( 26 mars, 2018 )

Avant … il y a eu un « Avant »

Lorsque j’étais enfant, ce n’est pourtant pas si loin, juste au siècle dernier comme diraient mes élèves, le monde était bien différent. On n’avait pas de téléphone portable et à treize ans, on raccompagnait les copines sans aucune peur. On avait une heure de retard, les parents ne s’inquiétaient pas. « Pas de nouvelles, bonnes nouvelles ». Ma ville était entourée de champs, aujourd’hui ce n’est que du béton.

Avant, on jouait à des jeux simples, on s’inventait des scènettes, on prenait des cailloux pour jouer aux osselets, on lisait, tout le temps, c’était avant. Aujourd’hui, les mômes sont obsédés par les jeux vidéos, oubliant qu’autour il y a un monde réel, un vrai.

Avant, les enseignants étaient respectés. Je me souviens de ma maîtresse en CM2, madame C, elle n’hésite pas à faire voler sa main sur ma joue parce que j’étais trop pipelette. Une autre époque. Aujourd’hui les élèves nous crachent au visage, font des doigts d’honneur, et en prime les parents font des procès pour un oui ou un non.

Avant, on mangeait ce que notre mère nous mettait dans l’assiette, beaucoup de légumes verts, pas de boissons gazeuses. Aujourd’hui, les enfants se gavent de chips, de cocas ou de fast food.

Avant il n’y avait pas la télé, résultat on se retrouvait au parc pour discuter ou au patronage du quartier. Parfois on s’ennuyait, mais au fond cela nous apprenait à rêver.

Aujourd’hui, les gamins ne savent pas s’ennuyer, ils ne peuvent rester cinq minutes à écouter le silence. Ils vivent dans le bruit, dans les cris.

On parle beaucoup de terrorisme aujourd’hui, avant c’était la guerre, Indochine, puis Irak. Les adultes en parlaient, le monde continuait de tourner. On n’avait pas peur car les médias ne la véhiculaient pas. Maintenant personne ne se sent en sécurité. Pourtant si on réfléchit, rien n’a vraiment changé.

Avant surtout les gens se parlaient. Il y avait une embrouille, on se retrouvait autour d’un verre, le ton montait, on s’expliquait, et puis on recommençait. Aujourd’hui, les réseaux sociaux ont pris le relais. On s’insulte sous couvert d’anonymat, on rompt une relation par sms en s’appliquant à mettre en mode public sur Facebook la remplaçante, on voit même se créer des groupes de délation. Je ne dis pas qu’avant, autour d’une table, les cancans n’existaient pas. Je suis certaine que même Cromagnon adorait taper sur son voisin. C’est le côté sombre de l’homme.

Avant les gens avaient des rêves. Ils se battaient pour un monde meilleur. Aujourd’hui, c’est chacun pour soi, les autres, on s’en moque. Si on peut même asphyxier son voisin, on n’hésite pas.

Aujourd’hui on devrait pourtant être fier de ce modernisme qui nous facilite la vie, des progrès médicaux, de l’accès à la culture grâce à Internet. Au lieu de cela, les hommes ne cessent de se plaindre ! Avant, les gens étaient souriants, moins pressés, moins stressés. Ne devrions-nous pas au lieu de cette course contre la montre, renverser le sablier, et tenter de vivre au moins dans « l’esprit d’avant » ?

 

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