( 1 avril, 2019 )

Quand les souvenirs ne sont plus …

Nous sommes nos souvenirs. Ils sont « nous ». Ils existent à travers nous. Les souvenirs sont le livre de notre passé. Heureusement ou malheureusement selon les cas, notre mémoire est sélective. Elle ne conserve que ce qu’elle veut garder. En dehors des personnes qui sont dotées d’hypermnésie, chacun d’entre nous sélectionne inconsciemment ce qui est important pour lui. Trop de gens s’imaginent que penser au passé est le revivre. C’est une erreur. On se plonge à un moment T dans les souvenirs simplement parce qu’on ressent les mêmes émotions. Parfois, on se sent porter par des sons, des odeurs. Proust l’a fort bien expliqué avec sa fameuse madeleine. Nous sommes faits de nos souvenirs, la résultante de nos expériences, de nos rêves. Nous marchons avec que nous le voulions ou non. Chaque acte existe par rapport à un vécu passé. Cela ne veut pas dire pour autant que l’on doit s’éterniser sur la porte du passé, nous devons avancer chargés de souvenirs positives, de pensées positives. Et surtout, nous ne devons jamais culpabiliser si nos souvenirs s’envolent … l’important est qu’il nous en reste quelques uns … Les meilleurs !

 

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( 31 mars, 2019 )

Fermer les yeux

Nous passons beaucoup de temps à fermer les yeux, par peur, par commodité, par paresse. C’est ainsi que nous passons à côté de nombreuses choses.

Dernièrement une lectrice me disait avoir fermé les yeux sur l’infidélité de son mari, simplement parce que c’était plus confortable pour elle. Elle savait. Il ne savait pas qu’elle savait. Mais au final, quelle importance ! Ils vivaient dans une pseudo harmonie qui lui convenait. Une autre m’a avoué dernièrement savoir que son fils était gay, mais a préféré ne rien dire, par peur de tout gâcher. J’avais envie de lui demander : gâcher quoi ? Ne serait-ce pas plutôt ouvrir une porte ?

Nous pouvons aussi choisir de fermer les yeux par peur des conséquences. Victimes de viol, d’agression voire d’actes pédophiles, on s’aperçoit de plus en plus que de nombreuses personnes ont préféré fermer les yeux plutôt que de se mouiller.

Et puis, on peut aussi fermer les yeux pour protéger une personne que l’on aime ou une personne que l’on pense fragile.

Peut-être devrions-nous avec plus d’honnêteté regarder la réalité en face pour mieux l’appréhender, et simplement fermer les yeux pour mieux rêver ?

 

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( 30 mars, 2019 )

Les gens authentiques.

 

J’aime les gens authentiques, depuis toujours, peut-être parce qu’ayant eu une éducation dite classique où on ne faisait pas semblant, où on ne mentait pas, où on restait ce que l’on était, je n’ai jamais eu besoin de rentrer dans un moule. Cela n’a pas toujours été facile et j’aime bien raconter mon anecdote sur «  la pause-café ». Lorsque je faisais mes études de puéricultrice, il était de bon ton de faire une pause-café, parcours obligé, très mal perçu en cas de refus. Seulement, à vingt ans, je ne buvais ni café ni thé ni lait. Je me suis rattrapée sur le thé depuis juste une quinzaine d’années, mais ne pas me fondre dans ce rituel ne s’est pas fait sans effort. Je me heurtais à des remarques basiques, celles de personnes qui ne comprenaient pas : «  Prends un café ! Tu vas adorer ! » , ben non, je n’ai jamais aimé. Sur les « limités » : «  Puisque tu ne bois rien, tu vas continuer à travailler au lieu de prendre une pause ». Sur les perplexes : « Comment peux-tu avoir de vie sociale sans café ? » …

Comment dire ? Ne pas boire de sacro saintes boissons chaudes faisait de moi un être asocial ?

Heureusement durant ces années d’études, et bien après, j’ai croisé des personnes authentiques qui ne s’émouvaient pas de mon abstinence ! Pas de café, pas de thé, pas de tabac, pas d’alcool ! Je rentrais dans une case « hors norme », la bête bizarre qui fonctionne à l’envers. J’aurais pu céder à cette pression sociale, je m’y suis toujours refusée ! J’aime les gens authentiques, vrais, et j’assume pleinement ce point d’originalité qui fait que je ne suis pas comme tout le monde ! Et au final, j’ai savouré au cours de ma vie, des « pauses-café » où les blagues fusaient, où la bonne humeur régnait, avec ou sans café !

PS: Depuis quinze ans, je me suis mise au thé … mais toujours pas d’alcool, de drogue, de tabac … ou de café ! :) :)

 

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( 29 mars, 2019 )

Les douleurs psychosomatiques

On parle de plus en plus de l’impact psychologique des événements sur le corps.

Qui n’a pas vécu lors d’un examen, un entretien, un rendez-vous, cette sensation d’angoisse où l’on se met à transpirer, où le ventre se tord, où la panique nous submerge. C’est un peu comme si notre corps parlait à notre place en disant « stop », « arrête », « laisse-moi ! ». Le mal de dos, même s’il peut-être mécanique suite à une chute ou un accident, se révèle souvent avec l’âge à connotation psychosomatique, le fameux « en avoir plein le dos ». Regardez dans les transports en commun le nombre de personnes qui se tiennent la tête ou le bas des reins, épuisées de leur semaine de travail. L’absence de sommeil peut également engendrer des douleurs, voire des troubles de l’organisme.

 

Les douleurs psychologiques sont trop souvent prises à la légère, alors qu’elles peuvent par effet rebondissant provoquer de vrais symptômes et il ne faut surtout pas croire que ces douleurs ne sont pas réelles. Elles le sont et  ont au final la même finalité, pouvant être tout autant mortelles . Que ce soient les troubles cardiaques, les maux de ventre, le résultat sera identique. La personne souffre. Ce n’est pas qu’imaginaire. La douleur est bien réelle.

 

De nombreux malades se tournent de nos jours vers les médecines douces, ne trouvant pas de solution dans la médecine traditionnelle où trop souvent les médicaments ne sont qu’un pansement. Soigner le corps et l’esprit devrait être une obligation. Quand on voit le nombre de cancers, de dysfonctionnements endocriniens, de problèmes cardiaques, maladies de peau déclenchés suite à un deuil, une séparation, un traumatisme, une agression. Ce n’est pas une raison de dire au malade, « c’est dans la tête », cela ne soulagera pas leurs douleurs. Accompagner positivement les maladies psychosomatiques n’implique pas de les dénaturer, car une fois la maladie installée, au final, peu importe son origine, l’important est de la soigner le mieux possible.

J’ai juste envie de dire : laissons vivre les personnes en paix !

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( 28 mars, 2019 )

Prendre des années, c’est accepter le changement.

Il faut l’accepter, un jour on n’a plus vingt ans et ce n’est pas dramatique. Pour certains, on rentre dans la catégorie des « vieux », mais une fois encore l’âge n’est qu’un concept ! Preuve en est une mamie de quatre-vingt-dix ans qui me disait dernièrement que j’étais toute jeune.

Seulement on a beau dire, le temps, lui,  laisse des traces, différentes selon les individus, mais bien réelles sur notre corps ou notre visage. Les cheveux qui perdent leur couleur, les rides qui se dessinent, la calvitie qui pointe son nez. C’est une réalité ! Hormis ceux qui passent par le bistouri ou le lifting, à l’arrivée de la cinquantaine, on ne peut vraiment cacher son âge. L’acceptation est le premier pas. Seulement, pas si simple lorsque les autres nous enfoncent la tête sous l’eau : «  Tu as vu ta tête ! Tu as pris vingt ans ! » «  T’as plus un cheveux sur la boule, ça craint ! » « Tu as vu comme tu as grossi ! » C’est vrai que la cinquantaine ne fait pas de cadeaux surtout si on l’a vécue au milieu d’un champ de bataille.

Ces mots qui tuent peuvent faire beaucoup de mal. Il faut juste ne pas les laisser nous atteindre. Accepter son propre changement, c’est aussi accepter celui de ceux que nous aimons, aussi bien physiquement que psychologiquement. Notre conjoint a de plus en plus de mal à entendre, il est bien moins actif, nous ne sommes plus non plus le feu follet d’avant, peu importe. Il faut pour être heureux accepter son propre changement et celui des autres.

 

Le changement n’est pas négatif. C’est juste un passage obligé afin que les cheveux blancs deviennent juste source d’épanouissement. Les années sont aussi bonne conseillère et nous évitent de tomber dans de nouvelles erreurs.

Apprivoiser ses rides, c’est simplement s’offrir une seconde jeunesse, se dessiner de nouveaux espoirs, peut-être moins actifs, mais tout aussi vrais, certainement les derniers, mais qu’importe puisque tout a une fin, alors autant la vivre bien.

 

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( 27 mars, 2019 )

Changer, ce n’est pas impossible.

 

Comme je l’ai souvent expliqué sur ce blog, je crois à la seconde chance, à une possibilité de pardon, simplement parce que pardonner aux autres, c’est s’offrir la possibilité de se pardonner à soi-même. Vieillir, c’est changer. Il faut atteindre la cinquantaine pour vraiment comprendre ce que le mot « vieillir » veut dire, un corps qui commence à faire souffrir, qui nous lâche facilement, une mémoire moins fiable.

On s’aperçoit également que ce qui nous semblait important ne l’est plus. Pour certains, ce sera la jalousie qui va disparaître avec l’âge, d’autres la rancune, d’autres encore la manière de se prendre la tête, la liste est longue. Peut-être est-ce le tic tac de l’horloge du temps qui se rappelle à nous et qui nous incite à ne plus vivre que l’instant présent ?

Changer est possible, mais il faut le vouloir. Jeune, j’étais très rancunière, dans le sens que si on m’avait fait une crasse, je ne pardonnais pas et fermais la porte à double tour définitivement. Avec l’âge, j’ai appris à pardonner, à accepter que les autres puissent avoir perçu une situation avec un autre regard, une autre interprétation. Cela ne veut pas dire que je désire recréer du lien, juste que je visualise positivement une histoire de vie sous un autre angle, m’offrant la possibilité d’être en paix avec moi-même.

Malheureusement, je m’en rends compte régulièrement, certaines personnes ne changeront jamais, ont la rancune tenace et n’auront plus qu’un désir, anéantir l’autre. Comme je les plains ceux qui n’arrivent toujours pas à trouver la lumière et dont le coeur est aussi dur que de la pierre. Au lieu de leur en vouloir, je ressens pour elles beaucoup de peine, car il faut vraiment avoir une vie bien triste pour s’être arrêté à un moment T.

Le changement positif est une chose merveilleuse, et une fois qu’on l’a amorcé, peu importe les obstacles, on se sent tellement soutenu énergiquement que rien ne semble impossible. Après tout, le temps n’est-il pas, comme je l’ai dit dans un précédent article, juste qu’un simple concept, non ?

 

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( 26 mars, 2019 )

Violence gratuite, pourquoi ?

 

Comment une société a-t-elle pu en quelques décennies basculer ainsi dans la violence ? Je me souviens d’un temps, celui de mon enfance où la violence n’existait que pour « les méchants », ceux qui commettaient de vrais crimes, ceux qui commençaient à frapper dans les cités. Inutile de vous dire que nous n’avions pas l’autorisation, ma soeur et moi, de franchir « la ligne rouge ». J’ai traversé ma scolarité dans des classes calmes pourtant bondées, avec parfois à partir du collège, un ou deux énergumènes un peu plus agités que les autres. Mais personne n’osait répondre au professeur, personne n’aurait mis en doute la parole d’un enseignant. Quand je vois un des faits divers déclamer qu’un enseignant s’est pendu à cause de la rumeur de ses collègues, du peu de soutien de sa hiérarchie, et de la haine des parents, j’ai juste envie de dire : mais où va-t-on ? Personne n’a-t-il donc compris qu’un enseignant qui tombe sous le coup des rumeurs emporte toute une profession avec lui ? Les parents, aujourd’hui, victimes des médias s’en donnent à coeur joie dans la délation, soutenus par tous ceux qui sont avides de ragots et de cancans.

Je pleure sur cet enseignant qui n’a pas trouvé d’autres issues que de se donner la mort. Face à l’engrenage judiciaire, face à une hiérarchie, une direction qui l’a laissé tomber, lui, qui pourtant n’avait que de bons rapports, qui était aimé des élèves, s’est retrouvé face à un mur. J’imagine que désabusé, épuisé par ce boulot qui use jusqu’à la moelle, il a préféré disparaître. Honte à ces parents, à ces collègues qui lui ont tourné le dos, à ceux-là même qui ont propagé les rumeurs.

C’est terrible des rumeurs dans le milieu scolaire. Les gens sont si bêtes qu’ils vont se servir de faits déformés, transformés, qui datent parfois de plusieurs années.

J’ai connu cette époque où l’enseignant était respecté, où l’enfant venait avec ses parents à une convocation et prenait une raclée au retour. J’ai connu ce temps où enseigner était un privilège, où les parents applaudissaient notre travail. Aujourd’hui, on trouve dans notre profession, qui reste pour moi une des plus belles du monde, trop de professionnels désabusés conscients que quoiqu’ils fassent, ils ne seront pas respectés pire serviront de boucs émissaires à une société en dérive.

Que l’on se rassure, dès que la loi Blanquer sera votée, tous les enseignants seront muselés avec interdiction de parler. Jules Ferry et sa grande idée d’école libre doit sacrément se retourner dans sa tombe !

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( 26 mars, 2019 )

Le temps n’est qu’un concept.

L’homme par définition est rythmé depuis sa naissance par ce temps qui lui est imposé, celui lié à sa survie, à son sommeil, à sa vie sociale, mais au fond ce temps n’est qu’un concept inventé par l’homme pour lui permettre de vivre «  mieux ». Est-on vraiment certain de ce « mieux » ? Nous nous retrouvons ainsi menottés à des dates qui inconsciemment nous renvoient à des souvenirs douloureux ou joyeux, nous plongeant ainsi, bien malgré nous, dans la peur.

Personnellement même si les mois de Mars et Avril annoncent le printemps, ils sont inéluctablement aussi liés à des souvenirs d’une autre vie, tout comme ce 26 Mars, jour où j’ai appris que mon fils avait un cancer, ce jeudi noir, qui trois ans plus tard s’est transformé en la naissance merveilleuse de mon quatrième enfant. Un peu comme si la balance s’était rééquilibrée à ce moment-là, remplaçant une date maudite par un bien joli souvenir. Quant au 23 Avril, le jour où il s’est envolé vers la lumière, j’attends aussi qu’un évènement s’impose, non pour oublier, car on n’oublie jamais, juste pour vivre mieux cette date.

Vous êtes nombreux à me parler de vos dates, de ce besoin à la fois de les revivre et de les voir se métamorphoser en un papillon qui s’envolerait pour toucher les cimes.

Une chose est sûre, protégez-vous mes amis de ces dates, car certaines personnes n’hésiteront pas à les retourner contre vous, à se servir de ces jours où votre coeur est ailleurs pour mieux vous manipuler ou simplement vous faire du mal. Alors, n’oubliez pas qu’au fond, le temps n’est rien, juste un concept de l’esprit destiné à vous offrir la possibilité d’avancer. Et surtout même un jeudi noir peut cacher un autre où là, des milliers de ballons de bonheur s’élèveront vers le ciel.

En tous les cas, pour moi aujourd’hui ce sera un ballon pour mon fils qui fêtera ses vingt-neuf ans et savoir qu’il est heureux, qu’il a réussi dans la vie, suffit à en faire un merveilleux 26 mars …

 

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( 25 mars, 2019 )

Ce temps qui s’est arrêté, la DCL

Dix ans que tu nous as annoncé, toute souriante, que tu avais la maladie de Parkinson. Ouf , nous avais-tu dit, ce n’est pas Alzheimer. Tu en avais si peur.

Deux ans plus tard, toujours alerte, tu commences à délirer, à voir des chiens noirs à tes côtés, à oublier tes clés, à donner de l’argent aux inconnus. Tu as accepté de passer des tests. La sentence est tombée. À ton Parkinson s’est ajouté la Démence de Corps de Léwy. Mystérieuse maladie dont on ne parlait guère il y a huit ans, et pourtant, c’est la seconde  démence dégénérative. Tu étais contente. Tu n’avais pas Alzheimer. Comme j’aurais voulu te dire, effectivement, que tu y gagnais alors qu’au final tu t’es mis à vivre des hallucinations visuelles récurrentes tellement réelles que tu n‘as plus été capable de différencier la réalité de tes cauchemars. Pour moi, ce fut le début d’une descente aux enfers qui n’est toujours pas terminée, une souffrance terrible de voir celle que tu étais s’effacer.

Seuls ceux qui l’ont vécu peuvent comprendre. Voulant rester indépendante, tu vivais au troisième étage ta petite vie. Seulement ton univers, par moment, se déformait. Tu ne retrouvais plus ton micro-ondes ou ta télécommande, alors tu m’appelais. Enseignante, je ne pouvais me libérer immédiatement, mais il m’est arrivé des dizaines de fois de sauter mon repas du midi pour venir te rassurer. Peu à peu, j’ai fait disparaître tous les risques possibles, le gaz que tu oubliais d’éteindre, les tables pointues sur lesquelles tu tombais. La DLC s’est invitée alors avec plus de fermeté. Tu te perdais dans la rue, tu voulais voler comme un oiseau. Tu passais tes journées à nous envoyer des sos par sms. Lorsque nous arrivions, affolés, tu avais déjà oublié la raison de ta panique. Des aides à domicile furent mises en place, des repas chauds livrés, afin de t’éviter de manger plusieurs fois ou pas du tout.

La différence avec Alzheimer ? Énorme ! Seulement 15% des neurones sont détruits tandis que les autres fonctionnent selon les jours plus ou moins bien. Je souris toujours lorsque je lis certains essais qui s’interrogent sur les causes et concluent : . « Néanmoins, diverses études suggèrent qu’un mode de vie sain (pratique physique régulière, stimulation mentale et alimentation équilibrée) pourrait réduire les risques d’avoir une démence. ». Tu avais une alimentation bio hyper saine, experte en mots croisées et tu lisais  beaucoup, faisais du sport plusieurs fois par semaine et montais à pied ses trois étages plusieurs fois par jour. Alors non, je n’y crois pas !

C’est ainsi qu’après plusieurs années de combat pour garder un semblant d’autonomie, tu as fait une grosse crise de démence où j’ai failli te perdre. J’ai dû me résoudre à te mettre en EHPAD. Tu m’en as voulu de « t’avoir sauvée », mais comment aurais-je pu te laisser mourir sans rien faire ?

Hier, je suis passée te voir. Je passe souvent, je ne reste pas longtemps, car je te perds vite. Ton visage alors se fige comme un masque, et je n’ai plus la clé pour communiquer. Tu as toujours plein de choses à me dire, des choses que tu crois avoir vécues la veille. Aujourd’hui c’était Venise. Certainement parce que la maison médicalisée avait organisé un carnaval. Peu importe, tu étais bien. Je te tiens la main, je t’écoute. Tout le monde ne t’entend pas. Tu parles si doucement. Aujourd’hui tu étais là et c’est bien. Après tout demain sera un autre jour. Tu m’as dit : « Un jour, il faudra que turacontes », oui il un jour …

« Tu reviens demain ? » m’as-tu dit, sans vraiment savoir ce que signifie demain pour toi, alors j’ai juste dit oui et je t’ai embrassée.

Facile comme maladie tu avais dit ? Tu es prisonnière de tes rêves et de tes cauchemars. Pas terrible !

 

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( 24 mars, 2019 )

Les maladies thyroïdiennes

 

Quand je lis certains articles dans les journaux, comme celui du Point qui affirment que les personnes atteintes de la maladie d’Hashimoto devraient toutes être opérées ainsi elles iraient beaucoup mieux après, je m’interroge. On en est encore là, à prôner les avantages du bistouri face à des anticorps qui pourrissent la vie. Serait-ce que les journalistes ne se renseignent pas assez ?

Rappelons donc que chaque personne est unique, que tous les dysfonctionnements thyroïdiens ne peuvent être mis dans le même sac, et qu’une opération n’est jamais bénine quoiqu’en disent ces journalistes !

Alors oui, on opère fréquemment en cas de gros nodules, par sécurité, par prudence, surtout si cette thyroïde appuie sur la trachée par exemple. Dans les autres cas, on évite tout simplement parce que vivre sans thyroïde demande un traitement à vie et des contrôles réguliers, et que même si certaines personnes vivent en oubliant cette ablation totale, d’autres passeront dans des phases régulières de grande fatigue.

La maladie d’Hashimoto, tout comme Basedow, est une affaire d’anticorps qui vont aller à l’attaque de la glande, par vagues, par périodes, sans prévenir. Pourquoi opérer une thyroïde qui se détruit puisqu’au final, on sait tous qu’elle va totalement disparaître avec les années. On peut rarement stopper cette destruction une fois qu’elle est enclenchée. Une opération stopperait-elle la maladie ? Bien évidemment que non puisque c’est une maladie auto-immune. Un endocrinologue m’avait expliqué que dans ce cas, souvent, une autre maladie auto-immune se déclarait. Vrai ou faux, peu importe, chacun étant différent, je pense que ce doit être une possibilité.

 

Vivre avec un dysfonctionnement thyroïdien est de plus en plus courant. Le nombre de cas augmente d’années en années. La génération Tchernobyl ? Les cochonneries que l’on nous balance dans l’alimentation, les produits toxiques, notre monde est rempli de signaux qui brouillent le fonctionnement d’une bonne thyroïde. Je suis effarée de constater le nombre croissant d’enfants ! Avant, naître sans thyroïde était une « différence » dépistée à la naissance. Aujourd’hui, les gamins se retrouvent avec des nodules dès l’âge de huit ans, induisant parfois une forte fatigue. Beaucoup, juste opérés, n’auront pas de traitement, ce qui ne veut pas dire que leur glande fonctionnera à deux cents pour cent. Vous pouvez imaginer une maison dont on a enlevé des tuiles, elle restera bancale et pourra prendre l’eau. Ce sera pareil pour la thyroïde. Par moment, elle fonctionnera au maximum de ses capacités et à d’autres, elle sera ralentie et provoquera des symptômes variés et désagréables comme les difficultés de concentration, les pertes de mémoire, une fatigue intense, une grosse déprime, des problèmes cardiaques.

Alors non, s’il était si simple de tout régler avec un coup de bistouri, tout le monde le ferait ! Une fois encore, malheureusement, rien n’est simple avec ces problèmes de thyroïde et surtout rien n’est jamais vraiment compris ! Commencer par la bienveillance envers les malades serait un bon début !

 

Je rappelle que le recueil Maladies Thyroïdiennes dévoreuses de vie ( qui inclut le recueil qui n’est plus édité Hashimoto, mon amour, est toujours en vente sur tous les sites Fnac, Amazon, Cultura ou peut-être commandé en librairie ou sur le site de la maison d’édition.

 

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