( 18 novembre, 2017 )

Être, simplement être.

Qu’est-ce qui nous définit ? Notre âge ? Notre profession ? Nos valeurs ? Notre physique ? À cette question 72% sur mon blog ont répondu le travail, n’est-ce pas amusant quand on sait que la moitié des français ne font pas le travail qui leur plait. Ensuite, ce sera notre façon de vivre, nos relations, et en tout dernier, ce seront nos idées.

Je me souviens d’un couple qui dès notre premier contact s’égosillait à m’expliquer qu’ils étaient tous deux d’une très haute profession, et que moi, petite institutrice, je n’étais pas grand chose à côté. Inutile de vous dire qu’il n’y a pas eu de second contact. Je déteste m’imposer, et j’ai conscience que face à l’intelligence convaincue de sa supériorité, je ne pouvais trouver une petite place.

Comme si appartenir à un univers les définissait, alors que cela les a simplement réduit à un « paraître », ce qu’ils étaient certainement au final, dans leur vie.

Trop de personnes agissent ainsi. Dans le monde de l’édition, c’est du pareil au même , un peu à l’image du monde politique. Il faut faire des choix, un tri minutieux, car ayant croisé des éditeurs et des écrivains qui se fondent dans ce même moule, à chaque fois, je n’ai eu qu’une envie, leur hurler qu’ils ne sont pas leurs écrits, qu’ils sont bien plus que cela « des personnes qui sont ». Et plutôt que de se cacher derrière un miroir sans tain, Être, c’est être ce que l’on est vraiment, et je crois que ce serait bien si on n’essayait pas d’être autre chose pour « ne pas être »

( 17 novembre, 2017 )

Et si Hashimoto offrait l’espoir …

H et la plume de l’espoir. Grosse émotion pour ce minuscule livre qui sera à 6,50€.

Un peu comme « Hashimoto mon amour », ce livre a une histoire, celle d’une mère en détresse qui m’envoya une sorte de SOS. Son fils de l’âge de mes élèves venait d’être diagnostiqué Hashimoto après deux ans de galère. À l’école, les enseignants l’avaient trouvé paresseux, le punissant sans cesse car il oubliait ses leçons apprises, rejeté par ses camarades. Je m’étais pourtant juré de ne plus tomber dans l’empathie qui à chaque fois me joue des tours, seulement les mots ont jailli. Un peu comme si je peignais une aquarelle ( comme les illustrations de Marie Texier), j’ai dessiné une histoire, essayant d’être le plus proche de ce que pourraient comprendre des enfants.

Je ne suis pas auteure jeunesse, mais je devais aller jusqu’au bout. Ce fut difficile. Je ne suis pas certaine du résultat, peu importe. Comme vous le savez tous, je ne suis pas une grande courage, préférant mon terrier à l’agressivité de ce monde. Me battre pour moi, je n’y suis jamais arrivée, mais pour une cause, je fonce. Et là, c’est une cause juste.

Un jour, il y a des années, un ami m’avait dit que je marchais sur l’eau, malheureusement, je n’ai pas une Hashimoto classique, et vu sa destruction rapide, je dois me battre au quotidien pour mener une vie calme car d’autres maladies auto-immunes pointent leur nez au moindre stess, et être enseignante n’est pas exempt de stress !

Je me contente donc de faire la planche faute de marcher sur l’eau, mais je ne pouvais pas laisser un enfant se noyer, et je n’avais plus que mes mots pour l’aider.

Ce livre est donc destiné à des familles afin qu’elles puissent oser aborder le thème du harcèlement scolaire, de la douleur d’être rejeté, et bien sûr de la nécessité d’un diagnostic précoce d’une maladie thyroïdienne, car cela n’arrive pas qu’aux adultes. De plus en plus d’enfants sont touchés.

J’espère de tout coeur que des dizaines d’adultes vont commander ce petit livre dans quinze jours sur le site Edilivre pour l’avoir au pied du sapin, afin que ce bouche à oreille, qui ne fonctionne toujours que pour répandre des rumeurs ou des ragots, puisse pour cette fois aider vraiment ceux qui en ont besoin.

Je crois dans ce combat, je crois dans la solidarité des malades, et je crois surtout dans l’innocence des enfants. Aidons les à ouvrir les yeux … Afin que des petits H ne souffrent plus jamais d’un tel rejet.

 

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( 17 novembre, 2017 )

La vie n’est pas un jeu.

Avancer chaque jour donne l’impression de se balader sur un ring, instable, qui bouge, où tous les coups sont permis. J’ai toujours refusé de monter sur ce ring, quitte à me prendre de lourdes claques. Dernièrement une lectrice me disait que nous, les auteurs, nous jouons avec les gens, grâce à nos mots. C’est impossible car au final, nous ne faisons que fantasmer, c’est à dire inventer une histoire qui n’existe pas, faire l’amour avec une personne qui ne nous aime pas dans la réalité, créer un monde imaginaire où il est important de ne pas se perdre. Quoi de mieux qu’être auteur pour être comblé par les mots ? Personnellement, je ne joue pas avec les lecteurs, j’ai trop de respect pour eux. Je me contente de les emporter dans mon imagination, de les faire danser sur des partitions qui chantent mes mots.

Je déteste le jeu par excellence, je déteste autant les jeux vidéos (ouille, je vais me faire des ennemis), que les jeux de société ou les jeux de rôles. Non parce que j’ai peur de perdre, mais à l’inverse parce que je n’ai pas ce besoin de gagner. Le monde d’aujourd’hui est bien difficile, il fait mal, il pince fort. Les coups se font toujours par derrière. Je refuse une fois encore de me fondre dans la normalité. Tans pis si j’y perds en crédibilité. Je vais juste me contenter d’être ce que je suis, un peu comme ma Nadia, une personne qui essaie juste de faire du bien, et qui est désolée si parfois cela a ripé, si parfois le voile s’est déchiré, si parfois mes pas ont dérapé. J’essaie de tenir debout, même si c’est loin d’être simple, je refuse d’entrer dans l’arène du jeu de la vie où tous les coups sont permis.

 

Entrez juste dans mon monde, celui de mes romans …. Extrait manuscrit en cours @

«

Je ne l’attendais pas celui-là. Je savourais ma paix. Je pensais naïvement que le bien avait triomphé, et bien non, je m’étais trompé. Je l’ai même pas venu venir. J’avais pourtant ressorti mes tubes de couleurs afin de peindre mes émotions sur la toile. J’étais heureux de rien, juste de l’air que je pouvais respirer. Et puis tout s’est écroulé. Il a suffi d’un coup derrière la tête, un acte insensé, qui m’a plongé de nouveau dans les flots noirs du passé.

J’avais pourtant cru trouver du sens dans un non-sens, et le jeu de cartes s’est effondré. Comment ai-je pu une fois encore m’être ainsi fourvoyé? »

( 16 novembre, 2017 )

La vieillesse

 

Ah cette vieillesse que nous appréhendons dès que nous avons vingt ans, le jour où nous nous trouvons déjà vieux. Seulement, les années passent, et lorsque nous arrivons à la porte du temps, sur le seuil, nous essayons de ne plus penser à cette fatalité si proche. Certes, notre miroir souligne un peu plus nos rides, met en évidence nos cheveux blancs, notre silhouette moins svelte, mais dans notre tête nous avons toujours le même âge, celui des folies, celui de l’amour, celui de la découverte. Bien sûr, nos articulations se rappellent à nous, nos pas sont moins rapides, notre mémoire aussi. Doit-on avoir peur de ce sablier qui ne cesse de couler ?

À chaque changement de dizaines, la panique nous saisit à la gorge, associée à de multiples remises en question. Cassons un peu les préjugés ! Le plus bel âge n’est certainement pas celui de nos jeunes années.

La vieillesse nous apporte-t-elle la sagesse ? Certainement pas, je vois tant de seniors reproduire les mêmes âneries que dans leur jeunesse. Personnellement, j’espère garder mon grain de folie jusqu’à ce que la faucheuse arrive, en tenant bien mon gouvernail afin que ma barque ne chavire pas trop, je n’aimerais pas me noyer trop tôt. Vieillir nous incite à utiliser notre expérience, à ne pas commettre deux fois les mêmes erreurs, à surtout ne plus avoir peur, et à oser aller jusqu’au bout de nos désirs, car quoique l’on puisse dire, la vie est courte, le temps passe bien vite, et il serait bien bête de le regarder juste s’écouler.

Jusqu’au bout, ne pas regarder l’âge que nous avons, juste ce que nous pouvons faire, car vivre, c’est apprivoiser la vieillesse.

Comme disait si bien Victor Hugo « Quarante ans, c’est la vieillesse de la jeunesse, mais cinquante ans, c’est la jeunesse de la vieillesse. ».

Mais vieillir bien sans laisser notre mémoire s’envoler trop vite. Malheureusement, cela arrive par période avec une maladie de la thyroïde dessinant à l’avance le plongeon dans lequel ma pauvre maman se noie chaque jour dans sa maladie CDL.

Vieillir en restant soi, en restant digne.

 

Image sur fb me signaler si souci de droit

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( 15 novembre, 2017 )

Pourquoi passons-nous notre temps à nous justifier.

« Tu n’as pas à te justifier. Je n’ai pas à me justifier. Vous n’avez pas à vous justifier. »

Se justifier, c’est se sentir coupable d’être ce que nous sommes. Les enfants ne cessent de vouloir expliquer leurs actes, leurs bêtises, celles des autres, les adultes aussi.

Nous passons notre temps à trouver des raisons, à vouloir expliquer nos erreurs, à essayer de convaincre l’autre. Pourquoi ? Parce que nous doutons du bien fondé de nos actes ? Parce que nous avons peur du regard de l’autre? Une chose est sûre, ces attitudes nous mettent en insécurité. Nous n’avons pas besoin de nous justifier. Hormis si nous allons assassiner notre voisin de palier ou commis un délit, actes condamnables, toutes nos actions nous appartiennent, tout comme nos choix. Nous pouvons commettre des erreurs. Pourquoi justifier ensuite ces erreurs ? C’est déjà bien assez difficile de les assumer, car même si on ne le montre pas, on les traîne longtemps comme un boulet à la cheville. Cela devient tellement une obligation sociale que nous en arrivons à justifier les actes des autres. Il a trompé sa femme avec sa secrétaire, et bien, ce n’est pas dramatique, ce n’est arrivé qu’une seule fois. Mais au fond, ce ne sont pas nos affaires, alors pourquoi y portons-nous tant d’intérêt ?

Peut-être simplement parce qu’une fois encore nous ne voulons pas casser la fameuse image. « Je t’explique pourquoi j’ai agi ainsi, parce que j’ai peur de ton jugement, j’ai peur que tu ne veuilles plus me parler, pire que tu ne m’aimes plus, alors je me raccroche à cette justification telle une bouteille à la mer. Ce que j’oublie juste, c’est que si tu t’intéresses à moi, si tu as des sentiments pour moi, tu n’as nul besoin que je me justifie parce que tu m’acceptes telle que je suis, avec mes failles, mes cassures, avec mon aspect cabossé. »

Cessons de nous justifier de tout. Si l’autre a besoin de cela pour être notre ami, notre amant, notre confident, c’est qu’il aime l’image que nous lui renvoyons, et ce n’est pas le ciment d’une bonne relation.

( 14 novembre, 2017 )

ROUGE … le retour 2

Le 23 Décembre 2013 sortait Rouge. Le voilà , tout beau, refait, chez Évidence éditions, sorti fin Novembre.

 

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( 14 novembre, 2017 )

Comment se reconstruire après un drame ?

Vous êtes nombreux à me poser cette question. Comment peut-on se reconstruire après un drame ? Déjà, on survit ! Ensuite, on tâtonne pour sortir la tête de l’eau. Je n’ai aucune recette miracle à vous proposer, juste des petites choses qui peuvent aider certains.

Il faut digérer le choc, car tout comme un plat trop gras, il faut laisser du temps au temps. Je ne crois pas ceux qui disent qu’ ils ont tourné la page en un claquement de doigts, tout comme ceux qui sont en pleine dépression, et qui vont super bien deux mois après. Je ne crois pas que l’on peut se reconstruire si vite, c’est une illusion. Un deuil, une rupture non désirée, un échec, il faut l’accepter.

Lorsque mon fils est décédé, il y aura bientôt trente ans, j’ai passé plusieurs semaines à attendre qu’il franchisse la porte du séjour avec son nounours arc-en-ciel à la main. Il m’a fallu changer d’endroit, déménager, pour m’autoriser à effacer cette image, qui s’est estompée au fil des années, mais qui ne s’effacera jamais.

Se reconstruire, c’est déjà cesser de se poser en victime. Nous n’avons pas choisi de perdre un proche, mais nous pouvons choisir de ne pas mourir avec. Nous n’avons pas voulu perdre cette amie ou cet amoureux, mais c’est ainsi. Repenser sans cesse à cet échec nous tire vers le bas. Il faut accepter de mettre une fin à toute chose même si cela fait mal.

 

Un drame nous oblige à changer notre vision de la vie, nous poussant ainsi à sortir de notre zone de confort. Nous ne vivons que ce que nous sommes capables de supporter, et à nous de trouver notre propre équilibre. Je ne dis pas que c’est simple, ni rapide. Je suis la première à trébucher lorsque la vie m’agresse, comme si le passé n’était au final qu’une pierre à la cheville, une pierre qu’il faut simplement oublier, le plus possible.

Se reconstruire après un drame, c’est un peu comme prendre un bateau, il faut d’abord le nettoyer, puis le peindre, être certain de sa fiabilité, puis le mettre à l’eau. Tester doucement sa stabilité sans brûler les étapes, s’autoriser à hésiter, se donner le droit parfois à la colère, tout envoyer valser à un moment, puis revenir, recommencer, encore et encore.

La vie reste un grand théâtre où se jouent de nombreux drames. Nous pouvons tous reconstruire nos vies, il faut juste accepter une réalité, un seul fait parfois insignifiant peut tout changer.

Reconstruire autrement, certainement, reconstruire pour avancer, oui, pour faire du bien aux autres et à nous, oui. Un drame est parfois, même si c’est terrible à penser, qu’un passage obligé,  loin d’être inutile.

( 13 novembre, 2017 )

La naïveté est-elle un fléau ?

« La naïveté est le visage de la vérité. » disait le grand Victor Hugo. J’ai toujours été une idéaliste, une grande naïve, une « confiante » comme on dit si bien. J’ai toujours été convaincue que « l’autre » était comme moi, gentil, sans pensées négatives, sans désir de détruire. J’en ai peint des éléphants roses. Étais-je pour autant stupide ? Vouloir ne voir que le bon côté des choses est-il un crime ?

Un handicap, par contre, oui. Je crois dans les promesses, je crois dans les signes, je crois dans les mains tendues. Je rebondis toujours, ce qui ne veut pas dire que j’oublie, juste que je suis passée à autre chose. Jeune, j’étais rancunière. Cela ne m’a rien apporté, alors j’ai opté pour la facilité, tourner juste la page face à un conflit, faire comme si rien n’était, renouer le lien, ranger les rancunes, les regrets, les rancœurs.

Seulement, je n’arrive toujours pas à faire le tri entre les manipulateurs et les autres.

Je me suis éloignée des personnes nocives, mais mon envie de faire confiance prend toujours le dessus. J’apprends de la naïveté, et j’espère arriver à mon âge à éviter les pièges de la vie, mais ça c’est un nouveau défi, car j’en suis encore loin.

( 12 novembre, 2017 )

Interview, tout sur …

 

Bonjour Sylvie, merci pour votre disponibilité, vous commencez à être un écrivain ( je n’aime pas écrivaine) avec de nombreux lecteurs. Quel effet cela vous fait ?

Plaisir, bien sûr, être lue pour un auteur est la meilleure chose qui soit. Peur aussi, de décevoir. Quand on publie un premier roman, on n’a rien à perdre, ce qui n’est pas le cas lorsque l’on en a publié plusieurs.

Justement, vous en êtes à combien ?

Oh la la, il faudrait que je compte, on va dire plus d’une dizaine en quelques années. Je crois que fin 2017, ce sera treize.

Question banale, votre livre préféré ?

Aucun, j’aime trop lire pour avoir un seul choix. Mon genre préféré reste les polars et les thrillers depuis toujours. J’ai commencé petite avec les Alices et le club des cinq, et je continue aujourd’hui avec Sir Cédric etc .

Quatre ans depuis la parution de votre premier roman en décembre2013. C’est cela ?

Effectivement Rouge est sorti pour Noël, un merveilleux cadeau cette année-là. Tenir son premier livre papier est comme tenir son premier enfant, magique.

J’ai vu une jolie publicité sur Rouge justement, une réédition. Angoissée ?

Je suis ravie d’avoir signé avec la collection Clair-Obscur d’Évidence éditions pour la réécriture de ce polar. Il s’est bien vendu durant deux ans, mais il était mal écrit. Je n’avais pas compris à l’époque la différence entre une édition classique et Edilivre, une édition alternative, en clair, Rouge fut un brouillon. Après avoir travaillé avec la directrice de collection Jennifer, je ne peux que voir la différence. Ce fut un boulot de Titan cette réécriture, et j’espère que cette nouvelle version, dont le thème n’a pas changé, sera appréciée. Mais j’avoue que j’attends surtout la sortie de POURPRE, mon prochain polar, toujours chez EE, en Décembre. Un excellent travail fut fait avec cette édition. C’est très dur de faire du nouveau après 5 polars, donc oui, j’ai une petite anxiété pour celui-là.

Vous êtes multi genres, comment faites-vous ?

Je laisse juste ma plume glisser, simplement. Je ne cherche pas à écrire à tout prix. Je laisse venir mes mots. J’écris effectivement autant de romans que de polars, et genre jeunesse depuis peu , mais certains genres ne m’attirent pas du tout comme la SSF, les livres politiques ou l’érotisme.

Vous êtes très connue sur les réseaux sociaux pour votre combat pour la reconnaissance des maladies auto-immunes, un impact littéraire ?

C’est un combat qui me tient à coeur, car il aide. Mon essai « Hashimoto, mon amour » a permis à des malades de vivre mieux, et indirectement m’a permis à moi, d’accepter un peu mieux cette maladie, par contre aucun lien avec les autres romans. Ces mondes sont cloisonnés. J’ai la chance d’avoir une plume facile à lire d’après mes lecteurs, et j’ai choisi de l’utiliser pour aider les autres.

Votre maladie et votre premier livre sont-ils nés ensemble ?

Non, pas exactement. J’avais déjà une idée de roman en 2010, même avant, après avoir eu dans ma classe la visite d’un écrivain, une personne extraordinaire, Odile Weulesse, auteure jeunesse. Cette personne m’avait dit que j’avais « l’aura d’un écrivain ». Les mots positifs restent en tête, et j’ai longtemps gardé ce désir d’écrire un livre en entier. J’écrivais des traces sur des cahiers (comme je le fais aujourd’hui sur mon blog), et j’ai débuté un roman que j’ai perdu suite à un acte de malveillance. Je n’ai repris la plume que deux ans plus tard pour écrire Rouge poussée par un collègue.

Justement Rouge est surtout une belle histoire d’amour sur fond de polar. Qu’en dites-vous ? Non, je dirais un polar avec des histoires d’amour, mais surtout des vies qui se croisent.

Vous avez toujours dit avoir un faible pour l’inspecteur Antoine Bourgnon. Vrai ou faux ? Effectivement, j’adore mon inspecteur, car il est droit, humain, et puis il aime Adelyse ! Et j’adore ce personnage. J’attends la parution de Pourpre pour savoir si je continue cette série ou non, savoir si je dois changer de style de polar.

Ah, Adelyse ! Et vous quelle est votre plus belle histoire d’amour ? Les lecteurs ! Rien n’est plus vrai que ce lien durable avec un lectorat. Comme disait Barbara « ma plus belle histoire d’amour , c’est vous… »

 

Et les autres auteurs ? Des détracteurs ? Je dirais qu’avec les auteurs d’Edilivre ceux des premiers jours, Nunzia, Jenny, Fleur, Odile, Lorenzo, Régis, Étienne, Claude (et la liste est longue) , nous sommes « une famille ». J’ai rencontré comme nombreux d’entre nous, plus de jalousie pour mes publications chez d’autres éditeurs. C’est décevant, car casser un livre, mettre dans la marmite la méchanceté humaine n’apporte pas plus de ventes.

 

Vous êtes un auteur qui peut écrire différents genres littéraires, quel est votre secret ?

Je n’en ai pas. Je crois beaucoup aux énergies, aux choses qui n’arrivent pas par hasard. L’inspiration en est une. Parfois, je me réveille avec une idée en tête, que ce soient romans, polars, jeunesse. J’ai la trame complète. Ce n’est pas pour cela que j’écris le livre, ça c’est une autre étape. Je pense même que je serai morte avant d’avoir tout écrit.

 

Vous avez peur de la mort ?

Non, c’est une fin inévitable. J’appréhende bien plus les dommages que font la maladie. Ma mère est atteinte d’une maladie de la mémoire, et je ne veux pas finir ainsi, c’est bien trop triste.

Hormis le drame Hashimoto, vous avez aussi perdu un enfant ? Jocker, c’est ma vie privée. Il reste celui qui est, qui fut, qui sera à jamais.

Vous parlez « jeunesse », bientôt la sortie de « H et la plume de l’espoir », pourquoi ce livre ?

C’est un petit livre jeunesse minuscule, écrit à la demande d’une maman dont l’enfant fut victime d’harcèlement car « trop gros », « trop paresseux » alors qu’il avait simplement une maladie pas encore diagnostiquée. J’ai pensé ( l’avenir seul dira si j’ai eu raison), que parfois les enfants à qui on explique correctement, comprennent mieux que les adultes.

C’est un coup d’essai. Je crois dans ce livre, et je remercie encore Marie pour les illustrations.

 

Justement, comment avez-vous choisi cette illustratrice ?

Les routes ne se croisent pas par hasard. Marie Texier était illustratrice dans ma seconde maison d’édition « les ateliers de grandhoux ».

 

Alors et ce roman « Juste une seconde » ? On en parle ?

C’est une réécriture d’un roman publié au début de l’année et qui pour des raisons de santé de l’éditrice n’a pu ensuite être en vente. J’ai donc repris mes droits, refait le livre, la quatrième, et la couverture. C’est un tout petit roman, par choix. Je voulais que l’impact de la philosophie prime sur l’histoire, « cette seconde » qui peut tout changer, cette seconde que l’on va saluer à vie ou maudire.

 

Déjà de très bons retours, heureuse d’avoir choisi ce mode de publication, l’auto édition ?

Bien sûr ! Je reste surprise des ventes en une semaine, vu qu’il s’était déjà bien vendu au salon de Paris en papier. Je ne voulais pas le mettre chez un nouvel éditeur, malgré plusieurs contrats possibles, par respect pour l’édition avec laquelle j’avais travaillé, mais je ne voulais pas non plus qu’il meure. Je découvre surtout que beaucoup de personnes l’ont pris en prêt bibliothèque Kindle, et c’est intéressant ce procédé. Après malheureusement trop de personnes dénigrent l’auto édition, et c’est dommage, car on y trouve des perles.

 

J’ai l’impression que vous êtes au four et au moulin, avez-vous le temps de vivre ? D’écrire ?

Publier un livre demande beaucoup de temps, d’être sur les réseaux sociaux, et même si j’ai la chance d’avoir de l’aide pour ma publicité, je manque cruellement de temps. Je suis enseignante avant tout, donc mes journées sont déjà très remplies. Ensuite je suis maman, grand-mère de plusieurs petits-enfants, je m’occupe de ma maman qui est en maison médicalisée, je m’occupe aussi activement d’aider une association pour la reconnaissance des maladies auto-immunes « l’envol du papillon », je suis également chroniqueuse, donc oui, au four et au moulin.

La maladie d’Hashimoto m’a forcée à changer mon mode de vie, ce qui m’a ou ert un autre univers. Fini les sorties au cinéma tous les dimanches, les grandes fêtes, les heures à piétiner dans les magasins. Je fatigue trop vite, une maladie auto-immune entraînant une autre, mon corps m’impose des limites.  Je lis beaucoup aussi, je profite de chaque instant, et comme je l’ai déjà dit, j’écris partout sur des papiers, des carnets, sur mon ipad, sur mon blog, avant de tout remettre sur un ordinateur. Ensuite lorsque les vacances arrivent, je débute en général un nouveau manuscrit à partir de toutes ces données.

 

Vous restez très secrète sur votre vie, évitant de mettre votre photo par exemple sur les réseaux sociaux . Pourquoi ?

Simplement parce que je suis quelqu’un de très discret, je n’aime pas « la lumière ». Ma vie n’intéresse personne, tout du moins je ne veux pas que ce soit le cas. Je veux que mes mots touchent, fassent pleurer, emportent, et non ce que je suis.

 

Vous séparez donc votre vie privée à votre métier d’écrivain ?

D’abord, ce n’est pas un métier, mais une passion, et effectivement, je cloisonne. Rares sont les personnes, dans ma « vraie » profession qui me connaissent sous mon nom d’auteur.

 

Le mot de la fin ?

Un livre, c’est comme la vie. Il faut savoir passer au chapitre suivant sans s’attarder trop dessus. J’ai terminé un manuscrit, je suis déjà dans le suivant. Ensuite c’est un milieu où il faut sortir une armure, se blinder. Les critiques injustifiées, il ne faut pas en tenir compte, juste avancer le plus positivement possible, en sachant que l’on peut se tromper, qu’un livre peut ne pas plaire, mais que l’important reste le plaisir que l’on a eu à l’écrire. J’espère ne jamais perdre cette passion.

Depuis quatre ans, écrire m’a aidée à mieux accepter ma maladie, à donner un sens à « l’absurde » à vivre sereinement, à rester en paix avec moi-même, et avec les autres.

Je finirai juste par dire, il ne faut écrire que si on en ressent le besoin et surtout le faire avant tout pour soi, avec ses tripes, alors le lecteur s’en apercevra inéluctablement, et le roman marchera.

Que vivent les rêves à jamais …

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Merci Sylvie, et pour rappel, « juste une seconde » est en vente sur Kindle, et tous les autres livres sur le site Fnac.

Sortie de Rouge fin Novembre et Pourpre en décembre.

Linda F chroniqueuse

( 12 novembre, 2017 )

La fin justifie-t-elle les moyens ?

Durant mon demi-siècle, j’en ai rencontré des arrivistes, des personnes prêtes à tout pour arriver à leur fin, pour atteindre leurs objectifs. Ces dernières années, j’ai croisé dans le monde de l’édition des individus aux dents longues salivant à l’avance leur future réussite même si c’était après avoir écrasé les autres. Je me refuse à me fondre dans ce moule hypocrite, égoïste et surtout pervers. Je me souviens de mes années philos où la prof, une fanatique de Machiavel, s’égosillait à nous dire que pour réussir, il fallait être prêt à tout. Tricher pour réussir un examen ne m’a jamais semblé glorieux, mentir pour garder l’estime d’un amoureux m’a toujours écoeurée. Quitte à choquer, je préfère être victime que bourreau tellement la violence me répugne.

Déjà, je pense « que la fin » ne doit pas être une obsession sinon elle perdra sa valeur.

On ne peut s’autoriser à tout faire pour obtenir ce que l’on veut, d’abord parce que les autres risqueraient d’en subir le revers, et surtout parce qu’au fond, si on atteint cette fin, sommes-nous vraiment certains d’être ensuite heureux ? N’allons-nous pas vouloir toujours plus ?

Dans ma vie, je sais que j’aurais dû rendre les coups, être moins gentille, seulement je pense ( peut-être que je me trompe) qu’en agissant ainsi je me serai reniée.

Peut-être est-ce mon éducation ? Ma morale ? Mes croyances ? Mais non, en aucun cas je ne pourrais me fondre dans la pensée de Machiavel et affirmer que la fin justifie les moyens.

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