( 28 mai, 2018 )

L’impossibilité d’agir

Non, il n’est pas toujours facile d’agir. Envie de lancer mon coup de gueule du jour face à certaines réactions immondes que je lis, du style « Elle a été violée ou harcelée ou victime de rumeurs, elle n’avait qu’à ouvrir sa grande bouche, à se battte »

Honte à ceux qui osent proférer de telles horreurs, honte à ceux qui se délectent de ces infamies. Et bien non, une victime de violence ne peut pas « l’ouvrir » simplement parce que l’impact est si fort qu’elle se sent coupable d’exister, coupable « d’être » tout simplement.

Que ce soit dans les cours de récréation, dans les lycées, au travail ou ailleurs, il est important que ces violences cessent. Coupables ceux qui vont par leurs mots attaquer par derrière, ceux qui n’ont pas le courage du face à face, ceux qui manipulent dans l’ombre répandant des rumeurs juste pour conforter leurs vérités. Coupables ceux qui ensuite véhiculent ces rumeurs, qui la transforment jusqu’à en faire une arme. Coupables surtout au final ceux qui croient cette rumeur sans connaître son fondement, en jugeant juste sur « des preuves » qui n’en sont pas. La vie m’a appris ceux  qui rentrent dans ce jeu, ceux qui déversent leur venin sont autant coupables. Ce ne sont que des imbéciles qui n’ont aucune conscience des cicatrices qu’ils laissent, simplement parce que ce type de blessures ne se voit pas.

Honte à cette société qui par le biais d’Internet, des réseaux sociaux, offre à ces individus peu scrupuleux un outil de choix.

Se faire agresser, menacer, reste ancré dans nos mémoires à jamais. Se faire traiter de folle, de pute ou de noms d’oiseaux, reste graver dans notre inconscient.

Ce regard faux qui un jour s’est posé sur nos vies reste destructeur.

Alors non, une fille, une femme, n’est pas folle parce qu’elle apprécie un garçon, parce qu’elle tombe amoureuse, parce qu’elle s’habille d’une certaine façon, parce qu’elle est blonde, ronde ou mince. Elle a le droit à son identité.

 

J’accuse aujourd’hui tous ceux qui ferment les yeux par commodité, pour sauver les apparences, pour préserver leur couple, pour ne pas faire de vagues dans un travail, pour ne pas se brouiller simplement avec d’autres ou par pure bêtise.

J’ai mis des années à oser parler, à oser exister parce que personne ne se rend compte du pouvoir des mots. À l’époque j’ai appelé au secours, suite à cet homme venu me menacer, je n’ai reçu que des sourires crispées. Je n’avais été ni violée ni touchée, je devais donc être sérieusement perturbée.

Des années à vivre avec ça, des années à ne pas pouvoir parler, à laisser mon corps se détruire, à entendre des phrases indignes de professionnels.

Heureusement ma route a croisé celle d’une formidable thérapeute et le parcours fut long mais salvateur.

 

Non j’ai le droit d’exister et tans pis si je les gêne.

Non des menaces peuvent être aussi violentes qu’un viol.

Non je n’ai jamais été pas folle, même si on a tout fait pour le faire croire, pire pour me le faire croire.

Et surtout non je ne dois plus me sentir coupable de n’avoir pu parler. C’était un réflexe de survie. Je n’étais pas coupable de ne pas avoir compris. Il n’y avait rien à comprendre sauf des personnes trop nombreuses qui se sont fait des films, qui ont propagé des rumeurs, qui ont cru aussi en ces rumeurs.

 

Je revendique pour tous ceux victimes de violence gratuite le droit à exister, le droit à ne pas être jugé ! Le droit à respirer ! Et surtout le droit à vivre en paix …

 

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1 Commentaire à “ L’impossibilité d’agir ” »

  1. handiparisperpignan dit :

    waouh

    Dernière publication sur Les mots d'Ysabelle : Frénésie

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