( 13 février, 2018 )

La course aux commentaires Amazon et autres.

 

Je commence à me considérer comme une ancienne dans le monde de l’édition, même si je ne suis que reconnue, faute d’être connue (et entre nous, je m’en moque complètement). Je passe moins de dix minutes par jour sur les réseaux sociaux pour faire vivre mes écrits, parce que dans cette société overbookée de livres, c’est une obligation, mais je ne suis pas accro à Internet qui reste un univers pouvant avoir des côtés bien sombres ( j’en ai fait les frais !). Je reste tout de même fascinée par certaines réactions étranges où la course aux « like » ou aux commentaires semble digne du prix Goncourt. Les auteurs prennent-ils les lecteurs pour des imbéciles ?

Autant mettre en avant une chronique, je trouve cela normal, vu le travail effectué par la chroniqueuse, ce sont même des valeurs sûres, mais placarder partout des commentaires de Babelio ou Amazon (souvent venant en plus de chroniques déjà mises), cela me fait rire. Une personne autoéditée  me disait dernièrement avoir plus de cinquante commentaires positifs sur Amazon. Ravie pour elle, je me hasarde à lui demander comment cela se passe du côté « finances », en clair est-ce intéressant … que n’avais-je dit ! La plupart des commentaires n’étaient que des SP et des téléchargements offerts. Un autre, qui a voulu à tout prix décrocher le jackpot avec une grosse ME, s’est offert à un prix exorbitant les services d’un attaché de presse qui met en place de nombreux commentaires par des procédés que je trouve peu orthodoxes vis à vis du lecteur  ! Si je vous disais que son livre, je l’ai lu, et franchement, je n’irai pas le recommander. Seulement, l’argent achète même les premières places sur Amazon ! Eh oui ! Moi cela m’a laissée bouche bée. Sortir son portefeuille, faut déjà avoir l’argent, pour payer une personne qui va trouver des « faux lecteurs ayant déjà 50 achats » pour avoir ce privilège de se trouver devant les autres. Je n’en dirais pas plus, mais triste réalité. Quand on est fauchés, une fois encore on est lésés !  Les grosses éditions passent aujourd’hui par la filière des autoédités, et cette personne a eu son contrat. Heureusement, je vois régulièrement au palmarès des livres autoédités ou dans des petites éditions qui méritent leur place sans avoir eu recours à la triche.

Je repense avec nostalgie à une époque que les moins de vingt ans ne pouvaient pas connaître où on découvrait un livre parce que la copine l’avait lu. Nul besoin de médiatisation, de buzz sur les réseaux sociaux, de gros titres, on en parlait avec simplicité, avec honnêteté. Peut-être est-ce une des raisons pour laquelle les livres se vendaient bien plus longtemps qu’aujourd’hui !

En tout cas, en tant qu’auteur, ce n’est pas moi que vous verrez bombarder mes livres, d’abord parce que l’overdose de publicité tue la publicité. Moi-même, je sature par moment de voir toujours les mêmes livres proposés par un auteur, et puis surtout, si un livre doit se vendre, il se vendra ! Après faut cesser de fantasmer, il n’y a qu’un prix Goncourt par an, et bien souvent c’est l’édition qui est récompensée bien plus que le livre !

Vendre à tout prix ? Non, je me contente d’être lue tout simplement, et depuis quatre ans, cela me réussit plutôt bien !

2 Commentaires à “ La course aux commentaires Amazon et autres. ” »

  1. Frederic Fort dit :

    Bonjour Sylvie! Tout à fait d’accord avec toi! L’argent bien malheureusement est attribut de ce genre d’effet. Communication, publicité…comme nous l’explique souvent les organisateurs de salon, rien que le fait d’avoir un petit mot dans le journal coûte environ 30 euros. Faire vivre sa passion c’est beaucoup, en vivre c’est dérisoire! À propos belle rencontre ce weekend avec Emi Lie au salon du livre de Champigny sur Yonne les 10 et 11 février.

    Bien amicalement
    À bientôt.

    Frederic

  2. 010446g dit :

    Tout dépend de ce que l’on attend de ses écrits.
    S’agit-il d’un moyen de gagner de l’argent?
    D’un moyen de faire passer des idées?
    De figer (moins longtemps de toute manière que les Egyptiens) certains souvenirs?
    D’une façon de se rassurer sur la clarté _encore _ de ses idées?
    D’un besoin de « briller » en société?
    Selon le cas, les stratégies sont, je crois différentes….

    Dernière publication sur le radeau du radotage : Radotage: Gigantus (quinzaine du conte)

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|