( 19 août, 2020 )

Le découragement des auteurs

Les écrivains, ceux qui sont sur le devant de la scène sont rarement découragés, tandis que les auteurs baissent de plus en plus les bras.  Une fois encore, je vais me faire l’avocat du Diable. Pourquoi un tel découragement alors qu’il n’y a rien de plus magique que d’écrire ?  Pourquoi ce lien si fort entre l’acte d’inventer et l’argent ?

C’est un vrai paradoxe qui se retrouve tel un métronome dans la bouche de nombreux auteurs. J’ai envie de dire, écrivez les pieds sur Terre et la tête dans les nuages, car vivre de sa plume est un vrai métier qui n’est malheureusement pas toujours lié au simple talent. Nous vivons dans une société où le profit est roi, et l’auteur n’est que le dernier maillon d’une longue chaîne. Pour ne prendre que les auteurs qui gagnent vraiment leur vie avec leurs parutions, ils sont une vingtaine en France, sélectionnés par des critères bien précis : leur âge, leur look, leur style littéraire.  80% sont des hommes car le lectorat français est majoritairement féminin. Alors, une fois que votre profil ( je dis bien profil et non livre) se retrouve choisi, tout un processus de vente va se mettre en place. Votre livre va se retrouver dans les mains d’un grand correcteur qui va parfois refaire intégralement le livre, au goût du moment, puis la promotion va miser sur l’image. C’est pour cela, même si c’est scandaleux, vous ne verrez très peu en France de têtes d’affiche débutantes avec une malformation physique, une personne de plus de cinquante ans ou de couleur. Cela ne vous a jamais choqués ?

Face à cela, vous voilà avec votre manuscrit, pas plus mauvais qu’un autre, sous le bras, et là, les portes se claquent ! Vous n’avez pas « la tête de l’emploi »

Alors, vous vous tournez vers d’autres possibilités, des petites éditions voire l’autoédition. Mais le découragement vous gagne bien vite ! Peu de livres vendus. Votre rêve de vivre de votre plume s’achève et avec votre envie d’écrire.

Voilà ce qui arrive à tous ceux qui ont cru, un jour, être écrivain célèbre !

Les petites plumes comme moi, qui ont de l’encre dans les veines, qui n’attendaient rien de ce milieu sauf le bonheur d’avoir quelques retours, surfent sur une vague de bonheur. Sept ans que j’ai publié mon premier roman et j’ai toujours autant de bonheur  en lisant les retours élogieux. Cela suffit à me combler. C’est pour moi une richesse bien plus grande qu’un chèque à plusieurs zéros. Savoir que mes mots ont touché, ont aidé, quoi de plus beau ? Je ne suis donc pas prête de stopper !  Alternant en ce moment entre défi littéraire ( Don Quichotte avec les éditions du Roi Barbu, totalement bénévole), une nouvelle ( pour un recueil collectif, bénévole également), un manuscrit en cours et un en gestation.  Le découragement ne m’atteint pas, simplement parce que je n’attends rien ! C’est ça le secret de la vie, ne rien attendre des lecteurs, des autres, juste danser sur des partitions de bonheur !

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5 Commentaires à “ Le découragement des auteurs ” »

  1. Patrick dit :

    Je comprends tout à fait, je suis moi même très découragé en ce moment

  2. Patrick dit :

    Je comprends tout à fait je suis dans le même cas

  3. Flora dit :

    Totalement POUR

  4. Liliane CESARI dit :

    Vous m’avez ôté les mots de la bouche, ou plutôt de la plume ! J’abonde vraiment dans votre sens, car j’ai suivi pas à pas le même cheminement que vous. Bravo pour la finesse et le justesse de votre analyse… et surtout sa sagesse ! Merci.

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