( 15 juillet, 2017 )

Les hypocrites

Ah les hypocrites, ces petites bêtes qui s’i -nfiltrent dans nos vies dès que nous avons le dos tourné, qui vont avec un sourire réjoui prendre nos vies. Il y a peu de personnes que je déteste dans ce monde à part les cons, mais depuis quelque temps, je rajoute dans ma liste les hypocrites. Ce sont ces faux amis qui sont toujours là, prêts à t’aider (qu’ils disent), prêts à te raconter « tout ce qui se dit sur toi derrière ton dos », prêts à alimenter un feu « pour ton bien », bref, vous voyez bien le genre de personnes, vous en avez tous rencontrées, et si vous me dites non, c’est que vous êtes bougrement naïf.

Ils sont partout, ils traînent dans votre quartier, souvent à la sortie des crèches et des écoles, s’extasiant sur votre adorrrrable bambin qu’ils vont s’empresser de critiquer une fois que vous aurez passé votre chemin. Ils rentreront dans vos vies sur la pointe des pieds, portant le masque de l’amie fidèle ou du confident dévoué. Nous leur ouvrons notre âme sans arrière pensée, ils se serviront de nos moindres mots déformés pour frapper.

L’hypocrisie est pour moi un des pires défauts. L’hypocrite ment avec aplomb et facilité, il promet sans jamais tenir la moindre promesse, non sans pourtant s’octroyer le rôle de victime, il trahit nos secrets, allant même jusqu’à nous lier à lui par le moyen d’odieux chantages. Ah les hypocrites, ils savent parler, ils ont une verve douce à nos oreilles, nous fascinant, mais ils peuvent devenir notre pire ennemi, se retourner contre nous, en un clin d’œil simplement parce qu’ils l’ont décidé. Seul leur propre désir importe.

L’hypocrisie est un sentiment qui me dépasse complètement, peut-être parce que je prends les autres comme ils sont, peut-être parce que je n’attends rien d’eux, me contentant juste d’être là. J’aime ma paix et ma solitude, mon petit cocon douillet, et mes rencontres avec des hypocrites furent toujours pour moi source de souffrance.

J’en suis venue à penser, mais cela n’engage que moi, que ces personnes n’ont rien de bien intéressant à vivre dans leur vie, qu’une grande solitude doit les habiter, les dévorer de l’intérieur. Ce sont des traites qui ne s’épanouissent que dans le regard sur eux. « Je fais croire à l’autre ce qu’il veut entendre, mais derrière je n’hésiterai pas à le détruire »

J’avoue ne pas comprendre ce type de personnes, et pourtant ma route en croise beaucoup. Je ne pardonne plus l’hypocrisie, car elle fait beaucoup de mal. Je suis quelqu’un d’ordinaire et je préfère la franchise, même si parfois elle est un peu dure, et la simplicité, plutôt que cette bave fausse qui dégouline de certaines bouches.

Méfiez-vous et blindez-vous des hypocrites, ils n’auront aucun scrupule à vous frapper dans le dos lorsque le vent tourne en leur défaveur.

( 14 juillet, 2017 )

La frustration

J’aime revenir régulièrement sur ce sujet, important parce que nul n’y échappe un jour. La frustration, cette émotion difficile à gérer, touchant les méandres les plus profonds de l’âme humaine. Nous ne savons pas toujours pourquoi elle arrive avec une telle violence. Chacun l’a rencontrée un jour que ce soit au travers d’un projet qui prend l’eau, d’un travail que l’on n’arrive pas à finaliser, d’un logiciel que l’on ne comprend pas. Imaginez-vous petits gourmands vous délectant devant un gâteau de rêve dégoulinant de crème chantilly, et pour une raison médicale, cette dernière vous est proscrite. C’est l’horreur ! On sent l’envie tirailler l’estomac, la salivation se mettre en place, nos yeux dévorent ce met, mais notre bouche ne le touchera jamais. Plus l’envie est immense, plus la frustration sera tenace.Ce gâteau va nous hanter !

Tous ces plaisirs que nous ne pouvons pas avoir, qui nous ramène à notre condition de mortel. Nous vieillissons, n’est-ce pas frustrant de se dire que l’on n’aura plus jamais l’agilité d’avant ?

Un lecteur me confiait dernièrement que le pire était la frustration sexuelle, car elle portait atteinte à ce que nous sommes au plus profond de nous. Le désir ne s’installe pas par hasard, il est prouvé que nous envoyons des signaux auxquels nous répondons. L’autre nous désire même si ce n’est que le temps d’une rencontre, et notre inconscient le ressent. Si on coupe court à ce désir, il va s’en suivre des émotions contradictoires allant de la colère au dépit, mais le résultat restera identique, cet homme, nous le désirons, nous l’avons dans la peau même s’il ne le sait pas ou fait semblant de ne pas savoir, nous savons que la réalisation de ce désir nous comblera, nos corps parlent le même langage, nos silences aussi. Seulement, il y a la vie, il y a les autres, alors on stoppe au nom de la morale, et la frustration va s’affirmer plus forte telle une douleur au fer rouge.

La frustration est une vraie bombe à retardement pouvant provoquer de gros dégâts, détruisant des couples unis. Au sein d’un couple marital, les années finissent par changer la relation, ouvrant parfois la porte à la frustration, créant une faille où le désir sera en attente de l’étincelle venue d’ailleurs. Cette frustration fera naître d’un sentiment de manque, l’autre n’offrant plus le petit grain de folie, et même si on se dit avec beaucoup de sérieux que l’on a passé l’âge de s’éclater, il n’y a pas de honte à vouloir un peu de fantaisie, à sortir du lit pour des endroits plus coquins, à mettre un peu de pigment. À chacun de redessiner son couple, et si ce n’est pas possible, sa vie. Ne jamais laisser ce sentiment négatif qu’est la frustration prendre lecdessus.

Sérieusement, c’est l’été, on se sent bien, alors pourquoi ne pas se laisser aller à un univers de voluptés, et puis le désir, c’est comme l’appétit, cela vient en mangeant, alors dégustons sans culpabilité et sans modération, car en plus, les médecins le disent, c’est bon pour la santé ! Vous avez toujours envie de vous priver ?

( 13 juillet, 2017 )

Les mots qui tuent

Les mots peuvent faire mal, invisibles, tout aussi violents qu’une grenade dégoupillée. Les mots peuvent tuer. Écoutant d’une oreille les informations, j’ai sursauté en entendant les mots cinglants du successeur du juge Lambert, mots qui ont hanté cet homme toute sa vie jusqu’à le conduire au suicide. Quel besoin l’humain a-t-il donc d’enfoncer ainsi le couteau dans une plaie qui saigne ?

Enseignante, je suis très vigilante à ces phrases parfois assassines que se lancent mes élèves, jeu au départ, violence à l’arrivée. Aujourdhui, les insultes sont souvent devenues monnaie courante, lancées avec humour, mais se demande-t-on si celui à qui elles sont destinées est prêt à les accepter ? Si ce sourire sur son visage n’est pas un peu crispé ?

Ces mots pointent souvent avec intelligence nos failles, nos faiblesses, nos hontes cachées. Dénigrer avec humour une personne qui rougit, une autre qui est chauve peut s’avérer blessant, nul ne choisit volontairement de perdre ses cheveux, montrer du doigt un surpoids n’est pas non plus anodin.

Face aux attaques, beaucoup disparaissent dans leur coquille, tandis que d’autres à l’inverse sortent leurs griffes, rétorquant plus fort, cinglant avec plus de violence, bloquant ainsi toute communication intelligente.

À une époque, je pensais naïvement que seule la victime était à plaindre, que l’autre devait être celui qui s’excuse, qui tend la main. Il est évident qu’avec une telle pensée, je pouvais attendre des siècles un signe, et à trop attendre, il est ensuite souvent trop tard. La vie m’a fait prendre conscience que sans nous en rendre compte, nous rendons les coups, blessant tout aussi fort, frappant les points faibles, pire au final que le coup envoyé. De victimes, nous devenons nous aussi bourreaux. Et cette situation peut s’enliser des années, car s’ajoute une pincée d’orgueil, une cuillère de certitude.

Un cercle vicieux s’installe.

Afin d’éviter qu’une situation se dégrade, il faut apprendre à gérer sa colère quitte à disparaitre un temps, à s’éloigner pour éviter de souffrir, mais éviter aussi de faire du mal à l’autre.

Lorsque nous nous sentons attaqués, lorsque nous sommes blessés, notre moyen de défense seront nos mots. Nous voulons faire du mal à l’autre autant que nous avons mal, alors nous frappons fort, même si après nous regrettons.

C’est à ce moment précis que nous devrions nous excuser, mais c’est impossible, car nous avons si mal que nous sommes figés sur place, et puis nous avons peur de ce que l’autre dira ou fera. On se retrouve bloqués dans une impasse avec ces mots que l’on voudrait effacer, ceux que l’on voudrait dire et qui restent bloqués.

Ne laissons pas les mots nous tuer !

 

Avec le temps, car si on le veut vraiment, le temps efface les mots, on réagit, on décide de se servir de cette souffrance, de ces mots qui blessent, on les réécrit autrement, et un jour, on se réveille, et on s’aperçoit que ces mots peuvent aider à cicatriser. Alors, oui, on reconnaît qu’on est désolés, même s’il est trop tard et que l’autre ne veut pas ou n’est plus là pour l’entendre, même si la blessure date de plusieurs années. On se libère des Mots .

( 12 juillet, 2017 )

L’euphorie des jeunes auteurs ne dure qu’un temps …

 

Suis-je déjà une vieille gribouilleuse dans ce milieu pour être autant blasée ?

Ah, je me souviens encore d’il y a plus de trois ans, la joie délirante lorsque j’ai reçu mon premier contrat pour Rouge. Je n’y connaissais rien en label éditorial, et je m’en moquais. Mes écrits allaient être lus. J’avais misé sur 50 en six mois, j’en ai vendu dix fois plus. Un mystère total, sans pub, sans réseau. La chance, peut-être, ou le bon moment. Peu importe. C’était une belle époque. J’ai construit ensuite un vrai réseau bien sympathique d’auto édition, des gens sans la grosse tête, des plumes vraies … Jenny, Nunzia, Odile, Régis, Étienne, Claude, Amanda, et j’en oublie. Un réseau super de chroniqueuses, sincères, honnêtes, Anne-Ju, Séverine, Francesco, etc

Et puis des lecteurs nombreux, toujours fidèles.

Après la vie m’a fait choisir ce dont nous rêvons tous des éditions dites classiques où je me suis perdue, où je ne retrouvais plus. On est tous différents, et ce qui convient aux uns n’est pas forcément idéal pour les autres.

Aujourdhui, j’amorce une nouvelle page de ma vie, un autre genre littéraire, d’autres horizons, je deviens un auteur libre. C’est mon choix.

Je n’en veux à personne, je n’ai pas de haine. Je souhaite juste vivre en paix, chose trop difficile dans un milieu où on devient public. Je retourne donc à l’anonymat qui me va si bien.

Renoncer n’est pas simple, j’ai l’impression de me mettre en échec, et pourtant, vu tout le soutien que je reçois, je pense faire le choix qui me correspond le mieux. Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises éditions, il n’y a pas de personnes mauvaises plus que d’autres, il y a juste des milieux qui nous correspondent mieux.

 

Cela signifie-t-il que j’arrête d’écrire ? Absolument pas ! Simplement, je reste juste libre, je reste juste moi. Je n’ai p lus envie de me plier aux règles ni d’être juste spectatrice de ma plume. J’ai osé écrire il y a quatre ans des mots qui ne voulaient pas sortir, j’ai osé hurler à travers mes livres ou ce blog ma colère envers une société qui part en vrille, j’ose encore une fois dire publiquement, j’assume mes choix. Ils n’engagent que moi, et moi seule. Ils ne sont pas destinés à un individu, à une édition, à un genre littéraire, ils  SONT.

D’autres défis ? Certainement. D’autres aventures ? Bien sûr ! D’autres rencontres ? Je l’espère.

Comme le veut ma philosophie, le meilleur reste toujours à venir, alors je suis prête, et vous ? Vous me suivez toujours  ?

( 12 juillet, 2017 )

L’attachement aux objets

Je m’attache aux gens, trop à en saigner ensuite. J’évite de m’attacher  aux objets, et pourtant je ne peux que constater les piles de livres qui s’entassent ou les objets qui jalonnent mon appartement, objets souvent depuis longtemps inutiles. Oserais-je l’avouer, je n’aime pas jeter ! 2017 étant une année de changement, j’ai décidé de m’atteler à la tache, de faire du vide, et j’ai commencé. Ouille, pas facile ! Me voilà, le visage plein de poussière à trier de vieux dossiers, des préparations scolaires d’antan d’une époque où la photocopie n’existait pas, des livres d’une autre vie, des lettres d’anciens soupirants.

Plonger dans le passé est déstabilisant, j’y retrouve un album plein de photos que je une peux jeter, son sourire n’est pas monnayable, , quant à ce livre reçu un 20 juillet, jour de mon anniversaire, je ne peux me résigner à le jeter, ni ce CD que je n’écoute plus depuis longtemps, ni …

Que c’est dur cette coupe dans le passé, et une petite voix m’interroge, pourquoi un tel attachement aux objets ?

C’est vrai, pourquoi ai-je conservé ce dossier, inutilisable, datant de mes études de puériculture alors que je suis aujourdhui enseignante ? Rien qu’à le relire, j’ai failli m’étouffer tellement il était périmé. Et cette pile de prospectus ventant les mérite d’un manuel scolaire qui n’existe même plus ? Et ces photos de mes seize ans ? Quel coup de vieux !

Serait-ce un moyen inconscient de prolonger le passé, de ne pas lâcher des souvenirs dont nous ne gardons au final que les bons cotés ? Ou serait-ce simplement notre matérialisme inconscient qui nous pousse à ne pas nous délester de ce que nous avons pris tant de temps à sagement entasser ?

Aucune idée, mais j’ai réussi à virer une douzaine de sacs poubelles, et je n’ose vous avouer que je n’en suis même pas à la moitié, mais faire du tri dans sa vie procure au final un vrai moment de pure liberté.

( 11 juillet, 2017 )

Essayer, oser, tenter !

 

Tout semble difficile, au début, et tellement simple de ne pas y penser. Et pourtant, il faut oser l’impossible, tenter le diable, et essayer quoiqu’il nous en coûte. La vie se résume à ces trois mots. Bien sûr, on se heurtera à des murs, parfois en béton, on se fera mal. Bien sûr, on tombera dans des sables mouvants, et il nous faudra bien du courage pour attraper cette branche. Bien sûr, on va se planter ou pas, mais au moins on va essayer, et même si on échoue, et bien on aura eu le mérite d’avoir oser tenter. Alors, à un moment, on va essayer de nouveau, autrement, différemment, on va tout donner, suer, transpirer, pleurer, et puis on va y arriver.

Pas facile dans une société égoïste de faire ce pas, oser, oser dire ce que l’on pense, oser assumer ses idées et ses choix, oser parler à un inconnu, oser se lancer un défi, oser laisser parler son coeur, oser dire non !

Tenter implique de se mettre en danger, de sortir d’une situation confortable. Ce sera le manuscrit qui traîne qui sera enfin envoyé, la bouteille à la mer lancée, les propositions refusées. L’homme a besoin de son univers confortable et bien huilé, il s’y sent bien, heureux, et tenter l’impossible va lui faire entrevoir la peur, celle de se tromper, celle qui va tout remettre en question, celle qui peut faire de sa vie un paradis ou un enfer.

À force de trop vouloir bien faire, de trop vouloir faire plaisir, on s’interdit souvent de rêver, on se fabrique de lourdes chaînes, on monte des barrières, alors que l’important n’est pas la peur de l’échec. Il ne peut y avoir de réussite sans échec, simplement parce qu’il y a toujours un brouillon avant le chef-d’œuvre.

Oser, tenter, essayer, c’est tout simplement avoir seul le contrôle de notre propre vie, et c’est la seule chose vraiment importante qui va nous permettre de ne pas laisser nos rêves s’enfuir.

( 10 juillet, 2017 )

La vie n’est pas un hasard

 

Nous faisons tous des choix réfléchis ou non, des décisions qui vont influer sur nos actes futurs. Rien n’arrive par hasard. Chacune de nos pensées va avoir une interaction avec l’Autre que ce soit en bien ou en mal. Nous traçons donc aussi bien notre route que celle de notre voisin, mais nous devons toujours restés maitre de notre vie.

Certaines rencontres seront de vrais ravissements inondant notre organisme de centaines de papillons. D’autres à l’inverse seront juste des pièges savamment enfouis sous des litres de miel. À qui en vouloir ? À une soit disante destinée ou simplement à une erreur de jugement ?

J’aime à le dire, nous ne choisissons pas de tomber amoureux, nous choisissons juste simplement d’accepter ou non cet amour. Nous ne choisissons pas de tomber malade, nous choisissons juste de croire que notre corps sera toujours le plus fort, nous ne choisissons pas de vivre dans une société difficile, nous choisissons juste de croire qu’une petite lumière appelée espoir est là, quelque part.

Nos actes restent d’une extrême importance, tout comme nos choix. Nous devons sentir ce qui est bon pour nous, et nous éloigner de ce qui est mauvais. Notre corps parle pour nous, il sait, il faut l’écouter. Si l’autre provoque par son attitude, par ses relations un effet négatif, nous devons NOUS choisir. Même si cela génère de la souffrance, même si cela implique de quitter des routes, même si ce sont celles de gens que nous aimons ou avons aimés. Les autres, les parasites sont des vautours. Il faut savoir s’arrêter lorsque l’on ne se sent plus bien …

Donner reste un choix, un acte empli de générosité et surtout un plaisir. Lorsque l’on sent que cela devient une contrainte, il faut juste partir doucement sur la pointe des pieds sans se retourner.

 

( 10 juillet, 2017 )

Les larmes

Ces minuscules gouttes d’eau que l’on verse parfois et qui se transforment en torrent, cette pluie qui mouille nos yeux, signe de faiblesse pour certains, arme redoutable pour d’autres. Lorsque l’on côtoie l’univers des enfants, il devient facile de détecter le poids de ces larmes. Celui qui va éclater en sanglots sentant la punition méritée arriver, les larmes cachées de l’élève pudique, celles rageuses du caïd, et tant d’autres. Emphatique, je prends toujours ces rivières au sérieux même si je dessine un large sourire intérieurement, car tant de larmes sont offertes en victimes.

Les adultes sont un peu semblables aux gamins, certaines vont déborder un jour de colère, de grande peine ou de frustration, d’autres scintilleront  juste au bout des cils, on croisera des larmes de joie résonnant face à une nouvelle que l’on n’attendait plus, les larmes de douleur, de frustration, celles d’une âme blessée ou torturée.

Les larmes ne sont pas pour moi signe de tristesse, elles peuvent l’être, parfois, mais seront souvent une forme de communication. Je t’offre mes larmes car je n’arrive plus à parler, je saigne de l’eau car la blessure est profonde. Mais on peut souffrir les yeux secs, on peut faire le deuil d’un proche ou d’un amour sans pleurer. La palme de la peine n’ira pas nécessairement à celui qui passera ses journées à pleurnicher. Je dirais même plus, ceux qui ne pleurent pas sont ceux dont il faut se préoccuper, car c’est souvent le signe que l’émotion restée figée à l’intérieur, bloquée sans pouvoir sortir.

Les larmes sont là pour nous rappeler simplement que nous sommes vivants, et surtout humains, souhaitons que le courant de la vie ne nous rende pas si dur que le puits arrive à se tarir un jour.

 

( 9 juillet, 2017 )

Aider les autres positivement

Notre société est formatée à critiquer, juger, interpréter, sans essayer de valoriser le positif. Je rebondis aujourdhui sur un article où je tentais de positiver la maladie, en particulier bien sûr les maladies thyroïdiennes. Pourquoi doit-on systématiquement ne voir que le coté sombre ? Pourquoi toujours fusiller le corps médical ?

Je suis à initiative de l’association Hashimoto, mais je n’en suis ni la dirigeante ni la responsable, juste une personne qui a envie d’aider les autres bénévolement.

L’homme est ainsi né pour critiquer. Je ne peux faire plus que ce que je fais. J’ai un travail, souvent fatigant, une famille, je subis le yoyo de cette maladie thyroïdienne parfois pénible, et pourtant je réponds à une cinquantaine de mails par semaine, j’essaie de souvenir les malades qui baissent les bras. Je ne suis pas médecin, ni parfaite, j’essaie juste de donner un peu d’espoir, car un corps qui va mal a besoin d’une lueur pour s’accrocher.

J’ai choisi ce combat bien modeste ayant eu la chance de rencontrer des médecins fabuleux, d’avoir des amis qui ont compris ma fatigue. D’autres n’ont pas eu cette chance !

Bien sûr l’idéal serait que cette association puisse grandir, que des médecins nous rejoignent, que des volontaires aident, mais c’est compliqué, les gens s’engagent et ne restent pas, c’est comme cela pour tout.

Je refuse de penser qu’une maladie comme Hashimoto est une fatalité, je refuse que cette souffrance que certaines personnes ont, ne soit pas entendue.

Une maladie invisible peut-être un handicap aussi lourd qu’un handicap moteur. Il faut cesser cette mentalité égoïste qui consiste à dire « moi, je suis plus malade que toi « , on n’est pas dans une cour de récréation. Peu importe l’échelle de douleur, le seul fait qu’il puisse y avoir souffrance importe.

Une personne m’a attaquée récemment sur mon blog dénonçant mon insensibilité face au cancer, insinuant que je ne pouvais être concernée, moi ! En clair, je suis une imbécile qui ne comprend rien.  Tous ceux qui me suivent savent que j’ai perdu un enfant de trois ans d’un sarcome embryonnaire incurable, que j’ai souffert un an avec lui, qu’il a traversé les chimios les rayons avec le sourire et avec une maman qui a toujours essayé de garder foi en la vie, même après ! Parce que je ne pleure pas chaque jour, par e que je bouge mon popotin au lieu de me morfondre, je suis insensible ? Sérieux, il faut cesser les raccourcis comme ceux où on juge quelqu’un simplement sur ses sentiments, sur des rumeurs, sur ce que l’on pense être vrai. Voir le noir partout incite à se mettre des chaînes de peur, et la peur est destructrice, elle peut conduire à des situations sans retour. Chacun doit se servir de son vécu pour aider l’autre et non pour l’enfoncer.

Alors je continuerais, si la vie me l’autorise, si vous qui me lisez, si vous  continuez à y croire, à tenter de donner simplement  un rayon de soleil, parce qu’au final quelque soit la gravité de la maladie, ce qui importe c’est de se sentir encore vivant, et c’est dans l’amitié, l’amour, le partage que nous existons et nous nous ressourçons.

Quant à ceux que cette association dérange, et bien, qu’ils changent de trottoir, tout simplement. Le monde est bien assez grand pour que nous puissions tous y vivre en paix …

En tous les cas, merci à tous ceux qui sont là chaque jour à nos cotés.

( 9 juillet, 2017 )

L’univers impitoyables des p’tits bourgeois

Est-ce l’âge ou une lassitude, j’ai de plus en plus de mal à supporter ces milieux  » m’as-tu vu » où la critique s’apparente au langage courant, où les relations sont fausses et éphémères, où c’est à celui qui se gargarise le plus de connaître tout le monde, d’avoir le plus d’amis possible.

Cette mentalité m’insupporte ! Ces personnes qui ont tout vu, qui connaissent tout le monde, ne sont au final qu’un mirage, une illusion à laquelle trop de gens s’attachent comme si « être l’amie de » était synonyme de valeur. On se croirait parfois dans la cour de Louis XIV.

Alors non, ce n’est pas moi qui vous verrez frotter mon fond de culotte dans ces milieux branchés, ce n’est pas moi qui irai siroter un coca glacé hors de prix, ce n’est pas moi qui me glorifierai de serrer la paluche d’une personne dite célèbre, d’un ministre ou du président de la république, tout simplement parce que je m’en moque complètement. Une personne qui travaille à la chaîne aura autant mon admiration qu’un de ces ronds de cuir.

Et puis surtout, je reste d’une triste lucidité, ces personnes qui ont tant d’amis, ne sont-elles pas au final celles qui sont les plus seules ? Celles qui n’ont qu’un moyen pour se faire entendre ces discours lancés à la tv, ces « je t’aime » lors du festival de Cannes, quelques messages pathétiques sur tweeter, un lien illusoire avec « leurs amis », leur univers de lèches, leur monde de solitude.

Je ne les envie pas, et je n’échangerais pas mes miettes de vie avec eux même s’ils ont certainement ce que je n’ai pas, un patrimoine confortable, une maison en bord de mer ( quoique pour une maison, non, au final, même pas pour elle).

J’ai peu d’amis, mais ceux qui sillonnent ma vie sont vrais, et surtout ce ne sont pas des paradis illusoires. Je sais que sur leur terre, dans leur chaumière, je n’ai qu’à frapper et quoiqu’il advienne, je peux à tout moment venir me ressourcer. Merci à eux d’être là, ils se reconnaîtront.

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