( 5 juillet, 2017 )

L’amitié et ses incertitudes

Parfois, on y croit vraiment. C’est la rencontre, celle qui marque notre vie, celle qui nous change. On ne peut en expliquer la raison. On se sent bien, c’est tout.

Les mots glissent avec facilité, tout comme les confidences à mi mots sans vraiment oser. Le silence répond à nos questions. Tout est dit, pourtant. C’est doux comme du coton, sucré comme un bonbon. Il n’y a rien à dire. Tout se joue dans un regard. Et puis un jour, il y en a toujours un, où inexplicable prend la première place. L’histoire s’arrête, l’incompréhension naît. Comment est-ce possible ? Une amitié est éternelle, bien plus forte qu’une histoire d’amour, et pourtant l’autre est parti, sans explication, sans un mot, sans un regard.

Si on est un temps soit peu emphatique, on va chercher des raisons, car on ne veut pas y croire, on ne peut pas y croire. Il doit y avoir une raison cachée que l’on ignore, une tierce personne qui a tiré les ficelles. On s’accroche à cette illusion. Il ne peut en être autrement sinon la réalité exploserait avec trop de violence. L’autre, cet autre auquel on a tant cru, que l’on a tant aimé, à qui on aurait confié notre vie, ne peut-être ce monstre qui crache son venin contre nous, ne peut être cette personne abjecte qui diffuse nos secrets. C’est impossible. Cette amitié était unique. On y croyait. Vraiment.

 

Longtemps, j’ai pensé comme beaucoup que l’amitié était indestructible, et puis, je me suis aperçue qu’il fallait être deux pour y croire. Certaines personnes vivent dans une sphère tellement égoïste qu’elles ne sont en fait qu’une illusion. D’autres possèdent un égo si grand que les gens passent dans leur vie sans les atteindre, sans les toucher. On espère toujours qu’ils auront un jour une pensée pour nous, un sourire vers le passé. C’est une erreur. Ils ont déjà tourné la page et effacé chaque trace de notre passage dans leur vie. Nous ne pouvons leur être utiles, pire nous pouvons être un danger avec nos grands sentiments, pour leur équilibre, alors d’un coup de gomme, ils nous effacent à jamais.

 

Ne les enviez pas ! Je doute qu’ils soient heureux, et tournez vous vers ceux qui ont un vrai coeur, et quitte à donner autant le faire envers ceux qui n’attendent rien, qui signent avec vous à jamais même si des mois, des années vous séparent, même si la vie vous éloigne, mais lorsqu’un jour, vous vous retrouverez à une terrasse de café, alors ce jour sera sain, sans rancune, comme si le temps s’était stoppé.

Je serai à jamais un de ceux-là …

( 4 juillet, 2017 )

La dernière semaine

Comme chaque année, les enseignants entament la dernière semaine, celle très attendue. Ils sont arrivés en bout de course, épuisés, le visage tiré. Cette Der est un vrai symbole que ne peuvent comprendre que ceux qui la vivent. C’est l’heure du bilan. Le couperet tombe. Comment fut l’année ? Quels noms vont rester gravés dans les têtes des maitresses et dans celles des enfants ?

Avec l’âge, j’aime observer cette semaine où les enfants vont se révéler sous un jour différent. Plus de pression, plus de notes, juste le résultat d’un an de vivre ensemble.

Chacun se lâche un peu, la pression de l’année tombe. De plus en plus d’élèves partant en général au Magrehb fuient cette dernière semaine. Je trouve cela dommage parce que l’école est obligatoire, et que l’on assiste de plus en plus à une fracture entre ce que l’on a envie, et ce qui devrait être, à se demander parfois si nous avons une véritable utilité de nos jours. De plus, cette dernière semaine est celle où on rit, où on échange, où les mots vont rester. Même si ma fatigue est immense, j’aime beaucoup les jours qui arrivent, les derniers sourires sur le visage des enfants, quelques larmes parfois qui coulent de leurs yeux. Une page qui se tourne, une de plus devrais-je dire. Cette année fut difficile, mais de jolies choses se sont dessinées, de beaux projets ont fleuri, alors j’espère juste faire encore mieux l’an prochain. On peut toujours monter plus haut ! En tous les cas, bonne chance à tous mes collègues, même si nous finirons en loque à 62 ans voire 65, nous faisons un bien beau métier !

( 3 juillet, 2017 )

Comme une bouteille à la mer

Qui n’a pas dans un moment de déprime ou de lassitude voulu lancer une bouteille à la mer le jour où le coeur était trop lourd, où le monde semblait se teindre en gris ? On a tous un instant où tout devient flou. Qui n’a pas eu au bout de la langue envie de hurler ces mots qui emprisonnent, ces mots qui doivent sortir, ces mots qui restent.

Que faire pour continuer à avancer ?

 

Avec l’innocence d’un enfant, il va prendre une feuille de papier, tracer quelques phrases qui pleurent, quelques phrases qui saignent, quelques phrases qui doivent être dites même si c’est une erreur, même si rien n’a de sens, même si ces phrases sont destinées à s’écraser contre un mur. Il va vider son corps, son âme de toute cette pression, de tout cet amour si violent, si fort, trop fort, parce qu’il a l’impression d’avoir moins mal, parce qu’il espère que l’autre comprendra, que l’autre acceptera, simplement, sans juger, sans même parler. Il rêve même qu’il en sourira, que le lien s’entrelacera pour quelques secondes ou plus. Qui peut savoir ? Il y met tout son coeur, ses dernières forces, son énergie.

Il envoie alors sa bouteille le coeur léger, l’imaginant glisser le long de la rivière, s’évader, traverser des plaines et des vallées, et un jour atteindre son but, le seul, celui qui est, l’ultime, l’Autre.

Qui n’a pas imaginé un jour l’Autre recevant cette bouteille, la cassant pour lire le message laissé, les émotions sur son visage, l’éclat dans ses yeux, et puis, la réponse, celle attendue, celle qui doit-être, ce bonheur, cet amour, ce présent qui se dessine.

Malheureusement, en cours de route, la bouteille se casse.

Le rêve disparaît.

Le livre se ferme à jamais.

Et pourtant, comme une bouteille à la mer, il espère l’impossible …

Et vous ?

( 2 juillet, 2017 )

Ce mirage, la retraite

La quoi allez-vous me dire ? Vous savez bien, cette carotte que l’on vous fait miroiter depuis le jour où vous signez votre premier contrat de travail, ce qui vous pousse à vous surpasser parce que vous imaginez déjà avec ferveur le rêve éveillé, à un âge où vous serez en bonne santé, prêt à faire le tour du monde. Et oui, lorsque j’ai signé, c’était 55 ans …

Et puis, les gouvernements se succèdent, l’âge de la retraite change, les rêves s’effondrent.

Le premier qui me parle du bonheur de prendre sa retraite, je lui envoie une cannette dans la figure. Honnêtement, lorsque j’ai signé mon premier contrat, je n’avais que vingt ans. Je finirais donc à soixante-deux ans, peut-être, mais ce que l’on ne nous dit pas, c’est,  ayant bossé avant quinze ans dans le privé, ma retraite de l’EN n’atteindra pas les 60%, et celle d’avant , accrochez-vous, même pas 100€ par mois !

Avant, je rêvais d’une retraite où j’aurais pu, vu le nombre d’années travaillées, le nombre d’enfants que j’ai mis au monde, voyager, faire les musées, vivre de mes passions. Aujourdhui, je serre les dents , et regarde d’un regard bien triste un avenir bien sombre. Je finirais telle une loque à 62 ans voire 65. J’ai envie d’interpeller les gens. Vous pensez vraiment que laisser des enseignants d’école ( collèges et lycées c’est autre chose) avec un âge si avancé n’est pas une ineptie ? Faut laisser la place aux jeunes ! Vous imaginez les écoles peuplées de vieux instits avec leurs canes, montant avec difficultés les escaliers, n’arrivant plus à tenir une classe, sujets aux trous de mémoire ? Derrière un bureau, c’est possible, devant trentre enfants du XXI siècle, c’est une ineptie.

Cela me fait peur lorsque je vois l’énergie que j’ai du mettre cette année qui m’a laissée sur le carreau avec le corps en lambeau, debout, oui, mais à quel prix ?

Combien de temps allons-nous tenir ? Et nous sommes toutes une fourgette dans ce cas. Cessons de regarder nos vacances, c’est un leurre ! On n’arrive même pas dépasser l’âge cinquante ans à récupérer avant quinze jours  ! Que l’on ne s’étonne pas si les jours d’arrêts maladie vont s’allonger, si les burn out vont s’accentuer, et si la relève se fera de moins en moins grande. Les seuls qui tirent leur épingle sont les vieux instits dans les campagnes. La vie dans les cités, c’est loin d’être le paradis !

Ministres, présidents, parents, venez passer une semaine dans notre univers. Il est merveilleux, je l’adore, mais ne rêvons pas, aussi motivés soit-on, on ne tiendra pas !

Et la retraite, pas sûr qu’un jour, on puisse être debout pour la savourer.

N’est-ce pas une honte dans un pays dit civilisé ?

( 1 juillet, 2017 )

Le respect

 

La fatigue autorise-t-elle tout ? J’assiste ces dernières semaines à un comportement terrifiant. Les professionnels, commerçants ou relationnels, font preuve d’un irrespect voire parfois de dérives langagières. Dans quel monde vivons-nous ? Je vais encore faire « ma vieille », mais j’ai envie de dire que de mon temps, on apprenait à respecter les autres. Jamais au cours de ma carrière, je me serai permis de traiter une personne de mots vulgaires (même si je n’en pensais pas moins !) . J’ai souvent serré les dents, souri aux remarques acides de certains. Les gens arrivent avec une colère qui leur est propre, pas nécessairement en rapport avec l’objet de leur rendez-vous. On sert souvent d’exutoire. Le problème est que ce besoin de vider ses émotions pourrait se faire dans le calme au lieu de cela la première réaction sera l’agressivité, la haine, les cris parfois, les injures et les menaces.

L’effet boomerang est le comportement identique chez les enfants de plus en plus jeunes, et là, c’est intolérable. Un gamin de six ans qui insulte un adulte, de sur quoi un enseignant ou un animateur, je trouve cela affligeant. Le respect n’est pas inné. On ne nait pas respectueux. On nait juste conscient de ses besoins et de ses désirs. C’est l’éducation qui va formater positivement le petit homme à être respectueux des autres, et dans ce domaine, il y a malheureusement beaucoup à faire ! Il ne faut pas s’étonner lorsque l’on croise des adultes insolents et vulgaires que tant d’enfants le soient aussi. Il serait temps que les parents se responsabilisent un peu plus, qu’ils puissent être un vrai exemple pour leurs enfants.

( 30 juin, 2017 )

Peut-on trop aimer ?

 

Question que m’ont parfois posé des parents. Peut-on trop aimer ? Bien sûr que non ! On n’aime jamais trop, mais parfois on aime mal, et cela fait tout autant de dégâts. Ce seront ces parents qui étouffent à surprotéger, parfois jusqu’à la folie. Ces hommes prêts à tout pour conserver la femme qu’ils aiment, ces femmes qui tiennent leur moitié en laisse, les empêchant simplement d’exister.

L’amour n’est pas un acte de propriété, on ne possède pas l’autre, il ne nous appartient pas, nous lui offrons juste une place où il va pouvoir se sentir bien. L’amour n’est pas une chaîne.

Je pense à ces femmes possessives et jalouses, peut-on dire qu’elles aiment trop lorsqu’elles se métamorphosent en de vrais dragons ?

Je ne parle pas au début d’une relation où le doute est tout à fait normal, mais lorsque les sentiments se sont transformés, lorsque la confiance est là, pourquoi tirer à boulets rouges sur tout ce qui peut mettre en danger un couple. Le propre du couple n’est-il pas cette liberté ? Ce n’est pas en gardant l’autre en cage qu’il va plus aimer.

Il faut savoir rester lucide. L’amour est le plus beau sentiment qui existe, il peut donner des ailes, pousser à franchir des montagnes. Il est par définition un des moteurs d’une vie. Mais son essence est la passion, et cette dernière disparaît souvent avec les années. Cet amour n’est pas fermé. Une passion peut parfois surgir, pour un temps, ou un autre choix de vie. C’est là où trop aimer sera destructeur. Trop aimer enfermera l’autre dans une cage dorée où il ne trouvera jamais la clé. Nous sommes tous comme des oiseaux, nous avons besoin de nous envoler, simplement pour rester en vie. Nous reviendrons toujours dans le nid s’il est douillet et sécurisant, mais ce besoin de liberté sera notre véritable clé.

Aimer trop, non, car l’amour peut s’offrir à l’infini, c’est la morale, la religion qui l’a limité, mais aimer bien, en respectant l’autre ou les autres, c’est ce qui me semble le plus important.

( 29 juin, 2017 )

Écrire ou réécrire ? Quels enjeux ?

Les mots filent, se dessinent, laissant une coulée d’encre un peu comme la lave d’un volcan. Il y a les auteurs qui écrivent pour publier, c’est une obsession de leur part, ceux qui écrivent pour devenir riches ( ceux-là vont tomber de très haut !), il y a les poètes qui laissent transpirer leurs émotions, et les autres, dont je fais partie, qui écrivent juste parce qu’ils en ont envie, qui se moquent de la popularité ou des critiques, qui aiment depuis toujours les mots.

Ces auteurs , pour la plupart, ont souvent débuté par une première oeuvre, mal aboutie, bâclée. Après plusieurs années, au vu de leurs expériences, la question se pose « Doivent-ils réécrire ce premier roman? »

Je me pose souvent la question avec Rouge, qui reste une énigme pour moi. Beaucoup d’imperfections, et pourtant, c’est avec mon recueil Hashimoto, celui qui continue à se vendre le plus. Dernièrement une personne m’expliquait que ce livre transpirait de d’émotions, que l’on pouvait lire entre les lignes, et surtout que chacun pouvait se retrouver dans Hortense, Matt, Marie ou Adelyse, ce qui en faisait sa plus grande force, détournant ainsi le lecteur des failles liées à une très mauvaise réécriture ( je dirais même dénué de réécriture)

Le réécrire ? J’y pense, souvent, mais n’enlèverais-je pas un peu de son charme ? Ces mots furent écrits dans un grand moment de colère, que je n’ai plus depuis longtemps, un manuscrit qui fut écrit différemment plusieurs fois après une usurpation de mes premiers chapitres disparus lors d’un piratage, après un harcèlement pénible par une personne toujours inconnue à ce jour, après avoir perdu une personne à laquelle je tenais.

Rouge, c’est la rage qui coulait dans mes veines à cette époque, colère qui n’a pu exploser, et que j’ai préféré distiller dans une intrigue bien tordue. Recommencer ne serait-ce pas trahir l’idée ? Et puis, plonger de nouveau dans ce manuscrit, ne serait-ce pas revivre des douleurs qui sont enfin cicatrisées ?

Pour le moment, je crois que je me contenterais de mes écrits en cours, et un jour, peut-être, si une grande édition me le demande, je retremperai ma plume dans l’encrier.

Mais il faudrait que cela en vaille vraiment la peine, car certaines portes doivent parfois rester fermées.

( 28 juin, 2017 )

Sortir de l’ombre ? Pas si simple…

Le devant de la scène est réservé aux auteurs ( en grande majorité étrangers pour ne pas dire majoritairement aléricains non qu’ils sont meilleurs juste que leur système éditorial est beaucoup plus oyvert ) dont les romans sont joliment disposés en tête de gondoles. Comme on aimerait, nous les petits auteurs, pouvoir le temps d’un été, gentiment les pousser dehors, et venir prendre leurs places. Après tout, ils sont déjà connus, gagnent des chèques de DA bien gonflés, alors juste une petite place hors de l’ombre, ce serait vraiment sympa.

Tous les auteurs, j’en suis certaine, pensent comme moi. Faire une petite brèche dans cette machine bien huilée n’est pas facile. La plupart des éditeurs ne lisent plus les manuscrits, regardent souvent juste les compteurs de ventes. Nombreux ceux qui vont même jusqu’à recruter les auto-édités qui ont cartonner.

Pourquoi pas ?

Il n’en demeure pas moins que si on veut juste être lu, c’est bien compliqué. Il faut trouver un moyen de se faire connaître ! C’est vrai que pour faire sa pub, on pourrait aller danser nu sous la pluie, mais à mon âge, pas certaine que cela ferait vendre.

Se créer une chaîne Youtube et faire l’andouille dessus, il faudrait comprendre comment cela marche.

Alors il ne reste plus que les mots un peu lancés comme des balles que certains vont rattraper, ou pas. Parfois, on se plante. Certaines citations hors contextes n’ont pas l’unanimité. Le tout est de s’interroger, et de chercher un moyen nouveau pour s’envoler. Peut-être un jour alors ces mots doucement glissés seront enfin en rayon à côtés des monstres de l’édition ? Une fois encore, on peut rêver, non ?

( 27 juin, 2017 )

L’effet papillon

 

 

J’ai découvert cette théorie il y a quelques années par le biais d’un collègue dont c’était « le dada », qui m’avait explicité en détails ce phénomène, une théorie scientifique selon laquelle un battement d’ailes de papillon au Brésil peut provoquer une tempête au Texas. Bien sûr, cet effet est d’abord lié à la météo et aux changements climatiques, mais s’impose par effets de boomerang à toute la pensée humaine.

Depuis plus de trois ans, je réfléchis à ce phénomène que je trouve tout simplement prodigieux. Est-il réel ? S’il est scientifique, certainement …

De minuscules petites choses insignifiantes faites ou dites à un moment T peuvent produire de grands effets. Fascinant, non ?  Comment une rencontre, LA rencontre, va-t-elle par effet de ping pong arriver à une situation unique qui n’aurait pu exister sans ces rebondissements. En clair, chaque battement d’ailes d’un papillon, chaque battement de coeur, peut avoir une incidence sur l’autre.

Prenons l’exemple de X, qui va par son simple geste poussé par colère, la jalousie ou le dépit, enclencher une avalanche de circonstances parfois dramatiques, et par ce simple battement d’ailes correspondant à son geste va  influencer le cours du temps d’une autre personne, la vie voire l’avenir.

Une lettre envoyée à un supérieur hiérarchique par jalousie, une rumeur infondée, un ami malintentionné, une rencontre non désirée, un appel non refusé et d’un coup, la personne incriminée va exploser, enclenchant une guerre ouverte, y perdre la santé, détruire son couple, entrainant de multiples dommages collatéraux, tout cela pour un minuscule et anodin instant T. Mais comme la vie est un cycle, elle se reconstruira autrement, se hissera plus haut, atteindra un objectif qui n’aurait peut-être pas été possible sinon, deviendra quelqu’un, un grand pied de nez à la vie.Tout cela à cause d’un simple battement d’ailes.

 

Le temps nous freine, nous fait aller vite. Les circonstances s’enchainent. La porte qui se claque, la clé oubliée, le bus raté, le retard, et au final l’entretien d’embauche loupé. Une nouvelle proposition quelques mois plus tard fabuleuse.

Des exemples, nous en avons des centaines.

Il est important de conserver cette pensée que tout acte peut avoir si nous le voulons une issue positive, que la haine est à proscrire, qu’il faut à un moment dire stop, il y a prescription. Ne me dites pas que seuls les gens dotés d’un coeur en sont capables ? En clair, lorsque nous faisons le plus petit geste, nous ne le faisons pas que pour nous. Nous dessinons inconsciemment l’avenir de l’autre même si c’est un parfait inconnu, nous l’aidons, nous lui sauvons la vie ou nous la ruinons.

Heureusement, nous avons cette liberté de choix qui va nous pousser à nous remettre debout, qui va nous éviter de plonger, qui va nous permettre d’analyser ce battement d’ailes. Nous sommes façonnés par ce qui nous entoure, mais nous restons libre de nos décisions. L’autre nous pousse juste vers un ravin parfois même au bord, à nous de ne pas sauter.

Une théorie qui reste bien compliquée pour une petite littéraire comme moi, et pourtant, l’autre, ce n’est pas qu’un signe mathématique, c’est bien plus !

 

( 27 juin, 2017 )

Lorsque la mémoire déraille … Alzeihmer, DCL et les autres …

Notre société se veut dynamique, productive, à tel point qu’elle en oublie l’essentiel, notre mémoire. Nous avons tant d’informations à notre portée que nous ne pouvons toutes les stocker, alors nous ne gardons que quelques unes, celles qui semblent importantes, celles qui peuvent être utiles, celles justement que l’on nous a obligé à conserver. Malheureusement, à tellement enregistrer, il va y avoir ce point de rupture qui va faire que notre mémoire déraille. Ce sera l’oubli au moment le plus important, le trou lors d’un examen, les clés que l’on perd. La liste est longue et augmente avec l’âge. Il peut s’agir de fatigue (qui ne cherche pas ses mots en fin d’année ?), d’une maladie invisible ( celles de la thyroïde engendrent ce désagrément), et puis, il y a les autres, ces maladies liées à la vieillesse.

Aujourdhui, je voulais vous parler de la DCL, démence de Corps de Levy, une maladie que l’on a souvent confondue avec Alzeihmer, mais qui n’est que sa cousine éloignée, une maladie qui au siècle dernier incitait les médecins à signer un internement en HP.

Cette maladie se manifeste souvent à ses débuts par des pertes de mémoire, des confusions mentales, des oublis qui vont se répéter de plus en plus, puis vont survenir les hallucinations de plus en plus nombreuses. Ces symptômes peuvent être associés à la maladie de Parkinson réduisant le malade à une atteinte physique et psychologique.

C’est une maladie terrible pour celui qui le vit, qui ne fait plus aucune différence entre la réalité et le reste, entre ses visions et ce qu’il vit. C’est une épreuve pour l’entourage qui n’arrive plus à trouver sa place, qui ne saura comment réagir face à ces hallucinations de plus en plus envahissantes, qui comme dans Alzeihmer va perdre l’autre tout simplement.

Ma maman de 83 ans est atteinte de DCL associée à un Parkinson. Cela fait déjà plus 5 ans, car la date réelle n’est pas connue, ne pouvant savoir combien de temps elle nous a caché cette maladie. Elle était active, positive, toujours battante, aujourdhui elle n’est plus qu’angoisse et peur. Par moment, elle va bien, enfin dans la mesure où ce mot est encore possible à utiliser, à d’autres, elle vit autrement, terrorisée par ses visions présentes 24h sur 24. Quelle impuissance, nous pouvons avoir, nous, sa famille ! Nous ne pouvons ni l’aider ni la soulager. Personne ne le peut. Le cerveau déraille, la mémoire prend par moments (et j’insiste sur « moments », car le drame est là) son envol.

Lors de ma dernière visite, il y a quelques jours, elle vivait dans un monde où les oiseaux l’attaquaient, où le monde n(était qu’animal, où nous avions tous une tête d’oiseaux. Cela pourrait faire sourire et faire un bon film  si ce n’était pas si triste. Que faire lorsque lors de ces cinq minutes de lucidité où elle se rend compte que sa mémoire déraille ? La souffrance morale qu’elle vit à cet instant serre l’estomac, bouleverse. Que lui répondre lorsqu’elle va jusqu’à me demander pourquoi notre société permet de vivre ainsi ? Pourquoi on ne peut mourir comme on l’a choisi, et surtout combien de temps va durer cet enfer ?

Je n’ai pas eu le courage de lui dire que sa vie peut-être encore bien longue.

Que peut-on faire face à une telle impuissance à part pleurer une fois la grille passée ?

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