( 15 février, 2017 )

Comment choisir un livre et comment donner envie d’être lue ?

Je reviens souvent sur ce thème me trouvant devant la difficulté, vu la profusion de livres qui sortent, d’en choisir un. Je ne suis que rarement déçue par les livres que je choisis, ne les prenant pas au hasard. J’ai comme un flair, celui qui me porte vers le bon, celui qui va me faire vibrer, me mettre en transe, me basant sur les conseils de mes chroniqueuses préférées. Bien sûr, je choisis surtout des thrillers ou des polars, mon genre de prédilection, mais je lis de tout. C’est pour cette raison qu’en tant qu’auteur, j’essaie toujours de me mettre à la place du lecteur. Comment pourrait-il choisir mon roman parmi des milliers de romans, sachant que ne seront achetés en priorité que les grands noms, les grands labels ? Il faut bien l’avouer, je suis la première à me précipiter sur leurs dernières sorties.
Si je ne connais pas l’auteur, je porte une attention particulière aux couvertures, car en ce qui me concerne, j’aime une belle couverture, j’aime regarder celle d’un roman avant de le lire, essayer de deviner ce qui se cache derrière l’image, que le livre soit numérique ou broché. Ensuite, je m’attache au titre. Pour mes polars, par exemple, j’ai choisi le code de couleurs, car il n’existait pas de titres identiques dans le genre policier, et maintenant, mes livres sont reconnus par ce biais. Je ne me hasarderai même plus à trouver un code différent, je perdrais mon lectorat. Une lectrice me disait que rien que la couleur la mettait en transe, lui permettant de s’imaginer le lien entre ce titre et le sujet, car il y a bien évidemment un lien, qui entre nous, n’est pas toujours simple à trouver.
Ensuite, on sait tous que même si le livre s’avère excellent, de nombreuses personnes ne vont s’arrêter qu’à l’éditeur. Une erreur que je ne fais plus. Le Label « Albin Michel », « Gallimard » ou « Grasset » n’est plus aujourd’hui synonymes d’excellents romans. Que de livres insipides j’ai lus ces derniers temps venant de ces éditions. Quant aux petites ME, leur mode de communication et de diffusion est souvent tellement pauvre, faute de moyens, que les livres ne peuvent sortir du cercle amical d’une page Facebook, quant aux journaux littéraires, il ne faut pas se voiler la face, l’encart sur les livres est de plus en plus minuscule dans les magazines, tellement mince que plus personne ne les remarque. Je ne m’étonne guère que tant d’éditions coulent en moins de cinq ans. Un livre ne doit pas être considéré comme un produit de vente, mais comme un pur objet de plaisir, de partage. Un bon livre sera celui qui va donner envie, dont on va parler, dont on va souvenir, que l’on va se prêter, qui va être commandé dans les médiathèques de quartier. Un livre se passe, se prête. À l’ère du numérique, nous savons tous que les epub passent de main en main. Cela scandalise de nombreux éditeurs pour qui seul le chiffre importe, mais un livre qui marche, reste un livre lu quelqu’en soit le moyen.
Un auteur me racontait avoir publié en autoédition son premier roman. Ne voyant pas les lecteurs pointer, il a mis son numérique en téléchargement gratuit et a obtenu plus de 200 000 lecteurs, qui lui ont fait décrocher un vrai contrat bien juteux d’un grand éditeur. S’il était resté dans l’ombre, seul avec son petit bouquin, il ne serait pas aujourd’hui cet écrivain reconnu.
Et puis, il y aura toujours les autres, ceux qui savent se vendre, et j’en ai croisés avec des livres à vomir, mais respect, je les admire, ne sachant faire, tellement sûrs d’eux qu’ils ne craignent jamais un refus ou un non. Chacun possède ses propres dons. Nous sommes en hiver, il fait froid. Restez bien au chaud avec un bon bouquin, c’est un plaisir hors du commun !

( 14 février, 2017 )

Saint Valentin

 

La saint Valentin est aujourd’hui une fête commerciale, mais elle fut un jour, bien plus que cela, la fête simplement d’un saint dont , vérité de la Palice, le nom était Valentin. Il fut condamné à mort par un empereur roman pour avoir officié des mariages clandestins chrétiens. Défenseur donc de l’amour et du mariage, il fut canonisé pour cette raison.
Ce ne fut qu’à la fin du moyen-âge que cette fête fut officialisée le 14 Février et devint la fête des amoureux, sur ordre du pape Alexandre VI. Le but était de permettre durant une journée aux célibataires de trouver l’âme soeur. Les bouquets de fleurs, les repas romantiques et les cartes avec des coeurs n’ont fait leur apparition qu’au cours du XXe siècle.
Aujourdhui, la saint Valentin reste une des fêtes les plus célébrées dans le monde, une journée dégoulinant de bons sentiments.
Même si l’amour se conjugue au quotidien, c’est plaisant de sentir tous ces coeurs battre au diapason durant une journée, et comme l’amour amène une énorme énergie positive, pourquoi ne pas céder à la tradition ? Aimons-nous tant que l’on est vivant ! Alors joyeuse saintValentin à tous les amoureux.

 

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( 14 février, 2017 )

L’estime de soi

Aimer les autres, c’est bien, mais s’aimer soi-même est bien mieux, car qui ne s’aime pas, ne peut offrir aux autres une énergie suffisamment positive. Nous avons tous besoin d’amour (attention, j’ai bien dit « amour » au sens large, et non sexe). Être aimé par ses amis, ses enfants, apporte un sentiment indéniable de sécurité qui nous fait nous sentir heureux. Quand on dit qu’une personne amoureuse pourrait franchir une montagne pieds nus, ce n’est pas un euphémisme. Une personne en manque d’amour n’est plus qu’un pâle reflet de ce qu’elle est en réalité, sombrant doucement vers des moments de doutes, d’angoisses, de dépressions. Toute la richesse du monde ne suffit pas si on n’est pas aimé pour soi.
Je le redis, car c’est pour moi la clé, pour aimer les autres, il faut s’aimer, il faut s’accepter, sans artifice, sans faux-semblants, en restant vrai, en ayant confiance en qui on est. L’énergie positive est illimitée, elle se partage, et si aucune faille ne l’entrave, l’amour sera là dans notre vie et nous portera. En clair, notre bonheur est ce que nous sommes.
Facile à dire allez-vous me dire, encore des mots, rien que des mots.
Je vous accorde que nous ne sommes pas égaux face à cette réalité. Ayant été élevée dans une philosophie de vie bienveillante, j’ai toujours eu une vision positive de la vie, puisé une force en moi, avec bonne estime de moi, doutant peu de mes capacités ou de mes projets, surtout convaincue que l’échec n’est pas un drame, juste un moyen de faire mieux. Curieusement, avec cette façon de penser, j’ai toujours réussi ce que j’ai entrepris, même si parfois le chemin fut long, sans me décourager, me relevant même des pires souffrances.
Un jour, j’ai pourtant quitté le monde des Bisounours. Un jour grain de sable a tout enrayé, me plongeant dans la négation de ce que j’étais. Il en faut peu au final pour foutre en l’air une vie, juste une confiance ébréchée, des mots pires qu’un scalpel. Pendant plus de cinquante ans, j’ai vécu le sourire aux lèvres puis tout s’est écroulé. En un claquement de doigt, j’ai perdu mes repères, je ne me sentais plus vivante, tellement meurtrie que je me suis autodétruite et Hashimoto est entrée dans ma vie.
Ne me faisant plus confiance, doutant de moi, je n’avançais plus, reculant, simplement parce qu’une personne avait touché où cela faisait mal, avait écrasé ma sincérité, avait joué avec moi, tout simplement. Engloutie par des personnes nocives, j’ai choisi de m’enterrer sous terre, m’éloignant des autres durant plusieurs mois. J’ai l’immense chance d’avoir des amies fidèles qui m’ont botté les fesses, me propulsant vers un travail de reconstruction, m’obligeant à m’accepter de nouveau, autorisant au final les autres à m’aimer. Je serai éternellement reconnaissance à tous ceux qui m’ont aidée à traverser ce désert sans me lâcher la main, à mon médecin qui m’a écoutée des heures ne me laissant partir qu’une fois certaine que j’avais retrouvé le sourire.
J’ai franchi des montagnes pour me retrouver. Je me suis retrouvée, telle que j’étais, un peu abimée, mais plus vraie que jamais.
Je regrette d’avoir permis cette faille dans ma vie, de ne pas avoir su ouvrir le dialogue même si je devais affronter des énergies très négatives, de ne pas avoir affronter en face ces langues de vipères, ces coeurs plus sombres que la nuit. Au lieu de me bloquer, de créer un mur qui m’a aussi enfermée, j’aurai du offrir tout ce positivisme qui me caractérisait sans me soucier des conséquences, car au final, se débarrasser de certaines personnes peut s’avérer douloureux, mais sur le long terme, c’est une délivrance.
Aujourd’hui, je crois de nouveau en l’humain, j’ai pardonné ou plutôt j’ai fermé définitivement une porte, pas oublié, on n’oublie jamais, j’ai appris de mes erreurs passées, et surtout, même si parfois je doute, et c’est fréquent lorsque je titille la plume, je me raccroche à toute cette superbe énergie que l’on m’envoie régulièrement, sans oublier de la faire circuler, car l’amour ne se garde pas égoïstement. La vie m’a appris une chose essentielle, il faut toujours rester soi, même si cela implique de quitter un moule, même si cela dérange, même si parfois il faut fermer des portes. Il ne faut jamais céder aux menaces, à la peur, au chantage affectif, à la pression, rester fidèle à ce que l’on croit, à ce que l’on est. Je ne sais pas si cela garantit un bonheur éternel, mais une chose est sûre, cela permet de vivre en meilleure harmonie avec les autres et surtout avec soi.

( 13 février, 2017 )

Guérir de ses blessures affectives

Contrairement à ce que beaucoup pensent, il s’avère souvent très difficile de se débarrasser de ses blessures affectives, des émotions négatives qui nous envahissent, non parce que nous sommes faibles, mais parce que nous avons été depuis toujours conditionnés à un certain schéma comportemental qui nous colle à la peau.
Cela se retrouve souvent dans les relations complexes qui constituent un couple. Une étude a montré qu’une grande majorité de couples fonctionne sous l’effet dit « miroir », ce sont ces opposés qui s’attirent, ce grand macho bavard dont l’épouse sera douce et secrète, cet homme calme et détaché qui aura une compagne possessive, paniquée pour un rien. « Ce qui vous réprimez, votre partenaire l’exprime » (ainsi que l’inverse), fascinant non ? Nos propres émotions vont en fait affecter l’autre, ce qui va générer un effet négatif si notre ressenti n’est pas positif. Si nous réprimons notre peur, tout en tentant de rester détendu, l’autre va le ressentir et ainsi mettre du carburateur dans la nôtre et nous allons nous sentir en danger, sans raison et paniquer.
Ce transfert négatif se produit souvent aussi en amitié lorsque l’autre va déverser, au nom des grands sentiments, tout son mal-être, sans se soucier de la manière où nous allons, nous le recevoir. Nous allons devenir un réceptacle émotionnel, sans pouvoir stopper ce flux incessant.
Prenons l’exemple trop courant des amitiés exclusives, où « le pilier » ne supporte pas de ne pas être unique, où la jalousie va s’installer, pour certains ce sera même une prise de pouvoir avec volonté d’agir à la place de l’autre, pour le bien de l’autre.
L’issue est douloureuse, et il faut impérativement sortir de cette spirale pour en guérir. Nous avons toujours le choix. Nous sommes maitres de nos vies, de nos décisions. Nous devons le rester et ne pas subir les flatteries sans réfléchir avec recul.
L’autre, en amitié, en amour, n’est pas nous. Nous avons le droit de penser différemment, de vouloir nous épanouir autrement, de désirer passer du temps avec d’autres personnes.
Il est donc primordial de ne jamais ( et c’est très dur) réprimer ses angoisses, ses contrariétés, par peur de faire des vagues ou de blesser. Le résultat n’en est que plus violent, augmentant de ce fait la contrariété. Mieux vaut en fait une bonne discussion saine voire une prise de bec où le ressenti sera mis sur le tapis évitant ainsi des blessures affectives plutôt que des non-dits ou des mensonges qui mettront des mois ensuite à cicatriser.

 

Inspiré du livre de Gray

( 12 février, 2017 )

Mon petit dernier

Toi mon petit dernier, mon enfant conçu lorsque j’ai atteint la maturité, mon bâton de vieillesse, mon rayon de lumière, mon petit bébé, tu vas fêter aujourd’hui tes quinze ans.
Je me souviens de ton premier regard lorsque tes yeux ont croisé les miens, de ta voracité à m’attraper le sein, de ta petite main potelée serrant la mienne, de tes grands éclats de rire, de tes premiers pas, de tes anniversaires magiques avec ta bande de diablotins.
Aujourd’hui, tu es devenu un grand garçon, dont je suis très fier, un bon élève, un enfant qui sait réfléchir, un petit adulte dans un corps d’ado.
Pourquoi alors ce pincement au coeur ? Est-ce de m’apercevoir que toi, mon enfan, tu as grandi ou le fait de refuser de voir les aiguilles du temps tourner ?
Je suis peut-être simplement égoïste, préférant ignorer le reflet dans mon miroir, évitant comme certains de m’attarder sur mes cheveux emmêlés ou sur les rides dessinées sur mon visage, sur mes cheveux blanchissant, sur les kilos empâtant ma silhouette autrefois svelte.
Certains rêvent d’avoir toujours vingt ans, ce n’est pas mon cas. Je suis heureuse de ma vie, heureuse du chemin que j’ai parcouru. Comme tout le monde, il m’arrive d’être nostalgique, d’avoir quelques regrets, de penser à tous les actes que j’ai manqués, à mes disparus qui ne sont plus, aux amours perdus, aux routes que j’ai croisées et qui se sont séparées, mais lorsque je regarde mon petit dernier, je me dis que je n’ai rien à regretter. La vie est une chose merveilleuse ! Alors, joyeux anniversaire mon bébé, euh, mon grand garçon.

( 11 février, 2017 )

Ces appels en masqués

Le modernisme a ouvert une porte en offrant les appels masqués teintés de charme, propices aux fantasmes. Qui pourrait bien se cacher derrière ces nombreuses sonneries, certaines raccrochant avant d’avoir parlé. Naïvement, chacun pense au d’un prince charmant, tout tremblant, n’osant prononcer le moindre mot, par timidité. C’est touchant. Ce désir bouleverse, l’interlocuteur peut se l’imaginer ruisselante de désir, prête à avouer ses sentiments, mais ne pouvant s’y résoudre. Un peu comme dans la chanson de Diane Tell  » Si j’étais un homme »
« Je t’appellerais tous les jours, rien que pour entendre ta voix. »
Terriblement romantique. Nombreux ceux qui ont déjà senti leur coeur vibrer et qui ont désiré juste entendre la voix de l’autre, son timbre, son souffle.
Les gens stressés ou pressés ne s’attarderont pas sur ces futilités, mais les autres …
Ceux qui ont ressenti le besoin viscéral de composer ce numéro issu du passé, trainant sur un vieux bout de papier, et qui, au dernier moment, ont eu peur de parler, les mots sur le bout de la langue, par la peur qu’on leur raccroche au nez. Quel acte manqué !
Le smartphone a statistiquement remplacé le téléphone, et l’habitude du sms bloque souvent ce lien unique que sont les mots, simplement parce qu’écrire est plus simple, tandis que répondre à un appel, c’est se mettre en danger, dire le mot qu’il ne faut pas. Un sms se rattrape toujours, un appel a un pouvoir irréversible. L’émotion contenu dans une voix peut tout basculer. Nul besoin d’avoir vingt ans, pour foutre en l’air une conversation soigneusement préparée. Prenons l’exemple de l’appel que l’on a attendu tout l’été, faisant suite à des sms sans équivoque, que l’on a imaginé, rêvé et qui va diaboliquement se planter, parce que l’autre va nous prendre par surprise, poser la question à laquelle on n’arrive pas à répondre si vite, ou bien cet autre dont la voix ne semble pas aussi enjouée qu’on le supposait, cette discussion jouant sur l’ambiguïté, nous faisant douter, et on sait tous que parfois il ne faut pas grand chose pour perdre confiance en soi. Alors on raccroche, dépité, les larmes aux yeux, avec un cuisant sentiment d’échec, le mal est fait, on ne peut plus rien changer. Ce sera le souvenir de cet appel que l’on va regretter indéfiniment .
Toute l’ampleur de ces appels masqués réside dans ce silence porteur d’espérance.
Vous vous doutez bien que ma plume ne va pas s’attarder sur les démarcheurs de produits qui vont vite nous saouler ou les erreurs de numéros. Non, je parle juste de ces appels volontairement passés, anonymes, réguliers, ponctués parfois de codes que nous seuls pouvons identifier. Ces appels magiques, ces appels énigmatiques, qui vous font nous sentir aimer, un petit peu, un instant, même si c’est illusoire.
Un jour, parce que rien ne dure, parce que les autres s’en mêlent, le téléphone ne sonne plus. On se met à apprivoiser l’absence, à ne plus y penser, moins, parce que certaines personnes continuent à créer un vide. Pourtant, que ne donnerions-nous pas pour voir de nouveau s’afficher un appel masqué, son appel masqué. Juste cinq secondes, rien, une éternité. Alors vous qui me lisez, et si vous osiez, la vie est bien trop courte pour renoncer à ces appels masqués.

( 10 février, 2017 )

Les personnages de mes romans.

Un roman n’est rien sans ses personnages, sans ces êtres qui sont une partie de nous véhiculant l’émotion à l’état pur, la colle d’une l’histoire, sculptés dans l’essence même de la trame du roman. Je ne sais pas si vous, amis auteurs, vous êtes comme moi, mais je me surprends souvent lorsque je sors, d’observer « le monde », tout en me disant « Tiens, cela ferait un bon personnage », « Tiens, elle a une réaction sui cartonnerait dans mon roman ». Mes héros, je les invente comme s’ils étaient les notes d’une chanson, je leur souffle des émotions, des réactions, je puise dans la vie de tous les jours, dans les faits divers pour en extraire des drames, des larmes, des rires. J’adore ce moment où je débute un manuscrit, où je décide du devenir de ces personnages, de leurs coups de coeur. Ils vont exister dans ma réalité durant quatre à six mois, ce n’est pas rien.

Comme tout auteur, je suis très attachée à mes personnages, je les aime, ils sont mes amis, fidèles, toujours là, et quelle joie pour moi lorsque vous les aimez aussi.
Un écrivain qui n’aime pas ses héros ne pourra transmettre une vraie émotion à son lectorat, encore plus lorsqu’il s’agit du »méchant » de l’histoire. Vous avez été très nombreux après avoir lu INDIGO à me parler de Louis Buisan, ce personnage atypique, véritable psychopathe , et pour lequel vous avez eu, pour beaucoup, tant d’empathie jusqu’à me suggérer des scènes pour mon prochain opus. J’ai trouvé cela fabuleux. Les lecteurs qui sont à fond dans l’écriture d’un prochain manuscrit, se l’appropriant tellement qu’ils sont prêts à en écrire la suite. Un personnage de roman, contrairement à la réalité, se modèlera au fil des pages, pourra même parfois changer, devenir meilleur ou l’inverse, avoir un coeur ou le perdre. Il n’y a pas de règle . C’est toute la magie de la littérature, faire du rêve une nouvelle réalité, jouer avec les sentiments, tendre le fil jusqu’à ce qu’il menace de craquer, puis écrire le mot fin, tout en sachant très bien qu’il pourra peut-être se dessiner un jour un prochain opus qui permettra de tout recommencer.

( 9 février, 2017 )

L’amitié amoureuse est-elle un cadeau

Quel sentiment est plus beau que l’amour ? L’amitié peut-être, mais ces sentiments ne sont-ils pas très proches ? Qui n’a pas connu un jour, bien malgré lui, une amitié oscillant vers un sentiment plus profond où siégeait le désir ? Le fil qui sépare les deux est très fin, presque invisible. La rencontre en amitié est souvent identique à la rencontre en amour. On reconnaît en l’autre son alter ego, son âme soeur, pouvant être celui ou celle que l’on a cherché des années. L’amour est un sentiment violent, passionné, qui s’inscrit parfois comme une évidence. L’amitié sera plus subtile, plus discrete, un besoin différent, un plaisir de se retrouver, de discuter, d’échanger. À quel moment la barrière va-t-elle s’écrouler ?
Parfois jamais, la plupart des relations amicales le resteront, et puis un jour, on découvre que l’ami nous porte de petites attentions, nous offre des cadeaux, semble empressé à nous voir. Le doute s’installe. Est-ce nous ou bien est-ce notre imagination ? Rien n’arrive au hasard. Ce glissement se fait souvent lorsque le couple traditionnel s’use, lorsque l’on découvre dans le regard de l’ami ce que l’on ne voit plus dans le regard du conjoint. Alors on se met à rêver, tout en ayant peur de ce qui pourrait se passer. Un dérapage pourrait-il détruire une jolie amitié ou au contraire lui donner encore plus de saveur ?
Comment être certain de ne pas se fourvoyer ? Certains vous diront que tout se joue dans le regard, celui qui fuit ou celui qui accroche, dans ces petits riens qui font des tout. Faut-il oser ? La question est épineuse, car il n’y a pas de règles. Certaines personnes ont ce besoin de savoir, d’autres vont prendre la fuite par peur de ce qui pourrait arriver.
Certaines amitiés seront toujours asexuées, le bon vieux copain qui vient nous réparer la voiture ou l’ordi, et d’autres flirteront avec la ligne rouge, ce moment où le regard que l’on posera sur l’ami, toujours là pour nous, à nous rendre service, ne sera plus juste amical, mais un mélange d’envie, de désir, un besoin de chevaucher l’interdit.
Souvent, les plus belles passions naissent d’une amitié dans l’oeuf, l’ambiguïté des sentiments incitant les protagonistes à se faire inconsciemment une cour discrète, jouant avec le vouvoiement par peur de glisser dans une passion dévorante.
À l’inverse, de nombreuses relations amoureuses, mariages ou vie maritale finissent en amitié si l’amour s’étiole.

L’amour-amitié est un réel danger s’il s’apparente à l’amour platonique. Certaines personnes ne ressentant aucun désir sexuel pour l’autre, n’auront pas de difficultés à gérer cette amitié, mais l’autre ? Peut-on affirmer qu’il n’en souffre pas ? Désirer un homme qui ne nous regarde que comme la bonne copine va déstabiliser cette amitié, tout comme tomber amoureux de sa meilleure amie sera une catastrophe. Chacun, marchant sur des oeufs, hésitera à s’aventurer vers un terrain miné, usera de mots cachés, d’images ambiguës. Le résultat n’en sera une pire, empli d’interrogations.
Doit-on avouer son amour à un ami ou faire semblant pour sauver cette amitié ?
Comme je le dis régulièrement, on ne choisit pas de tomber amoureux, on choisit par contre ses amis. Si le désir de l’autre, le besoin, l’amour prend la première place, il faut briser le silence. Une véritable amitié résistera à tout, si elle n’est qu’amitié.
Alors l’amitié-amoureuse est-elle un cadeau ? Certainement pour ceux prêts à l’accepter. L’énergie positive qui va s’en dégager sera toujours bénéfique à condition d’être capable de se protéger des autres, de ne pas en sortir frustré, sinon mieux vaut lâchement fuir pour mieux se protéger.

( 8 février, 2017 )

Pourquoi tombons-nous amoureux ?

Ah l’amour ! À quelques jours de la St Valentin, les pubs dégoulinent de ce sentiment dont nous rêvons tous, qui ne se commande pas, qui ne se provoque pas, qui a juste le mérite d’être tout simplement. Je déteste ces fêtes fabriquées, mais l’amour m’inspire toujours. Il n’y a pas d’âge pour tomber amoureux. Preuve en est, en visite régulière dans une maison médicalisée, un charmant vieux monsieur m’a attrapé la main samedi pour me dire : » Quand je vous vois, je suis amoureux. Je me dis que je suis encore vivant. »
Magnifique, non ?
Nous serions prêts à escalader la plus haute montagne pour atteindre la personne qui fait battre notre coeur. L’amour est un sentiment bien plus enivrant que des bulles de champagne, un ras de marée qui va tout changer, qui va nous changer. Tomber amoureux, encore et encore, c’est se donner la possibilité à chaque fois de se réinventer avec l’autre, de se découvrir, et de tout recommencer. Prenons un vieux couple englué dans sa vie quotidienne, installé dans un plaisir qu’il connait par coeur. L’amour est présent, le verbe aimer se conjugue et pourtant, qui le premier des deux rêvera d’une histoire qui prendra naissance dans l’interdit, afin de sortir de cette vie stable et bien rangée, de peindre de nouveau des éléphants roses sur le blanc des murs. Ce désir de toucher une nouvelle peau, de découvrir de nouvelles sensations, une dernière fois, de se sentir comme le disait mon octogénaire vivant.
Nul n’y échappe sans tomber pour autant sur les idées préconçues de monsieur amoureux d’une jolie poupée ou de madame de beaux bras musclés. Souvent, les corps qui vont se chercher, se découvrir, ne seront plus de la première jeunesse. Cela n’empêchera pas nos tourtereaux de s’aimer avec passion, de sentir leur coeur battre comme s’ils avaient quinze ans.
Pourquoi Lui sur un million de personnes? Pourquoi son sourire à Elle trouble tant ? Est-ce Cupidon qui a lancé sa flèche ? Ce serait tellement romantique, pourtant de nombreuses explications psychanalytiques viennent s’opposer à ce jeu du hasard.
Les théories de l’enfance, du besoin de retrouver dans l’autre son père ou sa mère, un amour passé, une ex que l’on n’arrive pas à oublier, un mentor dont on a besoin pour évoluer.
Est-ce si important de savoir « pourquoi ? » Pourquoi on aime ? Pourquoi on désire ? Pourquoi on aime tant désirer ? Pourquoi parfois le fantasme l’emporte sur la réalité ?
Au fond, la seule chose que l’on doit retenir sont ces rencontres, ces chemins qui se croisent, ces regards qui s’accrochent, ce désir qui brûle, cette envie qui ne nous quitte pas. Peu importe son nom, le simple fait qu’il existe, que ce sentiment nous soit connu est important, car il nous rend meilleur, heureux, même si ce n’est que pour quelques heures volées, pour quelques minutes à rire au téléphone ou à discuter sur un banc en plein hiver. Ce moment unique où le temps se stoppe, juste avec cette évidence, nous sommes amoureux, nous admirons l’autre, nous le trouvons diaboliquement séduisant, nous sommes heureux car il existe. Ce sentiment permet un transfert d’énergie positive qui sera salvateur.
Pourtant, il faut redescendre sur la planète terre. Les princes charmants ne courent pas les rues, quant aux princesses, elles se révèlent vite capricieuses, jalouses et possessives. La réalité efface les beaux sentiments. C’est bien triste. Certains liens uniques perdurent pourtant, se renforcent, même après une séparation, même sans contact, ce sont ces amours impossibles qui défient le temps. Est-ce parce qu’ils échappent au quotidien ? Ou parce qu’ils sont simplement une simple illusion ?
Est-ce important ?
Vivre un jour cet amour nous rend heureux, rien que d’y penser, alors pourquoi y renoncer ? Ce n’est pas parce que nous sommes des êtres intelligents dotés de raison que nous devons fuir l’idée de vivre une véritable passion. Quant au temps qui nous est compté, doit-il vraiment prendre le pouvoir ? Ne devrions-nous pas vivre un dernier amour avant qu’il ne soit trop tard ? Comme dirait mon vieux monsieur afin de se sentir vivant ?

« Que cherchons-nous au fond si ce n’est la certitude d’avoir laissé une trace, même infime, dans la mémoire de celui que l’on a tant aimé ?

Cinq secondes, ces amours qui se jouent sur juste ces cinq secondes qui peuvent tout changer, cinq secondes qui vont faire sonner le téléphone, cinq secondes pour dire juste oui … cinq secondes pour changer une vie. Cinq secondes, je t’attends … »

Sortie 5 Secondes- fin Mars 2017 (sous réserve) »

 

( 7 février, 2017 )

Les gens parfaits

Qui n’a pas connu une famille parfaite, un couple merveilleux que tout le monde admire. Je suis certaine que vous en visualisez un dans votre tête, le Monsieur Parfait, bien de sa personne, intelligent, avec un portefeuille bien rempli, vivant dans un endroit douillet, parfait bien sûr, avec à ses côtés madame Parfaite, belle, toujours superbement habillée, impeccablement coiffée. Monsieur et madame Parfait sont sympathiques, presque trop, inséparables à l’extérieur, toujours souriants, toujours à finir la phrase de l’autre. Ils ont bien sûr deux enfants parfaits, trop polis, trop sages.
Je vous vois venir et penser que transpire une pointe de jalousie, et bien vous vous trompez car des monsieur et madame Parfait, j’en ai connus, dégoulinant d’amour et de perfection jusqu’au jour où la façade se fissure, où le miroir se brise.
Le maquillage de madame Parfait ruisselle sur ses joues, seule, tellement seule, devant un film glamour face à sa télé, pensant qu’il y a fort bien longtemps que monsieur Parfait ne lui a pas rapporté de roses ou fait un compliment. Elle ne met en doute son amour vu qu’il l’honore chaque jour de ses coups de reins, mais elle sait, elle sent, que rien n’est plus comme avant. Ah madame Parfaite n’a pas tord, son tendre et cher butine régulièrement la bonne ou la secrétaire. S’en doute-t-elle ? Certainement, mais elle fait semblant de ne rien voir. Il faut préserver les apparences.
Peut-être que vous qui me lisez, enviez monsieur Parfait, sa vie bien remplie, bien structurée, bien organisée, moi pas. Je détesterai vivre dans une cage dorée, préférant mes coups de gueule, les passions qui me font battre le coeur, mes rêves.
C’est vrai que je n’ai pas la silhouette de madame Parfaite abusant un peu trop des sucreries, j’ai les signes du temps dessinés sur mon visage, des filets blancs dans mes cheveux. Mais contrairement à madame Parfaite qui se bourre d’antidépresseurs, je me contente, les jours de blues de m’avaler un paquet de petits Lus au chocolat, puis je me bats pour me remettre debout.
Le comble de l’horreur se produit lorsque monsieur Parfait rencontre madame Toutlemonde. Est-ce cette différence qui va l’attirer, le besoin de jouer ? Soudain, un grain de sable vient tout enrayer. Un pas, un faux pas devrais-je dire, la catastrophe, le couple Parfait va se trouver ébranler, faisant sortir madame Parfaite de sa tanière, transformant cette femme « civilisée » en une bête jalouse, presque défigurée.
Le reste aura mille versions que je vous laisse imaginer. La tempête va imploser chez Parfait’s Family, puis le couple va faire corps, prêt à tout pour sauver leur image, leur respectabilité. Ils disent qu’ils savent se tenir et sont prêts à tout, même à tuer, oh non, avec propreté, car on peut tuer sans donner la mort. Certains coups mortels sont bien pires. L’Ordinaire est mise hors circuit, l’honneur est sauf, madame Parfaite retrouve sa superbe, son petit mari, ses coups de butoirs chaque nuit, elle se rajoute quelques mèches de couleur dans les cheveux pour montrer qu’elle a compris, monsieur Parfait, lui, s’achète pour un temps une conduite, et le tour est joué.
Champagne, l’univers est sauvé !
Et vous ? Que pensez-vous de notre couple Parfait ? De ce coup de coeur avorté ? de cette haine que madame Parfaite a su déverser ?
Ce petit couple peut-il vraiment vivre son petit bonheur Parfait en ayant tout oublié ? Le grain de sable n’a-t-il pas laissé dans son sillon un vent de frustration ? Ne rêvent-ils pas, au fond, tous deux en secret, de briser leur miroir afin de vivre la réalité et de ne plus chercher une telle perfection ?

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