( 31 juillet, 2017 )

Ces monstres qui touchent en enfants

 

Les infos regorgent de scandales ces dernières semaines, l’affaire du petit Grégory, ce cardinal qui a violé tant de gosses, ces attentats ou ces guerres qui fauchent de jeunes vies. J’ai envie de hurler ! Quand des drames se jouent laissant sur le sillon de terribles dommages collatéraux, je reste sans voix.

 

On n’a pas le droit de toucher aux enfants. J’ai de moins en moins d’empathie pour les adultes en général, libres de leurs choix qui détruisent l’enfance. Si la grande faucheuse s’invite chez des personnes âgées, c’est un peu la logique des choses, le cycle de vie. On ne va pleurer qu’un temps, trop cela devient pathologique, mais pour un enfant, non, c’est anormal, le cycle de la vie est rompu. Nul n’a le droit de survivre à son enfant. Je l’ai fait, et je m’interroge souvent, pourquoi, pourquoi lui, et pas moi ? Pourquoi suis-je toujours là ? Qu’ai-je à apprendre, à comprendre ?

Mais l’horreur est à la marche au-dessus, lorsque ces hommes ( les femmes sont plus rares) s’installent dans le lit de leurs jeunes proies. Je n’ai que du dégout et de l’écœurement.

Une étude récente démontrait que notre pays était plein de pédophiles cachés sous le masque de charmants pères de famille, passant leurs moments de loisir à reluquer en douce sur des sites illégaux des enfants en petites tenues. L’idée même me donne la nausée. Le sondage montrait que beaucoup étaient maris frustrés dont la femme n’est plus en phase ou épuisée par la vie, des coincés comme ces cardinaux qui pourrissent la religion. Des monstres sous des sourires angéliques. Je frémis en captant le regard de certains pervers sur la plage reluquant sans pudeur des gamines de dix ans.

Je suis quelqu’un de très tolérant, sauf pour tout ce qui touche aux enfants. Laissons les vivre, ils sont l’avenir, ne les privons pas de l’innocence.

( 30 juillet, 2017 )

Tout est éphémère

Enfant on m’avait dit que l’amour dure toujours, que la mort emporte les vieux, que si tu travailles bien, tu seras riche. Quelle claque cinquante ans après ! L’amour, cela se savoure, cela se déguste, mais cela finit toujours par disparaître ou se transformer ce qui est pareil. La mort n’épargne ni les nouveau-nés ni la personne la plus vigoureuse, en apparence. Elle arrive, elle prend, elle détruit, et repart, ailleurs. Quant à la richesse, elle n’est qu’illusion ! J’ai toujours bien travaillé, et pourtant ma retraite sera ridicule. Ainsi fonctionne notre société.

Quant à ces têtes bien pensantes qui imaginent que leurs philosophies ou leurs mots se trouveront immortalisés, comme s’ils étaient au-dessus du lot. Seule une poignée marquera l’histoire.

Notre petite vie n’est rien à l’échelle de l’humanité, quel orgueil incommensurable que de penser l’inverse. Souvenez-vous de la rose du Petit Prince, si éphémère qui sera certainement fanée le jour où le Petit Prince rejoindra sa planète. Il en sera de même de nos corps dans plusieurs centaines d’années. Il ne restera rien de nous, même pas une photo, le numérique aura tout emporté, même nos mots.

 

Nos sentiments également sont éphémères, il ne faut pas de se leurrer. Seuls les enfants croient encore aux contes de fées. L’amour, l’amitié, ces sentiments qui vont et viennent avec le vent, qui durent ou pas, qui cassent pour renaître ou pas.

Nous tombons amoureux, tellement souvent, parfois juste le temps d’un courant d’air, à tel point que cet amour éphémère va se transformer en fantasmes, et parfois, c’est rare, en un sentiment solide, sécurisant. Allons-nous cesser d’aimer ? Tout se joue dans ce verbe « aimer ». Si nous le relions au sexe, alors oui, son caractère éphémère va se volatiliser. S’il possède des fondations, alors il survivra, autrement.

L’amitié, c’est pareil. Notre route va croiser des dizaines de routes, pour certaines nous allons nous arrêter un temps, pour d’autres nous n’allons être que de passage. Certaines resteront, d’autres laisseront juste des traces, pas toujours agréables, mais qu’importe, nous passerons ensuite à autre chose de tout aussi éphémère, certainement, non sans oublier, car l’oubli, lui reste impossible. À certaines dates, nous nous rappellerons d’un temps qui n’est plus, avec un sourire ou pas, avec une larme ou pas, mais nous continuerons notre petite vie ponctuée de petits bonheurs tout aussi éphémères, de moments moins drôles dont l’image se brouillera, elle aussi,  avec le temps.

Enseignante, je me rends compte chaque fin d’années,  à quel point les larmes de mes CM2 à l’heure de passer pour la dernière fois la porte de l’école primaire est un moment intense, tout aussi éphémère puisqu’il sera oublié quelques jours après.

 

Au final, le bonheur ne réside-t-il pas simplement dans ce mot « éphémère », n’est-ce pas cette particularité qui fait que nous avons tellement peur de tout perdre, et qui nous fait ainsi savourer avec tant de plaisir ces quelques instants « éphémères » ?

( 29 juillet, 2017 )

Les rythmes scolaires.

 

Parler boulot en congés me saoule un peu, mais quand j’entends qu’un tiers des communes ont abandonné les rythmes scolaires, je me dis, pas la mienne ! Et pourtant, que cette réforme fut une absurdité ! En trois ans, le niveau des élèves a chuté, la fatigue, l’énervement, tout a contribué à faire de ces chers enfants des démons. J’exagère ? Pas tant que cela, passez un vendredi après-midi dans les écoles. Avant la réforme, ce jour était un jour ordinaire, aujourdhui on doit adapter, changer les priorités, trouver la séquence qu’ils vont pouvoir « entendre ».

Et je ne parle pas des TAP transformés en NAP, activités sportives ou simplement d’occupation. Succès dans les villes riches, échec dans les banlieues, et pourtant qui aurait vraiment besoin de ces rythmes scolaires ? Certainement pas les enfants dont les activités extra scolaires sont inscrites dans le planning familial depuis l’âge de la crèche ! Ceux qui auraient besoin d’un rythme allégé sont ces gosses de banlieue qui trainent dans la rue dès la sortie de l’école, qui ont besoin d’un système cadré. Le centre de loisirs le mercredi leur offrait cette sécurité, alors que la plupart rentrent maintenant chez eux le mercredi après-midi lorsqu’il y a école le mercredi matin pour squatter la télé ou l’ordi.

Des générations bousillées pour un système qui n’a pas été compris. Il faut réfléchir aux rythmes scolaires c’est une réalité, mais autrement et non à l’aveuglette une réduction des heures en saupoudrant une année sur deux jours, une autre sur deux autres, en se moquant de cette perturbation pour les moins de dix ans. L’absurde ! Tout cela ne fut que politique et c’est bien malheureux.

Allez je cesse de me plaindre, après tout mes élèves ont tout de même réussi même si ce fut laborieux, et puis pour l’année scolaire qui arrive, ce seront des horaires plus agréables avec mardi et vendredi arrêt à 15h. Alors de quoi, je me plains allez-vous me dire ? Simplement du fait que l’on n’écoute jamais l’avis des enseignants qui eux sont sur le terrain, que l’on ne va toujours enquêter que dans les écoles ciblées dites « d’application  » où la vie est bien différente ou dans les vraies REP, mais nos écoles sensibles, on les oublie, que l’on va attribuer des allégements d’effectifs pour les REP ou REP+ mais qu’une école comme la mienne qui ne doit pas être REP « parce que cela serait une catastrophe pour le centre-ville « , pour la politique de la ville, et bien on va encore se farcir des classes surchargées à 30 élèves. Et pourtant il reste des ensei dont je fais partie qui adorent leur travail, qui continuent de croire en l’enfant, de croire que demain sera mieux, mais qui commencent de plus en plus à baisser les bras.

Alors à quand la vraie lutte contre l’échec scolaire ? À quand toutes les écoles seront-elles mises sur un pied d’égalité ? À quand pensera-t-on vraiment à l’Enfant ?

( 28 juillet, 2017 )

Les femmes jalouses

 

Ah ces femmes jalouses ! Quelle plaie ! Et pourtant, qui n’a pas été jalouse une fois dans sa vie ? Bien sûr, on sait que ce n’est pas bien, que la jalousie est un vilain défaut, et surtout que c’est tout sauf une preuve d’amour. La jalousie est un manque de confiance en soi, et non en l’autre. On sait tout cela, et pourtant on explose lorsque miss super lolo se frotte un peu trop près de notre chéri ou que la bonne copine semble frétiller sous le charme de notre amoureux. Résultat souvent, on prend les devants, on sort les armes. Ce sera la femme « bien comme il faut » qui ira mettre la pagaille dans la vie de la prétendue maîtresse ( et pas de bol, en se trompant de cible), ce sera la rencontre violente avec l’autre, le crêpage de chignons, les cris, les insultes.

Normal ? J’ai envie de dire que l’altercation de deux poules pour un coq, oui, peut même etre sain. Après tout, le coq n’avait qu’à mieux se tenir, et si ces dames ont envie de s’arracher les yeux, pourquoi pas ? Sachez mesdames que le coq de son côté sera au fond de lui ravi de tant de flatteries, et peu importe de quel côté bat son coeur, l’échange l’excitera. Plus anormal le cas de figure où la femme jalouse ira se venger, machiavélique, le genre qui ira directement aviser la hiérarchie du peu de moralité de la gente dame, vous voyez le genre ? À vomir ! Le chéri est-il au courant ou a-t-elle fait son coup en douce ? Parfois le mystère flottera des années.

Je m’interroge tout de même sur le gentil mari coupable ou innocent ? A-t-il volontairement cautionné l’acte de sa dulcinée quitte à briser la coquine volage plutôt que de mettre son foyer, son statut en péril ou s’est-il fait rouler dans la farine ?

Comme j’aimerais être petite souris et me balader dans ces foyers, ces couples ont-ils reconstruit leur vie sur les cendres de leur victime et sont-ils heureux ?

Vous l’avez compris, je déteste les femmes jalouses qui n’assument pas leur jalousie, qui se cachent derrière des histoires, qui manipulent, elles sont pathétiques. Ce besoin de reconnaissance, d’être aimée, de ne pas perdre la face, est tel qu’elles sont prêtes à détruire la vie d’une autre, sans même avoir le courage de communiquer. Lâches, méfiantes, elles finissent souvent dépressives, et leurs petits maris lassés laissent tomber leurs auréoles de sainteté pour se précipiter dans de nouveaux bras, plus jeunes, il faut bien l’avouer.

J’exagère, un peu, je l’avoue, surtout que je n’échappe pas à la jalousie. Je suis comme toute femme passionnée, lorsque j’aime, je n’aime pas à moitié, mais je n’agis jamais par lâcheté, ce n’est pas moi qui irai écraser les oeufs dans le poulailler sauf si l’autre m’a attaquée. Quant à la poulette qui s’aventure dans ma cour à faire la belle devant mon homme en ma présence, je vais certes voir rouge, mais tenter de communiquer avec elle, de comprendre car l’amour ne se commande pas, et cela je peux l’entendre, et si elle me déclare la guerre, alors vous le saurez très vite, c’est celle qui se baladera les joues lacérées, mais honnêtement, ce n’est pas pour un mec que l’on va s’entretuer, si ? :)  :)

 

( 27 juillet, 2017 )

Les secrets

Qui n’a pas rêvé de l’ami fidèle qui saurait garder un secret contre vents et marées ? La réalité pourtant est tout autre. On se sent bien, en osmose avec l’autre, confiant, alors on s’aventure à oser, on commence par des petits riens qui font du bien une fois qu’ils sont dits, et puis on se hasarde à poser des confidences, des mots intimes.

Malheureusement, l’autre nous trahit un jour de grand vent. Peu importe si on l’a cherché ou non, le problème est ce secret, ces mots qui n’étaient que pour lui, qui se retrouvent au grand jour, à l’air libre. Souvent, cela semble anodin, un coup de blues, un désir de finir avec la vie, un désir caché, parfois on assistera à de véritables drames, des adultères, des enfants cachés, une double vie bien huilée.

Ce sera votre meilleure amie qui vous confiera que son mari couche avec sa secrétaire, que vous allez croiser à une fête de quartier. Lourd secret, difficile de rester neutre, de ne pas regarder « la coupable » avec un sale oeil (car bien sûr, ce sera toujours la femme la coupable, et non le super mari qui n’a pas pu résister à la tentation).

Terrible un secret divulgué, un secret qui se retrouve monnaie d’échange, qui va mettre l’autre en position de sauveur ou de destructeur. Revéler le secret de l’autre, c’est prendre le pouvoir sur sa vie.

Il y a ceux qui « caftent » stupidement par besoin de se faire valoir. Ceux-là, on les repère vite. Comme on dit, on va leur faire confiance une fois, pas deux.

Il y a les autres, ceux que l’on aime, à qui on donnerait notre vie, à qui nous confions ces secrets qui sortent de notre âme, notre vie d’avant, nos failles.

Une lectrice m’a raconté qu’elle fut ainsi trahie par un collègue qui diffusa publiquement son coup de coeur pour son patron. Ses mails où elle narrait ses sentiments ainsi que des extraits de son journal intime furent donnés à l’intéressé ainsi qu’à sa compagne, puis décortiqués en réunion.

Humiliation, viol de ses sentiments. Existe-t-il pire violence ? Comment une personne dotée d’un minimum d’empathie peut-il agir ainsi ?

Que de douleur dans ce seul geste. Ce n’est pas qu’une simple gaffe, un mot échappé par mégarde, c’est un acte prémédité souvent irréparable.

Cette femme avait-elle choisi de tomber amoureuse de cet homme même si c’était son patron, même s’il était marié ? Et si cette femme s’était emballée, c’était certainement parce que ce prince charmant, grisé par cette séduction possible, avait laissé une porte ouverte.

Je ressens au fond de mes tripes l’angoisse de cette pauvre femme qui n’avait certainement rien compris, rien prémédité, se sentant soudain ridiculiser, blesser .

Peu importe les raisons profondes qui ont poussé ces personnes à trahir un secret, honte à eux, à ceux qui ne savent pas tenir leur langue, qui divulguent des mots cachés. La confiance est une denrée précieuse qu’il faut protéger.

Malheureusement comme dit un proverbe, « C’est souvent de la confiance que nait la trahison. ».

Je vais vous confier un secret, mon secret,  » je vous aime » …

 

( 26 juillet, 2017 )

Ces industries pharmaceutiques qui sèment la terreur.

 

On a tous encore en tête le scandale du Médiator, de l’Isoméride, et de multiples traitements dont on tente de passer les dégats sous silence. Les pharmacies regorgent de médicaments portant des noms différents, des boites colorées, mais possédant des molécules semblables. Sommes-nous des pigeons destinés à remplir les poches d’un grand PDG de l’industrie pharmaceutique ? Pourquoi cette obsession du générique, du changement d’un excipient dans un nouveau traitement ? Faut-il attendre que des malades soient au plus mal pour réagir ? N’est-ce pas une ineptie, car un médicament ne devrait-il pas soulager ?

 

Nous assistons depuis deux mois à un dérapage avec le nouveau traitement pour les malades de la thyroide. Personnellement, allergique au magnésium, je ne prends plus de comprimés depuis des années, mais les réactions de certains malades m’ont poussée à faire quelques recherches.

Rappelons que le levothyrox renferme de la lévothyroxine, une hormone thyroïdienne de synthèse connue aussi sous le nom de T4,  prescrit dans les hypothyroïdies, par exemple d’origine auto-immune comme la maladie de Hashimoto. Il semblerait donc que le lactose fut supprimé car il s’avérait être la cause pour 70% des personnes de troubles digestifs, maux de tête. Peut-être, je ne mets pas en doute les statistiques, mais pourquoi alors personne ne s’en plaignait ?

Ne fait-on pas un amalgame entre l’intolérance au lactose à grande échelle qui est effectivement fréquente avec Hashimoto, et un soupçon de lactose dans un comprimé ? N’y aurait-il vraiment qu’un enjeu purement altruiste ou ne serait-ce un profit économique caché ?

J’ai du mal à comprendre l’intérêt de stopper net un médicament pour un autre, de refaire des boites (de couleurs différentes), de stabiliser des milliers de malades qui allaient bien, ne serait-ce pas une dépense injustifiée ?

Alors ce remplacement par le manitol est-ce ou non une bonne chose ?

Je vais jouer l’avocat du Diable et juste dire, attendons ! Il faut minimum six semaines pour que le corps assimile le nouveau traitement qui devrait (si on en croit le laboratoire) être mieux assimilé, donc plus de personnes verront leur TSH diminuer.

Seulement voilà, deux mois ont passé, nombreux contrôles sont faits, et cela reste  une vraie pagaille. Certaines personnes se sentent super mieux (ouf !) d’autres se sont passées en hyper ( normal puisque l’assimilation se veut meilleure, il leur faut juste réajuster leur dose), mais les autres, celles qui vont moins bien ? Pourquoi si le nouvel excipient est anodin ?

 

La recherche médicale est primordiale si elle n’est pas assujétie à un rendement financier. Sans rapport avec la thyroide, je vais vous narrer une anecdote. Il y a trente ans, lorsque mon fils de deux ans était en chimiothérapie, on nous a fait accepter un protocole expérimental pour réduire les nausées et effets secondaires. Quand on voit un gamin vomir ses tripes, on accepte. Cette cure fut un vrai miracle, pas un vomissement, pas une nausée, aucune aplasie quelques jours après. Le chercheur, un Suisse adorable, totalement emphatique et dévoué à sa recherche, m’a contactée après le décès de mon fils quelques mois plus tard, pour m’informer que ce traitement avait été un succès total, mais refusé car il coûtait 0,85 cts de plus par malade. Et oui, le prix du bien-être, quelques centimes. Un autre médicament fut mis sur le marché n’atteignant pas la qualité de celui-ci, mais plus rentable pour le lobbying pharmaceutique.

 

Alors, devons-nous tout accepter au nom de la science ? Supporter comme nombreux malades l’ont entendu ces dernières semaines le mépris de certains  médecins qui au final se moquent totalement du bien-être ?

Nous n’avons qu’une vie, ne devrions-nous pas tenter de la vivre dans les meilleures conditions possibles ?

 

http://livre.fnac.com/a9389468/Sylvie-Grignon-Hashimoto-mon-amour

( 26 juillet, 2017 )

Quart d’heure à la plage

Plus jeune, je passais des heures à lézarder au soleil, aujourdhui je préfère me promener le long de la mer, rêvasser en regardant les vagues s’écraser sur le sable, faire du vélo ou écrire, mais je garde mon quart d’heure plage, et quel moment !

 

Allez, je m’autorise quelques minutes à somnoler sur ma serviette, tranquille, enfin je le pensais, soudain voilà que la famille tartampion arrive, s’installe, et quand je dis s’installe, elle plante ses parasols, pose ses serviettes, les seaux, les pelles, les gosses qui se mettent à brailler, quand ce n’est pas le chien dans son panier qui se prend à aboyer. Là, bien sûr, sortant du brouillard, je vais pour me retourner, et vlan la gamine m’envoie en pleine figure son ballon. Sans s’excuser, elle vient le chercher tout en me regardant de travers. Je serre les dents, après tout je suis en vacances, et je dois rester zen. Je pense pouvoir enfin profiter de mon quart d’heure de béatitude, lorsque monsieur Machin s’installe sur sa serviette cramoisie à proximité, se badigeonne de crème solaire tout poussant des « yes » d’autosatisfaction, puis sort son téléphone. Ben oui, tout le monde sait que l’on va à la plage pour passer des coups de fil. À quand le PV « anti phone playa  » ? Bref le voilà qui appelle son fournisseur, qui lui hurle dessus, puis qui enchaîne des mots d’amour à sa femme lui promettant de revenir bien vite, lui jurant son amour, oups à sa maîtresse, car la femme arrive quelques minutes après, accompagnée d’un ado mal aimable. Heureusement, le soleil commence à bien chauffer, tout ce petit monde se calme, je vais enfin pouvoir profiter de mon quart d’heure tant désiré tout en flirtant avec Morphée, alors même si vous m’apercevez, je vous en conjure, ne venez pas me déranger. La plage, je ne passe pas des heures à lézarder, donc ces minutes, merci de me les laisser en profiter.

( 26 juillet, 2017 )

La fin d’un amour

 

Le deuil d’un amour est-il plus difficile passé 50 ans ? Selon un article récent, il semblerait que oui. On se remet plus vite d’un chagrin d’amour à vingt ans qu’à cinquante, pourquoi ?Peut-être parce que l’on a atteint un cap dans sa vie, un point que l’on sait de non retour. Peut-être parce que l’on sent que nos illusions nous échappent définitivement.

En théorie, vingt ans, c’est la découverte de l’amour, 30 ans la découverte du couple, des enfants, puis on plonge dans le travail phagocytant, l’amour n’a plus toute la place. Et puis un jour, cela me fait penser au roman de Ludivine  » Et puis un jour …, il ou elle arrive, bouleverse tout. change notre façon de voir l’avenir, seulement voilà, il n’a plus vingt ans, elle non plus. Il est divorcé, aigri par son premier mariage, soit en couple malheureux. il n’ira rien changé. Il restera pour les enfants, pour son statut social, pour l’image des autres, et peut-être surtout pour ne pas se dire en échec. Alors l’histoire d’amour avorte avant même d’avoir commencé.

Et puis l’âge tinte, les femmes savourent la liberté retrouvée grâce à la ménopause, quant à ces messieurs, quelle importance si leurs capacités diminuent, si le désir se fait moins souvent, l’important reste la relation, les instants de folie à savourer.

Malheureusement, tous ces points ne sont pas vu positivement par tous. Elle va se sentir moins jolie, plus ridée, moins attirante, il va avoir peur de ne pas être à la hauteur. L’histoire s’arrête une fois encore. Elle va avoir peur de déstabiliser son bonheur, lui préfèrera croire que ce n’était qu’une illusion, la carrière est sauve, l’honneur intact, l’enfant ne sait rien. Qui ira voir ce qui se passe vraiment au fond de ces coeurs brisés ?

Ils ont mis le mot fin pour se protéger, ils s’en sortent bien, c’est ce qu’ils disent. Ils ne sont pas seuls, ou s’ils le sont, ils l’ont choisi, alors pourquoi, pourquoi ont-ils si mal ? Pourquoi n’arrivent-ils pas à oublier ? Ce n’était pourtant pas une histoire d’amour, c’était une histoire de rien du tout, et pourtant, elle lui manque, il lui manque.

Serait-ce parce qu’au fond chacun des deux sait que vu les années qui passent, ce sera la dernière histoire ? Peut-être aussi parce que cette histoire-là, aucun des deux ne la voulait, aucun ne l’avait choisie, et pourtant elle est là, toujours tellement présente au creux de leurs nuits.

Peut-être un jour, si une plume passe, l’un d’eux l’attrapera et écrira les mots de l’ombre, ceux qui n’ont pas été dits. Peut-être des excuses retenues trop longtemps jailliront, peut-être que l’autre osera faire ce pas lourd comme du plomb. Peut-être un jour, si la faucheuse n’arrive pas trop tôt. Peut-être est-il déjà trop tard ? En tous les cas, vivez sans y penser, sinon vous ne vivrez pas.

À tous ceux qui ont vraiment  aimé, ils se reconnaîtront :)

( 25 juillet, 2017 )

La zen attitude effet de mode ?

Les journaux, les émissions, les livres, tout le monde ne parle que de cela « la zen attitude ». Alors oui, c’est bien, il faut vivre positivement, être relaxée. Notre société génère un effet de stress maximal en particulier pour ceux qui vivent dans les grandes villes. J’ai de nombreux amis à qui je fais un clin d’oeil qui me prône la zen attitude, la relaxation, le lâcher prise avec régularité. J’essaie de suivre leurs conseils. J’avance, doucement tel un escargot, mais j’avance !

Le yoga, j’ai essayé, et ce fut un véritable fiasco, je ne peux m’empêcher de penser. Donc impossible de tenir une posture ! Le cooconing, ça j’adore que l’on s’occupe de moi, ou m’occuper des autres. Je suis une experte en massage. Un moyen de détente idéal. J’aime offrir un univers de tendresse.

Mais ai-je atteint pour autant la zen attitude ? Pas sûr !

En vacances, ce n’est pas trop compliqué parce que l’on a posé les amarres, parce que l’on fuit le bruit et le monde, parce que les responsabilités sont loin derrière nous. Mais garder cette même zen attitude lorsque l’on travaille s’avère bien plus complexe. Avouons-le, il y a toujours un imbécile qui va venir nous casser les pieds au moment où on part, une hystérique qui va nous plomber dès la première seconde notre journée. Alors oui, on va se dessiner une zen attitude avec un sourire sur les lèvres, mais on bouillonne à l’intérieur. À ce moment là, le calme est vraiment difficile à conserver.

Je crois qu’au final la notion de zen attitude est peut-être une affaire de mode, mais c’est surtout une affaire de vie où on va apprendre à ne pas tout contrôler, et ça, et bien c’est une autre paire de manches qui va demander beaucoup de temps !

( 24 juillet, 2017 )

Maladies invisibles, pourquoi ne les respectes-tu pas ?

Maladies auto-immunes, dépressions, handicaps cachés, pourquoi ne les respectes-tu pas ? Tu dis que si mais regarde, tu es la première à grogner parce que ta collègue s’est arrêtée quelques jours, parce que tu l’as regardée de travers en voyant ses larmes couler, parce qu’il s’est moqué de ta petite taille, de tes kilos en trop ou de tes os qui pointent. Pourquoi juges-tu immédiatement ce que tu ne comprends pas ?

Même toi, le spécialiste bardé d’un diplôme honorifique, tu ricanes lorsque cette femme te dit qu’elle n’en peut plus, qu’elle ne comprend pas ses douleurs ou le changement qui s’opère en elle. Et toi, toi qui sais tout, pourquoi avoir posé un verdict aussi tranchant qu’une épée, oser annoncer un diagnostic « vu durant ton internat », juste quelques similitudes qui t’arrangeaient, et tu as frappé fort, si fort qu’elle s’est effondrée. Le comble, tu t’étais drôlement trompé ! Je parie que tu n’as même pas une once de regrets. Tu oses te regarder devant une glace ?

Stop aux idées reçues. Les maladies ne sont pas juste celles que l’on voit. Pourquoi une migraine ( pourtant invisible, mais dont la connaissance médicale commence à se savoir) est-elle plus prise au sérieux qu’une maladie auto-immune ? Toi qui es atteinte de Lupus, de Crohn, de Lyme, d’Hashimoto, de Basedow et de centaines autres, toi qui souffre en silence parce que lorsque l’on te regarde on ne voit qu’une personne « normale », je demande qu’est-ce que la normalité ? Comment peux-tu décider qu’une maladie est moins grave qu’une autre ? Une dépression peut conduire au suicide, pourtant elle ne se voit pas. En fait-elle une maladie moins grave qu’une autre ?

Il faut une vraie reconnaissance de ces maladies invisibles. Ce n’est pas parce que cela ne se voit pas qu’elle ne souffre pas. Ce n’est pas parce que toi, sa souffrance te dérange, parce qu’elle te renvoie à ta propre incapacité à agir que tu dois l’écraser, ce n’est pas parce que tu es médecin que tu dois simplement juger sans prendre en compte chaque élément, chaque douleur, chaque parole.

Trancher et condamner une personne, la pousser dans une case  » maladie mentale » est une faute grave. Son comportement te dérange ? Il est différent ? Tu es un professionnel de santé, alors agis comme tel, fais une batterie d’analyses, cherche sa souffrance, et trouve la cause ou le traitement, mais ne juge pas !

Les maladies invisibles affectent la vie des malades tout autant que leur corps, et seul le respect peut les aider. Savoir qu’ils seront entendus, écoutés, sera un premier pas vers une amélioration possible de leurs conditions de vie. Rien de pire pour un malade que d’être sujet à la moquerie médicale, à la violence d’un verdict injustifié simplement basé sur un ressenti personnel non professionnel.

Juger les autres, pourquoi ? Ne serait-il pas temps que chacun retrouve un peu d’humanité , et sachant que l’erreur est humaine, de simplement s’excuser. Ne serait-ce pas le premier pas vers un réel respect de ces différences ?

 

 

Retrouvons-nous tous sur la page FB « L’envol du papillon » afin de faire une grande chaîne de reconnaissance de ces maladies invisibles.

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