( 17 mai, 2018 )

Mon père, ce héros

Pourquoi cette figure masculine s’avère-t-elle si importante ? Quelle femme n’a pas le souvenir de ce regard, celui de son papa, ce regard plein d’amour, ce regard qui va définir ensuite toute sa vie. Derrière chaque homme qu’une fille va rencontrer dans sa vie, il y aura le fantôme du père. Ce sera l’amoureux à l’opposé de papa, ou celui qui lui ressemble tant, peu importe au fond, là où on pose les yeux, il y aura toujours cet homme, ce premier homme qui a croisé notre regard un jour.

Je me souviens de mon père lorsque j’avais dix ans, c’était le plus beau, le plus intelligent, il était unique, et il fut certainement mon plus grand amour. Mon père était fonctionnaire, mais avec une âme d’artiste. Il titillait du pinceau, touchait à l’aquarelle, jonglait avec les mots, faisait vibrer l’énergie. Il a toujours été là pour moi, toujours jusqu’au moment où il a lâché ma main. Je lui en ai beaucoup voulu. Il est parti si vite, en quelques jours, il n’avait même pas encore 58 ans. Je vais avoir son âge dans quelques mois, et je me dis, qu’est-ce qu’il était jeune encore !

J’ai eu la chance d’avoir un père qui m’aimait, qui était sérieux, stable, qui m’a offert des valeurs auxquelles je n’ai jamais renoncé. Perdre mon père quelques années après mon fils fut comme si je traversais une mer déchaînée. J’avais perdu mon repère, mon ancrage. Il était celui qui me donnait de l’énergie, qui me remontait lorsque je tombais, et soudain, je me retrouvais face à moi, sans lui, cet amour de toujours. Le plus dur fut surtout cette rapidité avec laquelle il fut emporté. Je n’étais pas préparée, je n’ai pas réalisé, et c’est ensuite que le manque s’est installé, que partout je l’ai cherché.

J’ai ressenti un fort sentiment d’abandon, et à l’époque, j’ai refusé de mettre des mots sur cette souffrance.

Et puis un jour, j’ai ressorti ses tableaux, ses poèmes, ses dessins, et je me suis mise à puiser dans ces traces laissées, dans cette fabuleuse énergie, dans cette création, pour à mon tour, commencer dans l’ombre à dessiner des mots comme un enfant.

Comme j’aimerais papa que tu me vois, que tu me dises si ma plume te fait sourire, si mes polars te tiennent, si j’ai réussi … Comme j’aimerais papa que tu sois là pour me dire que tu es fier de moi … Un jour, comme toi, je prendrais les pinceaux, promis.

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Ses oeuvres

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3 Commentaires à “ Mon père, ce héros ” »

  1. Muriel Denizard dit :

    Je ne crois pas avoir vu ses tableaux par contre je me souviens que Jean-Pierre est le premier à m’avoir parlé du pendule, du magnétisme, des énergies, de l’au delà… Je garde en mémoire cette phrase qu’il m’avait dite après le décès de Mamie Madeleine « elle est partie tout de suite loin de la terre, c’est qu’elle est en paix ». J’ai par la suite rencontré des personnes animées de convictions proches de la tienne. Je me souviens bien de son visage. Une jolie pensée pour lui et avec ses convictions tellement fortes, il est tout près c’est sûr accompagné de Christophe…

  2. Muriel Denizard dit :

    de convictions proches de la sienne….

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