( 17 mars, 2018 )

Pardonner n’est jamais simple.

« Pourquoi certaines personnes ne veulent pas pardonner? » sujet de débat récent dans ma classe. Jeunesse qui continue de penser que pardonner est facile. Si c’était le cas, il y aurait bien moins de violence et de guerre sur cette terre.

La rancune est la première réaction fasse à une agression, parce que notre égo a été touché, parce que l’on n’aime pas avoir mal. Jeune, j’étais très rancunière, et puis avec le temps, j’ai appris à voir la vie autrement. J’ai surtout réalisé que revenir sur un jugement n’était pas un signe de faiblesse, que seuls les PN n’arrivaient pas à changer. Il y a un moment où le passé n’a plus sa place dans le présent. Continuer à nourrir une haine ou à vouloir se venger implique un besoin de conserver un lien négatif. Il y a vraiment temps pour tout, surtout celui de tourner la page.

Dernièrement une personne avec qui je conversais me disait que pardonner était un signe d’échec et sans vengeance pas de satisfaction.

Je m’interroge. Cette personne pourra-t-elle vraiment retrouver le bonheur avec ce poids sur le coeur ? Le pardon a le mérite de libérer, même si nul ne peut effacer le mal qui fut fait. Un individu qui ne veut pas pardonner ne veut pas écouter, ne veut pas comprendre, ne veut pas se mettre à la place de l’autre. Souvent, il va se baser sur des faits qu’il aura interprétés à sa manière sans autoriser l’autre à parler. Dans ce cas, la communication est impossible. C’est triste. On peut tous se tromper, nul n’est parfait, on peut tous avoir à un moment commis une erreur de jugement ou simplement fait une bêtise, du moment que l’on n’a pas assassiné son voisin, violé un enfant, tabassé sa compagne, rien n’est irréparable, il suffit juste de reconnaître sa faute, d’accepter ses propres limites.

« Je ne suis pas parfait, j’ai jugé sur des faits tronqués, je ne suis donc pas infaillible. Je pardonne et surtout me pardonne. » C’est ce que l’on apprend aux enfants, malheureusement les adultes souvent n’en sont pas capables.

Pourquoi ? Je pense que ce n’est qu’une question d’orgueil touché. L’autre vexé ne peut pardonner car il serait obligé de reconnaître qu’il a souffert, ce qui serait impossible, et préfère se poser en victime plutôt que de laisser à penser qu’il puisse être le bourreau. Ah vanité !

Pardonner pour certains serait un trop grand bouleversement qui mettrait en avant leurs blessures profondes.

Une fois encore je dirais pardonner ne veut pas dire se réconcilier. Ce n’est pas une obligation, juste une façon de passer à autre chose. Tendre la main est un geste empreint de pensées positives, mais si l’autre n’en veut pas, il ne faut pas s’en formaliser. S’accrocher à une personne qui ne veut pas de nous ne sera qu’une entrave, une énergie qui ne va pas s’écouler correctement, créant ainsi un mal-être. Pardonner, c’est simplement ouvrir un nouveau chapitre sans haine où cette autre personne qui nous a fait tant de mal n’est plus qu’une personne ordinaire.

N’oublions pas que notre mémoire, au fil des ans,  va déformer, minimiser les faits pour parfois ne conserver que la frustration ou la douleur. S’éloigner un temps des personnes qui nous ont fait du mal est une bonne chose permettant ainsi au pardon de se faufiler, pour peut-être un jour recroiser des routes ou pas, selon que la vie en décidera.

Pardonner n’est pas simple, mais croyez-moi, on se sent libre.

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