( 25 août, 2017 )

Mourir dans la dignité

 

J’avais espéré que le XXIe siècle nous ouvre la porte d’un nouveau courant de pensées, et bien non, nous restons coincés dans une philosophe ancestrale liée à aux religions. Mourir dans la dignité me semble en ce début de siècle un respect essentiel. Ma mère est atteinte d’une maladie neurologique, Parkinson et DCL. C’était une femme active, toujours positive, qui m’a toujours enseignée de croire en la vie. Seulement voilà, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même. Lorsqu’elle a appris il y a cinq ans son devenir, elle a signé des papiers, non recevables aujourd’hui puisque les lois n’ont pas avancé. Elle doit donc subir cette dégradation de son corps ( elle ne marche plus, ne lit plus, n’écrit plus, ne peut plus téléphoner), et celle de sa mémoire qui s’efface doucement tout en conservant vu la perversité de cette maladie des cauchemars incessants. La Démence de Corps de Lewy est une vraie torture pour un malade. Il vit sans cesse dans plusieurs plans, ne sachant plus où se trouve la réalité ou ses rêves, il vit dans une angoisse permanente, dans des délires paranoïaques, une peur. Son état se dégrade par paliers, sans signe avant coureur.

Pourquoi ne pas laisser les êtres humains mourir dans la dignité ?

J’en ai assez que l’on nous serine au nom de la foi, qu’il faut souffrir pour avoir sa place au paradis ! L’homme devrait avoir le choix ! Certains choisiront les soins palliatifs, c’est leur droit, d’autres le suicide  assisté comme en Suisse l’association DIGNITAS. Mais laisser mourir des années des vieux dans des maisons médicalisées, je trouve cela inhumain.

Dernièrement ma maman dans un éclair de conscience m’a pris la main pour me dire  » Je ne savais pas que c’était si long de mourir » … toute la souffrance est dite dans ces mots. Elle est en attente de mourir, c’est ce qu’elle vit. Elle mange, dort, et le reste du temps, même si beaucoup d’ateliers sont organisés, elle vit dans cet univers de peur.

Tout le non-respect de notre société qui va prolonger la vie, en conservant ses institutions pleines de patients en état végétatif. Est-ce cela vivre ?

En tous les cas, je peux vous assurer que si une loi française n’est pas passée d’ici quelques années, lorsque les premiers symptômes d’une telle maladie se profileront, j’irai en Suisse ou en Belgique  fermer mes yeux.

Je refuse d’infliger à mes enfants cette souffrance que vit ma mère, et cette peine qui me saisit à chacune de mes visites. L’amour c’est aussi savoir dire adieu à temps.

 

( 24 août, 2017 )

L’amour après 40 ans ?

 

Je reste perplexe face à un sondage publié dans un magazine sur « la vie sexuelle des plus de 50 ans ». Accrochez-vous ! 52% n’auraient plus du tout de vie sexuelle ! Ouille, ça pique ! Sur ces 50%, la majorité serait des femmes qui ne supporteraient plus les coups de reins de leur tendre et cher. Une petite minorité serait tout de même des hommes devenus pantoufles qui trouveraient trop épuisant de s’adonner au Kama sutra ! Je sais bien que l’âge amorce des problèmes de relation, diminue l’envie, mais vivre « sans », n’est-ce pas ouvrir la porte à des psychoses en tous genres, et surtout à des frustrations terribles. Attention, le sondage n’est pas fini. 32% des actifs sexuellement seraient insatisfaits ! Les hommes trouveraient leurs partenaires moins amoureuses, trop réservées. Et curieusement, l’opinion est la même chez ces dames.

En clair, seuls 16% d’heureux !!!!! Et ces derniers ne sont en couple que pour 5%…

Serait-ce le vivre ensemble qui tuerait le désir ? Le travail ? Les enfants ?

Dans ce merveilleux petit sondage, 78% des hommes comme des femmes rêvent d’un nouvel amour ou d’une relation extra-conjugale.

Mes conclusions, beaucoup de frustrés sur cette terre, beaucoup de malheureux, donc de déprimés. Donc beaucoup de pensées négatives. Un couple dit marital ( marié ou non) peut très bien être en harmonie dans son foyer, et bloquer sur les galipettes, alors si un petit jardin secret évite à tous deux la déprime, peut-être les prochains sondages seront-ils moins déprimants ! :)

Car l’amour, ça non, cela ne s’arrête pas à 40 ans !!!!!

 

( 24 août, 2017 )

Écrire le mot fin

Quand on termine un manuscrit, on met implicitement le mot fin, et pourtant, j’ai tendance à penser que ce mot ne s’écrit pas, ne se dit pas, simplement parce que la seule véritable fin est celle d’une vie, de notre vie, le jour où nous ne pourrons plus écrire, le jour où plus rien ne pourra changer ce dernier chapitre. Il sera bel et bien fini.

Est-ce pour cette raison qu’inconsciemment tant de personnes n’arrivent pas à mettre un terme à une relation ? S’enlisant dans des silences ponctués parfois de petites amorces incertaines. Mettre le mot fin à une relation de travail, à une relation amicale ou amoureuse, revient à placer l’autre, celui qui lui n’a pas choisi ce mot fin, dans une situation d’échec. Je pense à ces couples usés qui refusent de lâcher-prise par commodités, par peur, par orgueil, ces personnes qui s’enlisent dans une relation fichue d’avance où l’autre n’est plus celle avec qui le rêve est permis. Je vais peut-être être dure, mais lorsque dans un couple, un seul des deux partenaires fait un effort, tente de s’impliquer, c’est que la fin est déjà écrite, à l’encre invisible, mais elle est bien là.

On n’aime pas une personne en un jour, et on ne peut donc pas l’oublier en deux. Il faudra du temps, mais sans s’autoriser à mettre ce mot fin, on ferme la porte à la vie qui se trouve derrière la porte.

Le ressenti est identique dans une relation amicale. Elle est l’Amie, notre soeur, notre double, et sans un mot, elle disparaît à jamais. Comment ne pas se sentir trahie, abandonnée ? En mettant le mot fin allez-vous suggérer ? Ah si c’était si facile. Lorsque l’autre est une personne avec qui on a partagé des secrets les plus intimes, ou des silences qui disaient tout. C’est bien pour cette raison qu’en dehors du caractère sexuel, il n’y a aucune différence entre une trahison amoureuse ou amicale. C’est un acte qui place l’autre en position de souffrance et d’incompréhension.

Pourquoi cette cassure ? Je pense qu’à un moment un des deux n’a plus été en phase, n’arrivait plus à suivre, avait peur de la place que prenait la relation. Je pense que lors du rejet, on ne peut échapper à la souffrance surtout si la rupture fut violente et sans explication. Parfois nous percevons inconsciemment que cette relation idyllique est toxique, et nous allons nous éloigner pour notre bien.

Il me semble primordial de tout faire pour écrire à deux le mot fin. Il ne peut s’écrire unilatéralement. Ensuite, laisser toujours une petite ouverture. Autant une séparation réfléchie, consentie des deux cotés après communication ne laissera pas de séquelles, autant une rupture violente laissera un vide et un manque pouvant perdurer par vagues des années, certains vous diront même jusqu’à la mort.

Les gens changent, peut-être peut-on espérer un jour que les non-sens trouveront une explication afin qu’une fin douce puisse s’écrire. Ou pas, comme me disait dernièrement une amie. Certaines personnes sont bien difficiles à oublier, et malgré tout le mal qu’elles ont fait, si elles revenaient, et bien notre coeur bondirait de joie.

( 23 août, 2017 )

Ne rien avoir à dire, est-ce ne rien dire ?

 

Pourquoi certaines personnes bavassent-elles en changeant sans cesse d’opinion alors que d’autres n’ont rien à dire ? Pourquoi certains ne peuvent pas supporter le silence ? Serait-ce notre grande société zapping qui provoque ces phénomènes ?

Vous l’avez tous constatés au moment des élections. L’engouement soudain pour un parti puis pour un autre, le changement digne de girouettes, les discussions qui partaient dans tous les sens, ces personnes qui n’avaient pas d’avis, mais qui parlaient quand même.  Se fondre dans une opinion, c’est un peu appartenir à un groupe. Penser autrement n’est pas facile, c’est se désolidariser de ce pseudo groupe, nous mettant ainsi en position de rejet, de perte d’identité collective.

Pourtant, je suis convaincue que nous avons tous quelque chose à dire, et souvent ne rien dire ne signifie pas ne pas avoir d’opinion, mais simplement dire ces choses, donner son opinion autrement.

J’aime les échanges, les joutes verbales, j’aime l’interaction intelligente entre les personnes, mais je ne supporte plus ceux qui parlent pour ne rien dire, qui jugent sans réfléchir, qui racontent la vie des autres. On en connaît tous, ces individus qui se lancent lors de réunion de travail dans des discours sans fin dont on a perdu le fil au bout de quelques minutes. Avant, je faisais un effort, maintenant je m’envole vers d’autres pensées. J’ai toujours aimé ceux qui font chanter le silence, ces personnes secrètes qui parlent peu, mais dont les mots sont toujours imprégnés d’un sens voire d’un double sens. La vie m’a fait croisé de nombreuses routes d’amis qui avaient beaucoup à dire, et pourtant parlaient peu. Ce qu’ils disaient valait ce l’or. Ne croyez pas que je ne sois pas bavarde ! J’aime les mots, donc en confiance, je suis une vraie pipelette ! Par contre, j’aime aussi le silence, surtout travaillant dans un bruit omniprésent toute l’année. J’aime ces moments où on entend juste les respirations s’exprimer, où comme pour l’écrit, les choses les plus importantes sont dites entre deux soupirs, où les sentiments les plus positifs s’écrivent tout simplement, autrement qu’avec la parole, pudiquement … Principalement ces émotions que la parole tue.

( 22 août, 2017 )

Soixante secondes poétiques

En attendant de trouver une nouvelle idée de roman, je laisse des mots …

 

« Je ne t’écrirais plus …

Parfois un ouragan s’empare de nos sens, une tempête envoie tout valser. Alors seule la plume peut combler ce manque. Il y a ces mots qui veulent sortir et qui n’y arrivent pas, cet amour que l’on a envie de hurler et qui est déjà jugé avant même d’être né.

Je t’écrivais.

Et puis un jour, tout s’est stoppé.

Je ne t’écrirais plus.

Pourtant,

J’irai chercher dans l’infini, la douceur d’une nuit, la caresse d’un rêve, tout au fond d’un puits.

Je changerais tes habitudes sans te parler en me contentant juste de t’aimer

Vous, toi,

J’irai au bout de cette vie simplement pour un sourire, ton sourire

Peut-être pour accepter de mourir.

Mes mots s’envolent, se posent, chantent, dansent.

Ils te cherchent

Je te cherche.

À chaque coin de rue, j’espère te voir surgir,

À chaque appel, je te dessine

Je t’écrivais car j’y croyais.

Mais pas toi.

Alors je ne t’écrirais plus.

Pourtant, mon encre saigne, les mots sont là prêts à jaillir.

Des mois, des jours que ma plume a séché, tout comme mon coeur

Juste te revoir un instant, un moment, une éternité

Pouvoir poser de nouveau mes mots pour toi sur le papier.

Je ne t’écrirais plus mais ces mots tracés sont ceux qui t’étaient destinés.

Je vous aime. »

( 22 août, 2017 )

Croire en son étoile

 

Je devine déjà le sourire de certains. Je sais, vous pensez que Sylvie a disjoncté, qu’elle est repartie dans son univers fantasque où tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil. Je vous rassure ! J’ai les deux pieds bien enfoncés dans le sol.

Seulement , je reste une grande utopique, et je continue de croire en mon étoile.

Il y a des années, j’en ai choisie une dans le ciel, une qui m’attirait plus que les autres, le jour où mon fils s’est envolé. J’ai toujours eu une certaine fascination pour l’univers, son immensité, son mystère. Cette étoile est devenue ma force, invisible mais réelle. J’aime me ressourcer à sa lumière, me dire que si un soleil ou une planète a existé à un endroit de l’univers, a laissé ainsi sa trace, alors j’existe aussi un petit peu en la regardant, et j’espère laisser quelques traces de mon passage. Je ne vais pas m’aventurer dans des délires mysticos quelque chose, mais je suis convaincue que j’ai bien choisi mon étoile, qu’elle veille sur moi, même si ce n’est qu’un effet placebo.

C’est juste une étoile parmi des milliards, mais je me la suis appropriée.

Aujourd’hui, j’ai la certitude que si on laisse des dizaines d’étoiles envahir nos rêves, caresser nos vies, si on y croit très fort, si on se donne le moyen de réussir, alors rien ne se mettra au travers de notre route. Je crois que croire en notre étoile, c’est accepter d’ouvrir les yeux bien grands. Bien sûr, on fera de mauvais choix, on croisera des personnes que l’on aurait du éviter, mais au final, on aura oser aller plus loin. Et surtout, ne croyez pas que ce n’est réservé qu’aux moins de vingt ans ! Les papillons dans le ventre, les étoiles dans les yeux, c’est aujourd’hui, maintenant …

Il suffit de croire en son étoile. Ce soir, regardez le ciel, vous penserez à moi, allez, j’accepte de partager mon étoile, si vous acceptez de croire en elle.

( 21 août, 2017 )

Stabiliser sa thyroïde, difficile ?

Changement de composition du levothyrox, stress, etc stabiliser une thyroïde déficiente est un vrai parcours du combattant.

D’un côté, il y a la théorie, de l’autre la pratique. Stabiliser sa thyroïde, c’est facile vous diront certains, oui, mais, voilà, si c’était si simple ! Déjà les chiffres sont alarmants, 15% de français souffrent de la thyroïde contre juste 8% avant 1986 ( et on va nous dire que Tchernobyl n’y est pour rien). Ensuite arrivent les maladies auto-immunes, telles que la thyroïdite d’Hashimoto qui représentait, il y a seulement quelques années, 1 % des hypothyroïdies, et aujourd’hui touche  plus de 50 % de cette maladie, due au césium. Là encore, on se demande bien comment tout ce petit monde a été touché. Une chose est certaine, les pouvoirs publics s’en fichent !

Donc on y est, votre médecin a déclaré que vous aviez une hypothyroïdie. Un nom de mis sur la maladie, un soulagement, une guérison en vue. Et non, tout dépend de votre « hypo ». Si c’est une toute simple sans anticorps, vous aurez une petite chance !

Soit votre papillon se régulera de lui-même, soit un petit traitement va vous remettrez sur pied.

Ce qui fait dire aux médecins qui parfois ne voient pas plus loin que le bout de leur nez qu’une TSH dans la norme labo sera idéale.

C’est là où le mat blesse ! Stabiliser une thyroïdite d’Hashimoto est un vrai parcours du combattant, d’abord parce que le traitement que ce soit du Levothyrox ou L_Thyroxine n’est pas là pour soigner Hashimoto, juste pour aider la glande à ne pas tomber en panne sèche. Hashimoto est une maladie auto-immune, les anticorps vont agresser la thyroide et la détruire peu à peu. Le traitement donné par les médecins va, un peu comme pour l’huile d’un moteur, atténuer les symptômes afin d’éviter que le moteur s’arrête net.

Faut-il redonner ces symptômes, tous différents selon les personnes, jamais identiques, et pourtant parfois bien contraignants ? Prise de poids malgré des régimes draconiens, ou perte selon les personnes, problème digestifs, intestinaux, rénaux, cardiaques, tension artérielle en yoyo, essoufflement, œdème, envie de dormir, déséquilibre hormonal, perte de la libido, maux de tête, perte des cheveux, peau sèche, ongles cassants, baisse du fer, perte de mémoire, dépression, sommeil perturbé, froid, chaud, oubli, vertiges, et bien sûr fatigue incontrôlable, pouvant survenir du jour au lendemain sans signe avant coureur.

Alors oui, le médicament est très attendu par les malades. Il est pris comme s’il s’apparentait à une potion magique seulement ce n’en est pas une. La maladie, elle, ne va pas disparaître. Certains auront la chance de ne subir aucun désagrément, et de stabiliser vite, d’autres auront de constantes rechutes. Ce sont pour ces derniers qu’il faut se montrer vigilant ! Un médecin qui n’a pas été correctement formé aux maladies thyroïdiennes verra un patient venir affolé avec des nausées, maux de tête, des crises d’angoisse et une TSH à 3,4. Il trouvera que son patient est un peu hypocondriaque, et lui prescrira simplement un anxiolytique ou un antidépresseur. Seulement ce malade est peut-être Hashimoto, il ne le sait pas, le médecin non plus. Résultat, au lieu d’aller mieux le pauvre va voir son état s’empirer.

Faut-il encore rappeler que pour éviter aux anticorps de frapper trop fort, une TSH Hashimoto doit se trouver autour de 0,50 ? Combien de médecins ou endocriniens français s’en préoccupent ? Dans d’autres pays comme en Allemagne, c’est enregistré depuis des années. Pourquoi sommes-nous toujours tellement en retard sur les autres pays ? Pourquoi ne traite-t-on un malade comme un individu unique plutôt que de le placer dans une case normalisée ?

Combien de toubibs vont avertir leurs patients Hashimoto de l’incidence d’un séjour à la mer ? Incidence différente selon les hypos, selon les personnes. Certaines se sentiront des ailes, l’iode activant la thyroide, d’autres à l’inverse seront plus fatigués avec une petite hausse de la TSH à cause de l’effet iodé sur Hashimoto.

Que faire ? Simplement se faire faire une prise de sang au retour, sans oublier de vérifier les T4, une TSH seule n’est rien.

Et surtout pourquoi changer une formule qui convenait à plus de 99% des malades traités ! Les vrais allergiques à haute dose au lactose ne sont que 1% et aujourd’hui beaucoup plus au nouveau lévo.

 

Prenons un peu plus cette maladie au sérieux ! Elle sera certainement une des maladies auto-immunes la plus répandues dans cinquante ans vu les dégâts écologiques , alors commençons dès aujourd’hui à la respecter.

( 21 août, 2017 )

L’ingratitude

 

« Les enfants sont vraiment ingrats » me disait dernièrement une lectrice. Les enfants seulement ? Le monde d’aujourd’hui est ingrat. Il fut une époque où les hommes s’intéressaient aux autres. C’était Avant. On assiste à une cascade de rejets plongeant l’humanité dans des sentiments comme la dépression ou la tristesse.

Bon sang, est-ce si difficile de regarder les autres ? De ne pas vénérer le culte du moi ? J’ai l’impression que cela devient un parcours du combattant. À un instant de ma vie, une personne m’avait signifié qu’elle n’était pas assidue en relation, ou en communication. Sur le coup, je n’avais pas compris ce que ces mots signifiaient, mais cela m’avait tout de même bloquée. Comment peut-on installer une communication, une relation saine avec une personne si déjà à la base elle sait qu’elle ne pourra pas suivre ? L’ingratitude naît principalement de ce sentiment de rejet, de cette émotion violente que l’on reçoit ou plutôt que l’on ne reçoit pas.

Pour revenir aux enfants, un parent qui va tout donner à son enfant ressentira de l’amertume face à attitude souvent désinvolte de son adolescent. Mais pour l’enfant, c’est normal. Au final, il n’a rien demandé après tout. Si son géniteur a voulu sacrifier sa vie pour lui, ce n’est pas son problème. On retrouve ce phénomène en amour ou en amitié. Comme j’aime à le redire, on ne choisit pas qui on aime ni ses affinités, et la personne aimée peut ne pas voir, comprendre, partager ces sentiments. L’autre blessé va alors ressentir une trahison. De là va naître l’ingratitude. Celui qui aime ne va pas comprendre. Il fait tout pour que l’autre partage son amour, il se dévoile, prend des risques, et rien, en face ce ne sera que le blanc de l’indifférence. Certains iront même jusqu’à profiter sans remords de cette situation, abusant financièrement de la crédibilité, enfants, famille, amoureux.

Alors oui, les enfants sont ingrats, de plus en plus car ils vivent dans un monde égoïste. Les gens prennent, mais ne donnent pas en retour. Ils vous phagocytent sans une once d’humanité, et quand vous ne servez plus leurs fantasmes ou leurs intérêts vous jettent comme une vieille chaussette.

Bien sûr, il est évident qu’il faudrait que cela change, car notre société, une fois encore, fonce droit dans un mur. Il faudrait déjà que chaque personne se remette en question ( je sais, c’est complètement idéaliste !) prendre conscience que l’ingratitude ou le silence blesse, et que faire du mal aux autres ne fait pas du bien à notre société.

Il faut surtout apprendre à accepter que certaines personnes ne changeront jamais, que nous ne faisons pas les choses pour les autres au final, mais pour nous.

Posons-nous les vraies questions. Avons-nous besoin vraiment de cette reconnaissance ou savons-nous ce que nous valons ? N’est-ce pas le plus important ? Soyons attentifs aux autres, là, me semble un bon début. Il n’y aura pas de frustration si nous n’attendons rien, si nous nous contentons juste d’être.

Laissons surtout le temps aux autres du recul. Un enfant s’apercevra un jour de ce que ses parents ont fait pour lui, un ami prendra conscience qu’il aura mal agi, un amoureux s’interrogera. Nous ne le saurons pas toujours, mais peu importe. Se dire que cette indifférence n’est au final qu’une fausse indifférence s’avérera peut-être un soulagement qui évitera à ce sentiment d’ingratitude que certains ressentent trop longtemps de peser trop lourd éternellement.

( 20 août, 2017 )

Amorcer les grands changements

 

Chacun souhaite à un moment de sa vie amorcer un changement. Cela arrive sur la pointe des pieds, discrètement, calmement. Puis cela s’impose comme une évidence. Quelque chose doit changer. On le sait. C’est une certitude. Il le faut. Pourquoi alors est-ce si difficile d’amorcer ce changement ?

La vie est comme une plateforme instable sur laquelle on n’arrive pas toujours à tenir debout. Cette sensation nous met mal à l’aise alors nous résistons car nous nous trouvons en sécurité dans notre petit confort. Nous préférons nous attacher à ce qui fut ou ce qui est, plutôt que de nous projeter dans ce qui sera. C’est une des raisons pour laquelle persistent des sentiments comme la rancune, la haine, la jalousie, l’attachement. Accepter de faire le deuil d’un amour ou d’une amitié signifie que nous devons renoncer à quelque chose qui fut très important pour nous, quelque chose auquel nous sommes encore attachés, un lien invisible que nous savons devoir couper, mais que nous n’arrivons pas à réaliser. Couper ce fil implique d’accepter que tout est vraiment fini, qu’il n’y a plus aucune possibilité de retour en arrière.

Il arrive un moment où nous devons accepter une réalité, élémentaire, nous vieillissons, et c’est là un premier changement, impossible à stopper. Nous sommes pourtant la même personne, peut-être avec quelques rides en plus, peut-être avec un peu plus de sagesse, peut-être pas, mais au fond, ces changements inéluctables sur notre « moi » ne nous ont pas tant affectés. Alors pourquoi fuir les autres grands changements ? Ce sera la même chose. Ils nous garderont « intact » en dedans. Pourquoi ne pas foncer dans un nouveau défi ? Dans de nouveaux rêves ?

Serait-ce simplement parce que nous n’avons pas de certitude sur ce que donnera ce changement, et que cela nous fait vraiment peur.

Pourtant, entre nous, l’idée même d’amorcer un changement n’est-elle une bien jolie manière de se sentir libre ?

( 19 août, 2017 )

Comment ne pas penser ?

 

Dernièrement je discutais avec des personnes qui me disaient ne jamais penser. Elles ne se posaient aucune problématique, ne s’accrochaient pas au passé, ne s’attardaient pas sur les problèmes, se contentant  de vivre, simplement l’instant. Comme je les envie. Je n’arrive pas à m’empêcher de penser, un truc de fou. Si je laisse ma tête se vider, en un claquement de doigt, elle se remplit de souvenirs, de réflexions, de petits riens qui vont prendre toute la place. C’est grave docteur ? J’ai envie d’atteindre la « non pensée », ce no man’s land où le cerveau est vide. Une personne m’expliquait récemment que cet état n’arrivera que le jour où je serais prête (c’est bien mal parti), car nul ne peut forcer le silence, et c’est cela ne plus penser, s’autoriser à écouter le silence.

J’ai toujours été emplie d’admiration pour ces personnes qui parlent peu, dont les silences parlent pour eux. Je me suis toujours demandée s’ils pensaient lors de ces non-dits ou s’ils savouraient juste l’instant. De mon côté, n’arrivant pas à ne pas penser, j’attrapais ce temps et j’y déposais de la musique, parfois des mots, des rêves, des fantasmes parfois qui auraient fait rougir les intéressés, mais le vide, non, je ne connais pas.

Heureux ceux qui ne pensent pas en permanence, j’imagine que leur fatigue est moins grande, que leur stress peut-être stoppé avec facilité. Apprendre le silence de son esprit me semble une nouvelle manière de vivre totalement le présent, et j’espère y parvenir un jour.

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