages avec qui nous avons passé tant de temps, partagé tellement d’émotions, ri, pleuré, jusqu’à parfois nous fondre dans leur « réalité ». Le plus dur reste lorsque notre plume donne le coup de grâce en faisant définitivement disparaître un de nos héros. C’est alors une amie, un amant, un frère que nous perdons, une partie de notre être. L’adieu sera douloureux, mais nécessaire tout comme dans la vie. Un roman n’est au final que le reflet des comportements humains et chacun sait qu’il faut parfois, même si c’est difficile, cruel, apposer le mot fin à une situation ou à une relation.
Terminer un livre ne se fait pas au hasard, l’intrigue est aboutie, réfléchie. Dans la vie, ce sera la même chose. Décider sur un coup de tête de tout stopper est une ineptie. Un tel choix ne doit pas être pris à la légère, seulement une fois cette option envisagée avec certitude, il ne faut plus faire marche-arrière.
Je méprise profondément certains types de personnes qui s’avèrent tellement lâches qu’elles vont rompre une relation par sms, mail voire pire sans explication, sans donner de nouvelles. J’apparente ce comportement à une véritable perversion psychologique, un manque de respect. Que ce soit dans une relation familiale, amoureuse ou amicale, si cette relation a existé, c’est qu’elle a puisée son essence dans une complicité. Rompre sans un remord, sans une once d’empathie est digne des pervers narcissiques, ces individus sans scrupule. Ce genre d’attitude incite l’autre à se ressasser les bons souvenirs, à s’imaginer avoir raté quelque chose. C’est une grave erreur. Le passé est définitivement fini. Place au présent qui lui prend toute son importance. Mettre une fin décente est donc indispensable afin de pouvoir se libérer des chaines qui entravent une avancée, pour retrouver une estime de soi souvent bien amochée, pour surtout renaître tout simplement.
Tout comme un écrivain restera parfois quelques jours voire quelques semaines sans écrire une fois le mot fin apposé, tout être humain aura besoin d’une période de calme pour se reconstruire. Quoiqu’il en soit, la vie est faite de multiples fins et il serait stupide de sombrer lors de chacune d’elles. Prenons ces fins comme des cadeaux nous offrant l’opportunité de vivre une expérience encore plus belle, encore plus forte. Se dire surtout que si ce mot « fin » fut écrit, c’est que ce n’était pas un hasard. Une fin dramatique ne pourra jamais se récupérer et continuer à espérer serait persister dans une souffrance possible.
Sachons tourner la page avant de se faire du mal. N’ayons pas peur de fermer un chapitre pour en avoir un nouveau. Mettre une fin est toujours difficile, mais quel bonheur de pouvoir ensuite recommencer un nouveau livre !

1 Commentaire à “ La difficulté du mot FIN ” »

  1. Tienou dit :

    C’est vrai, bien souvent nous n’aimons pas la fin!
    Ce doit être que la vie continue, toujours, que ce soit avec nous, sans nous, même dans ce définitif instant qu’est le dernier souffle.
    Alors oui, nous autres auteurs on paraphe difficilement le lot de pages de notre histoire en cours… C’est ce qui a dû m’inciter à créer les pages de facebook, prolongement de mes livres, qui en deviendront d’autres peut-être un jour ;-)

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