( 26 mai, 2017 )

Un livre peut-il être définitivement mort ?

Le monde de l’édition est en crise. Je suis peinée lorsque je vois le nombre de petites ME qui ferment leurs portes ou lancent des souscriptions ulule pour sauver leurs boites. C’est triste pour ces éditions, mais elles connaissaient les risques en se lançant de tels défis à une époque où seules les grosses enseignes font du bénéfice.Faut-il pour autant renoncer ? Si c’est pour un rêve, non, il faut toujours au moins essayer.

Seulement, je pense à ces romans, ces ouvrages qui vont prendre la poussière, qui d’un coup se retrouveront sans lecteur, ceux dont la publication va s’arrêter nette, pilonner pour diverses raisons. Un livre qui n’aura vécu que le temps d’une saison, d’un été parfois, et qui disparaîtra dans l’oubli à jamais.

Je ne suis qu’une gribouilleuse de l’âme, je pose les mots sans rien attendre en retour.

Je n’ai pas commencé à écrire pour des potentiels lecteurs juste pour laisser très égoïstement une trace de mes pensées, ne pouvant souvent le faire autrement. Dans une conversation, je parle, mais je n’exprime jamais mes pensées me contentant d’écouter. Mes mots me permettent d’une certaine façon de poursuivre un dialogue souvent de sourds. N’avez-vous pas remarqué comme les gens aiment s’écouter argumenter ? Sans jamais surtout accepter la réponse de l’autre !

J’ai eu la chance dès le départ d’être lue, peut-être simplement parce que mes mots parlaient vraiment, s’en sont suivis les réseaux sociaux, mes textes favorisant une interaction souvent très riche. Certains de mes livres sont déjà des reliques au bout de moins de trois ans et ne sont plus que peu vendus, en particulier mes romans, contrairement à mes polars qui continuent à être découverts très régulièrement. Dernièrement, j’ai appris que j’avais eu plus de 186 emprunts de Rouge encore cette année dans une médiathèque. Cela signifie que ce polar est découvert en continue. Quant à mes Carlas, qui tombent dans l’oubli, c’est le lot de ce monde où tout est éphémère. Dois-je en conclure que ces romans sont morts ? Pas nécessairement, après tout, ils sont tous rangés en rangs d’oignon dans ma bibliothèque, et parfois, un invité, un curieux, de passage dans ma vie, va y jeter un regard discret, me l’emprunter et le faire ressusciter le temps d’une lecture.

Peut-être un jour, dans une cinquantaine d’années, mes descendants trouveront  ces livres, les liront. Riront-ils ou pleureront-ils sur cette société désabusée qui n’a même plus envie de sa battre pour ses idées ? Il est possible qu’ils y puisent simplement des leçons afin de reconstruire une nouvelle réalité, meilleure, c’est ce que je peux vraiment leur souhaiter.

3 Commentaires à “ Un livre peut-il être définitivement mort ? ” »

  1. handiparisperpignan dit :

    tout juste et merci pour tes mots si formidables

    Dernière publication sur Les mots d'Ysabelle : Quand je vois ce que je vois...

  2. Tienou dit :

    Tout livre a deux vies, au moins. Celle que lui fait suivre l’auteur, de l’imagination à la création jusqu’au point final. L’attend alors sa seconde vie, celle que lui donnent les lecteurs, autant de vies différentes d’ailleurs pourrait-on dire !
    Et il arrive qu’il pérennise sa vie en ermite, juste, à peine un augure que l’on vient consulter à la dérobée.
    Mais c’est une belle fin, en quelque sorte, celle dont rêvent peut-être bien des penseurs ;-)

  3. Elisabeth dit :

    Il y a tant à lire, tant de livres qui attendent dans les librairies, qui sont alignés dans les bibliothèques, sur les étagères dans les maisons, les écoles… mais aussi des livres jetés dans les poubelles, à la déchetterie. Bon week end Sylvie.

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