( 8 décembre, 2015 )

Lorsque la graine menace d’éclore.

D’un côté, les belles idées, les promesses, l’éducation qui nous pousse à être gentil, à pardonner, et de l’autre se trouve la sombre réalité, celle que l’on chuchote, que l’on ne dira pas mais qui sommeille en nous. Ce désir de tout faire exploser, de crier au monde entier, de dire la vérité, tout ce qui ne fut pas dit, tout ce que certains ont voulu garder cacher pour simplement sauver les apparences, la petite vie bien rangée, le petit couple bien poli. La graine fut plantée depuis des mois, des graines, bien profond dans la terre, oubliée, presque oubliée. Et puis un jour, va-t-on savoir pourquoi le destin revient toujours sur le devant de la scène, la petite graine grandit. Une rage nous envahit, un dégoût même. Tout remonte à la surface, tout ce que l’on avait volontairement rangé, tout ce que l’on avait gardé. Nos yeux s’ouvrent. Comme une grande toile qui se déchire apparaissent des masques, des sourires, des images révolues. Biaisée par de fausses mains tendues, par de fausses amitiés, par des individus méprisants et méprisables, par simplement un besoin inconscient de croire en l’autre. Alors le choix s’impose. Il doit être rapide. Couper les premières poussés à la racine et refermer le livre ou laisser pousser cette graine de vengeance, prendre le temps qu’il faudra et planter un couteau symbolique dans le coeur de ces êtres démoniaques qui nous ont pris bien plus que notre coeur, notre confiance en l’être humain. Frapper ou laisser couleur ? Oublier ou se venger ? Simplement peut-être avancer sans se retourner en évitant d’arroser de nos larmes cette graine qui ne demande qu’à germer.

À l’intention de tous les PN et leurs victimes. À Valériane partie trop tôt …
Un bourreau fera souvent passer sa victime pour fautive mais restera toujours un bourreau. Ne pas lui laisser ce pouvoir ! Ne pas le laisser s’abreuver de vos peurs.

( 7 décembre, 2015 )

Qui peut juger d’un handicap ?

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Par hasard, je suis tombée hier sur cette image circulant sur les réseaux sociaux accompagnée de témoignages de personnes atteintes de maladies invisibles.
Qui peut juger qu’une personne souffre d’un handicap ? Je pense à l’enfant d’un ami souffrant de maladie de Crohn. Nul n’irait le considérer comme handicapé car c’est un gamin magnifique et plein de vie, pourtant lors de ses crises, il se retrouve diminué, affaibli, en souffrance. Imaginons que ce dérapage lui arrive lors d’un examen ? Il sera sanctionné comme les autres et pourtant … Notre société manque d’empathie et court vers sa chute. Les handicaps vraiment reconnus dont ceux liés au physique parce qu’il faut rentrer dans un moule et si on n’y rentre pas, on ne pourra en aucun cas réussir professionnellement. Balivernes. ! Je connais des personnes en fauteuil bien moins en souffrance que certaines souffrant de maladies orphelines ou chroniques. Fichue société basée sur le « paraître », ciblée uniquement sur ce qui peut déranger. Ne sera pas considérée comme handicapée une victime du lupus, maladie sournoise touchant parfois la malade en profondeur. Et je ne parle pas des personnes ne pouvant maîtriser leur poids ou dont les hormones sont déréglées jusqu’à causer des dégâts irréversibles. Maladies invisibles donc non préoccupantes. Combien de médecins-conseil s’intéressent à ces maladies cachées ? Combien s’interrogent sur une femme victime d’une grave pelade obligée de porter une perruque et de ce fait du retentissement psychologique que cela provoque ? Je serai curieuse de le savoir, une chose est certaine, dans mon corps professionnel, la situation est encore pire. Nous n’avons jamais un seul contact avec un médecin officiel durant toute notre carrière, personne ne vient nous demander pourquoi la plupart d’entre nous sont tellement au bord de la déprime. Les statistiques sont terribles. 65% des enseignants sont dépressifs. 75% développent au cours de leur carrière une maladie grave et seulement 68% vont jusqu’à la retraite en bonne santé et quand je dis en bonne santé, devrais-je dire  » vivant ». Alarmant ! J’oubliais de dire qu seulement trente personnes par département peuvent obtenir le statut d’handicap même à temps partiel. Je suis outrée de cette indifférence générale, outrée de ces médecins ( trop nombreux ) dénués d’empathie, jugeant dédaigneusement en dehors de leur cabinet, les autres maladies juste sur de vagues souvenirs de leurs années d’étude.
Toute ma vie pourtant, j’ai fait confiance à la médecine, sans hésitation, croyant fermement au côté humain. J’ai rencontré de merveilleux médecins et de vrais cons. Je pense surtout à ceux qui s’octroient un droit de jugement sur des personnes qui ne sont pas leur malades se basant juste sur un simple ressenti n’ayant rien de médical et sortant leur savoir pour briser et détruire. J’en appelle à la jeune, misant avec espoir sur tous les jeunes qui aujourd’hui prononcent leur serment. Surtout, jeunes docteurs, n’oubliez jamais les handicaps invisibles qui peuvent détruire des vies, des couples, des familles. Soyons avant d’être un professionnel pur, un être humain à l’écoute tout simplement. Tous les malades ont besoin de vous.

( 6 décembre, 2015 )

La solitude de nos anciens.

Régulièrement, je me retrouve à méditer sur cette terrible solitude palpable dans les instituts médicalisés. Quand je lis certains écrits prônant les lieux de fin de vie, je me demande où ces lieux magiques existent. À quelques pas de chez moi, une maison de retraite, des personnes âgées, atteintes pour la plupart de maladies cognitives, et cette douleur présente. Je m’y rends régulièrement pour y voir ma pauvre maman atteinte de démence de Levy et j’en ressors chamboulée, avec toujours une peine immense. Impuissante face à ces mamies qui m’agrippent me réclamant un sourire, un regard. Fichue empathie qui me laisse avec une amertume sans nom à chaque visite, n’arrivant parfois pas à soutenir les yeux délavés fixant l’infini où règne cette peur que n’ont que ceux sombrant dans deux univers où ils se perdent. Égoïstement, de retour chez moi, je compte les années qui me restent et poussant un profond soupir, je chasse vite les images qui se sont imprégnées. Le temps reste notre pire ennemi, prenant nos rêves, nos désirs de folie, notre mémoire et notre dignité. Que la vie m’épargne en m’évitant cette solitude des maisons médicalisées et surtout cette conscience de n’être plus vraiment ce que je fus un jour.

( 5 décembre, 2015 )

En attendant NOIR …

Edilivre vient de valider l’acceptation d’édition pour mon prochain roman  » NOIR , aux frontières de l’âme. » Je suis ravie. J’ai adoré écrire ce nouveau polar et j’espère qu’il plaira à de nombreux lecteurs. Une nouvelle aventure de mon inspecteur Antoine Bourgnon. L’avantage de ce roman, pour ceux qui n’ont pas lu la trilogie, c’est qu’ils pourront se plonger directement dans celui-là sans avoir à avaler les trois précédents livres.
Pour vous donner envie, voici l’avis d’une de mes co-lectrices :
 » Voilà tout ce que j’ai ressenti en lisant ton livre : Ayant lu tous tes livres, chronologiquement, je trouve que celui-ci est beaucoup plus complet, dans le sens que tu utilises plus de mots, plus de phrases. Il n’y a pas de mots inutiles. Il est beaucoup plus COMPLET, RICHE. Au début tu nous ballades un peu au rythme du vent et vlan d’un coup on se retrouve au pied de la falaise dans le vide. J’ai vraiment AIMÉ. J’ai tellement aimé que j’aurai en aimer en avoir un peu plus. Les personnages sont de plus en plus attachants. Quant aux recherches : on voit que tu as super bien travaillé ton sujet. Je suis allée sur. le net et effectivement c’est bien ce que tu écris. Donc encore plus BRAVO. On retrouve ton style, tes mots…je commence à connaitre ton écriture et j’avoue que c’est vraiment toi. J’ai ressenti que tu avais pris du plaisir à l’écrire ce lire…que les idées ont été fluides et super structurées. »
Tout est dit ! Merci Anne-Ju :)
Donc c’est parti ! Hâte d’avoir ce nouveau bébé à ajouter à ma collection qui commence à prendre forme sur ma bibliothèque. Nombrilisme ? Allez, il faut bien l’être un peu, non ? C’est chose si rare chez moi !

Sinon comme l’a écrit mon éditrice, rendez-vous pour le salon de Paris pour la sortie de Carla 2 ! Un best seller dit-elle. Un roman, c’est déjà beaucoup, encore meilleur que Carla selon mes co-lectrices.

En attendant, n’hésitez pas à commander Rouge, Blanc ou Bleu pour offrir et bien sûr Hashimoti, mon amour si vous avez une personne atteinte de fybro ou de la thyroide. Elle est peut-être Hashimoto sans le savoir.

( 4 décembre, 2015 )

Temps difficile.

En ces jours difficiles de tension électorale et humaine ( que de gens dépressifs ou agressifs ) fidèle à ce que je suis, je me faufile vite dans mon terrier. Trop fatiguée pour tant de violence et je vous souhaite une bonne journée ! N’oubliez jamais que nous créons cette atmosphère alors faites comme moi, prenez le recul necessaire, gardez le sourire pour donner aux autres un peu de soleil, sinon restez chez vous mais ne rajoutez pas une couche de plus ! Les temps sont durs mais notre humanité a vu bien pire. Courage !

( 3 décembre, 2015 )

Coup de coeur pour  » Le syndrome de Stockholm est-il une maladie contagieuse « ?

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Ma chronique de la semaine, ce nouveau de roman de mon éditrice Félicia-France Doumayrence venant de sortir aux éditions Ovadia.
J’ai eu le plaisir de lire ce livre en avant première, bien avant sa sortie et j’ai eu un véritable coup de coeur pour cette histoire fort bien construite, alternant entre le journal d’une femme et la narration d’un homme. Ce contraste interpelle, happe le lecteur qui oscille telle une vague entre Hannah et Patrick, ne sachant vers qui notre coeur de lecteur balance, lequel se trouve la victime ou le bourreau, lequel aime l’autre. Beaucoup de sensualité, d’originalité en particulier une fin inattendue.
Un livre à se faire offrir ou à s’offrir pour Noël !

Et pour les mauvaises langues, car il y en a toujours, on ne m’a pas payée pour écrire ce commentaire. Je suis connue pour dire ce que je pense et si je n’avais pas aimé ce roman, je me serai abstenue de vous en parler. Je vous le conseille donc vite, un clic sur le lien ci-dessous :

http://livre.fnac.com/a9175902/Felicia-France-Doumayrenc-Le-syndrome-de-Stochkolm-est-il-une-maladie-contagieuse

( 2 décembre, 2015 )

Rebondir

Pas simple dans notre société sclérosante de rebondir après un échec. Le fait même d’avoir pu trébucher nous colle une étiquette sur le front. Résultat, nombreux sont ceux qui cachent leur douleur pour ne pas laisser transpirer leur détresse. Nombreux sont ceux qui se coulent dans un moule similaire, non par peur mais simplement pour ne pas blesser ceux qu’ils aiment, ceux qui ne supportent pas qu’ils ne soient pas un roc indestructible. Se sentir en échec est épouvantable. Difficile de l’accepter et pourtant il le faut. Un gagnant n’est pas une personne qui est plus forte que les autres, c’est une personne qui sait choisir ses propres combats. C’est la vie semée d’échecs qui aide à grandir, à avancer, à être plus fort. Il n’y a pas qu’une seule route tracée mais des dizaines. Il suffit de les tester, de les trouver, d’avoir le courage ( le plus dur ) de tout effacer pour tout recommencer. Certaines rencontres nous paraissent uniques. Elles ne le sont pas. Il faut savoir s’en détacher pour foncer vers quelque chose de meilleur. Ne pas pleurer sur nos échecs, ne pas s’enterrer dans une spirale dont on ne peut plus sortir. Se libérer du doute, de la frustration, de la suspicion voire de la méchanceté à l’état pur. Accepter qui l’on est, accepter cette possibilité d’échec afin de se forger un avenir même si cet avenir, par définition, est en mutation constante et sera sans cesse renouveler. Rebondir encore et toujours.

( 1 décembre, 2015 )

le monde des mots est-il le même que le monde de l’édition ?

 

Deux ans que je surfe quotidiennement à vos côtés sur ce blog, jouant, car c’est ma passion, avec les mots. Il y a deux ans, mon premier roman policier sortait le 23 Décembre. Quel magnifique cadeau de Noël ! Ce fut certainement un des plus beaux moments de ma vie. J’étais devenue depuis plusieurs années, par obligation, transparente. Ce livre m’a redonné foi en l’humanité. J’aime à rappeler qu’au départ, je n’avais misé que sur une vente de cinquante livres en un an. J’en ai vendu dix fois plus. C’est toujours pour moi un émerveillement sachant que ce livre ne fut qu’un simple brouillon, sans aucun travail littéraire. Le monde des mots m’a happée. Les livres se sont succédés à ma grande joie. J’ai traversé des moments d’euphorie puis de doute. L’édition reste un miroir aux alouettes. Un instant, je me suis mise à rêver lorsque j’ai signé avec une « vraie » édition que j’allais pouvoir vivre de ma passion. L’enthousiasme est contagieux et le rêve facile. Aujourd’hui, cette naïveté me fait sourire mais que c’est bon de rêver.
Retournons les pieds sur terre. Les français ne lisent plus ou se tournent de plus en plus vers des livres numériques qui transitent sur des plateformes. C’est l’évolution. Il faut l’accepter avec philosophie. Je reconnais que je suis la première à lire sur ma Kobo et à ne plus pouvoir m’en passer alors qu’il y a cinq ans, je regardais avec suspicion le livre numérique.
J’ai pris beaucoup de recul par rapport au monde de l’édition. Ce n’est plus pour moi une fin en soi. J’écris parce que j’aime écrire, parce que j’ai besoin de laisser couler l’encre et de vider mon esprit. Mais je laisse mes livres vivre seuls. Ce n’est pas moi que l’on verra passer des weekend à attendre le client dans des salons vides. Mes dernières expériences de dédicaces ( même si j’ai bien vendu) ne m’ont apporté aucun plaisir et j’ai rencontré des auteurs « caricatures », prêts à donner leur âme au diable pour un livre vendu. J’en suis sortie bien plus lucide. Ne nous leurrons pas ! Seuls les Harben Cohen, Stephen King ou Musso sont attendus comme des dieux dans des salons. Que l’on publie dans une maison d’édition alternative comme Edilivre ou dans une petite maison d’édition que certains nomment à droit d’édition, c’est la même chose ! Les livres, je parle des miens, se vendent grâce au bouche à oreille, la vraie promotion médiatique n’existe que pour les best-sellers et en plus elle est orientée. Tout comme beaucoup, j’ai acheté sous les louages des médias, le dernier Millenium 4 ou le Prix Goncourt et aucun d’eux ne m’a remué les tripes. Les petits écrivains ne feront jamais le devant de la scène simplement parce que le marché de l’édition est réservé aux grandes maisons et à l’intérieur de ces enseignes à un nombre limité d’auteurs. C’est une réalité et quand on a compris cette donnée, croyez-moi, on est heureux ! Je suis heureuse.
Mais cela me fend le cœur de voir régulièrement des querelles entre auteurs sur les autoedités purs, les auteurs édités chez Edilivre ou ceux dans des maisons d’édition dites classiques. Franchement, il faut cesser ces guerres stupides ! La seule chose importante est le livre, son contenu et le reste, on s’en fiche ! Contrairement aux idées reçues, on n’a pas plus de com dans une petite édition ou dans une grosse maison si on n’est pas madame X connue ( reconnue peut être pas !).
J’ai reçu des contrats de très grandes maisons après avoir publié Carla. J’aurai été ivre de gloire, j’aurai renié ce que je suis juste pour quelques euros. Je suis quelqu’un de fidèle. J’ai fait confiance à mon éditrice et je resterai dans ses rails pour mes romans que je nomme d’amour comme Carla et en aucun cas, j’irai m’aliéner dans d’autres bras. J’ai choisi d’être libre d’écrire ce que je veux. J’ai un droit de préférence que pour ses romans et pour moi, c’est déjà un gros engagement moral que je me dois de respecter. Je ne gère pas la date de sortie de mes livres et fais donc totalement confiance.
Faire le choix de me retrouver dans une autre édition à droit d’éditeur où je serai en exclusivité totale, cela jamais ! Je veux rester libre. C’est ce choix que j’ai fait pour mes romans policiers, pour des styles nouveaux comme de la dystopie ( mon nouveau défi ) ou pour de la littérature jeunesse à laquelle je songe, sans menotte aux poignets.
Simplement parce que le plaisir que j’ai à écrire ne peut se faire sous l’obligation. La liberté n’a pas de prix ! Et le jour où Actes Sud me propose de nouveau un contrat, il faudrait que ce soit sans ces obligations extrêmes d’exclusivité, peut être alors l’accepterais-je ou peut-être pas. Au final, quelle importance. Écrire est la seule importance.

Mes polars continuent à se vendre doucement, un encore de vendu hier au bout de presque deux and, tout comme mon essai Hashimoto. Les retours sont importants, m’aidant à progresser même si je trouve encore amusant ceux qui lisent entre les lignes me reprochant de ne pas avoir écrit, pour ce dernier, un ouvrage médical. C’est un CHOiX, un VRAI choix. Je ne suis pas médecin et je n’aurai pas voulu l’être. Chacun sa destinée. Chacun sa plume.

Mes projets ? En attente de la réponse d’Edilivre pour mon prochain polar NOIR aux frontières de l’âme, en attente aussi pour le lancement de l’édition 2 de Carla en 2016 et de sa suite déjà terminée depuis des mois. Plein de nouveaux projets d’écriture en tête, seul le temps m’a manqué.
Que du bonheur, quand on sait se contenter juste des mains qui se tendent, on surfe alors sur un océan d’amitié. Le monde des mots m’a apporté de nombreux amis, des relations enrichissantes, des découvertes que je n’aurai jamais pensé un jour pouvoir être à ma portée. Je me suis aussi éloignée d’autres routes mais ce n’est pas un adieu, juste un au revoir par manque de temps, encore ce maudis temps. Ceux que je suis destinée à retrouver un jour sauront recroiser mon chemin.
Demain ? … C’est certain …

( 30 novembre, 2015 )

L’amour non partagé

Mon post du jour va rebondir sur le commentaire de Michel « Comment vivre un amour non partagé ? » Je n’ai pas de réponse miracle. Je dirai juste que c’est une terrible souffrance d’aimer une personne qui ne nous aime pas voire qui nous méprise. L’amour est le sentiment le plus puissant de l’univers qui peut nous faire gravir des montagnes, traverser des océans, réaliser des défis, nous pousser à aller jusqu’au bout de ce que nous sommes. Ressentir une telle émotion peut parfois faire perdre la raison si l’émotion s’avère trop intense. On y perd ses repères. On ne pense qu’à l’objet de notre désir jusqu’à occulter une réalité qui elle est parfaitement ancrée dans notre présent. L’amour non partagé est encore pire que tout puisque la focalisation de nos désirs, de nos envies nous repousse, souvent avec des mots violents et destructeurs. Que faire ? J’aurai tendance à dire, éviter de se faire du mal et ne tomber amoureux que des personnes pouvant nous aimer. Mais le dire serait trop facile et contradictoire, moi qui ne cesse de clamer que l’amour ne se commande pas. Faire peut-être de ce sentiment une force en évitant de s’y noyer, en offrant à l’autre juste une épaule d’amitié afin de pouvoir petit à petit couper les chaînes qu’un tel amour procure. Bien triste est l’amour à sens unique. Plus triste encore sont ceux qui dénigrent ceux qui aiment à sens unique. J’ai croisé des femmes qui ont consacré leur vie à un espoir d’amour. Mais faut-il pour autant leur jeter la pierre ? Telles des araignées, elles se sont trouvées prise dans une toile dont elles ne pouvaient, ne voulaient, s’échapper. L’idée même d’être amoureuse de l’amour étant plus forte que tout. Je suis une idéaliste et je méprise les hommes qui jouent avec le coeur de ces femmes, qui refusent de les écouter, qui rejettent leur souffrance. De nombreux amours non partagés s’avèrent simplement être de petites flammes qui s’éteignent doucement. Le dialogue, la communication est essentiel. Un simple rendez-vous de mise au point s’avère la clé, un simple appel amical peut éviter des douleurs insoutenables. Pour moi, les pires bourreaux sont ceux qui touchés dans leur ego, vont jouer ensuite, sans sentiment, pour maintenir juste une illusion, un pouvoir.
Toute histoire doit avoir son mot de la fin. Combien de femmes s’évertuent à envoyer des appels au secours : » Dis-moi juste que c’est fini . » ou  » Si tu ne veux plus que je t’écrive, envoie juste un non ». Pourquoi cette lâcheté typiquement masculine ? Ce « non » qui ne sera jamais envoyé ? Pire parfois, ces miettes de pain jetés presque au visage lors d’un dernier rendez-vous qui finit presque toujours au lit ( ces messieurs veulent avoir le dernier mot) ou le noble geste du cadeau de consolation. Cette acceptation d’une possibilité de retrouvailles n’est-elle pas pire que l’acceptation d’un amour non partagé ? N’est-ce pas un certain sadisme qui pousse ces hommes à continuer à attiser une flamme qui n’est pas souhaitable ou peut être même pire, simple juste un moyen de se protéger ?

( 29 novembre, 2015 )

La passion

Un peu, beaucoup, passionnément, tel est le  » je t’aime, moi non plus », litanie de l’amour, de la vie.  » Je t’aime, je te hais mais je te hais tellement que je t’aime à la folie. » Certaines amies se reconnaîtront. Je leur rends donc en ce dimanche hommage car aimer est tout sauf facile et celui ou celle qui me dit l’inverse n’a jamais vraiment aimé. Chacun sait que je suis une éternelle romantique malgré mon bagage de défauts mais également une réaliste. C’est certainement pour cette raison que mes personnages de roman filrtent toujours avec la ligne rouge, oscillant entre désirs et rêves. Pour en revenir à l’amour, je ne pourrais passer outre une phrase qui revient avec récurrence dans la plupart de mes romans. « On ne choisit pas de tomber amoureux ». Autant, je pense, que l’on choisit de succomber ou non au simple désir sexuel, autant l’amour ne se provoque pas. L’évidence n’est parfois pas immédiate et certaines amies m’ont dit avoir compris trop tard l’intensité de cet amour. Quand sait-on que l’on est amoureux, allez-vous me dire. Parfois, on ne le sait pas, ou on refuse de l’admettre, parfois même on a cru aimer si fort que la haine, sa sœur siamoise l’a remplacé. Parfois on freine des quatre pieds l’inévitable. Dernièrement, une lectrice me confiait avoir renoncé à un grand amour par sécurité. Ne travaillant pas, elle ne pouvait se permettre une erreur. Si je vous disais que son choix l’a conduite directement aux antidépresseurs, j’en conclus qu’il aurait mieux valu qu’elle s’éclate un moment même si elle jouait avec le feu. On ne choisit pas qui on aime. Ce peut être le gros con du coin qui pourtant n’a rien, mais vraiment rien pour lui ou le petit argeux agressif. Ce peut-être l’inconnu croisé sur une plage ou l’ami de longue date. Ce peut être simplement une rencontre que le hasard du temps met sur notre route. L’amour ne se commande pas. Il ne se critique pas et nul n’est autorisé à le juger. À trop le refuser, il peut s’incruster dans notre âme et nous aliéner mais au final, chaque personne qui y succombe, le fait en connaissance de cause. Si la passion s’ajoute à l’amour, le cocktail sera explosif, déchirant, dérangeant. Certains préféreront regarder de loin ce tumulte des sens, d’autres passeront leur vie à le chercher. Peu importent. L’important n’est-il pas d’aimer comme disait si bien, de Musset  » Celui qui n’a pas aimé, n’a pas vécu.  »
Alors en ce dimanche où les températures sont froides, aimez-vous, un peu, beaucoup, passionnément mais toujours …

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