( 24 janvier, 2016 )

La douleur d’être encore là

Régulièrement, je reparle de nos anciens, de ma maman en institut qui ne cesse de me demander dans ses moments de lucidité pourquoi elle n’arrive pas à se tuer vu le nombre de chutes qu’elle fait chaque mois, chutes que je pense de plus en plus volontaires. J’ai dû le cœur serré lui expliquer qu’elle allait se faire mal et non s’envoler vers les étoiles. Douleur ces moments où on sait qu’elle a raison, que sa vie n’a plus ni sens, ni utilité et que pour elle, elle pèse si lourd qu’elle n’a plus d’autres choix que de subir. Lourdeur pour moi partagée entre ce lien affectif qui me fait vouloir la garder encore et la tristesse de la voir sombrer dans une démence dont elle a conscience. Indignation, une fois encore contre cette société qui ne fait rien pour nos vieux, qui leur prolonge la vie mais à quel prix ? Colère envers les dogmes, les religions qui imposent ce choix, vivre jusqu’au bout, même en souffrant, même en n’étant plus personne.
Amusement, car il faut toujours finir par du positif. Sa dernière fixation, elle devient la nuit un animal comme nous tous. Et de me dire, vu mon incrédulité et mon regard stupéfait : « ma pauvre fille, tu es bien fatiguée ! » Ben oui, je n’ai pas souvenir, moi, de me transformer en un animal, la nuit …
Cette nuit, peut-être ? :)

( 23 janvier, 2016 )

Le chemin des rêves

C’est dangereux de rêver car cela peut faire mal. ( entendu par un enfant en cour de récréation ). Stupéfaction que je garde bien cachée. Pourtant une petite étincelle en moi me pousse à m’interroger. Est-ce si dangereux de rêver ? J’ai passé ma vie à surfer sur des rêves, à m’y accrocher même lorsque le monde s’effondrait autour de moi. J’ai rêvé de pouvoir offrir une chance à chaque bambin que j’aurais dans mes classes, cassant les barrières rigides de l’éducation nationale où trônent les diplômés. Je me suis fait une petite place et ai distribué un peu de rêve au milieu des apprentissages. Je ne peux que repenser à ce dimanche au Zénith où j’avais emmené ma classe voir JJG et les enfoirés. Ce fut magique …
Il me semble important de se laisser glisser par vagues sur ce sentier dangereux. Dessiner une étoile puis cliquer dessus pour rejoindre ses rêves. J’ai lu cela dernièrement. Si vrai … Rêver, c’est s’autoriser à croire en l’impossible, c’est aller encore plus loin.
À quelques jours de la sortie de NOIR, je n’ai aucun regret, certains de mes rêves ne se sont pas réalisés mais celui d’être lue, le fut ! Il faut aller jusqu’au bout, s’accrocher et surtout ne jamais renoncer … Parce que même si un rêve peut faire mal en ne se réalisant pas, le vivre n’a pas de nom …
Afin que vivent vos rêves mes amis, rêvez, rêvons …

( 22 janvier, 2016 )

Le monde des livres, toujours plus de romans, plus de chiffres .

Je lis régulièrement des remarques acides sur la profusion de livres qui sortent régulièrement. Pourquoi une telle virulence ? J’aime les livres depuis toujours, je les adore, ils sont ma vie. Je ne peux qu’applaudir tous ces romans publiés en auto-édition ou dans des éditions classiques. Je suis une addict des mots et ayant la chance de lire relativement vite, je ne peux que me réjouir de voir tant de titres alléchants, romans policiers ou romances sont mes préférés. Alors, je m’en moque complètement des dessous des grosses éditions, moi, je clame qu’il faut laisser l’encre couler, les personnes vider leurs tripes sur des feuilles de papier. Lire jusqu’à en avoir mal aux yeux reste le mal le moins grave de notre société en décadence. Le lecteur préserve encore au sein de ses écrits, de son passé des petits bijoux comme Zola ou Hugo dont heureusement, nous ne sommes pas encore lassés. Laissons juste une petite chance aux nouveautés ! Et ce n’est pas parce qu’elles ne furent pas pistonnées par les médias qu’elles ne seront pas inoubliables. Certains romans mis en avant, dans un style parfois même vulgaire me hérissent. Être vendables n’autorisent pas tout ! Surtout, mes chers lecteurs, si vous me sentez un jour dériver, si ma barque chavire vers ce type de publication, osez me le dire ! Je ne suis pas à vendre ! Mes livres sont juste destinés à procurer du bonheur et non du chiffre. Je ne veux pas devenir comme certaines …
Quant à mon petit plaisir, continuer à lire car des merveilles restent cachées qui ne demandent qu’à être savourées …

( 21 janvier, 2016 )

Aller jusqu’au bout.

La route est souvent difficile pleine d’embûches. Les choses n’arrivent pas à cause de nous mais parce qu’elles devaient simplement arriver. L’homme s’octroie souvent une trop grande importance comme si du moindre de ses actes dépendait le sort de l’humanité. Je n’y crois pas, je n’y ai jamais cru. Nous ne sommes qu’une poussière sur le firmament de l’humanité, presque rien. Nos routes croisent, entrecroisent, bousculent d’autres routes, bouleversant parfois notre vie, celles des autres, parfois aussi sans le moindre impact. La seule chose importante reste nos rêves, les projets que l’on modèle telle de l’argile, que l’on façonne avec notre imagination, parce que c’est important pour nous. Ces rêves, nous ne devons pas les lâcher. Parfois, des événements nous obligeront à indirectement les abandonner. Il ne tient qu’à nous de ne pas les oublier complètement en les gardant cachés bien au chaud dans notre mémoire. Parce que cette petite étoile magique qui nous différencie de notre voisin c’est justement cette capacité unique à rêver, imaginer, créer, façonner des rêves pour finaliser les réaliser et les vivre.

( 20 janvier, 2016 )

Passer à autre chose

Tourner la page à un travail contraignant, un projet auquel on croyait ou bien un amour, le processus reste identique et souvent se retrouve confronter avec le besoin de comprendre. Pourtant, on doit continuer à avancer même si des éléments nous échappent. On n’aura jamais réponse à tout, mais on doit trouver un sens acceptable à ce que nous avons vécu. Il n’est pas nécessaire de tout comprendre mais pour dépasser quelque chose d’insensé ou de douloureux, mettre des mots s’avère un soulagement.
Plus vite, nous passons à autre chose, plus vite notre corps restera solide.
Une déception quelle qu’elle soit est comme un miroir brisé dans lequel il ne sert à rien de se regarder car on n’y verra que le reflet de notre propre échec. Ce job pour lequel nous avons consacré une partie de notre vie et que nous avons dû quitter, cet homme pour lequel nous nous serions damnés, cet avenir que nous avions peint en couleur et qui n’est que noirceur. Souvent, nous nous sentons coupables pendant que « l’autre » s’en est bien sorti, patron despotique ou amant au passé tortueux ayant construit autour de lui un mur d’indifférence.
Nous, plus sensibles, plus emphatiques, continuons à nous poser mille questions, à osciller entre colère et dégoût, parfum d’échec, voire de vide. L’homme est ainsi s’accrochant à un vécu même destructeur. Tourner la page est nécessaire voire indispensable et pour cela il me semble important de reconnaître sa propre douleur sans se soucier des autres. Se dire : tu m’as fait mal mais c’est bien fini. Je refuse que tu continues, je refuse de recommencer, j’ai tout essayé et tu n’as pas voulu.
Ne pas nier son identité que ce soit dans la perte d’un travail ou une relation affective. Se définir, se redécouvrir. Ne pas non plus se jeter dans des projets illusoires compensatoires qui au final seront de nouveau source de déception. Redevenir soi, ce « moi profond ». Sortir surtout de la spirale de l’échec. Ce n’est pas de notre faute si le projet a échoué. D’autres paramètres ne furent pas maîtrisés. Maintenant, nous savons que nous valons mieux que tout cela. À nous de le prouver !
Briser nos chaînes et passons à autre chose …

( 19 janvier, 2016 )

L’imagination

 » Si ne suis pas moi, qui le sera ? »
Vaste question. Qui peut se prévaloir de créer d’un coup de baguette magique des histoires à l’infini ? Ma route sillonnant le monde de l’édition rencontre de drôles d’énergumènes ces derniers temps. Ceux convaincus, j’en ai déjà soufflé mots d’avoir en un claquement de doigts réalisé un livre ne nécessitant aucune retouche ( bien présomptueux tout de même celui qui pense que seule l’inspiration et l’imagination sont la clé). Viennent ensuite ceux qui n’ont peur de rien, persuadés d’avoir pondu le plus grand livre de tous les temps nécessitant déjà de sortir le tapis rouge. Puis il reste les humbles, petits gribouilleurs qui ont jeté comme moi quelques lignes sur du papier, simplement pour se vider la tête, pour faire plaisir à un ami ou pour s’occuper. Parmi ces êtres dénués d’orgueil, on peut trouver l’histoire qui va nous toucher, nous faire vibrer, sortie du néant pour simplement prendre vie. Des petits bonhommes qui auront osé tremper une plume dans l’encrier afin d’être sur le papier « eux » car personne ne pouvait écrire à leur place, personne n’aurait même eu une étincelle d’imagination. Parce que s’ils n’étaient pas eux, ces gribouilleurs de génie, qui le serait ?

( 18 janvier, 2016 )

Série Résurrection.

Étrange série. Le synopsis : La série porte sur le retour à la vie d’individus décédés. Ces ressuscités n’ont subi aucun dommage corporel consécutif à leur mort.

Cette série est convaincante et à chaque épisode, on a envie de voir la suite. Je déplore juste que la série se termine en queue de poisson. Peut-être une saison 2 ?
Une chose est certaine, elle ne peut laisser insensible, nous incitant à nous poser des questions existentielles : que serions-nous prêts à faire pour revoir nos disparus, ceux qui sont partis trop tôt ? Quel impact un tel revirement sur notre présent ? L’homme retrouvant sa défunte femme ? La maîtresse retournant voir son amant vingt ans plus tard ? Les parents retrouvant leur enfant ? Rien que pour cela, un petit coup d’œil en vaut la peine.

 

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( 17 janvier, 2016 )

On ne se rencontre pas par hasard.

Thème récurrent dans mes livres, le hasard qui pour moi n’en est pas un. On ne se croise pas hasard. Les routes ont de nombreux chemins, de nombreux choix possibles et sur une route, je vais te rencontrer,toi, pour une raison que j’ignore aujourd’hui. Je peux prendre la décision de changer de trottoir ou celle de rester et de croiser mon destin. Ce sera mon choix. On ne quitte pas non plus les gens par hasard. Parfois, la vie impose des pauses, pour se retrouver mieux qu’avant, pour se comprendre ou simplement pour avancer mais ceux que l’on a quittés seront toujours là quelque part à travers la ride au coin de notre bouche qui s’est dessinée, la cicatrice qui s’est refermée, la photo jaunie que l’on conserve malgré l’envie de la jeter.
Les autres nous marquent au fer rouge par de simples moments de bonheur, de larmes, de rires, de mots, nous laissant parfois juste en cadeau d’adieu une étincelle nous permettant de nous réaliser.
( 16 janvier, 2016 )

L’instant présent

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L’entrave des chaînes empêche de savourer le présent. Ces jours-ci, les décès s’enchaînent sur les réseaux sociaux entraînant une nostalgie sans nom. Le monde se retrouve alors coincé entre un besoin primaire de larmoyer et une envie de tourner les talons sans s’arrêter. La mort fait partie de notre réalité. Le jour de notre naissance implique inéluctablement cette vérité : nous allons mourir un jour. Entre les deux ? Savourons le présent parce que ce précieux instant peut nous être retiré à tous moments, respirons les effluves d’amitié et d’amour qui nous entourent …. Vivons …

( 15 janvier, 2016 )

Parce qu’un jour, une porte s’est ouverte.

Parce qu’un jour, une porte s’est ouverte, je t’ai rencontré, toi mon lecteur, toi mon ami, toi qui me suis chaque semaine pas à pas. Parce qu’un jour, tu es apparu, nul ne saura jamais pourquoi, j’ai laissé les mots s’échapper, les mots glisser sous ma plume, timidement au début comme si j’avais peur que toi, lecteur, tu puisses me juger. Et puis, j’ai osé, parler, dire ce qui était important pour beaucoup. Mes romans policiers, mes histoires  ou Hashimoto, mon amour sont nés.
Parce qu’un jour, j’ai laissé ma porte ouverte, tu y es entré, tu t’es imposé dans ma vie et tu m’as tuée, par égoïsme, par méchanceté ou peut-être simplement par orgueil mal placé.
Parce qu’un jour, cette porte ouverte n’était pas complètement claquée, j’ai rebondi sur mes pieds, compris où je m’étais enlisée et suis sortie, seule, de cette boue qui m´engluait.
Parce qu’un jour, une porte s’est ouverte, j’ai été capable enfin d’effacer le tableau noir où trônait le nom de nombreux disparus, j’ai pris une craie de couleur et j’ai juste écrit : Ouvrez vos portes ! Même si cela fait mal, entrez et venez avec moi partager la vie .

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