( 13 juin, 2018 )

Comment reconstruire une confiance ébréchée ?

Certaines personnes ne méritent pas que l’on s’arrête de nouveau sur eux, en particulier ceux à qui on lance des bouteilles à la la mer ou à qui on offre une deuxième chance. Reconstruire une confiance fissurée est donc impossible ?

Jeune, je vous aurais dit que oui. J’étais intolérante parce que j’étais jeune. J’avais tendance à penser que les autres fonctionnaient comme moi, honnêtement, directement, sans faire semblant, en clair, qu’il n’y avait pas besoin de mots pour se comprendre. La vie m’a fait tomber dans le milieu redoutable des adultes où rien n’est clair, où la confiance peut-être mise à l’épreuve, parfois brisée, parfois même effacée.

Seulement, le recul m’a montrée que l’on ne se fait pas poignarder (sauf par des fous) par hasard. Il y a des signes que l’on refuse de voir, des phrases que l’on n’a pas voulu entendre qui nous ont conduit à ouvrir une brèche de vulnérabilité qui pouvant laisser des traces, seulement rien n’est figé. On peut toujours tout reconstruire, mais il faut être deux pour le vouloir sinon toute tentative sera inutile. Certaines personnes restent des années sans pouvoir avancer, et même un geste vers eux sera inutile ou sera interprété comme une agression, alors qu’on voulait juste offrir une seconde chance.

Se reconstruire, c’est d’abord reconnaître ses fautes. On peut ne pas avoir tout compris « avant », on peut avoir fait du mal sans le vouloir, par contre en avoir fait volontairement, c’est mal. Il faut donc accepter d’avoir mal agi et s’excuser. On peut parfois agir mal parce que l’on aime trop.

Ensuite, il ne faut rien attendre de l’autre. On peut lancer une bouteille à la mer, vouloir à tout prix se réconcilier, mais si l’autre est passé à autre chose, rien ne peut y faire. Bien sûr, il faut s’excuser sincèrement, de toute son âme. Je pense à une ancienne amie qui ne cesse de revenir en s’excusant et qui recommence deux jours après, on n’y croit plus ! Je ne peux plus lui faire confiance.

Ce n’est pas pour cela que je lui en veux, car la rancune est un sentiment naturel, qui a pour défaut principal de mettre des chaînes qui entravent. L’homme par principe ne veut pas revenir sur ses idées, sur ses jugements, parce que cela voudrait dire qu’il s’est trompé.

Je connais des personnes qui ont construit tout un scénario qui ne repose sur rien de vrai, mais ils ne peuvent détruire leurs convictions, sinon cela voudrait dire qu’ils ont fait dès le départ une erreur, grave, et pour eux, c’est insoutenable.

Reconstruire la confiance, c’est déjà laisser le temps au temps, ne pas se précipiter, effacer la douleur, se souvenir de ces moments où la confiance existait, et surtout ne pas imposer une norme de confiance. Chaque individu est unique, c’est ce qui fait que chaque confiance l’est aussi.

 

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( 13 juin, 2018 )

Ceux que l’on ne peut sauver.

L’homme a cette fichue manie de penser pouvoir sauver tout le monde. Une façon peut-être de se croire plus fort que les autres, un moyen inconscient de se comparer à Dieu. Seulement, chaque personne a sa propre expérience à faire, et même si cela peut sembler étrange à une autre, cette expérience est nécessaire, s’inscrivant dans un choix qui n’appartient qu’à la dite personne. C’est là où trop souvent le mat blesse. Tels des chevaliers en armure, certains vont tout faire pour sauver l’autre. Le geste est certainement empli de bienveillance, mais est-ce pour autant ce que veut l’autre ?

J’ai tendance à dire que ces personnes brandissent le drapeau du sauveur. On en connaît tous, ils sont souvent centrés sur leurs blessures d’enfance ou d’adolescence, ils se mêlent de tout, interprètent tout, et ne supportent pas l’échec, car un sauveur ne peut pas échouer. J’en ai croisé plusieurs dans ma vie de ces individus qui veulent tant interférer sur nos vies que cela donne la nausée, à tel point que l’on ne sait plus si nous sommes reconnus comme une personne ou comme une cause à mener.

Le pire, pour l’avoir vécu, ce sont ceux qui vont attendre un merci, alors que leurs actes nous ont pourri la vie. Leur en vouloir ? Ils reçoivent inéluctablement un retour de bâton, et même si notre empathie nous pousse à rester amical, le coeur n’y est plus, et on s’éloigne de plus en plus, parce que nous, nous ne sommes pas là pour combler ces fissures de l’âme. Il y a des thérapeutes pour cela.

Personnellement, j’ai appris à me préserver de ces vampires de vie, j’ai appris à ne plus les inviter dans mon cocon même s’ils me font de la peine même si je sens leurs besoins de vouloir aider pour ne pas se perdre. J’ai surtout appris à l’inverse, que quoique l’on fasse, ces personnes, elles, ne changeront pas, et qu’on ne pourra pas les sauver de leurs souffrances. Alors plutôt que de les voir bousiller nos vies, pour une fois, soyons égoïstes, et gardons nos secrets pour ceux qui écoutent simplement sans chercher à vouloir nous sauver.

 

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( 13 juin, 2018 )

Cette attirance, cette évidence …

Certaines rencontres sont des évidences comme si un marione leur avait donné vie .  . Instant poétique et magique …

Ah cette attirance ! Tout le monde parle, que l’on ait sept ans ou soixante-dix sept, elle défie le temps. On voudrait y croire encore un peu, parce que c’est tellement bon de se sentir vivant. Ce seront ces regards qui ne trompent pas, qui se frôlent, attrapés au vol, ce désir sans un mot, sans un bruit,  sauf celui du coeur qui bat un peu plus vite.

Cette évidence, c’est cette impression que c’est Lui, cet autre qui nous ressemble, que l’on déteste un peu pour ça, qui nous déstabilise emportant nos convictions, qui nous attire sans le vouloir, que l’on va feindre d’ignorer pour notre tranquillité.

Parfois, malheureusement, cette évidence tombe mal, au mauvais moment. Ce sera elle qui attend un enfant ou s’apprête à signer un nouveau contrat, lui qui n’a pas le temps ou a peur de le prendre. Reste juste cette envie de l’autre à chaque rencontre, ce frôlement de mains, le besoin de se fondre. Ce n’est ni une question de physique ni  de sexe, quoique peut-être, elle lui plait, il la trouve belle, elle est sous son charme, ils savent, mais ne disent rien, car les mots gâcheraient tout. Alors sous la plume, les fantasmes se déshabillent, c’est plus facile, les corps se dessinent, la peau glisse sous des doigts imaginaires. Il n’est plus vraiment Lui, il est simplement Homme, elle est Femme dans ses rêves, une obsession, une question qui hante. Et si, et si sans le savoir ils passaient à côté de l’ultime plaisir, et si ces corps enlacés dont la nuit dessine une vérité bien plus grande, et si rien n’était un hasard, et si tout devrait arriver, et si même si cela paraît compliqué, presque impossible, ils pourraient une dernière fois conjuguer le verbe aimer, et si cette évidence ne devait pas être évitée ?

Alors comment faire pour que cet amour ne puisse pas totalement les consumer ?

 

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( 12 juin, 2018 )

La perfection, ce concept qui enchaîne.

 

Triste réalité le jour où on découvre que le père Noël n’existe pas, que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, que certains rêves se casseront inéluctablement la figure. Triste réalité que ces chaînes que va nous imposer la perfection.

Qualité parfois, entraves souvent, la perfection fait partie de notre vie.

Nous la rencontrons dès le plus jeune âge à l’école, où l’enfant se doit de rentrer dans le moule, pour être « parfaitement » bien pensant. Dans le milieu pro, ce sera pareil, nous devons produire un travail parfait, sans défaut. Quant à la vie privée, nous prenons l’étiquette de mère parfaite, femme parfaite, épouse parfaite, amie parfaite …

Voilà comment certains vont traquer chez les autres la moindre imperfection, noter le plus petit retard, la dissonance dans l’habillement, le kilo qui s’est posé sur les hanches. La perfection est l’atteinte de l’inaccessible, en fait on se heurte à l’impossible, au non réalisable. J’en viens souvent à penser que la perfection n’est qu’un leurre instauré par les hommes pour nous interdire de croire en nos rêves. Il faut donc casser les idées reçues. Nous avons le droit de tendre vers le meilleur, de dessiner des rêves irréalisables, peu importe, nous avons le droit de faire des erreurs, de tomber, de nous relever, nous avons tous ces droits car nous sommes totalement imparfaits. Mais peut-être est-ce cela la perfection ? Le savoir, l’accepter, et surtout sourire aux bêtises des autres, car au fond, qui sommes-nous pour juger ?

( 11 juin, 2018 )

L’érotisme à la télévision.

 

« Regarde Sense 8 saison 2, on parle de la reproduction à la fin de la saison  ». Intriguée, et ayant déjà visionné sur Netflix les deux saisons, je jette un coup d’œil et remarque qu’il vient de sortir un second final. Par curiosité, je ma lance. J’avais beaucoup aimé l’originalité de cette série, ce don sensitif qui reliait ces groupes. Effectivement, la série se termine par une scène très longue de plus de dix minutes … bien éloignée de ce que j’avais imagé ! J’étais en train de regarder une partouze très érotiquement tournée, mais bien une partouze !

J’aime l’érotisme, j’aime écrire des scènes d’amour, j’aime en vivre, et là le spectacle était joli, mais un enfant de dix ans peut-il comprendre un tel spectacle ? Je rappelle que les séries de Netflix peuvent être visionnées sans autorisation si les adultes ont souscrit à un abonnement.

La scène était belle, bien tournée, respirant l’amour, mais y a-t-il beaucoup de partouzes qui respirent l’amour ?

Cette série fantastique où ces sensitifs ressentent les émotions des autres, l’orgasme ultime ressenti par tous, c’est magique, mais cela reste un film …

Autant ceux qui pointent l’érotisme du doigt comme un péché mortel me font rire, autant ces parents qui laissent leurs gamins seuls devant de telles séries, je fais la grimace. Mais peut-être ne suis-je plus de ce siècle ?

 

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( 11 juin, 2018 )

L’espoir

 

Même la plus grande barrière n’est pas infranchissable si on garde cette petite flamme qui se nomme l’espoir. Je suis une idéaliste, je l’ai toujours été, qui préfère construire des châteaux en guimauve plutôt que de bâtir des murs en pierre. Je fais pousser des fleurs et dessine des rêves plutôt qu’acheter des armes. Je pleure sur l’incompréhension de mes ennemis plutôt que d’aller les affronter. J’ai passé l’âge de changer. Et puis, je n’ai nul envie de me fondre dans le moule d’une société où celui qui hurle le plus fort ou celui qui sort les plus gros billets va gagner.

Je crois toujours que l’on peut atteindre le meilleur même si on met du temps, même si on passe par des chemins détournés. Si on donne sans rien attendre, rien de mal peut nous arriver, sauf si on tombe sur des fous, et malheureusement il y en a dans cette société où les limites n’existent plus.

L’espoir, c’est s’autoriser à donner du sens même à une situation absurde, c’est se dire qu’une fois la douleur passée, il restera toujours quelque chose de bien, c’est surtout affronter la tempête en sachant que derrière il y aura des jours meilleurs.

L’espoir, c’est toi qui me lis, toi qui m’entends, toi enfin qui peut-être comprends

 

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( 10 juin, 2018 )

Nos actes nous définissent.

Société « paraître », société « image », société où nos actes nous définissent. Pire que des insectes, nous sommes regardés à la loupe, jugés, la moindre de nos pensées est décortiquée.

Seulement, parfois des belles paroles nous emportent dans un rêve, nous font croire dans un avenir ou simplement dans un lien possible, puis à côté, il y a les actes, ceux qui sont en dissonance. Serait-ce parce que la parole engage plus ?

Avez-vous déjà constaté comme un « je t’aime » écrit par une amie ou un amoureux se trouve simplement être un mot, tandis qu’un « je t’aime » murmuré au coin de l’oreille prend tout son sens. Dire « je t’aime » sans ressentir l’intensité de l’émotion est grave, et surtout n’est pas sans conséquence.

En fait, j’ai envie de dire que ces « je t’aime », ces mots chuchotés, sont actes.

Certaines personnes ne croient ni dans le repentir ni dans les regrets. J’y crois, moi, car même s’il est difficile d’effacer les erreurs du passé qui souvent viennent parfois nous hanter, l’homme reste une personne qui n’abandonne pas, qui se lance dans une bataille, qui ne s’arrêtera jamais. Je pense qu’un seul geste, innocent, dénué d’intérêt, offre bien plus qu’une simple parole dite par obligation, par politesse. Cette caresse du bout des doigts déposée au milieu du silence, ce sourire gêné d’en dire autant, ces actes si purs qu’ils laissent des traces à jamais, même si d’autres peut-être les jugeront parce qu’ils ne comprendront pas, sont l’essence de nos vies. Ce qui peut sembler facile pour une personne sera très difficile pour une autre, mais cela n’empêche pas d’essayer quitte à ce qu’effectivement au final, nos actes nous définissent.

 

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( 9 juin, 2018 )

Pourquoi est-ce si difficile d’être entendus ?

 

Une fois encore, je le redis, les maladies thyroïdiennes sont complexes. Déjà certains diagnostics peuvent prêter à confusion, induire en erreur, laisser à penser que … et puis, il y a la pensée commune, et celle-ci n’est pas simple à gérer. « Tu as une maladie auto-immune ? Ben, on dirait pas ! » Les mots qui tuent, parce qu’à l’intérieur, et bien, ce n’est pas top, parce que la fatigue, on la porte à bout de bras, parce que surtout toute notre vie n’est plus comme avant. Certes, au bout de quelques années de cohabitation avec cette maladie, on s’y habitue, simplement parce que l’on n’a pas d’autres choix. Personne ne vit dans notre corps, donc nul ne sait comme c’est dur ces changements de température, ces crises qui débarquent sans prévenir, cette incertitude, à savoir, demain, serons-nous en forme ?

Longtemps, j’ai fermé ma bouche, interdisant aux mots douloureux de sortir. J’étais prisonnière de mes propres émotions, et la thyroïde, centre de l’équilibre émotionnel, en a pris un coup.

Aujourd’hui, je parle, je lève le poing aux côtés de mes soeurs et frères d’armes papillon. Être reconnus, c’est offrir aux papillons la possibilité de s’envoler, c’est donner une oreille qui trop souvent reste fermée. On écoute, mais on n’entend pas ce que l’on a à dire.

J’ai envie d’être entendue. Oui, j’ai travaillé depuis plus de quatre ans parfois épuisée, avec une tension due à cette maladie qui a explosé les normes, qui m’a mise à terre, où j’ai failli y rester. Mais je me suis relevée, j’ai refusé la fatalité, j’ai crié à l’aide, on m’a répondue. Aujourd’hui, je hurle pour les autres.

Peu importe les différents combats, l’union fait la force, et c’est tous ensemble que l’on réussira à faire un pas. Bientôt le recueil pour continuer

 

ensemble le combat ! Et qui sait ? Peut-être serons-nous enfin entendu…

 

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( 9 juin, 2018 )

Et puis un jour …

 

Et puis un jour, on se réveille, on ouvre la fenêtre, et on éclate de rire. La vie est belle. Des claques, on en a reçues, des larmes, on en a versées, mais curieusement tout finit toujours par s’oublier, peut-être pas totalement, mais au moins la souffrance n’existe plus. On se souvient avoir eu mal, on se souvient aussi que l’on nous a fait mal, mais plus rien n’a d’importance.

Et puis un jour, on se rend compte que l’on a complètement tourné la page. Les souvenirs qui restent sont tels des nuages qui défilent. Parfois, on en attrape un, juste pour se faire du bien, un bon, évidemment. On se rappelle l’intensité, l’évidence, ce qui fut si bien. On tourne le dos à la réalité, aux questions sans réponse.

Et puis un jour, on n’y pense plus, non que l’autre ait totalement disparu, de nos mémoires usées. Simplement, le temps a passé. La vie a continué. D’autres mains, nous avons serrées, d’autres doigts attrapés.

Et puis un jour, même ton visage s’est effacé …

Alors ce jour-là, on ouvre grand la fenêtre, et on rit, on rit, à gorge déployée, on rit de ce que fut notre naïveté.

Ouvrez grandes vos fenêtres, c’est le secret de votre liberté.

 

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( 8 juin, 2018 )

Je rêve d’écrire mon propre livre.

 

C’était il y a déjà plus de cinq ans, à peine croyable en fait. J’en rêvais sans en rêver, certaine que c’était du domaine de l’impossible, moi qui pensais que rien ne l’était.

J’ai tellement écrit dans ma vie, de citations sur des bouts de papier, des pages de phrases, des journaux, des idées. J’en ai rempli des lettres aussi bien de vie que d’amour, un peu comme si c’était une manière de stopper l’instant, en regardant cette encre séchée. Et puis, avec la magie des technologies, je me suis hasardée à écrire sur un Ipad, divine révélation. Les mots ont jailli telle une fontaine, remplissant mes pensées tout autant que ma vie.

Un jour, mon premier livre est sorti, suivi de tellement d’autres, que je ne compte plus les volumes rangés dans ma bibliothèque. Merveilleuse sensation que de tenir « son » livre entre ses mains !

À quand le best-seller allez-vous me dire, j’y travaille, même si je sais, là encore, que le possible est bien minime. Ce milieu préfère les hommes écrivains. Serait-ce simplement une histoire de transfert ou de fantasmes ? En tous les cas, je rêve de mon futur roman, mais pas qu’un rêve, vous le savez bien !

 

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