( 19 juillet, 2017 )

Les années passent, Hashimoto reste.

Déjà presque quatre ans qu’Hashimoto s’est invitée à ma table. Je ne l’y avais pas conviée, mais elle s’est installée sournoisement, et ne m’a plus quittée.

Quatre ans déjà … Le choc fut terrible, incompréhensible, la réalité s’était imposée avec force. Je n’étais plus la personne active et dynamique que j’étais, je n’étais plus  qu’une malade qui s’auto-détruisait, fatiguée, un légume sur pattes.

Les deux premières années furent très difficiles, avec des troubles divers et variés que tous les malades connaissent, des coups de fatigue presque continus, et si j’ai survécu, c’est exclusivement grâce à mes mots, à ce petit recueil « Hashimoto, mon amour » dont je remercie encore l’éditrice pour avoir tenté cette aventure. Par ce livre, j’ai pu donner un sens à une maladie qui n’en avait aucun, j’ai pu tirer un trait sur la méchanceté humaine qui m’avait poussée dans ce ravin. Ce que l’on ne peut supporter, le corps va le faire savoir. À l’époque, j’ai accepté, honteuse, triste, les rumeurs, les ragots, les discussions et les histoires qui se tramaient derrière mon dos. En se donnant bonne contenance, sans rien comprendre, certaines personnes ont tiré à vue, me fusillant du regard dans la rue, m’immolant. Coupable sans procès, simplement de n’avoir su protéger ma vie amicale. La thyroide, centre des émotions, a parlé à ma place.

Serais-je Hashimoto sans ce drame ? Nul ne peut l’affirmer, la maladie attendait certainement son heure pour frapper. La bêtise humaine, il devrait y avoir un médicament pour ! Les gens croient ce qu’ils veulent croire, jugent sans entendre, sans prendre conscience du mal qu’ils font.

Et l’important n’est-il pas que j’ai survécu au pire ? Je suis tombée au fond d’un puits, et me suis relevée, j’ai mis du temps, j’ai failli lâcher, mais j’ai rebondi.

Quatre ans déjà … Hashimoto est toujours là, j’ai un traitement à vie. Je l’accepte, c’est comme ça. Je vis normalement, pleinement chaque instant, sereinement.

Ah je ne serai plus jamais comme avant, mais c’est peut-être une bonne chose. J’ai grandi, j’ai ralenti mon rythme, je pèse mes mots, je ne m’emporte plus ( ou rarement). La maladie ? Je l’oublie souvent, même si lors de grand stress ( mon travail n’est pas de tout repos), elle se rappelle à moi, alors avec mon médecin toujours à l’écoute, on réajuste, on cherche comment soulager tel soucis qui s’invite.

Facile à gérer ? Pas tous les jours, surtout qu’étant allergique au stérate de magnésium, je ne peux prendre que peu de médicaments. Heureusement qu’ils n’ont pas encore mis d’excipients dans mon traitement, sinon que deviendrais-je ?

La vie ? Elle est belle la vie, elle est courte la vie, elle n’est pas facile, la vie, mais il faut s’accrocher car on n’en a qu’une.

Je ne suis pas tombée malade par hasard, mais cette maladie m’a fait prendre conscience d’une vraie réalité, on peut toujours continuer avancer, et même si c’est long, il arrive un moment où on voit une amélioration.

Pour certains malades, ce sera très vite, pour d’autres il faudra des années. Ce serait bien que les chercheurs se penchent sur la question, car à bien y regarder tout dépend si le caractère est héréditaire, lié à un traumatisme, ou environnemental.

Trouver la cause permettrait d’éviter que cet organe unique, dont on ne connait même pas l’utilité « avant », ne se détruise.

 

Alors le combat continue. La page Hashimoto a été retirée par FB. Pourquoi tant de divergences alors que nous ne devrions faire qu’un face à la maladie ? J’ai régulièrement des messages d’insultes sur ce blog, pourquoi ? Aider les autres bénévolement semble poser problèmes dans cette société de profit.

Et contrairement aux fausses informations, Hashimoto, mon amour est toujours en vente sur le site de la Fnac, et disponible ! Une cause comme celle-ci ne peut s’arrêter que lorsque les malades seront tous entendus !

Alors, on continue ? Ensemble ? Malades, familles, soignants, étudiants en médecin ( de plus en plus nombreux, merci à vous), ensemble, on donnera cette petite poudre qui s’appelle espoir.

 

http://livre.fnac.com/a9389468/Sylvie-Grignon-Hashimoto-mon-amour

4 Commentaires à “ Les années passent, Hashimoto reste. ” »

  1. handiparisperpignan dit :

    ciurage courage ma belle

    Dernière publication sur Les mots d'Ysabelle : La bonne éducation...

  2. Haffner nathalie dit :

    Bien sur que l on continue. Mon pote Hashimoto a 37ans et s est bien manifeste à chacune de mes grossesses. Passages hypo hyper….connais bien. Me faire traiter de folle, de grosse…connais bien Vous m avez tant aidé, je ne vous direz jamais assez merci.

  3. SOPHIE BLET dit :

    HASHIMOTO mon Amour DE Sylvie GRIGNON

  4. Alexia dit :

    Hashimoto et moi vivons ensembles depuis maintenant 15 ans…..
    Personne ne peut comprendre ce que je vis et c’est bien triste. On pourrait me prendre pour une folle ou une malade imaginaire….
    En espérant qu’un jour une page se tournera et qu’on pourra enfin nous comprendre et comprendre pourquoi cela nous est tombé dessus

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