( 19 mai, 2017 )

Eh, c’est à toi que je parle !

Petit clin d’oeil à ces actes manqués parfois par orgueil ou stupidité.

 

« Eh, stop, arrête-toi, oui toi, ne fais pas semblant de ne pas me voir. J’existe, tu ne peux le nier. Je ne suis pas un fantôme désincarné. Ne passe pas ainsi sans me regarder, comme si je n’existais pas, comme si tu ne me connaissais pas. Ne m’oblige pas à t’attraper par le bras. Ce dédain dans ton regard, je déteste cela. Que t’est-il arrivé ? Tu étais si charmant, si attentionné. Tu ne peux avoir ainsi changé.

Ne m’oblige pas à élever la voix, je ne le supporte pas. Je ne te demande presque rien, juste de croiser mon regard. Tes yeux ne mentaient pas, tout comme tes silences. Alors pourquoi ? Pourquoi fais-tu semblant de ne pas me voir ? Ça y est, te voilà accaparé par ton fichu téléphone. C’est facile pour faire diversion, pour fuir une réalité qui te remettrait en question. Je parie qu’il n’y a personne qui t’appelle, que tu fais semblant, encore, juste pour te donner une contenance, juste pour ne pas affronter mes sentiments. Ne me dis pas que tu as peur, que la culpabilité te ronge, pas toi, je ne le croirais pas, tu es tellement sûr de toi. Bien sûr que tu étais trop bien pour moi, tu crois que je ne le savais pas, et alors ? Au cas où ça, tu ne le savais pas, l’amour ça ne se commande pas, ça arrive sans prévenir, ça s’installe et ensuite c’est pire que du chewing gum, on n’arrive plus à s’en débarrasser. La preuve, tu crois que je n’ai pas essayé de t’oublier ? Je n’ai fait que cela, même prier un Dieu qui certainement n’existe pas, puisque là, à te croiser, je n’ai juste qu’une envie, sentir ton regard se poser, voir un sourire se dessiner, et puis, ne t’énerve pas je peux rêver, sentir ta bouche déposer sur ma joue un baiser.

Bon sang ! Tu m’as dépassée sans t’arrêter, sans te retourner. Serais-je défigurée ?

Aurais-je pris tant d’années ? Peut-être tout simplement ne m’as-tu pas reconnue ? Peut-être que ta mémoire s’est effacée ? Que l’hiver s’est installé ? C’est vrai que les années se sont égrainées, c’est vrai à bien y penser, tu as sacrément changé. Tu es plus vouté, moins enjoué, presque déprimé. Ne me dis pas que t’es malheureux ? Que tu t’es planté ? Que t’as mal choisi ? Je ne le supporterais pas. J’ai tout accepté pour toi, pour que tu sois heureux loin de moi. Est-ce que nous nous serions trompés ? Arrête, je voudrais juste savoir, juste te demander. Trop tard, tu es déjà loin. Pourquoi t’ai-je laissé passer ? pourquoi n’ai-je pas osé ?

Il ne me fallait juste que quelques secondes pour peindre ton sourire, et je t’ai laissé partir, mais c’est promis, la prochaine fois, c’est moi qui me retournerais, et je te jure, je te sourirais.

Texte protégé @

 

Pas de commentaires à “ Eh, c’est à toi que je parle ! ” »

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|