( 6 mars, 2017 )

Trop lire est-il pathologique

C’est vrai que ceux qui me connaissent savent que le plus beau cadeau que l’on puisse me faire reste un livre ou une carte Kobo. Je ne suis pas une femme qui aime le luxe, les bijoux (en dehors des bracelets très discrets), ni les fringues. Un livre est toujours pour moi une vraie bouffée de bonheur et même si ma PAL gonfle de jour en jour, c’est un plaisir sans cesse renouveler de regarder tous ces titres qui m’attendent, un peu comme si ainsi je prolongeais ma vie de quelques mois voire quelques années.
Ma grand-mère était comme moi, et je me souviens encore de ce jour où je l’ai trouvée venant de quitter ce monde, à l’âge honorable de 93 ans, un livre ouvert sur son fauteuil, j’ai pensé avec angoisse qu’elle ne saurait jamais la fin de ce roman, peut-être inconsciemment qu’elle ne vivrait jamais la fin de l’histoire de ma propre vie.
Quelle ne fut donc pas ma stupeur la semaine dernière en entendant une personne vociférer que ceux qui lisent trop sont des êtres psychologiques atteints et que nous devrions nous faire soigner. Navigant sur de nombreux groupes littéraires, je me suis dit avec amusement que j’allais, par ce post, rendre hommage à tous les fous que nous sommes, ceux qui ne peuvent passer une journée sans lire une ligne. Et si pathologie il y a, je préfère conserver ce grain de folie ! Allez, je vous quitte pour plonger dans un nouveau livre, parce qu’effectivement, pas un jour sans un livre !

 

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Merci à Quebec loisirs pour cette citation

( 5 mars, 2017 )

Ces lettres d’hier …

Vivre ensemble, c’est communiquer, échanger des idées, s’amuser à des joutes verbales, jongler avec l’humour.
Je pense souvent à mes tendres années où nous échangions par le biais de lettres écrites au stylo plume, des pages et des pages pleines d’émotions. J’ai souvent la nostalgie de ces missives, de l’émotion que j’avais en les ouvrant anticipant leurs contenus, les petits secrets que l’on se chuchotait. Déjà, à quinze ans, j’aimais voir les mots s’animer, danser, m’emporter vers un monde qui n’était pas le mien, entrainant mes amis dans mon univers. Durant des années j’ai écrit des dizaines de lettres par mois, en recevant tout autant. Aujourdhui, les mails, les SMS ont effacé les lettres, laissant place à des échanges insipides, anonymes, car nous ne savons jamais qui se cache vraiment derrière un mail reçu, sans véritable saveur.
Recevoir une lettre est un des plus beau cadeaux que l’on peut recevoir, le plus bel acte d’amour ou d’amitié que l’on peut offrir. Je suis triste pour ces personnes qui refusent un tel présent, qui vont parfois jusqu’à dénigrer les sentiments de l’autre parce que les mots laissés sont trop durs à entendre.
Nous traversons une époque où la galanterie n’existe plus, où les gens vont droit au but sans prendre de raccourcis, sans se poser de questions. Comme était douce cette époque où les hommes faisaient une cour raffinée, tentant de séduire l’élue par un zeste d’humour, par des échanges d’idées, par une rose offerte. J’ai toujours adoré ces hommes mystérieux dont le silence parlait plus que les mots, utilisant le vouvoiement comme une caresse. Ce temps semble révolu. De nos jours, les relations sont souvent mitigées rythmées par l’ennui ou simplement le sexe.
Ah, où sont les lettres d’antan qui nous faisaient rêver ?
Et si nous osions reprendre la plume pour quelques secondes, pour juste tracer entre les lignes quelques émotions qui ne peuvent être écrites, juste pour toi qui me lis, juste pour que tu saches, ou pas, ce que crie l’écho du silence.

( 4 mars, 2017 )

Guérir d’une souffrance

Le moment le plus difficile lors d’une blessure est celui où on enlève le pansement, celui où on arrache un peu de la plaie, où on refait parfois saigner. Guérir est compliqué, nécessitant un processus long, douloureux. Seulement certaines personnes refusent de guérir, préférant s’installer dans leur rôle de victime, donnant l’impression de refuser inconsciemment  que tout aille bien. La souffrance vient souvent de l’état de manque et guérir reviendrait à effacer ce manque. S’enliser dans une situation narcissique de douleur, revient à refuser d’avancer, de guérir par peur de manquer de ce sentiment de manque, indispensable à l’envie de vivre.
Les vraies souffrances sont celles qui pleurent en silence. Certaines personnes se ridiculisent à ne parler que de leur douleur, à en faire le centre de leur vie, à refuser de vivre au nom de cette douleur. Pleurer à vie un échec, un amour perdu est lâche. Le monde est fait de merveilles qui attendent d’être cueillies. Il y a un temps pour tout, un temps pour pleurer, mais il faut savoir s’arrêter à temps. J’ai croisé dans mon existence des personnes ayant vécu de grandes douleurs, celles qui laissent des cicatrices à vie, et pourtant, elles se battent, elles vivent, elles affrontent leur souffrance en la regardant dans les yeux.
Je les admire et essaie d’être de celles-la.
“Il y a tant d’envie, tant de rêves qui naissent d’une vraie souffrance.”
Jean-Jacques Goldman ; C’est ta chance (1987

( 3 mars, 2017 )

Une bouffée optimiste

Il n’y a pas à dire, trop de personnes font tout le temps la tête, ruminant des idées noires, critiquant à tour de bras, à tel point que cela en devient pénible. Leur toile de vie se peint sans cesse de couleurs sombres, comme si mettre une touche de rouge était sacrilège. Pourquoi notre monde ne se tourne-t-il pas un peu plus vers l’optimisme ? Les personnes dépressives ont triplé en quelques années, faut à la crise, faute à la vie. Je vais en choquer beaucoup, mais c’est trop facile de toujours rejeter la faute sur l’autre, tout comme c’est effectivement plus simple de toujours percevoir le côté négatif, à tel point que pour certains, voir la vie en rose est un signe de stupidité. Alors je dois en tenir une sacré couche en matière de stupidité, moi l’éternelle optimiste ! Pour moi, c’est un véritable art de vivre. Cela ne veut pas dire que ceux qui vivent comme moi ont plus de chance que les autres ou sont dotés de qualités surhumaines. La réalité est tout autre. Nous sommes simplement des personnes qui vivons mieux nos échecs, trouvant des solutions tout simplement, cherchant un sens.
Être positif, ce n’est pas être « con » ou naïf, chose que j’ai trop souvent entendu.
Je fais partie de ces doux rêveurs tant critiqués, de ces ombres qui passent, croisent des vies le coeur plein d’espoir. Emphatique, je pleure avec ceux que j’aime, ressentant leur douleur, je ris de leur humour, je rougis sous leur compliment, je fonds sous leur caresse. La tristesse n’a jamais été mon manteau, malgré les deuils que j’ai portés, malgré mon coeur qui souvent s’est brisé. Je me contente de toujours croire que le monde peut changer, que les événements finiront par aller dans le bon sens, que la vie prendra cette teinte de bonbon rose.
Peu importe au final les claques, les trahisons, les larmes versées, l’important est de parvenir un jour au but, celui que nous cherchons tous, cette plénitude, croisée dans un sourire ou un regard. Je suis une éternelle optimiste et je le revendique.
J’ai des moments de doute comme vous tous, mais ils sont courts, et je rebondis toujours, parce que je suis convaincue que le meilleur reste toujours à vivre, que nous sommes les seuls responsables de notre vie, de notre bonheur. Je n’ai donc aucune difficulté à pardonner, car même si l’autre m’a fait du mal, je l’ai inconsciemment autorisé à m’infliger cette blessure. Être optimiste, c’est être conscient que nous sommes responsables de nos choix, que nous avons failli, fait des erreurs, que nous regrettons, mais que nous avons toujours une seconde chance qui peut nous être offerte. Bien sûr, trop de positivisme laisse une faille, celle d’être déçue, mais évitons d’y penser. Alors, vous qui peignez la vie en noir et blanc, mettez un peu de couleur, entrebâillez une porte, laissez le soleil entrer. L’optimisme rend heureux et fait du bien ! Savourez le printemps qui arrive, souriez à la vie, ne regardez que les jolies choses, pensez à ceux qui vous ont fait tambouriner le coeur, à ce banc sur lequel à une époque vous discutiez, le bonheur au bout des lèvres, à ces sourires échangés.
En clair, vivez tout simplement, et cessez de pleurnicher, la vie est ce que vous en faites.

« L’instant qui sépare la pensée de l’acte, cinq secondes, peut-être moins, moment impalpable et pourtant crucial, celui où tout va se jouer, où l’avenir va se nouer, celui où demain sera différent. Ce laps de temps, telle une plume, si légère que l’on ne s’y arrête pas, ces secondes qui existent pourtant ineffaçables, quelques secondes que j’ai ratées, cinq secondes que je veux retrouver. »
« 5 Secondes » 2017

( 2 mars, 2017 )

Ma passion pour l’écriture

Lorsque j’ai commencé à écrire, je me suis mise à rêver que j’avais une petite chance de devenir écrivain, que ce milieu me tendait les bras, que j’allais me réaliser au travers des mots. Seulement, je me suis heurtée à une autre réalité, un univers impitoyable, où règne le monopole de l’argent, les magouilles lors des prix littéraires, les guerres ouvertes entre maisons d’édition voire chroniqueurs / éditions. J’ai plongé dans la valse des romans pour oublier justement la violence au coin de la rue, celle qui existe, et je me suis fait happer par une autre forme non moins agressive, tout aussi pernicieuse, m’enlevant l’envie de produire.
Plusieurs mois que je n’ai pas écrit en dehors de ce blog, pas faute d’essayer, mais le goût n’y était plus. Je n’ai pas le syndrome de la page blanche, au contraire, mes carnets sont noirs d’idées, mais je me sens de plus en plus ligotée dans un moule qui n’est pas le mien.
Lorsque j’ai publié Rouge, ce fut un pur hasard. Je n’y avais même jamais pensé. J’ai juste eu besoin de caricaturer des scènes afin de les diaboliser, me permettant d’une certaine manière d’avancer. Ce fut un acte de pur égoïsme. Ensuite, je me suis prise au jeu, des mots, des phrases, des intrigues, et j’ai adoré cela.
J’ai fait des rencontres extraordinaires dans le milieu de l’auto édition, des personnes saines, toujours là pour moi. Le plongeon dans l’édition classique, depuis deux ans, fut moins agréable, siège de jalousies, de querelles dignes de cour de récréation. Je ne rencontrais plus de critiques constructives, juste des attaques qui au final ne m’étais pas destinées, n’étant qu’un simple pion dans une maison d’édition, rien de plus.
J’ai envie de retrouver ma passion, de pouvoir de nouveau sortir ma tablette pour écrire, sans cette peur qui m »empêche d’agir. Je sais que je ne serai jamais un t croire le contraire. M’accrochant à cette idée, j’y ai perdu un peu de moi. Aujourdhui, je connais mes propres limites. Je ne suis pas faite pour ce monde, je ne m’y sens pas à mon aise, sauf si je croise la route d’un grand éditeur, un de ceux qui n’a nul besoin de s’attarder sur les histoires de bas étage, un de ceux qui mettrait mes romans en avant, qui ne ferait pas de promesses, mais qui agirait.
Je ne sais pas si ce spécimen rare existe, je ne le cherche plus. Si nos routes doivent se croiser, cela se fera.
En tous les cas, je sais juste une chose, mon prochain manuscrit sera le fruit des mes entrailles, et peu importe qu’il voit ou non le jour, je sais que cet été l’encre coulera à flots.

( 1 mars, 2017 )

L’homme idéal

Lorsque je lis certains articles ou posts, cette recherche de l’homme idéal frise parfois l’absurdité, comme si un idéal pouvait exister dans la réalité. La recherche effrénée du prince charmant est entretenue par les contes lus aux petites filles dès le plus jeune âge. Cet homme se présente comme parfait en tous points, le héros, amoureux, toujours prévenant. Inutile de faire de la psychologie à deux balles, cet homme idéal se doit de se rapprocher le plus possible de l’image du père. Ce désir que l’on retrouve dans des romans comme After, Driven, que lisent les jeunes femmes. Mais combien de ces beaux gosses allez-vous croiser ? Et seront-ils pour autant des amoureux merveilleux ?
Je pense que les personnes qui cherchent en l’autre, l’homme ou la femme parfaite, seront condamnés à ne jamais le trouver. Nous ne choisissons pas la personne qui va faire battre notre coeur, et nous tombons le plus souvent amoureux de personnes bien différentes de nos fantasmes, le petit rondouillard qui va nous faire rire, l’intellectuel qui va nous faire rêver. Tout va se jouer dans le feeling, la complicité, le regard qui se noie, l’absence douloureuse. Cet amour va effacer les défauts de l’autre, nous poussant à ne voir que ce désir tellement unique qui lie. Bien sûr, un jour, l’illusion s’estompe et nous voyons l’autre dans sa vraie réalité. C’est alors que va naître le vrai amour, celui qui aimera les imperfections, qui pourra surmonter les épreuves, qui survivra aux kilos, aux rides, aux cheveux blancs, à la calvitie. Alors si cet amour débute par un idéal, pourquoi pas ? Le temps parlera, celui qui vous chuchotera à l’oreille que cet homme, tellement imparfait, est peut-être notre idéal

( 28 février, 2017 )

Écrire chaque jour sur ce blog.

Pourquoi au bout de plus de trois ans est-ce que je continue de remplir un petit article quotidien ? Je vais vous décevoir, car je n’ai aucune noble raison, juste mon propre plaisir. Hors vacances scolaires, je n’ai plus le temps d’écrire de longues lettres à mes amis, encore moins à pondre un manuscrit (fichu mercredi travaillé !). Il n’en demeure pas moins que mes mots s’entrechoquent dans ma tête, dansant, valsant, tournant. Ce blog remplace les petits carnets qui s’empilent depuis plus de trente-cinq ans dans mes tiroirs, avec l’inconvénient de les voir un jour disparaitre si un bug informatique apparaît, mais avec l’avantage de générer un lien avec d’autres.
J’ai débuté mon entrée dans les réseaux sociaux à la même époque que j’ai mis ce blog en ligne, d’abord fascinée par ce monde virtuel où coulait une infinie de connaissances, de cultures, puis j’ai imposé le recul nécessaire pour ne garder que le meilleur. Sous le couvert de l’anonymat, on rencontre trop de faux profils, de faux amis, d’amis intéressés, et contrairement à la vraie vie, il est bien difficile de les contrer. Le mieux reste de s’en tenir éloigné, tout en ne conservant que ces petits liens sincères, ceux des vrais échanges, ceux des mains qui se referment sur les nôtres, ceux de ceux qui acceptent le dialogue.
Certains vous diront que l’écriture est une excellente thérapie, gratuite, à la portée de tous. J’en suis convaincue. Grâce aux mots, j’ai appris à dédramatiser, à ne plus céder à la peur, j’ai pris du recul m’amusant même de ceux qui continuent à chercher la provocation, à ceux-là je ne réponds plus, tout simplement. J’ai surtout appris simplement à pardonner, et c’est certainement le plus beau cadeau que l’écriture m’a offert. Écrire ces quelques lignes est donc devenu une nécessité, un petit clin d’oeil entre vous et moi, un petit cocon bien douillet où juste pendant quelques secondes, on se retrouve…

( 27 février, 2017 )

Pourquoi la déception est-elle si douloureuse ?

Témoignages, livres, essais, la déception reste une sujet vendeur, car peu de personnes y échappent. Il est important pourtant de se préparer à cette émotion afin d’en limiter les effets néfastes. La déception résulte d’une attente, d’un espoir, d’une promesse, non tenus. S’en protéger nécessite de ne pas miser sa vie sur des paroles qui ne sont pas certaines de se réaliser, apprendre à analyser, à ne pas croire des mots dégoulinants de miel. Notre monde aime faire des promesses qu’il ne tient pas. Nos politiques en sont l’exemple, mais ce virus est devenu si violent que le commun des mortels s’y adonne. Untel qui va jurer fidélité, untel qui va faire croire en l’impossible, et au final, une grande claque. Les gens ne tiennent pas leurs promesse, ils vivent égoïstement, pour eux, faisant croire que c’est dans l’intérêt de l’autre.
Alors le jour où on ouvre les yeux, la claque est violente. Tout ce à quoi on a cru part en fumée. Notre petite bulle éclate. L’espoir s’envole, et on n’y croit plus. On tombe tous dans cette marmite bouillonnante qui brûle, qui fait du mal. Comment l’éviter ?
En cessant de viser la Lune, en cessant de croire des mots sans actes derrière, en cessant de donner à sens unique, en se protégeant contre ces manipulateurs de sentiments qui jouent avec plusieurs personnes en faisant croire à chacune qu’elles sont uniques. En mettant une armure pour éviter la déception, on se protègera de la souffrance et surtout on avancera en toute confiance. Ne jamais rien regretter non plus, ce qui devait être, fut. Avancer sans se retourner. Il y eut un « avant », il y aura un « après »

( 26 février, 2017 )

Pourquoi tant d’auteurs voient-ils leur manuscrit refusé ?

Question que se posent de nombreux écrivains en herbe ou des plus chevronnés. La réponse est simple, parce que l’édition, la vraie, la pure et dure, se trouve entre les mains de trois grosses chaines d’éditions qui ont pris le monopole du monde du livre.
Ces entreprises, car elles ne sont plus au final que cela, n’ont pour objectif la qualité, mais la quantité de livres vendus, en clair le rendement financier.
Leur stratégie est donc simple, ne prendre que les auteurs connus pour ne citer que Musso, Levy, Sir Cédric, Minier et j’en passe. Des valeurs sûres ! Ensuite, elles garderont un tout petit pourcentage de publication pour les nouveaux auteurs (dont tout de même 80% auront obtenu un contrat par piston). Ces données sont connues et juste un résumé, un peu violent pour ceux qui cherchent du rêve, mais il faut parfois connaître la réalité.
Aucune surprise donc que votre manuscrit envoyé chez Albin, Grasset ou Flammarion ne soit pas retenu, si vous n’avez pas une relation « amie de », si vous n’avez pas accès au milieu de l’édition, si …
Tentez, mais n’y perdez pas votre envie d’écrire. L’attente d’un an voire deux avec une réponse négative à la clé peut détruire imaginaire.
C’est pour cette raison que beaucoup d’auteurs se tournent vers l’autoédition ou les petites éditions, en grandes majorités des éditions associatives qui n’ont pas le même prestige que les grandes, qui ne peuvent, faute de moyens, mettre votre livre en rayon librairie ou dans les enseignes connues, je parle de celles de France, et d’ailleurs, une vraie diffusion comme le font Albin ou Grasset.
Cela veut-il dire que votre manuscrit est mauvais ? Loin de là ! Que de déceptions ces six derniers mois, dans les têtes de rayons ! Je lis de tout, en particulier bien sûr les auteurs célèbres, et la liste de ceux qui m’ont déçue ne tient pas seulement sur quelques lignes. Il faut bien avouer que ces « écrivains » ne sont souvent plus que des noms, tels des marques, et de nombreux nègres écrivent à leur place. Quand on manie un peu la plume, on remarque des détails qui le montrent. J’ai acheté ces romans, je me suis fait avoir, j’ai favorisé cette dérive consistant à ne pas donner sa chance aux autres, à ceux qui n’ont pas la chance d’être pistonnés.
En tant que lecteur, je revendique le droit à la nouveauté. Le monopole des grosses éditions devrait avoir des limites. L’opportunité de lire un ouvrage sortant du lot devrait exister.
Quand on regarde les statistiques et que l’on voit que les livres les plus vendus ce premier trimestre 2017 sont les essais politiques de nos futurs candidats, cela me donne la nausée. Encore une valeur sûre qui rapporte au détriment des autres.
Je suis de plus en plus écœurée de ce milieu où suinte l’odeur du pouvoir et de l’argent. Les vrais auteurs n’écrivent pas pour faire des best-sellers, ils n’écrivent pas non plus pour vendre des milliers de livres car seul le pouvoir des mots les intéressent. Ils écrivent car ils aiment cela. C’est leur vraie passion.
C’est la mienne. Je sais que le monde de la grande édition ne me sera jamais ouverte, n’ayant pas l’envie de jouer les lèches-bottes dans un tel univers, n’ayant pas envie de fermer ma bouche, de me taire, et surtout ne voulant pas devenir autre chose que ce que je suis. Au début, j’en ai rêvé, comme tout le monde, j’ai rêvé d’une édition de renom, qui mettrait mon roman en vitrine, partout, mais au fond c’est un sentiment d’orgueil un peu enfantin. J’avais l’envie d’être connue, j’ai obtenu bien plus. Celui d’être reconnue par mon lectorat, et même s’il ne me restait qu’une poignée de ces fidèles, je continuerai à user ma plume pour eux, pour moi aussi, car c’est cela le plus important.
Mais la question demeure, combien de pépites restent dans les tiroirs ? Pourquoi au nom de l’appât de gain passons-nous à côté de chefs-d’œuvre ?

( 25 février, 2017 )

Le droit de ne pas aimer

La facilité que l’être humain a de suivre comme un toutou l’avis des autres m’a toujours fascinée. Autant si on est incertain, si on doute, il sera normal de se raccrocher à l’avis d’une personne en qui on a confiance, mais dans la société, quelle utilité de toujours vouloir abonder dans le même sens ?
Je vois cette attitude s’afficher avec l’arrivée des élections, et les girouettes faisant mille pirouettes sont à mourir de rire. Dans un milieu plus restreint, cette dérive se retrouve régulièrement lors de la chronique d’un auteur connu, dont personne n’osera dire qu’il n’a pas aimé le style ou même l’histoire, et pourtant la lecture tout comme la peinture est terriblement suggestive. Un sentiment positif sera différent selon les personnes. L’une vibrera pour les couleurs, l’autre pour le thème.
Et celui qui ne vibrera pas ? Pourquoi devrait-il nécessairement se fondre dans un moule et surenchérir un « j’adore ! »
On a le droit de ne pas aimer, on a le droit de le dire, le droit de le penser. Cela fait partie de cette liberté qui nous est offerte. Bien sûr, on pourra glisser des mots qui adoucissent, ne pas aimer ne veut pas dire pour autant faire du mal. Mais gardons ce libre-arbitre et ne soyons pas de simples moutons suivant un troupeau d’imbéciles.

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