( 16 mars, 2017 )

Apprivoiser l’absence

La vie ressemble souvent à un champ de batailles que nous traversons bien malgré nous, heurtant par vagues des pertes douloureuses, des échecs, des erreurs, essuyant des revers, des déceptions. J’entends toujours dire que c’est simple, qu’il suffit de comprendre pour avancer, qu’il faut pardonner pour recommencer, qu’il faut oublier pour se relever.
C’est la théorie fort jolie enrobée d’un papier rose bonbon, mais la réalité est bien plus complexe. Perdre quelqu’un que l’on aime que ce soit par le biais d’une rupture, d’une trahison, d’un décès n’est pas facile à surmonter. Le mot fin s’inscrit bien au-delà de l’absence emportant son lot de questions, de phrases non dites, de larmes contenues. Le pourquoi sèche sur les lèvres. Pourquoi m’a-t-il fait cela ? Pourquoi a-t-elle douté de moi ? Pourquoi est-il parti vers l’éternité, si tôt, car il est toujours trop tôt.
Alors va se dessiner cette période transitoire, longue, dévorante, déstabilisante que seuls ceux qui l’ont déjà vécue peuvent peut-être comprendre, celle où on va apprivoiser l’absence, tenter de combler ce vide qui pourtant semble un gouffre.
Les autres vont juger, soupirer, puis se détourner, parce que ce creux qui s’est formé n’a pas de nom ni d’odeur, il n’appartient qu’à la personne concernée, ne peut-être ressenti que par elle, au final il est.
Un jour, la douleur devient moins forte, l’oubli se pare de transparence sans pour autant disparaitre. Un coup d’oeil sur le sablier du temps montre que des mois voire des années se sont écoulés, tant que cela crie la raison, hier hurle le coeur.
Rien ne s’efface complètement, revenant par vagues, aux dates des souvenirs, telles des clochettes sonnant dans la nuit, et puis un jour, on pourra enfin repenser à ces pertes que l’on a tant aimées avec juste au coin des lèvres, un sourire de nostalgie.

À Chistophe, mars 1985- Avril 1988

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