( 22 mai, 2018 )

Écrire, et après ?

 

Tout le monde écrit aujourd’hui, ou presque, seulement tout le monde ne vend pas, c’est bien cela le drame. Coup de chance ? Certainement, vu le nombre de romans publiés chaque année, un lecteur même fou des livres devra faire un choix.

Je croise beaucoup de jeunes s’imaginant devenir le prochain Musso. Si c’était si simple. S’il suffisait d’avoir une jolie plume pour vendre des millions de livres. Un best-seller n’a aucune recette, c’est même un vrai mystère. Il y a de fantastiques best-sellers, et puis, on en a tous lus, de vrais navets. C’est ainsi. Il ne faut pas non plus se leurrer, des cas comme Harry Potter sont rares, et souvent un livre devient un best-seller, car l’édition va investir sur ce livre, n’hésitant pas à le fracasser de publicité.

Un éditeur (dont nous tairons le nom) a même reconnu que pour lancer un de ses poulains qu’il considérait comme « le futur écrivain du siècle » a acheté 50 000 livres pour faire d’emblée un buzz. Ce fut effectivement efficace, car le roman était bon.

Il y a des auteurs autoédités qui ont bien compris ce concept en affichant une bannière avec « 500 000 livres », publicité à demie mensongère puisque le mot « vente » n’est pas écrit ! Mais cela fonctionne, la moitié de ces auteurs ont reçu un contrat d’édition ensuite.

Le monde de l’édition est une vraie toile d’araignée. De nos jours, on trouve de tout. Des petites éditions provinciales souvent fort sympathiques car à l’échelle humaine, des éditions vitrines qui font juste illusion, mais où le travail est bâclé, des éditions qui se lancent, mais pour beaucoup sans bases solides, et les grosses éditions qui ne prennent que rarement des auteurs inconnus.

Alors bien sûr dans cette mer de l’espoir, on trouve aussi des escrocs. De nombreux amis auteurs en ont fait les frais. Difficile de les reconnaître au premier abord, car comme ce sont de grands manipulateurs, ils font eux aussi illusion.

Il y a pourtant des signes à bien vérifier.

Tout d’abord cette maison d’édition, est-elle bien distribuée ? Bien diffusée ? Larousse, Pichon, Hachette … Si vous tombez sur un nom bizarre ou si l’éditeur fait sa propre diffusion, fuyez ! Ces éditeurs à fuir sont ceux qui fabriquent vos livres sans une équipe fiable, pas de vrais correcteurs, pas de personnes pour faire une vraie promo, un catalogue vide de quatre ou cinq livres par an etc

Pourquoi allez-vous me dire de telles personnes ? Je pense que cela doit s’étudier psychanalytiquement parlant. Ce sera l’éditeur qui a toujours rêvé d’écrire un best-seller, mais qui n’écrit rien de bon, qui veut prouver à quelqu’un qu’il peut,alors qu’il en est incapable. Pour être éditeur, il faut un investissement de base. Cela me fait sourire ces personnes qui montent une maison d’édition sur un coup de tête. J’en ai rêvé aussi, mais j’ai fait toute une analyse de marché, et il faut des sous, beaucoup de sous ! Et puis du temps, et puis l’envie.

L’édition à fuir sera celle où l’éditeur n’aura pas envie, où ce dernier ne sera pas disponible avant midi, où seule sa vie privée sera une attraction, et non les romans qu’il vend.

Dans un excellent article, voilà comment l’auteur du blog définit l’édition à fuir.

« Pourrito s’en fout d’avoir une bonne maison d’édition, car Pourrito est avant tout un illuminé feignant qui s’est piqué d’une lubie : devenir éditeur pour flatter son ego »

Alors comment savoir si on signe avec une bonne édition et non un pourri ?

Tout d’abord l’édition est vraiment référencée à societe.com, il a un numéro de Siret, ce n’est pas une association. Ensuite le contrat, bien le lire, faire attention au droit de préférence qui peut devenir un véritable handicap lorsque l’éditeur n’assure pas. Regarder le site Internet. Un bon éditeur aura un beau site. Un regard également sur les livres numériques qui à notre époque sont indispensables.

Après, je lisais un blogueur qui fustigeait les éditeurs qui n’éditaient pas d’emblée un stock inférieur à mille livres. Faut arrêter ! Aucun éditeur en dehors des grandes éditions ne prendrait le risque de sortir autant de livres, par contre, un éditeur qui se limite à un stock de 50 bouquins ne fera jamais un best-seller, même si le roman est excellent.

Alors visez toutes les Fnacs, les têtes de gondoles, on en rêve tous ! Mais l’élue reste rare, et chance ou piston, une chose est sure, ce sera que quelques auteurs.

Écrire pour être riche n’est qu’une utopie. Si c’est votre but, renoncez, vous allez vous faire du mal à l’âme. Par contre, écrire pour donner du bonheur, pour donner un sens à votre vie, pour le plaisir, foncez ! Cela en vaut vraiment la peine !

 

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3 Commentaires à “ Écrire, et après ? ” »

  1. Jenny dit :

    Très bel article et oui écrire pour le plaisir et de pouvoir partager, c’est ça la clé du bonheur de l’écrivain.

  2. 010446g dit :

    Les comités de lecture des éditeurs reçoivent aussi un certain nombre de romans dont les auteurs ne cherchent qu’à se prouver qu’ils POURRAIENT être édités sans en avoir vraiment l’intention.

    Dernière publication sur le radeau du radotage : FFFFFFFFFFFFFF

  3. Claude Colson dit :

    Sylvie, il y a aussi l’éditeur Pourrito qui prend des centaines d’auteur pour vivre des 30,40 ou 50 livres achetés par les auteurs eux-mêmes.

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