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( 24 juillet, 2017 )

Les mots qui ne sont pas dits

Rien de plus dangereux que ces mots qui ne sont pas prononcés, que l’on garde au bout de la langue, qui ne sortent pas. Cela vous est certainement arrivé un jour. C’est l’attente d’un évènement auquel vous vous prépariez depuis des jours, l’imaginant, le dessinant, lui donnant vie à tel point que vous en étiez venu à penser qu’il ne pouvait en être autrement. Et puis, le jour J arrive. Presque tremblant, vous voilà face à l’autre ou au bout de cet instrument tellement anonyme, le téléphone. Tout se joue en quelques secondes, les scénarios rêvés s’envolent, vous voilà figé, dans l’impossibilité de réfléchir, de dire ce que vous voulez dire. L’autre attend votre réponse, cruciale, celle qui va peut-être engager votre vie. Le blanc. Le silence. Le vide. Vous n’arrivez plus à respirer. Vous n’entendez pas ce qu’il dit. Alors pour ne pas vous noyer, vous allez répondre n’importe quoi. L’erreur. La bavure. Vous le savez sitôt les mots sortis que rien ne pourra les rattraper. Vous voudriez les effacer, stopper le temps, le reculer afin de tout recommencer, mais trop tard. L’autre s’est muré dans le silence.

Ces mots qui n’ont pu être dits, vous allez longtemps les porter comme un fardeau. Ils sont aussi collants que du chewing gum. Ils vous hantent. Vous vous sentez tellement stupide que vous tentez de vous rattraper aux branches. C’est encore pire. Vous vous enfoncez dans un marécage profond où vous vous laissez couler. Les mots sont comme une pierre arrachée à votre pied qui vous fait descendre à pic. Vous avez tout détruit, tout gâcher, vous n’avez pas dit les mots.

Le pire dans tout cela est que l’autre ne le saura peut-être jamais. Pour lui, il s’agissait d’une conversation ordinaire ou de questions banales, il ne sait pas ce que contenait ces mots, ni ce qu’ils représentaient pour vous. Il sait juste que le lien s’est brisé, faute de communication, faute de manque d’intérêt. Est-il blessé ? Certainement bien plus que vous ne le pensez, mais l’issue est maintenant fermée.

La débloquer ? Seul le temps huilera la serrure permettant à la clé de tourner, et si la vie vous offre de faire ce pas, ne pensez à rien, ne préparez rien, laissez vous juste porter par vos émotions, et vous verrez, peut-être, il y a une infime petite chance, pour que vous puissiez un jour vous libérer de ces mots qui n’ont pas été dits.

( 23 juillet, 2017 )

Le bonheur est synonyme de réussite professionnelle ?

 

Je pense que j’ai du me tromper de planète. Allo Houston ? C’est moi, de la planète Terre ? Je viens de lire que seul l’argent rend heureux ? Non, ce n’est ni un Hoax ni une blague. 89% des personnes interrogées ( on se demande comment ils ont fait leurs fichues statistiques) ont trouvé le bonheur grâce à l’argent. Non mais sérieux ? Les rois de France croulaient sous l’or et n’étaient pas heureux, le PDG de Tartampion industrie est plein de frics, et il se bourre d’antidépresseurs. N’est-ce pas illusoire de faire croire au monde que SEUL l’argent apporte le bonheur ? N’est-ce pas réducteur ? Qu’il peut y contribuer, peut-être, mais qu’ii l’apporte !

Ma route a croisé celles de personnes avec une fabuleuse réussite professionnelle, et qui déprimaient.

Pourquoi nous faire croire à ce mythe ? Peut-être pour nous inciter à bosser toujours plus, toujours plus longtemps. Peut-être aussi parce que quand on voit notre compte qui frôle le cramoisi, on se met à envier Tartampion avec toutes ses voitures, sa villa sur la côte, son chalet à la campagne. On se dit que l’on serait peut-être plus heureux en allant manger dans un resto de luxe du caviar ou des homard, ou en s’envolant un week-end au bout du monde.

Certes, vu son cet angle, mais et après, si on s’imagine Tartampion, qui la plupart du temps est un vieux chauve bedonnant, accompagné de sa belle épouse ultra sophistiquée, on ne peut s’empêcher d’imaginer nos tourtereaux au bout de vingt longues, très longues années, se culbutant dans la suite parentale. Le lifting, les massages quotidiens, la garde robe bondée, cela en vaut-il la chandelle ?

Trop de fringues, on ne doit plus savoir quoi mettre, trop de voitures, on ne sait plus laquelle choisir, et surtout un tel monde implique inéluctablement une brassée de parasites dont on ne sait que faire.

Tartampion n’est pas pour moi, même s’il m’arrive de rêvasser à sa villa avec piscine face à la mer.  Mais Tartampion, il ne m’offrirait pas l’inspiration. Tout cet argent ne serait que des chaînes posées pour m’empêcher de m’envoler.

Alors, quitte à décevoir, je préfère mon petit appartement de banlieue, pas toujours bien rangé, mes tartes aux pommes faites maison, je préfère planter quelques plants de tomates sur mon balcon, et trouver mon bonheur dans les mots qui sortent de ma plume ou les livres que je savoure. Quant aux relations, les plus sincères et fidèles, elles ne viennent pas de ma réussite professionnelle (comme si cela existait dans mon métier si peu reconnu), mais dans ces rencontres qui s’inscrivent dans le temps.

Alors non, le bonheur est tout simplement dans ce petit cocon que j’ai construit, venez y jeter un coup d’oeil, discret, je n’aime pas être dérangée, et puis, peut-être, si vous venez juste avec votre coeur, peut-être bien que l’on pourra prendre un café ou un thé, et discuter , un vrai bonheur gratuit non ?

( 22 juillet, 2017 )

La honte

Vous est-il arrivé d’avoir la honte de votre vie ? Anecdotes humoristiques ou drames sexuels, la honte est classique.

C’est horrible d’avoir honte, on se sent soudain minable, minuscule, on perd l’estime que l’on a de soi (et qui souvent n’est déjà pas bien grande), on se sent d’un seul coup complètement désorienté. On se retrouve à l’état de gosse, coupable sans raison.

Il faut en rire, prendre cet état avec humour, et en parler. Une fois encore, les mots qui bloquent peuvent tellement être destructeurs. Qui est l’autre pour juger ? Est-il infaillible ?

Je me souviens d’une anecdote alors que je faisais mon premier stage dans une école. C’était l’heure de la pause, une envie pressante, et me voilà dans des toilettes peu ragoûtantes, il faut bien l’avouer. Seulement voilà, impossible d’en sortir ! La porte s’était bloquée. J’avais beau tapé comme une folle, elle refusait de s’ouvrir. Étant un peu claustrophobe, je commençais à baliser. Heureusement, il y avait un espace au-dessus des toilettes. Et me voilà qui monte sur le bord des wc, me hisse vers le haut ( il y a presque trente ans j’étais encore souple), et me voilà en équilibre sur le haut de la porte sous les regards ahuris d’un groupe d’enfants sagement rangés. Inutile de vous dire que j’ai frôlé les murs pour la fin de mon stage, et j’ai évité cet endroit maudit.

Grand moment de solitude, petite honte, me diriez-vous. Notre morale judéo-chrétienne est en grande partie responsable de nombreux sentiments de honte. Toutes ces choses qui ne se disent pas parce que ce n’est pas bien peuvent enfoncer une personne. Je pense en particulier à la panne, cette fameuse panne que tant de messieurs rencontrent au moins une fois dans leur vie. Très mal vécue par la femme qui se sent dévalorisée, encore plus difficile pour l’homme qui n’y arrive pas, la honte s’installe. Un homme qui n’assure pas au lit ou qui assure mal va se retrouver sur un fil. Soit il va tomber dans l’excès pour se prouver qu’il est un vrai homme, et pourchasser sa compagne jusqu’à l’overdose, soit il va s’éloigner, honteux et se plonger dans le travail.

Finissons par un peu d’humour, et parlons des pénis ! Comme le chantait si bien Pierre Perret  « Tout tout tout sur le zizi » Certains jeunes ont dès le plus jeune âge honte de leur anatomie. La société n’est guère indulgente dans ce domaine quand on voit que les préservatifs les plus vendus sont les XXL … les hommes seraient-ils tous présomptueux ? Honnêtement, vous pensez vraiment qu’une femme va demander à un monsieur la taille de son enfin lors de la première rencontre ? Cet argument est juste un leurre bien utile pour se débarrasser d’une femme jalouse ou d’une rumeur collante. Un homme qui a honte de son corps, de son sexe, est un homme qui n’a pas grandi. « Petit zizi » est au final synonyme de « petit enfant », et un enfant ne peut donner du plaisir à une femme.

Cassons un peu les idées reçues ! Une femme qu’elle soit vierge ou ayant eu des enfants aura du plaisir même avec un micro pénis si le monsieur sait bien utiliser son engin. Si l’homme a honte, il sera dans un cercle vicieux que ressentira sa compagne, et le nirvana ne sera pas de la partie. La honte du gros sexe douloureux est du même calibre.

Il faut couper l’herbe aux préjugés.

 

En conclusion, si on n’essaie pas, on ne pourra avoir honte, c’est certain. Tenter, oser, c’est un risque, celui de ne pas assurer, celui de se retrouver dans une situation rocambolesque, mais au final, rire de ses aventures, c’est couper la tête à la honte.

En tous les cas, je vais profiter de ces vacances dans ma belle région pour vous raconter des choses un peu folle, parce que la vie, c’est une éternelle folie.

 

( 21 juillet, 2017 )

Pourquoi toujours mettre des gants ?

En hiver, allez-vous dire, parce qu’il fait froid. Ben non, moi je parle de ces conversations où on doit toujours faire attention à ce que l’on dit, à comment on le dit, à comment l’autre le comprendre, et pire, à comment ceux qui ne sont pas dans l’histoire vont l’interpréter. Honnêtement, c’est fatigant. Je suis du genre à parler avec simplicité, sans trop me poser de questions quand je me sens bien, et de plus en plus, je ferme ma bouche en public de peur de voir mes propos déformés ou mal compris.

Ce n’était pas comme cela avant. Serait-ce notre société zapping qui empêche les hommes de penser correctement ? Pourquoi une remarque anodine sera-t-elle automatiquement décortiquée, un geste ordinaire se verra imposé un sens caché.

Les gens m’agacent, et là je ne prends pas de gants. Je ne parle même pas de certaines remarques, très positives là n’est pas le problème, vis à vis d’un de mes romans où l’autre va se mettre à chercher ce que j’ai pu cacher derrière chaque mot.

Alors, je risque d’en décevoir beaucoup, mais j’écris ce que mon coeur me dicte, je me laisse percer par ma plume, je laisse l’imagination s’imposer. Je n’écris rien entre les lignes, tout du moins pas mes manuscrits. Je l’ai déjà dit, n’allez pas faire un lien avec ma vie privée, mes fantasmes, vous allez vous embourber.

Dernièrement, une lectrice ayant lu 5 Secondes m’a fait un magnifique message, et c’est à la fin de ma lecture que j’ai compris que cette brave dame pensait que comme un de mes personnages, j’avais une tumeur cérébrale. Euh, désolée de décevoir, mais j’espère bien que non !

Mes personnages vibrent de mes émotions, c’est certain, mais ils sont un vrai cocktail de tout ce que je suis et de tout ce que je ne suis pas. La libertine Carla, ce n’est pas moi, Nadia, la petite faiseuse de bonheur, ce n’est pas moi non plus, mais le personnage me fut inspiré par ma grand-mère qui était encore bien plus que cela, un ange sur cette terre.

Tout cela pour dire, je ne mettrais jamais de gants dans mes écrits, simplement parce que je sais par avance qu’ils sonneraient mal, que je perdrais l’estime que j’ai de moi.

Dans la vie, je n’ai plus envie de me justifier ni de mes émotions ni de mes sentiments ni de mes choix, alors plutôt qu’être hypocrite, je me tais le plus souvent. Je sais que quelques heures plus tard, ma plume, elle s’écrasera sur la feuille. Avant d’interpréter mes mots, relisez les plusieurs fois. N’oubliez pas que s’autoriser à penser, c’est simplement rester soi.

( 20 juillet, 2017 )

Certaines personnes vous donnent des ailes

 

Il y a ces rencontres que l’on n’attendait pas, deux personnalités non destinées à se croiser, cet autre qui va par un mot, un geste, un petit rien vous donner des ailes.

Un souffle sur votre visage, un sourire croisé, une embrassade enjouée. Certains vous diront que nous étions destinés à croiser cet autre, d’autres que son énergie s’imbrique dans la nôtre , d’autres encore qu’ils sont là pour nous faire grandir. Faut-il une raison pour se sentir heureux ?

Ne croyez pas que ce genre de relation est obligatoirement paisible. Pour exister, elle devra passer par une phase d’incertitude, d’affrontements, de réflexions. Parfois l’autre partira, par peur de trop attendre, par peur de cette connivence trop forte, par peur de se perdre, par peur de trop aimer. L’important sera ce qu’elle a laissé.

Un jour, une de ces personnes m’a dit que je marchais sur l’eau. Je me souviens encore de cette phrase simple, poétique, pleine d’espoir. J’en avais besoin à cette époque, je doutais de moi, je ne croyais même pas avoir le moindre intérêt. Alors je me suis longtemps agrippée à ces quelques mots. Le regard qui accompagnait ces paroles ne pouvait me faire douter de leur sincérité.

Par la suite, j’ai traversé des tsunamis violents et à chaque fois que je recevais un coup, que je n’arrivais pas à esquiver une nouvelle attaque, je me voyais courant sur la mer les cheveux au vent. Des dizaines de fois depuis ce jour, on m’a poussée, certainement pour me faire chavirer, on m’a manipulée, mais toujours je m’accrochais à cette phrase formulée avec sincérité. Alors non, je ne me suis pas noyée, j’ai flotté dans les airs, j’ai attrapé les nuages, je me suis accrochée à une plume, et j’ai marché sur l’eau.

Toi qui as prononcé innocemment ces quelques mots, sache que peu importe ce qui a suivi, peut-être suis-je responsable d’avoir mal compris, d’avoir voulu plus que tu ne pouvais donner, mais tu as laissé une empreinte indélébile, une marque qui ne s’effacera jamais, et malgré le plongeon que j’ai fait dans l’hypocrisie humaine, sache que tu m’as donné à jamais des ailes. Grâce à toi, je ne serai plus jamais la même. Une phrase a suffi pour éclairer à jamais ma vie. Je suis désolée de t’avoir si mal remercié, mais je sais qu’au fond de toi, tu sais.

 

Quant à vous qui me lisez, n’hésitez plus à donner aux autres des phrases qui font du bien. Même si ensuite votre coeur peut se noircir, même vos routes peuvent  s’éloigner, ces mots que vous offrirez, qui feront s’envoler l’autre un jour, seront uniques, un don précieux, que vous ne devez jamais oublier. Ne renier jamais ces mots que vous avez donnés.

( 20 juillet, 2017 )

L’amitié véritable

Il y a ceux qui se disent vos amis pour la vie, et puis il y a ceux dans l’ombre qui croisent nos routes, partent et reviennent. L’ami véritable est celui qui ne fait pas de chantage affectif, qui ne divulgue pas les secrets, qui accepte de s’éloigner par respect, mais qui sera toujours là un jour, au moment où on aura besoin de lui. L’ami véritable est un peu le mariage de deux âmes où il n’y aura que douceur et compréhension, où la confiance sera inébranlable, l’ami véritable est une évidence.

Les amis véritables sont ceux pour lesquels on ne se pose pas de questions. On se sent bien avec eux qu’ils soient à nos côtés ou à des centaines de kilomètres. S’il y a le moindre doute, le plus petit malaise, c’est qu’il s’agit juste d’un ami de passage, venu dans notre vie pour une raison précise, mais non destiné à rester. S’il résiste au temps, aux épreuves, aux cassures de vie, alors il est vrai. Cette amitié là sera montrée du doigt par les jaloux, sera parfois maltraitée, mais c’est le prix à payer.

La véritable amitié est fondée sur la confiance absolue. Aucune excuse n’est admise pour la transgression de cette réalité. Un soit-disant ami qui se met à attaquer l’autre sans raison, à ne pas tenir sa promesse, à répandre des rumeurs, n’est pas digne d’une telle relation.

Un véritable ami n’est jamais jaloux, au contraire, il se réjouit de votre bonheur.

Un véritable ami vous donne son énergie et en aucun cas ne va vous la prendre, il va éviter d’entourer votre relations de personnes toxiques.

Un véritable ami, même s’il est en souffrance sera toujours là pour vous.

La base d’une relation d’amitié est l’honnêteté. Si l’autre s’aperçoit qu’il a été floué, la relation se fissure. Rien de pire que de constater que l’amitié ne fut qu’une mascarade, une façon de combler une solitude.

Malheureusement, trop de personnes mélangent amitié et véritable amitié, s’attachant juste aux personnes comme à de simples objets, utiles quand ils en ont besoin, puis bon à jeter le reste du temps.

Et puis, un jour, certaines amitiés n’ont plus de sens, il ne sert à rien de s’y a crocher, de faire semblant, de répandre son venin sur les réseaux ou dans les rues, si on a aimé l’autre, on accepte qu’il parte, même si c’est douloureux.

Ma vie fut jalonnée de nombreuses amitiés, toutes très fortes, car je suis fidèle en amitié. Certaines ont disparu, d’autres apparaissent par intermittences, mais les quelques véritables amis sont ceux qui ont déjoué le temps, franchi avec moi chaque épreuve de ma vie. L’amitié, ce n’est pas gratuit, il faut faire des efforts comme en amour, mais croyez-moi, conserver l’amitié en vaut vraiment la peine.

( 20 juillet, 2017 )

Un jour, ce jour …

Instant poétique lorsque le passage d’années rime avec hier.

« J’avais tant espéré.

Si tu savais comme j’avais rêvé de cet instant, celui où le temps s’arrête, celui où l’horizon se teint en rose. J’ai cru en cet instant unique, tellement fort que j’étais prête à pactiser avec le diable.

J’ai dessiné chaque seconde, chaque minute, sur un petit calepin, traçant des corps à l’infini, appuyant par moments sur mon crayon jusqu’à le casser.

J’ai écrit des pages sans pouvoir m’arrêter, des pages où je parlais de toi, des pages où je ne pensais qu’à toi, des pages où les mots n’existaient pas.

Je n’ai cessé de regarder le sablier s’emplir, puis se vider, sans pouvoir s’arrêter. J’attendais de voir se matérialiser stoïquement ton sourire.

J’ai attendu des jours, des années, sans arriver à t’effacer, sans chercher à comprendre pourquoi tu m’avais laissée.

J’aurais pu te haïr, te mépriser, au lieu de cela, j’ai juste tenu dans mes mains ce fil doré que je ne voulais pas couper, que je désirais préserver. Je l’ai gardé longtemps, tellement longtemps qu’il s’est usé, et hier lorsque j’ai voulu l’attraper, il s’est cassé.

Alors j’ai compris, que cette fois, que tu ne changerais pas, que je devais le laisser se dessécher et simplement partir sans me retourner.’

Un jour, ton livre, ce jour, hier, toi … »

 

Et à vous lecteurs de sortir votre plume

 

( 19 juillet, 2017 )

L’admiration

 

Nous rencontrons dans notre vie des personnes qui vont nous fasciner, nous emporter. Je me souviens d’une enseignante, j’étais en sixième, nous étions une bande de filles à l’adorer. Elle était tout ce que nous aurions voulu être un jour, jolie, dynamique. Nous lui écrivions des lettres où nous lui déclarions notre admiration. Souvent, elles n’étaient pas signées, et nous nous imaginions naïvement que cette femme ne reconnaitrait pas notre écriture. Peu importe au final puisque l’important était pour nous juste de lui offrir cette admiration. Elle ne nous en a jamais parlé, mais son sourire nous suffisait. Nous nous sommes ainsi construites à travers ses mots, sa bienveillance, ses encouragements.

De nos jours, l’admiration est souvent jugée pathologique comme toutes les émotions ayant trait aux sentiments. Pourquoi jugeons-nous tant les sentiments des adultes alors que nous restons au fond de nous de simples enfants ? L’autre va nous fasciner par son intelligence, sa beauté, sa délicatesse ou sa gentillesse. Il deviendra cet autre que nous ne sommes pas, que nous aimerions peut-être devenir. Où est le problème ?

L’admiration ne se maîtrise pas, nous ne savons pas vraiment pourquoi c’est lui ou c’est elle, nous le sentons juste au fond de nos tripes. Ce n’est pas de l’amour, c’est bien plus que cela.

 

Malheureusement, certaines admirations peuvent s’avérer obsessionnelles. J’ai eu le cas d’une adorable lectrice qui avait fait une fixation à la sortie de Rouge, m’inondant de messages, m’assimilant à un de mes personnages, devenant omniprésente, lourde, pesante à tel point qu’il me fut difficile de désamorcer cette admiration excessive sans la blesser. Il ne faut pas faire du mal à quelqu’un qui nous offre ainsi tant d’énergie positive, il faut juste la rassurer et lui proposer une autre route.

À l’inverse, j’ai aussi croisé dans ma vie des individus se jouant de l’admiration que j’avais pour eux, y répondant par personne interposée ce qui était cruel, faussant la donne, réduisant un noble sentiment à quelque chose de vil. Triste pensée.

 

Pourtant, la vraie admiration est celle qui ne demande rien, qui n’attend rien en retour, qui se contente juste de puiser dans cette formidable émotion une source d’inspiration.

La question que je me pose, serait-il possible que quelque part, nous admirons plus les personnes qui ne nous regardent pas, les amours que l’on n’a pas ? Ceux qui nous échappent et que nous finissons par idéaliser ? Cette question est-elle vraiment importante ?

« Je t’admire parce que tu es tel que je rêvais que tu sois. Accepte juste ce compliment. »

 

 

 

Je dédie ce post à tous ceux que j’ai admirés dans ma vie, que j’ai aimés, et je les remercie pour tout ce qu’ils m’ont apportée sans le vouloir, sans le savoir …

( 19 juillet, 2017 )

Les années passent, Hashimoto reste.

Déjà presque quatre ans qu’Hashimoto s’est invitée à ma table. Je ne l’y avais pas conviée, mais elle s’est installée sournoisement, et ne m’a plus quittée.

Quatre ans déjà … Le choc fut terrible, incompréhensible, la réalité s’était imposée avec force. Je n’étais plus la personne active et dynamique que j’étais, je n’étais plus  qu’une malade qui s’auto-détruisait, fatiguée, un légume sur pattes.

Les deux premières années furent très difficiles, avec des troubles divers et variés que tous les malades connaissent, des coups de fatigue presque continus, et si j’ai survécu, c’est exclusivement grâce à mes mots, à ce petit recueil « Hashimoto, mon amour » dont je remercie encore l’éditrice pour avoir tenté cette aventure. Par ce livre, j’ai pu donner un sens à une maladie qui n’en avait aucun, j’ai pu tirer un trait sur la méchanceté humaine qui m’avait poussée dans ce ravin. Ce que l’on ne peut supporter, le corps va le faire savoir. À l’époque, j’ai accepté, honteuse, triste, les rumeurs, les ragots, les discussions et les histoires qui se tramaient derrière mon dos. En se donnant bonne contenance, sans rien comprendre, certaines personnes ont tiré à vue, me fusillant du regard dans la rue, m’immolant. Coupable sans procès, simplement de n’avoir su protéger ma vie amicale. La thyroide, centre des émotions, a parlé à ma place.

Serais-je Hashimoto sans ce drame ? Nul ne peut l’affirmer, la maladie attendait certainement son heure pour frapper. La bêtise humaine, il devrait y avoir un médicament pour ! Les gens croient ce qu’ils veulent croire, jugent sans entendre, sans prendre conscience du mal qu’ils font.

Et l’important n’est-il pas que j’ai survécu au pire ? Je suis tombée au fond d’un puits, et me suis relevée, j’ai mis du temps, j’ai failli lâcher, mais j’ai rebondi.

Quatre ans déjà … Hashimoto est toujours là, j’ai un traitement à vie. Je l’accepte, c’est comme ça. Je vis normalement, pleinement chaque instant, sereinement.

Ah je ne serai plus jamais comme avant, mais c’est peut-être une bonne chose. J’ai grandi, j’ai ralenti mon rythme, je pèse mes mots, je ne m’emporte plus ( ou rarement). La maladie ? Je l’oublie souvent, même si lors de grand stress ( mon travail n’est pas de tout repos), elle se rappelle à moi, alors avec mon médecin toujours à l’écoute, on réajuste, on cherche comment soulager tel soucis qui s’invite.

Facile à gérer ? Pas tous les jours, surtout qu’étant allergique au stérate de magnésium, je ne peux prendre que peu de médicaments. Heureusement qu’ils n’ont pas encore mis d’excipients dans mon traitement, sinon que deviendrais-je ?

La vie ? Elle est belle la vie, elle est courte la vie, elle n’est pas facile, la vie, mais il faut s’accrocher car on n’en a qu’une.

Je ne suis pas tombée malade par hasard, mais cette maladie m’a fait prendre conscience d’une vraie réalité, on peut toujours continuer avancer, et même si c’est long, il arrive un moment où on voit une amélioration.

Pour certains malades, ce sera très vite, pour d’autres il faudra des années. Ce serait bien que les chercheurs se penchent sur la question, car à bien y regarder tout dépend si le caractère est héréditaire, lié à un traumatisme, ou environnemental.

Trouver la cause permettrait d’éviter que cet organe unique, dont on ne connait même pas l’utilité « avant », ne se détruise.

 

Alors le combat continue. La page Hashimoto a été retirée par FB. Pourquoi tant de divergences alors que nous ne devrions faire qu’un face à la maladie ? J’ai régulièrement des messages d’insultes sur ce blog, pourquoi ? Aider les autres bénévolement semble poser problèmes dans cette société de profit.

Et contrairement aux fausses informations, Hashimoto, mon amour est toujours en vente sur le site de la Fnac, et disponible ! Une cause comme celle-ci ne peut s’arrêter que lorsque les malades seront tous entendus !

Alors, on continue ? Ensemble ? Malades, familles, soignants, étudiants en médecin ( de plus en plus nombreux, merci à vous), ensemble, on donnera cette petite poudre qui s’appelle espoir.

 

http://livre.fnac.com/a9389468/Sylvie-Grignon-Hashimoto-mon-amour

( 19 juillet, 2017 )

C’est ma copine ! Pas la tienne !

Ah ces cours de récréations où ces remarques fusent de partout. « C’est ma copine, elle me l’a prise », et s’en suivent des  histoires sans fin. Et bien, ne croyez pas que le monde des adultes soit différent ! J’assiste à des scènes burlesques où « on ne partage pas son amitié avec une autre ». Oh oh les gens, il faut atterrir. L’amitié, c’est un attachement pour une personne, mais nous pouvons être plusieurs à nous sentir en phase avec elle. Pourquoi un tel sentiment de possessivité ? Il est certain que lorsque l’on devient ami, on offre une place dans son coeur, une place privilégiée, et on n’a nulle envie d’être trahie. On peut vite, si on est seul, devenir dépendant tout comme c’est souvent le cas en amour, et c’est cette dépendance qui va poser problème. L’autre va attendre de nous une disponibilité, une écoute permanente quand son besoin se fera sentir. Une tierce personne arrivant et prenant « sa place » ne sera donc pas la bienvenue. La personne dépendante se sentira injustement exclue et sombrera dans un délire pouvant conduire à une histoire digne d’un bon thriller. Ce serait amusant si ce n’était pas si pathétique.

Je suis peut-être une pure utopiste, mais j’ai toujours souhaité le meilleur à mes amis. Les savoir heureux me rend heureux, et la jalousie ne m’a jamais effleurée, contrairement en amour où je suis une tigresse, et où il est très facile de me faire virer au rouge. La jalousie en amitié ( en amour aussi ceci étant) dénote un manque de confiance en soi. On ne se sent pas assez bien pour l’autre, son regard sur nous n’est pas celui que l’on attend. S’ensuit le fil tendu entre l’amitié, l’amour, le désir surtout s’il s’agit d’une personne d’un sexe opposé. Pas toujours facile à gérer ce flot émotionnel, et surtout très aisé de tomber dans l’extrême et de devenir insatisfait. En amitié comme en amour, il faut simplement faire les bons choix. Certaines personnes ne seront jamais fiables, bercées par un trop grand besoin d’amour souvent lié à l’enfance, il faut donc se poser la question, voulons-nous de cette amitié, et si oui, nous en acceptons consciemment les conséquences. Si vous faites partie des jaloux ou des possessifs, posez-vous la question du pourquoi, demandez-vous si cette overdose d’affection ne peut être trop lourde pour l’autre, interrogez-vous sur vos besoins véritables. Un ami n’est pas là pour combler vos manques, il est là pour échanger, communiquer, pour vivre avec vous une interaction permanente.

Alors, les disputes, les petits jeux dignes de la pré-adolescente, oubliez les vite ! Posez les pierres de la confiance, même si à notre époque la trahison est facile, et faites vos choix. Et cessez de penser que les amis de vos amis sont vos amis. C’est totalement faux. Ce qui vous attire chez une personne ne conviendra pas ne nécessairement à une autre. Plus que jamais cette devise en est la clé « Pour vivre heureux, vivons cachés ».

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