( 11 septembre, 2023 )

La perception des maladies thyroïdiennes

Que ce regard sur les dysfonctionnements thyroïdiens est difficile, que le chemin est long pour obtenir une reconnaissance. Dix ans que l’on se bat, avec l’impression de pédaler dans la semoule sans de vrais résultats. Dix ans que je croise par hasard ou sur les réseaux des personnes qui ont honte de leur maladie, qui refusent d’en parler. Simplement par peur d’être étiquetées malades. 
La thyroïde régit tout notre corps. Elle est l’huile qui aide à avance, tout comme une voiture avec une mauvaise vidange va « toussoter ». On ne peut nier son impact dans le fonctionnement de tout notre corps.
À ce jour personne ne sait vraiment pourquoi une personne va voir sa thyroïde se dérégler. De nombreuses études furent publiées, souvent contradictoires, impactant l’environnement avec ses sulfates, un terrain génétique possible, une alimentation insuffisante pour faire fonctionner la thyroïde, un stress violent. Au final, chaque cas est différent, chaque cause également. Les malades se sentent trop vite responsables d’être malades, de ne pas avoir écouté leur corps, de ne pas avoir compris leurs propres limites.
On pourrait penser que le milieu médical est, lui, à l’écoute des malades, mais malheureusement, ce n’est pas le cas. L’empathie n’est pas le fort de beaucoup de soignants, jugeant cette pathologie trop peu importante pour être prise au sérieux.
Ce regard dénué de compréhension va augmenter la douleur des malades, ajoutant de l’incompréhension.
Trop compliqué à gérer une maladie thyroïde pour les médecins ? Très certainement, car elle ne s’inscrit pas dans un schéma défini. Chaque personne va vivre une expérience différente, avec ses fluctuations, induisant des effets secondaires atypiques, parfois lourds. Le médecin va préférer ne s’attaquer à ces points : les dysfonctionnements cardiaques, les troubles de la mémoire, les problèmes gynécologiques etc
Peu importe si tout est lié à une thyroïde qui produit trop d’hormones ou pas assez, il est bien plus simple de prescrire un traitement pour le coeur, un autre pour la fatigue .
Et lorsque la prise de poids vient jouer les intrus, c’est la cata ! Le milieu médical déteste «  les gros ». Résultat ce sera la morale sur une bonne alimentation, la prescription de sport à gogo, un nouveau sujet de culpabilisation, car il faut bien le dire, un malade avec une prise de poids liée à une hypothyroïdie sera loin d’être facile à régler.
Seulement cela doit être dit et redit : on ne perd pas du poids facilement avec un dysfonctionnement thyroïdien. C’est beaucoup plus difficile que lorsque le corps est en bonne santé.

Et surtout il faut savoir que ce n’est pas parce que l’on est bien traité, que l’on va péter la forme. La thyroïde reste fragile. Un rien va la perturber, un changement de temps, de température, un choc, et mademoiselle thyroïde se remet à partir en vrille. On le vaut ces jours-ci avec la canicule. Que de personnes voient leurs symptômes revenir à grands pas.
Malheureusement, il n’y a pas que les médecins qui n’écoutent pas, certains malades qui eux vont bien vont casser les autres, et je ne parle pas des coachs alimentaires, de toutes ces thérapeutes qui se prennent pour des gourous, et refusent encore d’admettre qu’aucun cas n’est identique, qu’il ne suffit pas de … pour aller bien !
Il faut accepter par exemple que le sans gluten soit bénéfique à certains, idem pour le sans lactose. Chacun est différent. Il faut l’accepter, rester uni, et surtout se battre ensemble pour ce qui important.
Changeons ensemble la perception des dysfonctionnements thyroïdiens, et peut-être le monde ira mieux ?
Mais il y a du boulot :)

Ensemble, les Papillons !

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3 Commentaires à “ La perception des maladies thyroïdiennes ” »

  1. Galula dit :

    Merci pour ce texte qui résume très bien toute la difficulté de cette pathologie .

  2. Kakoune dit :

    Bonjour,
    Je ne parle plus des désagréments de la thyroïde autour de moi, les autres pensent que l on fait du cinéma ou que je suis fainéante. Les médecins non plus… Ne comprennent pas nos symptômes….à partir du moment où les analyses sont bonnes c est le principal, y a t il vraiment des recherches faites pour approfondir les désagréments dû à la thyroïde ?

  3. rypert dit :

    6 millions de malades de la thyroïde mals soignés en France….OU se faire entendre ?? Les médecins en médecines fonctionnelles, QUE 20 en France sont considérés comme des charlatants…leurs analyses de sangs + + POINTUES, effectuées en Belgique sont à notre charge, ainsi que les traitements par compléments alimentaires….le DR RESIMONT DE BRUXELLES à écrit en 2019 au ministre français de la santé pour lui dire que les français passent la frontière par CHARTERS pour se soigner en Belgique, où les hypothyroïdiens sont ECOUTES, COMPRIS, PRIS EN CHARGE au CAS par CAS..EN FRANCE c est : endocrinos qui n’écoutent pas les plaintes des patients, prescrivent à tous de lévotyrox, sans donner de la T3….et vous dirigent vers les psys, qui vous donnent des anti-dépresseurs !!! les soins des alcooliques et drogués sont pris EN CHARGE PAR LA SS, alors qu’ils choisissent de boire où de se droguer…Nous, malades de la thyr, si nous voulons nous soigner comme il faut, nous devons tout payer de notre poche !! c’est scandaleux !! à quelle porte faut-il aller frapper pour se faire entendre ???

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