( 6 novembre, 2018 )

EGPA, lieu de fin de vie.

 

De nombreuses émissions critiquent ces structures, effectivement très coûteuses, ces lieux de fin de vie. Parallèlement naissent des propos parfois qui me hérissent les poils des bras, à savoir ces phrases se voulant culpabilisantes parce que untel a placé son père dans un institut ou unetelle son époux. Il faut stopper cette manie de toujours voir que le côté négatif dans chaque acte. Alors oui, dans le temps, on gardait la vieille dans un coin près de la cheminée jusqu’à sa mort, parce que cela se faisait, parce que les femmes ne travaillaient pas, et surtout parce que l’on n’avait pas le droit d’ouvrir sa bouche. Mon arrière-grand-mère est décédée à 98 ans en remontant un escalier après des vacances. Ma grand-mère s’est occupée de sa mère, une vieille femme acariâtre et exigeante. On ne lui a jamais demandé si elle était d’accord. Elle n’a pas eu le choix. Elle a subi l’agressivité d’une personne en fin de vie, les critiques incessantes.

C’était avant ! Aujourd’hui, cause environnementale ou usure des individus, la majorité de nos vieux perdent la mémoire, et leurs fonctions motrices. Alors oui, on peut vouloir se dévouer corps et âme à ses parents, c’est un choix, ce ne doit en aucun cas être une obligation. La vie est courte, très courte, et on n’en a qu’une. Se détruire en donnant tout son temps à une personne âgée pour « être une bonne fille ou « une bonne épouse », cela doit rester un choix et non être comme je le lis trop souvent une obligation parce que la société, les autres font naître une culpabilité impossible à vivre.

Il faut cesser de diaboliser les EHPA. Je ne suis pas convaincue que le papy complètement sénile est plus en sécurité dans sa maison, pressentant la peur de ses proches, les tensions, les contraintes. Car pas question d’emmener papy en vacances, donc pas question d’avoir de vacances. Pas question de prendre une soirée pour sortir , car qui va s’occuper de papy ? Et la liste est longue.

Cela fait trois ans que j’ai placé ma mère atteinte de DCL. Elle était en crise de démence, amaigrie, déshydratée, lorsque j’ai dû faire cette démarche que je remettais depuis des mois ( société culpabilisante !). En six mois, elle a retrouvé le sourire, de bonnes joues. Ces centres sont compétents, les activités sont nombreuses, les repas sont adaptés et contrairement aux Hoax des réseaux sociaux, on les fait manger !

Bien sûr, elle décline, mais lentement, bien plus que si elle était restée chez elle, car elle a une surveillance permanente, infirmière, médecin, kinésithérapeute etc

Quitte à choquer, même si j’avais le choix de m’occuper de ma mère plutôt que de la laisser en maison, je ne le ferai pas. Les années d’avant le placement m’ont bousillé la santé, les chutes constantes, les appels de détresse en pleine nuit. J’ai mis du temps à le comprendre, mais j’ai droit aussi à vivre, mes enfants ont droit d’avoir une maman sereine. En tant que parents, on doit donner sa vie pour ses enfants, tout faire pour eux. Aujourd’hui, j’ai la sensation d’être la mère de ma mère, mais je ne veux pas me perdre dans cette souffrance. Dernièrement, dans un moment de lucidité, de plus en plus rare, elle me disait « Pourquoi est-ce si long de mourir, je t’empêche de vivre et cela me fait du mal. »

Alors au lieu de critiquer ces lieux de fin de vie, même s’ils ne sont pas parfaits, n’oublions pas qu’il ne faut pas s’arrêter de vivre, ce ne serait pas leurs souhaits.

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