( 18 mars, 2018 )

« Concentre-toi » !

 

Malades de la thyroïde, qui n’a pas un jour entendu cette remarque ? Il faut être honnête, la fatigue, c’est pénible, mais elle finit par faire partie intégrante de notre vie. Par contre, lorsque la mémoire déraille, rien ne va plus. La menace  d’Alzeihmer s’installe ou la peur d’un cancer du cerveau est bien présente. Nous voilà oubliant nos clés, nous trompant d’heure de rendez-vous, butant sur les syllabes comme si elles ne voulaient pas sortir, n’arrivant plus à dialoguer sans hésiter. La peur augmente ces symptômes, la panique nous prend à la gorge.

Il ne nous reste que cet instinct de survie, nous voulons redevenir comme avant !

Seulement, c’est fichu !

Un dérèglement thyroïdien ralentit la glande thyroïde, ou l’accélère. Dans tous les cas, la concentration se retrouve au bûcher. On veut, mais on ne peut pas. Certains toubibs vont prendre un raccourci facile, le patient souffre certainement de dépression ou de burn out. C’est plus simple de donner un antidépresseur qui ne sera qu’une pommade sur une brûlure  n’empêchant pas la thyroïde de se détruire.

Prendre conscience que cela n’arrive pas qu’aux autres, que ces désagréments sont passagers, qu’ils disparaissent lorsque la glande arrive à sa bonne norme  (différente chez chacun). Comprendre que rien n’est pourtant acquis. Les anticorps d’Hashimoto vont continuer leur action destructrice par crises, régulières ou pas selon les personnes. Dans ces périodes de thyroïdite aiguë, la mémoire va de nouveau flancher tout comme de nombreux autres endroits du corps.

Fuyons les langues de vipères qui vont nous frapper avec leur «  concentre-toi ! » , « Cesse de tout oublier » parce que l’on n’y peut vraiment rien ! Parce que c’est difficile de travailler lorsque l’on est en crise. J’en sais quelque chose, prof des écoles, lorsque ma thyroïde débloque, je dois me faire violence pour me rappeler de ma leçon, de faits anodins. Heureusement, cela ne dure jamais plus de quelques jours, mais ce sont des jours où cette épreuve est une véritable souffrance, bien plus dure que la fatigue qui l’accompagne. Physiquement cela ne se voit pas, donc si cela ne se voit pas, cela n’existe pas.

Eh bien si, cela existe ! Vraiment ! On ne joue pas la comédie, on n’est pas paresseuse, on lutte juste pour rester la tête hors de l’eau le temps que la crise passe.

Alors écoutez nous ! Parce qu’un jour, ce sera peut-être vous …

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