( 30 mars, 2021 )

Enfants différents

Lorsque j’étais petite, on les appelait les mongoliens. Il y en avait beaucoup. La détection de la trisomie 21 n’existait pas. Comme toutes les femmes, lors de mes premières grossesse où les tests n’existaient pas, mon regard après avoir demandé si tout allait bien, fut de bien examiner mes enfants. J’avais travaillé dans des maternités et vu ces naissances de bébés différents. La peur de ce qui est différent est humain.

Lors de ma dernière grossesse, j’avais plus de quarante ans. J’ai vécu avec cette boule au ventre jusqu’à la première échographie qui mesure la clarté nucale et le dosage sanguin pour les marqueurs sériques. J’ai échappé à l’amniosynthèse et j’ai eu le plus magnifique des bébés.

Mais je me suis souvent posé la question, quelle aurait été ma réaction en apprenant que mon bébé était atteint de trisomie 21 ? J’ai adoré m’occuper d’enfants différents dans les différentes structures spécialisées où j’ai travaillé. Ces gamins sont attachants, tellement vrais, souvent spontanés. J’ai eu des coups de coeurs pour certains de ces loulous. Après, être parent d’un enfant différent ne doit pas être facile tous les jours. Comme on dit, il n’y a pas de barrières infranchissables, mais il y a tout de même des obstacles que l’on ne peut nier. Le regard des autres est loin d’être facile à supporter.

Alors changeons notre vision, regardons la différence comme une réalité. Nous possédons tous une différence, certaines sont plus visibles que d’autres.

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( 29 mars, 2021 )

Moral et thyroïde

Beaucoup de médecins préfèrent prescrire des petits cachets roses lorsqu’un malade arrive avec une baisse du moral même si cela s’accompagne de troubles divers comme prise de poids et fatigue. Le verdict sera tranchant ! Dépression. Un mot à la mode. Facile, trop facile. Et hop, un traitement fera l’affaire, une ordonnance d’antidépresseurs ou d’anxiolytiques et envoyez la monnaie.

Et pourtant, le fonctionnement de tout notre système nerveux est lié à cette petite glande en apparence insignifiante. Cette hormone thyroïdienne va donc agir au niveau  de l’humeur avec un grand H. Les statistiques montrent que les risques de troubles de l’humeur sont multipliés par 7 ( vous avez bien lu !) avec un dysfonctionnement thyroïdien et pas nécessairement un « gros ».

Comment cela peut-il se manifester ?

Au travers de crises d’angoisse fréquentes qui peuvent même conduire le malade aux urgences. On lui trouvera une TSH un peu haute, autour de 4 par exemple, et au lieu de conclure à un problème de thyroïde, on se tournera vers un problème psychologique voire psychiatrique. Résultat, le malade ne verra aucune amélioration, et dans les cas extrêmes, ses taux vont s’envoler.

Ce dysfonctionnement du système nerveux aura une incidence sur la tension qui sera instable pouvant monter très haut ou baisser tout aussi vite. C’est pour cette raison que souvent un traitement hypotenseur est inutile. On assiste dans ce cas à ce que l’on nomme communément « tension nerveuse ».

On devra également faire face à une instabilité émotionnelle : réactions vives, changements d’avis, apathie complète. Des études américaines ont montré qu’en cas d’un dysfonctionnement thyroïdien les personnes se heurtaient plus agressivement, avec impatience à leurs conjoints ou collègues ce qui devrait être pris en compte dans la détection précoce d’un problème de thyroïde.

On notera des pertes d’intérêt, une baisse de motivation, une tristesse régulière sans raison précise, une baisse de la libido. Les idées peuvent être confuses, avec un ralentissement de la concentration et de la mémorisation, ce qui augmente l’angoisse et l’anxiété. De nombreux malades voient le spectre « Alzheimer » se pointer à l’horizon.

« Le rôle de la thyroïde dans la santé du cerveau a été établi depuis plus d’un siècle. Déjà en 1888, le Comité de la société clinique à Londres avait établi le lien entre l’hypothyroïdie et le déficit mental, associé à l’époque à la folie, la mélancolie, la manie chronique et la démence. » (dr Brogan)

« Il y a effectivement matière à s’interroger : dans une étude française, l’hypothyroïdie a été constatée chez 52% des personnes souffrant de dépression résistante, ce qui confirme l’importance d’approfondir sur les taux de TSH. Dans une autre étude, on a constaté chez un quart des patients déprimés des taux de thyroxine (T4) supérieurs à la normale, avec une corrélation entre la gravité de la dépression et la quantité de T4 dans le sang. En outre, jusqu’à un patient déprimé sur cinq présente des anticorps antithyroïdiens (« anti-TPO »), évoquant une maladie auto-immune impliquant la glande thyroïde (maladie de Basedow, thyroïdite d’Hashimoto).

Dans le cas où les taux de TSH sont pourtant considérés comme acceptables, la présence d’anticorps thyroïdiens chez la femme augmente le risque de dépression post-partum. Le Dr Brogan s’est appuyée sur six essais randomisés contrôlés par placebo, qui ont conclu que les suppléments hormonaux thyroïdiens donnés aux femmes qui ne répondent pas aux antidépresseurs ont permis d’améliorer l’efficacité des médicaments défaillants. » ( voir articles du docteur Brogan sur Internet)

 

Ne jamais oublier que c’est la maladie qui agit sur l’humeur et non le traitement !

Une fois encore, il est important que cette maladie soit reconnue, car si elle l’est, ces erreurs médicales n’auraient pas lieu. Tous les médecins penseraient thyroïde avant de penser dépression, tous les malades seraient reconnus pour ce qu’ils sont, des personnes en souffrance, qui ne sont pas fous, qui ne jouent pas la comédie.

Ajoutés aux autres symptômes, ces problèmes d’humeur sont terribles et difficiles à gérer. Il est important d’être pris au sérieux, car non, nous ne sommes pas fous, nous ne faisons pas semblant, nous sommes juste des malades de la thyroïde.

 

N’hésitez pas à vous procurer le recueil dont les bénéfices servent à faire vivre l’association l’envol du papillon.

https://www.amazon.fr/Maladies-thyroïdiennes-Dévoreuses-Sylvie-Grignon/dp/B07DY2C221

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( 29 mars, 2021 )

L’accoutumance

Triste réalité cette accoutumance humaine. On s’adapte à tout même au pire. Il y a un an, on râlait contre la fermeture des musées, des cinémas et des restaurants, et les sondages montrent qu’aujourd’hui, les musées virtuels ont remplacé le réel et pire certaines personnes ont même une nette préférence n’ayant pas à se déplacer. Pour le cinéma, les supports comme Netflix, Salto, Prime video ont remplacé la salle obscure. Même le théâtre interactif semble trouver sa place. Il ne reste que les restaurants et bars qui manquent vraiment. Je ne m’étonne plus de rien même si cette facilité d »adaptabilité me laisse un peu perplexe. Est-ce une bonne chose ou sommes-nous simplement en train de devenir des moutons ?

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( 28 mars, 2021 )

Envie d’avoir envie

Cela vous est-il déjà arrivé d’avoir une envie de créer, que ce soit littéraire, artistique, culinaire ou autre, et de vous retrouver stoppé par une inertie liée à l’absence d’idées.

Rien n’est plus terrible d’avoir envie et de ne pouvoir réaliser cette envie.

Pourtant, les statistiques le montrent, le monde où nous évoluons est anxiogène.

Les médias ne cessent de relayer des informations controversées autant sur les variants que sur les vaccins. Résultat, l’homme rumine. L’homme ne se projette plus. L’homme n’a plus envie. Et l’envie, cela se travaille dans l’action que ce soit l’action des émotions, du travail ou de la vie.

Autant il n’est pas inquiétant de ne pas avoir envie à un instant de sa vie, autant laisser cette absence dominer nos actes est une erreur, car on s’habitue à tout. Il faut accepter d’avoir des jours « sans », mais ne jamais se dire que c’est définitif !

Alors ne cessons jamais d’avoir envie d’avoir envie.

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( 27 mars, 2021 )

École, je ne te reconnais plus

École, lieu où la paix devrait exister, lieu qui laisse la violence se dessiner.  École, je ne te reconnais plus.

Un jour, je fus l’école, en mon âme et conscience, convaincue d’offrir le meilleur à mes élèves, me donnant totalement pour leurs réussites. En grande partie, je pense avoir atteint mon but. Depuis que j’ai rendu mon tablier, cet univers me semble si loin, à tel point que lorsque je déjeune avec des ex-collègues, j’ai l’impression de ne plus parler la même langue. Irais-je jusqu’à dire que ce monde-là ne me touche plus ? Peut-être … école, je ne te reconnais plus. Où est passée le temps des rires dans les cours de récréations sans masque, des bavardages intempestifs dans les classes, des débats animés ? École, qu’es-tu devenue ? Te voilà figée dans des programmes qui te mettent en danger. Un mot de trop et toi, l’enseignant, tu te retrouves égorgé. Fini la liberté d’enseigner, la liberté de penser. Les parents seuls ont le pouvoir, celui de détruire un enseignant, celui de saboter un projet, celui de réduire l’école à une farce qui me fait pleurer.

École, tu as bien changé, et je vais te faire une confidence, même si mon panier est percé, je n’ai aucun regret de t’avoir délaissée.

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( 26 mars, 2021 )

Le poids du poids et l’art

Vu dernièrement sur un groupe de peinture un tableau avec cette remarque: qu’est-ce qui pèse le plus, le poids du poids ou le poids du jugement ? J’ai trouvé cette remarque excellente. Le tableau représentait une femme obèse nue.  Doit-on représenter des créations qui dérangent ou juste ce qui fait du bien aux yeux ?

Étant pour le moment incapable de réaliser un portrait ou de dessiner un corps ( cela viendra ! Promis !), je suis admirative de ces tableaux dont les couleurs vont m’attirer.  Je ne suis pas une adepte de la maigreur, l’ayant trop croisée chez des personnes en fin de vie. Les formes généreuses sont à leur manière un hymne à la vie.  Peut-être un reste de mon éducation où ma grand-mère grassouillette éclatait de bienveillance et douceur.

Juger laid, comme je l’ai lu, un corps trop lourd, ce n’est plus regarder l’art, mais l’image que cette grosseur nous renvoie. On peut ne pas aimer, on peut trouver le tableau dérangeant, mais qui sont-ils ceux qui s’autorisent à le juger ?

Beauté (tableau de Koustodiev

Beauté (tableau de Koustodiev

( 25 mars, 2021 )

Mourir d’aimer

Comme il était beau ce film, cette histoire d’amour entre une professeur, Danièle, et un de ses élèves, Gérard, pendant l’ambiance surchauffée des années 68, un film qui m’a marquée à l’époque, car quand on est jeune, il n’y a que cette magnifique histoire d’amour qui touche. On ne voit ni l’âge des amoureux ni la fin dramatique.

De nos jours, on l’a vu avec notre couple présidentiel, cette différence d’âge ne choque presque plus. Plus rien ne choque au fond. On a tellement dansé sur la corde raide.

Et pourtant qu’en penser ? Que dire de ces histoires d’amour qui existent toujours entre une mineure de plus de quinze ans (avant pour moi, cela reste de la pédophilie) et un adulte, que dire de ces nombreuses coutumes qui forcent des jeunes filles de cet âge à épouser des quadragénaires, de ces actes tolérés puisque cautionnés par la religion. On voit bien que tout n‘est pas mis sur le même pied d’égalité.

Peut-être la seule question qui reste est-elle : peut-on encore mourir d’amour de nos jours ?

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( 24 mars, 2021 )

Comment viennent les idées ?

Que l’on soit auteur, chercheur ou simple citoyen, il arrive toujours un moment où naissent les idées. Cela m’a toujours semblé magique ces idées qui s’imposent à nous, qui se dessinent, qui s’invitent, qui germent. Parfois, elles viennent tel un papillon se poser sur notre épaule et s’envole aussi vite, et à d’autres moments, elles reviennent nous hanter, nous titiller jusqu’à ce qu’elles poussent leur premier cri.

Les idées jaillissent sans qu’on les attende, c’est pour cette raison qu’aucun artiste, auteur, peintre, ou autre, ne peut se forcer à créer. À partir du moment où on se trouve dans l’obligation de trouver une idée, très souvent, on ne la trouve pas, comme bloqué.

Une idée est une intuition. Je ne suis pas scientifique et je ne peux parler que de ces intuitions qui me poussent à choisir un thème ou un sujet de roman. Souvent, c’est en marchant qu’elles prennent vie, de façons floues, sans vraiment être structurées. Mon intuition me soufflera ensuite si cela peut fonctionner ou pas. Il m’est arrivé d’avoir des idées de futurs romans qui au final se sont révélés un échec total. Comme quoi, on peut avoir l’idée, juste l’idée et rien d’autres …

 

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( 23 mars, 2021 )

Le dernier polar d’odile Marteau

NOIR FANTÔME d’Odile Marteau Guernion

édition S-ACTIVE

⭐️⭐️⭐️⭐️⭐️

Quelle joie de recevoir le nouveau roman policier dédicacé d’Odile, petit format fort sympathique qui se met dans un sac avec une couverture toit aussi agréable. Retrouver le capitaine Anne Le Goff est un réel plaisir, un peu comme si on s’était donnés rendez-vous devant une tasse de thé même si ce serait plutôt autour d’un cadavre. L’histoire se passe dans la région de Saint Brieuc et nous pouvons presque sentir l’odeur d’iodée au travers des mots.

Que dire si ce n’est que c’est une histoire passionnante qui se lit d’une traite. Chaque chapitre ne donne qu’une envie, continuer ! Et surtout se poser des questions, car pourquoi ce corps avec une mise en scène si macabre fut-il découvert à cet endroit précis, au milieu de cette carrière désaffectée ? Cette jeune femme pleine de vie, Anaïs Lambert retrouvée sans visage ?

Et quand surgit un nouveau collègue Fred Carlson, au profil atypique, on ne peut que sourire avec l’envie d’apostropher Anna et de lui glisser : « Cela reste ton affaire ! »

Et nous voilà avec un second corps, le spectre d’un meurtrier sanguinaire chatouille les narines d’Anna. Avec toujours cette question : « Pourquoi ? »

Une intrigue bien menée qui tient la route jusqu’à la dernière ligne sans que l’on puisse deviner qui est ce « noir fantôme » !

Le roman idéal pour les premiers soleils du printemps !

 

https://www.lapommequirit.fr/polars-1/

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( 23 mars, 2021 )

La reconnaissance

Essayant vainement d’expliquer un jour à une personne « bouchée » pourquoi je ne m’intéressais ni aux prix ni aux médailles du mérite, cette dernière a conclu que dans mon inconscient, j’avais besoin d’amour et de reconnaissance. Tout le contraire de ce que je disais. Comme quoi les gens ne veulent entendre que ce qui les arrange !

Bien sûr, cela me fait plaisir lorsque j’ai un retour positif sur un livre ou un compliment sur un tableau, mais je ne fais pas partie de cette catégorie qui fond en larmes en voyant un avis négatif. En fait, étant depuis toujours réfractaire à Internet, je ne les vois que rarement, et c’est une bonne chose. Je fuis les conflits, les agressions verbales, et tant pis si cela donne de moi une image déformée de qui je suis. Je ne serai pas celle qui se bat pour gagner, pour obtenir l’étiquette de la meilleure, simplement parce que je ne crois pas en ce terme « être le meilleur ». Par rapport à quoi est-on LE meilleur ? Par rapport à  qui ? Par rapport à ce qui est proposé mais regarde-t-on le meilleur ailleurs ? Prenons un livre qui va recevoir un prix littéraire, ce sera le meilleur parce qu’un jury l’a décidé, mais moi qui vais le lire vais-je dire par rapport à mes propres critères que c’est le meilleur. Lorsque je mets mes coups de coeur sur ce blog, c’est parce que pour moi cette lecture m’a transcendée. Mon voisin, lui, ne ressentira peut-être rien. C’est ainsi.

Alors la compétition, ce n’est pas pour moi, car se vouloir le meilleur, c’est encore une histoire d’ego démesuré, de désir de ne pas perdre, peut-être parce qu’à l’intérieur, on est un peu vide. Être auteur, artiste, c’est ne pas avoir besoin de se dire que l’on est le meilleur, juste que l’on est soi-même et que c’est cette lumière, cette confiance qui illuminent nos œuvres. Seule la reconnaissance du travail bien fait m’importe, celle d’avoir osé, d’y avoir cru, d’avoir été jusqu’au bout, et c’est pour moi la plus belle récompense !

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