( 3 mai, 2019 )

Et puis un jour, on s’en fout !

L’homme est formaté dès sa plus tendre enfant à viser la perfection, le politiquement correct. L’éducation est en train de changer, pas nécessairement en bien, mais c’est un autre débat. Ceux de ma génération furent élevés dans un souci de convenance où rien ne devait transparaître ni la souffrance ni la peine. Je n’ai presque jamais vu mes parents se disputer ou pleurer, résultat ils ont posé la barre bien haute ! Parents aimants, parfaits, difficile ensuite de se sentir si « petite », si peu conforme à ce qu’ils furent. Alors on fait tout pour tenter, vainement, de s’aligner sur cette perfection quitte à ranger son grain de folie ( car n’en déplaise aux psys, on est tous fous ! C’est même ce qui fait de nous des êtres humains dotés d’erreurs et d’empathie)

Aujourd’hui, même notre cher ministre nous demande d’être parfaits, irréprochables, à tel point qu’en cas de doute, l’institution nous laisse tomber, sans scrupule, sans appel. On a vu où cela a conduit Jean ce pauvre enseignant condamné par « la foule » sur de simples dires d’un parent. Qu’est-ce alors que cette perfection dont on nous rabat les oreilles ? Serait-ce réfléchir, penser, agir comme des moutons ?

Et puis un jour, car il y a toujours un jour, on s’en fout ! On en a assez de dire amen à toutes leurs âneries, de plier le dos pour le fameux « pas de vagues », de passer pour la méchante simplement parce que l’on a eu le courage ( car il en faut du courage) de fermer notre bouche. Et puis un jour, on envoie tout balader, peu importe ce que l’on pensera de nous, ce ne peut être pire que ce qu’ils ont voulu faire croire.

Alors, on choisit de gommer leurs mots qui ne  nous toucheront plus, leur haine qui ne fera que rebondir, leur dédain qui n’est que le reflet de leur mal-être à eux. Alors un jour, on se met à rire, à rire, sans pouvoir s’arrêter, en laissant notre imperfection éclater telle des bulles de savon, et ce jour-là, on sait que peu importe ce qui arrivera, on a gagné, simplement parce qu’on s’en fout, et qu’est-ce que ça fait du bien !

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( 2 mai, 2019 )

Le choix d’un éditeur

Comme l’écrit Musso dans son dernier roman :  « L’écriture structure ta vie et tes idées et finit par mettre de l’ordre dans la chaos de l’existence. » Voilà pourquoi tant de personnes écrivent, pour se libérer du présent, pour faire valser des phrases dans une danse endiablée. Un roman ( sauf autobiographique) reste imaginaire et n’est que mots pour autrui.

D’où l’importance de bien choisir son éditeur …

 

Cela fait quelques semaines que j’avais laissé en attente vos questions sur le choix d’un éditeur, question récurrente, souvent source d’angoisse. Et si ce fabuleux manuscrit que l’on vient d’écrire allait dormir éternellement dans le placard ou sur une clé usb au lieu de voir le jour ? Et si on allait faire une grosse bourde en signant un contrat ?

Tout d’abord, il ne faut pas se leurrer, il y a de plus en plus de maisons d’édition, et chacune reçoit en moyenne une centaine de manuscrits par mois voire par semaine pour les plus grandes. Penser qu’un jeune auteur publiant son premier roman se verra dérouler le tapis rouge pour signer chez Grasset ou Albin Michel est une hérésie ( comme si en plus c’était le Saint Graal). Ce milieu fonctionne à plus de 95% par le bouche à oreilles et si vous ne connaissez pas le fils du frère du gendre de … abandonnez l’idée !

Reste donc les moyennes et petites éditions qui auront leurs avantages et leurs défauts. Le plus grand défaut reste la distribution et seulement 3% des moyennes et petites éditions verront leurs parutions en masse dans les rayons Fnac, Cultura etc

Il est donc évident que pour être beaucoup vendu, il faut inéluctablement passer par ces grandes enseignes. Seulement cela a un coût très élevé et quelle édition va avoir le courage de miser sur un romancier inconnu ?

Chaque auteur est convaincu d’avoir écrit le best-seller de l’année, et oublie trop facilement qu’effectivement un best-seller par définition est unique. On va alors assister à une valse d’écrivains en herbe, frustrés, qui vont casser leur maison d’édition simplement parce qu’ils n’ont pas réalisé leur rêve, être les premiers !

Ne pas oublier qu’un manuscrit va passer par un comité de lecture ( parfois ce ne seront juste que des lecteurs bénévoles) qui va décider de l’avenir de votre roman. Donc un vrai coup de poker !

J’en ai parlé récemment, je me suis amusée à envoyer l’an dernier un manuscrit remanié de mon roman Carla à plusieurs éditions. J’ai eu de nombreuses réactions, quelques contrats, mais pour le moment mon but n’était pas de le faire rééditer, juste de comprendre, et j’ai compris. J’ai envoyé ce manuscrit avec trois titres différents dans la même grosse édition. Le même à l’identique sans aucun changement si ce n’était le prénom de l’héroïne et le titre, et le pseudo. Deux refus et une acceptation. Étrange non ? Même édition pourtant. Le manuscrit était-il tombé dans d’autres mains ? Un autre comité de lecture ?

Au final, j’en ai conclu que l’acceptation dans une grande édition est un coup de poker qui va dépendre du lecteur dans le comité de lecture, du directeur de collection, de la conjoncture littéraire etc

 

Alors, allez-vous me dire, comment bien choisir un éditeur ?

Soit vous faites comme les copains, vous passez parle autoédition et vous finirez par être repéré par une grosse édition car beaucoup en ce moment ont les yeux fixés sur les ventes Kindle.

Soit vous prenez votre mal en patience, et envoyez votre manuscrit un peu partout.

Soit vous appelez tata Yvonne qu’elle vous pistonne chez Truc afin d’avoir une porte d’entrée( qui ne vous garantira pas pour autant le best-seller)

 

Au final, une fois encore, l’explosion des maisons d’édition est une bonne chose mais réduit les chances de vendre énormément de livres. À part ceux qui ont un orgueil démesuré, il est important de garder les pieds sur terre. On peut faire sa place dans une maison d’édition pour « un genre », et avoir une préférence pour une autre édition pour un genre différent.

Heureusement de nos jours, un auteur a cette immense chance, celle de pouvoir choisir son éditeur en fonction de son propre ressenti ! On peut avoir un bon feeling avec une directrice de collection et ne pas sentir une autre. Mieux vaut dans ce cas ne pas se lancer.

En clair, évitez de mettre tous vos oeufs dans le même panier sinon ils pourraient tout simplement tous cassés !

 

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( 2 mai, 2019 )

Ces mentors que nous croisons un jour …

 

Qui n’a pas croisé un jour la route d’un mentor ? Lorsque l’on débute dans le monde de l’édition, c’est rarement seul, et souvent parce que nous avons été poussés par une autre personne qui a vu en nous un potentiel. Un mentor, c’est une personne face à qui nous nous sentons tout petits, mais qui va très subtilement nous apporter l’huile qui va  permettre aux rouages de se mettre en marche. Un mentor est un guide, un modèle qui va nous autoriser à nous surpasser, à déclencher cette étincelle que nous n’osions allumer. Un mentor sera une personne que nous allons admirer, aimer, mais de manière purement intellectuelle. Tout le monde n’est pas Céline Dion et son René. Et puis mentor n’est pas Pygmalion :)

J’ai toujours tendance à dire que le lien qui se crée entre le mentor et « l’élève » est une évidence, cela devait être. L’élément primordial est la confiance !

Je n’ai pas écrit par hasard. Mon premier mentor fut mon père. C’est lui qui m’a presque tout appris. Il a laissé une place à prendre lorsqu’il est parti. D’autres ont tenté de prendre sa suite sans succès jusqu’à celui qui m’a révélé mon potentiel littéraire. Aurais-je dû me casser une jambe ce jour-là ? Je me le demande souvent, d’un autre côté serais-je là à vous écrire ? Peut-être pas ! J’avais une totale confiance dans ce mentor, dans ses simples phrases très courtes mais percutantes pour m’aider à avancer dans ce rêve qu’était l’écriture. Je croyais en lui. Je pensais ses encouragements sincères. Peut-être avais-je simplement envie d’y croire, de croire en ses mots :  « Vous marchez sur l’eau », mots qui m’ont invitée à courir sur l’eau, à faire vibrer telle une gamme des émotions, des rêves, des univers imaginaires.

Dois-je regretter ? Il y a des jours, j’aimerais effacer ma stupidité aveugle, ne pas avoir voulu voir qu’il n’y avait que mensonges sans une once de sincérité.

D’autres fois, je me dis juste que je devais passer par-là, et peu importe « le pourquoi », ce dernier mentor m’aura ouvert une porte qu’aujourd’hui je ne voudrais pas refermer. Peut-être est-ce cela au final, la Destinée ? Croiser des routes pour un temps juste là pour nous guider ?

 

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( 1 mai, 2019 )

Sexisme et harcèlement.

Il aura fallu des centaines d’années pour que le sexisme éclate au visage des hommes souvent cachés derrière une carrière haut placée avec des prérogatives les autorisant à brandir leurs verves (quand ce n’est que celles-ci). Les femmes osent enfin lever le poing et c’est une bonne chose. Il n’est pas facile d’être une femme dans notre société. Ces hommes qui ont fait des études, méprisent celles qui n’en ont pas faites, ceux qui ont le pouvoir s’en servent pour manipuler les autres, usant, jouant des mots pouvant conduire jusqu’à un harcèlement moral tout aussi destructeur qu’une main aux fesses. Et non, il n’y a pas que le harcèlement sexuel qui soit violent. Cette manière qu’ont certains hommes de tirer des ficelles, de vouloir détruire les femmes qui les gênent parce qu’un jour … Il est temps de dire stop et d’être entendues !

Quoiqu’elle fasse, la femme sera toujours coupable de ne pas avoir su (elle aurait dû deviner), de ne pas avoir dit ( ceux qui ont connu la peur savent ce que sont ces mots qui restent coincés), de ne pas avoir compris ( faut-il être cruche pour ne pas avoir perçu ce que l’autre manigançait ), d’avoir provoqué ( une robe un peu trop courte, un parfum un peu trop appuyé), d’avoir continué ( pourquoi continuer à faire confiance, c’est qu’elle voulait les « emmerdes » qu’elle a eues) et la liste est longue.

Avez-vous déjà rencontré un seul homme capable de se remettre en question ?

La femme, curieusement, le fera toujours, allant même jusqu’à accepter de porter toute la culpabilité pour avoir un sentiment de paix, pour vivre en paix. L’homme, à l’inverse ( serait-ce des restes de l’époque préhistorique ?) va tout faire pour gagner quitte à mentir, quitte à sortir son argent. Bien triste cette société qui se laisse trop souvent dupée, mais aujourd’hui, les femmes commencent à oser, et c’est un véritable espoir pour les générations futures. Cessons surtout de plaindre ou de croire ces hommes qui se disent atteints dans leur dignité alors que leur comportement est empli de zones d’ombre !

 

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