( 19 novembre, 2017 )

L’arène du monde de l’édition.

 

La comparaison n’est pas exagérée, la course à l’édition relève d’un vrai combat dans une arène antique où tous les coups sont permis. Avant, lorsque je n’étais qu’une lectrice, ce milieu s’apparentait pour moi à un sapin de Noël avec des dizaines de cadeaux. Je portais des yeux émerveillés sur ces auteurs en dédicace que je croisais lorsque je venais en visiteur au salon de Paris. Et puis, j’ai plongé dans la marmite, avec ma naïveté légendaire, et je me suis brulée. L’eau était bouillante.

Écrire n’est pas au final le plus difficile. Tout le monde peut écrire, je dirais même tout le monde doit écrire. Cela fait du bien à l’âme. Ensuite, il faut se préparer à sauter dans la fosse aux lions, car l’enjeu est de taille : être lu, et pour certains, tous les coups sont permis.

Je n’ai plus l’âge, ni l’envie ni la santé pour ces combats stupides, je n’écris pas pour vivre, juste par passion, et pour aider si mes mots ont ce mince pouvoir. Pourtant, bien malgré moi, j’ai été poussée dans cette arène, sans armure, avec juste l’innocence d’un auteur débutant.

Je suis retrouvée confrontée aux guerres des diverses maisons d’édition, au mépris d’un certain milieu face à des « petits auteurs », aux mensonges de certains, aux promesses d’autres, à la jalousie d’auteurs refoulés, ou d’auteurs vendant moins bien. Depuis 2014, j’ai traversé une tempête éditoriale digne d’un cyclone, sans pourtant couler, sans accepter de me renier, et sans rendre l’agressivité que parfois je recevais en pleine face. J’ai quitté « ce ring » sans regrets, choisissant de varier mes choix éditoriaux, renonçant à certains engagements malsains, à certains contacts superficiels.

Aujourd’hui, je fais partie de ces auteurs atypiques multi-éditions, et je revendique ce choix, celui de conserver ma liberté de penser.

Je ne serai jamais un auteur de best-seller, je le sais déjà, car je me refuse à me fondre dans un moule. Je refuse de jouer les groupies d’une maison d’édition, de voir mes textes réécrits par d’autres, je refuse de me plier aux « trucages » de certains prix littéraires joués d’avance. Je me refuse surtout de rentrer dans des histoires de chiffres, de faux commentaires, de fausses chroniques. Je me moque d’avoir un petit lectorat, le mien n’est pas si petit au final, mais fidèle, sincère, et qui n’hésitera pas à me dire simplement si j’ai raté mon roman, même si ce n’est jamais agréable, je reste persuadée que c’est nécessaire. Nous avons tous droit à l’erreur. J’ai assisté ces dernières années à des dérives qui m’ont laissée avec un goût de cendre. Des romans dénigrés par derrière et encensés par devant. Comme si le monde de l’édition était celui des Bisounours.

Il est temps de casser les idées reçues. Il n’y a pas que les grandes maisons d’édition qui peuvent faire vivre un livre, j’ai découvert des pépites dans des petites ME et dans l’auto édition. Tout livre a la possibilité d’être un jour un coup de coeur, « un slip » comme dirait la terrible chroniqueuse Séverine. Je pense qu’il est temps de renoncer à l’arène, aux guérillas mesquines pour démolir un roman. C’est très à la mode en ce moment de mettre un commentaire négatif sur Fnac ou Amazon pour descendre le livre, de créer de faux profils FB ou Linkedlin pour rabaisser un auteur ou pour faire de la fausse publication, ou à l’inverse pour l’encenser. Il ne se passe pas une semaine sans que l’on dénonce une de ces pratiques.

Je m’insurge contre cette réalité. Chaque livre a sa chance ! Chaque lecteur doit pouvoir choisir de façon impartiale.

Il n’y a pas de combat à avoir. La lecture doit rester ce qu’elle a toujours été un plaisir.

J’ai l’immense chance d’avoir de bons amis auteurs, qui possèdent les mêmes valeurs que moi, avec qui j’ai le plaisir d’échanger avec sincérité. Je crois qu’au final, c’est la plus belle leçon que peut donner la vie. Même dans une marmite bien trouble, il reste les mets épicés à savourer ensemble. Mes lecteurs, mes lectures, nous sommes tous dans la même marmite, et c’est génial .

 

Pour mémoire

Juste une seconde sur Kindle

H et la plume de l’espoir édition Edilivre sous peu

Rouge nouvelle édition chez Evidence Editions fin Novembre

Pourpre chez Evidence Editions décembre

 

Juste pour le plaisir !

1 Commentaire à “ L’arène du monde de l’édition. ” »

  1. handiparisperpignan dit :

    tu es tout simplement génial Sylvie ! Et moi, aussi, je préfère le petit lectorat de mon blog si attachant.

    Dernière publication sur Les mots d'Ysabelle : Il y a des ruptures

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