( 28 octobre, 2016 )

J’écris pour toi

Toi que je ne connais pas, toi à qui je destine mes mots afin de te faire rire, sourire ou pleurer. Toi qui n’existes peut-être même pas, mais que je modèle telle une sculpture pour ensuite doucement te cacher derrière les pages froissées de mes romans. J’écris pour toi qui ne lis plus, parce qu’aujourd’hui les livres ne servent souvent qu’à décorer, à être mis dans une bibliothèque pour faire semblant.
J’écris pour vous, qui n’êtes que vous, un mythe, une légende, un nom peut-être, mon inspiration.
Peu importe au fond pour qui j’écris, je ne le sais même pas moi-même, ce n’est pas très important au fond, seuls mes mots le sont, le plaisir que je prends à leur donner vie, l’évasion de quitter la réalité pour me fondre dans cet univers complètement déjanté, le fantasque, le rêve, l’imaginaire. Je noircis des mots pour laisser une infime trace dans le sillon de la nuit .
Je n’écris pas pour que tu m’applaudisses, pour que tu inventes une analyse de mes romans qui n’existe pas, pour m’offrir un prix auquel je ne crois pas. Ce monde-là n’est pas pour moi. J’y ai cru un moment, tu connais ma naïveté à toujours croire que l’autre ne ment pas, aujourd’hui, c’est fini. J’ai perdu mes illusions, pas ma passion.
Des pages de manuscrits s’entassent dans l’ombre, peu importe qui les lira, qui les publiera, elles seront toujours écrites pour toi, et rien que toi, toi qui jamais ne le sauras, toi à qui je ne le dirais pas, toi qui n’es pas, car mieux vaut croire en des rêves de gosses que de construire des châteaux sable qui s’effondrent. Mes mots sont coulés dans du ciment, et rien ne pourra les effacer. Parce que j’écris pour toi, mon lecteur inconnu, j’écris comme le font les enfants avec cet espoir au fond du coeur, que tu me lises juste, que tu fasses corps avec mes lignes, j’écris pour déterrer dans les sables mouvants les derniers espoirs de mes rêves d’enfant.

( 27 octobre, 2016 )

À la rencontre d’Arsène Lupin

Après les falaises d’Étretat, nous continuons avec la visite du Clos Lupin, maison dans laquelle l’auteur Maurice Leblanc rédigera les différentes aventures d’Arsène Lupin. Pour l’auteur de polars que je suis, quel bonheur de partir sur les traces d’un maître de la plume ! Par moment, mon esprit utopique s’évadait, imaginant mes descendants officier dans un musée à la mémoire d’Antoine Bourgnon. Trêve de rêveries, cette visite est un moment bien agréable où les aventures de Lupin nous sont retracées grâce à une visite audio-guidée. Nous sommes guidés à travers les différentes pièces par la voix de celui-ci, en guise de bienvenue, puis par les paroles de Georges Descrières, Arsène Lupin du petit écran, prennent le relais. Il est certain que ce musée à un côté un peu désuet, mais plonger dans les années 1920 a un certain charme. Pour ceux qui n’ont jamais ouvert un seul livre de Maurice Leblanc, et c’était le cas de ma progéniture, le passage à la librairie s’avère de rigueur ! Et même moi, qui a dévoré toute cette collection il y a des lustres, j’ai plongé dès mon retour dans la célèbre « Aiguille Creuse » qui n’a pas pris une seule ride.
Seul bémol, le prix peut-être, un peu cher pour une visite de moins d’une heure.

 

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( 26 octobre, 2016 )

Ces hommes que l’on a aimés

« Des années que je rêve de lui, je l’ai revu, j’ai pris vingt ans en pleine tête. Mon prince n’est plus. » (Propos d’une amie récemment). Qui n’a pas eu la nostalgie d’une rencontre, souvenir de ces amours platoniques qui ont bercé notre jeunesse, cet amour si beau, si parfait, ayant résisté à l’usure du temps, avec logique puisqu’il n’a vécu en tant que fantasme. Seulement, le jour où notre route croise de nouveau ce rêve, notre monde menace de s’écrouler. Dans plus de soixante-dix pour cents des cas, notre beau chevalier a pris une trentaine de kilos et au lieu de gratter la guitare en murmurant des mots d’amour, il s’égosille devant un match de foot avec une bonne bière à la main. Dure la nouvelle réalité. Parfois, c’est rare, donc ne comptez pas trop dessus, les regards s’accrochent sans pouvoir se détacher, le coeur palpite, fort, jusqu’à exploser. Plus rien ne compte alors que ce contact où seuls les yeux parlent.
Seulement, notre prince a déjà une princesse voire deux ou trois mômes, des traites à payer, un travail éreintant, et si les premiers émois, cachés des regards de tous, se font dans la joie, la vie, elle reprend ses droits. Le prince n’assume plus ni au lit ni dans la vie, il déprime, se fait absent, joue les débordés. La passion vire au drame, l’amour à la déraison. Combien de drames ainsi se jouent dans les chaumières ? Qui doit-on montrer du doigt ? Celle qui a tendu la pomme ? L’époux infidèle ? La femme blasée des frasques trop visibles de son double ? Un clin d’oeil aux lettres de Mitterand me permet juste de dire que l’on s’en moque, le plus important n’est-il pas simplement d’avoir juste osé aimer ? Pourquoi cette manie de toujours se projeter dans le futur ? Rangeons les clichés et les photos usées et savourons le moment présent, celui où nous sentirons encore notre coeur vibrer d’un même son pour un rayon de soleil ou pour une simple chanson, et surtout oublions ces hommes (ou ces femmes) que l’on a aimés. Ils appartiennent définitivement au passé.

( 25 octobre, 2016 )

Les magiciens de nos vies

Nous sommes les magiciens de nos vies, construisant, détruisant au gré de nos envies le monde qui nous entoure et le nôtre par la même occasion. Nous plongeons à chaque minute dans une marmite d’incertitude où tout peut arriver. Le monde où nous vivons est à l’image d’un immense théâtre où dansent à tour de rôle amis et ennemis, anges et démons, chacun là pour nous plonger dans une grande illusion. Alors tels des magiciens de pacotille, au moment de sombrer, nous sortons notre baguette magique et dans un dernier élan d’espoir, nous prononçons une incantations qui va libérer nos vies de toutes ces chaines qu’inconsciemment nous avons acceptées.

( 24 octobre, 2016 )

Salons et dédicaces

Extraterrestre, je dois être, ne comprenant pas cet engouement de certains pour les salons ou les dédicaces. Je parle d’arpenter les couloirs d’un salon en quête de voir trente secondes un auteur célèbre. Expliquez-moi le plaisir que l’on peut ressentir en repartant avec un livre dédicacé de monsieur Sarkozy ou de monsieur Hollande. Je dois certainement être stupide, comme on me l’a déjà signifié, ne vibrant pas face à des politiciens ou des stars. Pour moi, ce sont des personnes ordinaires comme vous et moi, qui ont simplement eu à un moment donné un coup de pouce leur permettant de passer sur le devant de la scène. Et leurs plumes, si on peut nommer leurs livres ainsi, ne frôlent pas le Goncourt.
J’ai toujours adoré le salon du livre de Paris, non pour les auteurs, mais pour toucher les livres, renifler les nouveautés, découvrir les couvertures. Je repartais toujours avec un sac plein à craquer de romans en tous genres. Aujourd’hui, avec ma Kobo, je n’achète que peu d’ouvrages papier, faute de place, et c’est vrai que je garde ce privilège à mes amis auteurs.
Mais sinon, aller saluer Bussi, Levy ou Musso, franchement, même pas en rêve ! Autant, j’ai toujours un immense bonheur à me plonger dans un Bussi, autant le voir « en vrai » ne m’apportera aucune émotion. Suis-je un cas unique ? Peut-être, mais peu importe, je reste une dévoreuse de livres, et c’est le plus important, non ?

( 23 octobre, 2016 )

Etretat et la magie de l’aiguille creuse

Une fois n’est pas coutume, les vacances débutent par une promenade en hauts des falaises surplombant la fameuse aiguille Creuse. Qui ne connait pas Arsène Lupin ayant pris vie sous la plume de Maurice Leblanc, magie d’un personnage, au départ insignifiant, qui pourtant s’est imposé dans une cinquantaine de romans, image ensuite véhiculée au travers de séries, de films. Le gentleman cambrioleur par son côté séducteur reste une légende. Nous irons cette semaine visiter le Clos Lupin, en attendant, mes pensées s’évadent, et si l’inspecteur Antoine Bourgnon rencontrait Lupin ? L’aurait-il arrêté ou ? Chut, allons donc rêver un peu …

 

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( 22 octobre, 2016 )

Ah, la vie !

Un jour, on se réveille, le monde a changé ou peut-être est-ce nous ? Les années commencent à s’aligner au compteur, la réalité s’écrit sur notre visage. Certains vont s’armer de soins esthétiques, de crèmes miracles. pourtant la réalité est là. Nous n’avons plus vingt ans.
Notre vie est derrière, bien remplie de moments de bonheur, de larmes aussi, c’est ce qui fait la vie. Et puis, l’avenir se peint de douces couleurs. Rien n’est fini. Encore tant de choses à vivre, à découvrir, de nouveaux livres, des chansons à écouter, des mots à poser sur le papier. Pour moi, c’est sur un air de vacances que je renais à la vie, un bol d’air salutaire. Je ne m’attarde donc pas et me conterai pour une fois de vous souhaiter un bon we.

( 21 octobre, 2016 )

Ce qui reste

Parfois, le temps passe si vite que l’on oublie qu’il existe, ce temps, pourtant si précieux que l’on pactiserait avec le Diable pour juste quelques heures en plus.
Parfois on crèverait d’envie de faire un saut en arrière afin d’effacer l’inévitable, ce qui fut, l’instant qui a tout changé. Et puis, par hasard, car au fond on ne le désire pas vraiment, on sort une boite, ordinaire, une vieille boite à chaussures cabossée, un peu usée, on va alors oser ce que l’on s’était juré de ne pas refaire, l’ouvrir et regarder, un plongeon violent dans le passé.
Au final, on s’aperçoit, presque avec tristesse, qu’il ne reste presque rien, que notre passé, toutes ces larmes, tous ces moments de pur bonheur se retrouvent juste dans ce minuscule petit carton où trainent, selon les circonstances, un vieux mouchoir parfumé, quelques bijoux, un doudou limé, photos et lettres jaunis, des souvenirs lointains, oubliés comme quelques chansons gravées que l’on ne peut plus écouter. Il ne reste rien même pas des cendres, un mot écrit rapidement, signature illisible porteuse pourtant d’une telle chaleur au coeur que l’on n’a pas voulu le jeter à l’époque, dans une autre vie, impression issue d’un autre monde, carte que l’on garde comme un présent, pourquoi au fond ? On retrouve aussi des premières dents, de qui sont-elles ?, minuscules, séchées, des quenottes de bébés, une tétine abimée, des photos oubliées, qui sont donc ces visages effacés de notre mémoire ? Ils devaient compter pour les avoir gardés.
Ouvrir une vieille boite, c’est affronter son passé en pleine face, avec courage, car tout ne fut pas rose, avec humour, car les grandes guerres semblent bien dérisoires et les rancunes illusoires. Il ne faut surtout pas s’attarder, regarder, oui, même pleurer, on y est autorisé, mais bien vite, il faut refermer le couvercle et ranger ce passé pour avancer sans reculer.

( 20 octobre, 2016 )

Vivre positivement.

La pensée positive est une manière d’appréhender la vie de manière différente, de ne pas toujours juger ce qui nous arrive comme négatif. C’est une façon radicale de changer notre vie, de rebondir sur des faits anodins, d’avancer sans reculer.

En pratique, l’homme a tendance à toujours reporter ses propres erreurs sur les autres. La pensée positive aide à relativiser. Si un évènement tragique comme une brique qui tombe sur notre tête traverse notre route, c’est un coup de malchance, elle aurait pu passer à côté, mais si on voit le bon côté, si nous sommes toujours en vie, c’est le principal et elle aurait pu tuer un jeune enfant. Tout dépend de l’angle d’analyse.

La facilité, que trop humaine, est de ne regarder que le mauvais côté des choses. Ce sera celui qui s’ennuie dans son travail, le dépressif jalousant tout le monde, la femme frustrée qui ne cessera de critiquer ses comparses, celle trompée qui ira se plaindre de l’infidélité de son conjoint. Aisé de caricaturer les pensées négatives, et pourtant, ces mal-être ne sont-ils pas au final des signes, des clins d’oeil. Un travail ennuyeux dans lequel on se sent grognon, n’est-il pas temps d’en changer ? Rien ne réussit, il se sent mal aimé, n’arrivant pas à faire aboutir ses projets, un petit coup de pied au popotin pour relancer la machine ne serait-il pas nécessaire ? La frustrée de service ? Qu’elle sorte de sa condition et aille un peu butiner au lieu de jalouser ou de critiquer les autres, quant à la femme dite « quittée », il faut être deux dans une histoire d’amour, et mieux vaut gratter l’allumette à temps que de se faire du mal, et puis l’amour n’est pas éternel et il y a tant de personnes à désirer.

Lorsque j’ai perdu mon enfant, j’ai cru que l’on m’amputait d’un membre, et le mot est même trop faible. J’ai décidé de ne me souvenir que de ses sourires, de ses éclats de rire, et la douleur, je l’ai portée, mais en souriant, en vivant, en aimant. Lorsqu’un tsunami a inondé ma vie il y a quelques années, j’ai tout accepté, sans broncher, toujours avec un sourire, juste un peu plus triste. Je me suis agrippée aux souvenirs de moments qui m’avaient fait du bien, puis une épée m’a transpercée, une maladie auto-immune s’est enclenchée, j’ai eu du mal, je l’avoue, à garder cette trajectoire pleine de bonnes résolutions, mais j’ai essayé. Mes mots ont remplacé la douleur, la colère s’est évanouie, il n’est juste resté que le manque de ce qui n’était plus. Il m’arrive encore de chuter. Dans ces moments, je m’isole dans ma bulle protectrice pour m’y ressourcer. Le monde d’aujourd’hui n’est pas emphatique. Il faut une armure solide.

Avoir tout simplement un regard différent sur ce qui est. Trouver un sens à un non-sens. Ne plus répondre aux attaques. Tendre la main même si l’autre refuse de la prendre.  Un regard possible sur le passé, mais sans se lamenter, sans s’arrêter, simplement pour rire de soi, et avancer. Des mots qui font du bien, donnés comme un présent. Et voilà, le monde est bien différent !

( 19 octobre, 2016 )

Objectif vacances, lire, écrire, s’occuper de soi

La vie nous enferme bien malgré nous dans une spirale d’où il est difficile de sortir. Nous nous faisons un devoir, une obligation de nous occuper des autres. On a beau faire, beau dire, c’est un passage obligé, puis arrive bouffée d’oxygène, la perspective des vacances, et curieusement, il y a comme un poids qui se relâche.
Il n’y a plus de doute, c’est ce qu’il faut pour se retrouver, une pause qu’elle soit estivale, hivernale ou automnale. On peut enfin se projeter vers une période, courte c’est vrai, mais indispensable où on ne sera pas à courir après le temps. Et oui, c’est décidé, à un jour des vacances de Toussaint, je lève le pied, facile allez-vous dire, ayant atteint tous mes objectifs côté travail. C’est vrai, mais j’ai tout fait pour. Mon travail est déjà prêt pour Novembre, et je savoure l’idée de pouvoir me plonger dans bon nombre de romans que j’ai acheté ce mois-ci en numérique. Ma Kobo sous le bras, je vais pouvoir décompresser au calme, respirer l’air marin puisque je vais faire un saut en Normandie, et si le temps fait des caprices, me replonger dans les mots.
Tenter surtout de retrouver mon énergie. Malgré la fatigue, je me sens plus sereine, à la perspective de me mettre en mode pause et de ne penser juste qu’à moi, serait-ce l’effet placebo ? Même si c’est le cas, je savoure sans modération cette perspective de vacances.

 

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