( 21 avril, 2019 )

DCL, fichue maladie

 

Elle, toujours là, ma mère, présente sans l’être. Pourquoi au bout de tant d’années, la voir ainsi, figée, me déstabilise autant ? À ma dernière visite, elle semblait bien, regardait les photos de ses arrières-petits-enfants, souriait même, alors qu’aujourd’hui je n’ai eu droit à rien. C’est la première fois que ce « rien » était si intense, comme si elle n’était plus là. Même son regard était vide, même sa bouche n’a pas dessiné un seul sourire. Je suis restée à lui parler, en voyant bien qu’elle ne m’entendais pas, qu’elle ne captais pas, qu’elle était ailleurs. Où ? je ne sais pas, mais bien loin de ma réalité. Peut-on dire qu’elle souffre ? Je ne le pense pas. Elle est juste partie, loin si loin que je n’ai rien pu attraper aujourd’hui, pas un souvenir, pas un sourire, juste un vide. Je me suis retenue à la table pour ne pas sombrer, pour ne pas me noyer, tellement c’est difficile de tenter de rallumer une flamme dans des yeux qui ne voient plus. Comment dessiner un sourire sur son visage figé comme si subitement il était coulé dans de l’argile ? Comment surtout ne pas pleurer en comprenant que les dés sont jetés, que même si dans quelques jours elle aura retrouvé un semblant de lucidité, le résultat final sera cette expression faciale figée qu’elle portera pour l’éternité. Et moi, comme une idiote, je suis restée avec ma cloche de Pâques qu’elle n’a même pas daigné regarder …

 

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2 Commentaires à “ DCL, fichue maladie ” »

  1. Demuynck Maryse dit :

    Mon mari est au quotidien comme vous décrivez votre maman

  2. Bounechada dit :

    bjrs moi aussi bon courage

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