( 13 juin, 2017 )

Ces douleurs que l’on ne voit pas

 

Notre société juge, critique, montre du doigt tout ce qui n’est pas dans la norme, cette norme instaurée par des hommes, cette norme que l’on a décidée comme vraie.

Comment un individu peut-il juger la souffrance d’une autre personne ? Il n’y a pas d’échelle pour mesurer la douleur mentale, il n’y a pas de règle pour définir qu’une personne a plus mal qu’une autre.

Je refuse que l’on mette la population mondiale dans un même sac. Nous ne sommes pas des objets, mais des individus avec des émotions, des réactions, des sentiments.

Une maladie comme celle que je vis au quotidien peut s’avérer supportable la plupart du temps, et j’ai cette immense chance, mais d’autres vivent un enfer. Est-ce une raison pour les montrer du doigt ? N’y a-t-il que les handicaps que l’on voit qui ont droit à la compassion ?

Une personne dépressive va parfois escalader des montagnes, seule, sans un regard de compassion, parfois va devoir cacher son problème simplement parce que le montrer serait une condamnation à mort ! Comment ces personnes peuvent-elles un jour retrouver la paix en eux-mêmes si on leur fait croire qu’elles vont bien ?

Quant au burn out, bien à la mode, nous assistons dans le milieu du travail des réactions de plus en plus égoïstes, nous vivons de plus en plus sous pression. Il faut des résultats, peu importe comment les obtenir. Toujours plus, peut-être simplement pour faire oublier ce qui ne va pas.

Notre siècle devrait vivre sans ces douleurs. Il a sa disposition des moyens qui n’existaient pas avant. Peut-être devrions-nous simplement réapprendre à regarder l’autre avec de nouveaux yeux ? À accepter que l’autre puisse être différent ?

Pour ne reprendre que le cas des maladies thyroïdiennes, je vois parfois des commentaires sur les groupes d’une grande violence même si c’est inconscient.

Un malade a le droit de dire qu’il va mal. Il a le droit de ne pas se sentir bien même s’il a une norme correcte. Il a le droit de vouloir être écouté, cela ne veut ni dire qu’il est « douillet » ni paresseux.

On n’aura pas plus de médailles ou de reconnaissance à taire sa douleur. J’en sais quelque chose, ayant par orgueil ( car j’ai conscience aujourdhui que ce n’est que de l’orgueil) refusé de m’arrêter durant plus de 35 ans !!!! Depuis deux ans, j’annonce à chaque rentrée scolaire que j’ai une maladie auto-immune qui peut m’imposer de m’arrêter quelques jours. Finalement, on respecte ma maladie, les élèves aussi, et je pense être finalement beaucoup plus performante, puisque lorsque je vais bien, j’assure !

Acceptons ces maladies invisibles, osons en parler sans honte, quant aux médecins et soignants, écoutez ce que l’on vous dit sur notre corps, sur notre ressenti. Essayez pour une fois, même si ce n’est peut-être pas votre rôle, de vous mettre à notre place.

Afin que tous ces handicaps invisibles soient moins lourds à porter.

 

 

Quant à la maladie d’Hashimoto, ne passez pas à côté, n’hésitez pas à diffuser le recueil Hashimoto, mon amour, en vente sur le site Fnac.

2 Commentaires à “ Ces douleurs que l’on ne voit pas ” »

  1. handiparisperpignan dit :

    ö c’est fort juste ! Etant moi même en situation de handicap (invisible) faire face à l’incompréhension des gens est épuisant

    Dernière publication sur Handiparisperpignan : De ce bel inconnu

  2. sanchez dit :

    cette maladie m a rendu invalide et ce serais bien que ce soit reconnu !

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