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( 10 septembre, 2021 )

L’école autrefois

Vous souvenez-vous, ceux de ma génération, des classes d’autrefois ? Il n’y avait pas de TBI ( tableau blanc interactif), pas de tables individuelles, juste des tables en bois avec des chaises ou des bancs. À cette époque, on ne croulait pas sous les cahiers ni sous les stylos fluos. La maîtresse( ou le maître pour les garçons) nous donnait un cahier en début d’année et on utilisait un porte plume avec des plumes qui souvent finissaient par casser tellement on appuyait. On faisait de gros « pâtés » que l’on tentait de cacher avec un buvard. Dire que cela n’existe plus ! Pas de stylos magiques qui s’effacent avec une gomme pour réécrire dessus. La dictée était un vrai cauchemar ! On raturait, ça faisait sale ! L’école d’autrefois n’avait pas le modernisme de ce siècle, pourtant on était aussi nombreux par classe, séparés les filles et les garçons jusqu’en 1970. Pas de tags sur les murs, pas de détérioration. Les seules incivilités que nous osions étaient nos initiales sur le bureau en bois. Comme une trace de notre passage. Pas de téléphone portable, pas de jeux vidéos, mais des rires lorsque nous jouions à chat dans la cour. La majorité des élèves ne mangeait pas à la cantine. Une époque où les mamans ne travaillaient pas. Est-ce la raison pour laquelle nous étions moins fatigués ? Ou simplement la violence n’avait pas encore fait son entrée par la grande porte ? Une autre époque, une autre vie, mais j’en garde de merveilleux souvenirs.

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( 5 juin, 2021 )

Ah ces cabines téléphoniques !

Nostalgique d’une vie où le smarthphone n’existait pas. Je sais que mes propos seront jugés irrationnels pour beaucoup et pourtant ! Je rêverais de voir le retour de ces cabines téléphoniques qui ne nous imposaient pas des chaînes. Les moins de trente ans nés avec un téléphone greffé à leur oreille ne pourront comprendre ce besoin de liberté. Pouvoir sortir sans son portable à la main, pouvoir rentrer à quinze ans sans être « flicqué » par maman. C’est vrai que ces jours-ci ayant beaucoup de contacts téléphoniques en vue de mon déménagement, je peste contre ce modernisme qui nous impose d’être là, de répondre quand l’autre l’a décidé, dans la minute. Je fais partie de ces réfractaires qui n’ont plus de fixe et dont le téléphone est toujours volontairement en silencieux.

J’ai la sensation que nous sommes aliénés à cet engin, menottés, à tel point que j’ai une jeune amie qui m’a avoué avoir été à deux doigts de se suicider le jour où on lui a volé son smarthphone, « sa vie », m’a-t-elle dit.

Je suis nostalgique de ces cabines où on allait pour papoter, totalement concentré sur l’appel. De nos jours, les gens téléphonent tout en mangeant ou regardant la télévision, parfois au détriment de leur entourage. J’ai beaucoup de mal à comprendre ce besoin de regarder sans cesse ses notifications comme si c’était une question de vie ou de mort. Faites comme moi, il suffit de les désactiver ! Et je ne parle pas de ceux qui pianotent ou répondent à leurs messages lorsqu’ils sont invités. Est-ce une impression d’être moins seul ? Ou est-ce simplement devenu une addiction ?

Je suis encore plus nostalgique de ce temps où on n’incitait pas les gens à avoir un smarthphone ou plutôt devrais-je dire où on ne les obligeait pas. Je pense entre autre au fameux code quasi « obligatoire » pour manger dans les restaurants etc N’est-ce pas une façon de réduire la liberté de chacun ?  Je sais que je joue l’avocat du Diable, car les Pro-téléphone me diront que c’est pour la sécurité du pays, que le téléphone sauve des vies etc … n’empêche que … les cabines téléphoniques, c’était bien sympa !

 

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( 29 juillet, 2020 )

Les réseaux sociaux

Ah, ces réseaux sociaux, cette course aux like où le plus important n’est pas d’être heureux mais de laisser croire qu’on l’est.

Nombreux ceux qui postent simplement par intérêt, pour avoir la sensation d’exister. Partager en particulier en mode « public » une information relayée n’est souvent pas dénuée de mauvaises intentions, même si trop de personnes ne vérifient pas leurs sources et et relancent bêtement une rumeur. Savoir user des réseaux sociaux avec intelligence nécessite de lire, puis de vérifier les sources et ensuite d’éventuellement partager. Il est important également de bien différencier les profils strictement privés destinés aux amis des profils publics simplement là pour combler un vide. Les « like » reçus en retour donnant à certains l’illusion d’exister ou les persuadant de laisser une empreinte.

Je ne critique nullement, chaque personne a besoin pour exister d’un regard que ce dernier soit réel ou virtuel. Par contre, n’allons pas changer qui nous sommes pour devenir ce qui se fait ou se vend sur les réseaux sociaux !

J’ai lu dernièrement que certaines personnes sur Instagram allaient jusqu’à changer le nom de leurs destinations de vacances pas assez « dans l’air du temps », truquant leurs partages. Quelle tristesse ! Tout ça pour se faire bien voir, pour exister au travers du regard de followers anonymes, de leurs ressentis.

Usons avec modération de ce modernisme chronophage !

 

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( 24 avril, 2019 )

Où va notre bonne vieille école ?

L’école s’écroule doucement, sans faire le moindre bruit. Quelques grèves parsemées, bien peu, normal, qui voudrait perdre une journée de salaire sachant que tout est joué d’avance. On va même jusqu’à prendre un fil noir et coudre les bouches. Les enseignants n’ont plus le droit de se plaindre, plus le droit de donner leur avis, plus le droit même de pointer du doigt les failles. L’éducation nationale veut formater de bons petits soldats prêts à supporter les insultes, l’agressivité constante des familles et des enfants, le mépris général de la population face à cette profession de « planqués ».

Société dégoulinante d’envie regorgeant de familles qui ne sont même pas capables de tenir tranquille leurs bambins. Comme je l’ai toujours dit tout au long de ma carrière, parents jaloux de nos vacances scolaires, venez prendre une semaine nos classes et vous verrez dans quel état vous serez en fin de semaine ! Accepteriez-vous de passer vos week-ends à corriger des copies, à faire vos préparations, à remplir des livrets ? Combien d’enseignants, particulièrement débutants, peuvent se gargariser de faire la fête le samedi soir ? De partir deux jours en amoureux ? Enseigner est chronophage !

Et voilà qu’en prime se profilent de nouvelles lois qui vont augmenter le poids de cet enseignement. Je pleure sur cette bonne vieille école de la république qui est en train de disparaître juste pour une question de gros sous. J’adore enseigner ! C’est un véritable plaisir ! Mais j’y ai laissé ma santé. Parce que nous ne sommes pas des robots, juste des humains. L’éducation nationale veut des enseignants parfaits, sans faille, des machines à éduquer. À trop vouloir, on tire sur la corde et elle casse. On parle du suicide des policiers, on cache le suicide des enseignants. Et je ne parle même pas des dépressions que l’on préfère nommer « surchauffe intellectuelle », cela fait plus politiquement correct !

Peu importe au final le contenu de cette nouvelle réforme ( j’en ai vu tellement dans ma carrière), ce que je note simplement, c’est qu’on a perdu en qualité ! Des classes surchargées dont tout le monde se moque, des instituts de formation qui ont disparu, des formations pédagogiques qui n’en ont que le nom etc Ah, je me souviens de ces stages de formation où nous laissions un mois notre classe pour qu’une jeune recrue apprenne en plongeant dans la marmite, stages où nous apprenions vraiment quelque chose d’utile ! Ah je me souviens de ces sorties que nous pouvions faire hors des cent kilomètres réglementaires aujourd’hui où les élèves découvraient l’Histoire « en vrai ». Je me souviens de ces classes à vingt élèves où le travail individualisé était roi. Je me souviens de ces classes de découverte où chaque jour était un jour de fête !

C’était hier …

Aujourd’hui le tableau noir est remplacé dans de nombreuses écoles par un TBI (tableau blanc interactif), grand modernisme que tout le monde applaudit, mais inutilisable car aucun réseau Internet dans les classes et surtout aucune formation ! Une dinosaure comme moi qui galère déjà à créer une simple adresse mail, on peut imaginer le casse-tête du spectre de la disparition du tableau noir.

Alors même si les craies vont disparaître, tout comme les plumiers autrefois, je prie pour que ne disparaisse pas totalement l’esprit de l’école de Jules Ferry …

 

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( 13 mai, 2018 )

Ces journaux intimes que l’on garde.

 

J’ai pris la plume à treize ans après avoir lu le journal d’Anne Franck. Tout comme beaucoup de jeunes à mon époque, j’écrivais sur des petits carnets, des cahiers d’écolier, que je décorais de photos. Je n’ai jamais cessé d’écrire durant plus de quarante-cinq ans. Cela en fait des carnets ! Jeune, j’ai déchiré des pages, détruit certains, n’ayant pas encore conscience que les souvenirs sont ineffaçables.

J’ai eu des périodes « creuses » où je n’écrivais que peu, souvent trop prise par le tourbillon de la vie, d’autres fastes où un carnet ne faisait pas un trimestre.

Et puis, sur les conseils d’un collègue en 2010, j’ai découvert que l’on pouvait écrire son journal sur micro à partir d’un logiciel. Je n’ai pas cessé le carnet pour autant, mais j’ai trouvé super de pouvoir laisser des traces à partir du téléphone dès que je vivais une émotion ou que je découvrais quelque chose de nouveau. Pendant plusieurs mois, j’ai ainsi rempli des dizaines de pages, écrit mes premières véritables nouvelles, joué avec les mots. Seulement, je n’avais pas imaginé que ce bonheur d’écrire autrement allait m’apporter une source d’ennuis par le biais de piratages de ces données. Aujourd’hui, je peux vous dire que si j’avais su, jamais je n’aurais laissé mon stylo ! Plusieurs mois de ma vie furent effacés d’un clic, pas pour tout le monde ceci étant. Un viol de mon identité, de mes pensées, de ce que j’avais de plus cher, mon intégrité. Je suis donc retournée aux carnets et aux stylos, fuyant le plus possible l’ordinateur. Régulièrement, on me vente les mérites d’un logiciel sur mon Ipad « génial » pour sauvegarder des traces de son journal intime. Comment dire, je n’ai plus du tout confiance dans le modernisme ! Alors oui, mes carnets commencent à prendre une sacrée place ! Alors oui, faute d’argent ce sera mon héritage, et je me doute d’avance que mes loulous n’en auront rien à faire, mais je m’en moque, je continue d’écrire pour moi.

Tenir son journal, c’est s’autoriser le recul, une manière d’analyser objectivement sa vie. C’est poser des mots parfois en colère, parfois en amour, et pouvoir ainsi en rire après. La mémoire est sélective, et ne conserve que ce qu’elle veut bien conserver. Un journal intime permet de garder l’instant, de faire cette introspection nécessaire, cette analyse de soi, et ainsi de ne pas retomber dans les mêmes pièges ( ou au moins d’essayer). Je relis rarement mes carnets, mais cela m’arrive, et c’est toujours un plaisir de constater que j’ai bien avancé dans cette vie, peut-être un peu grâce à eux.

Et vous ?

 

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( 1 avril, 2017 )

Une interview sans oeillère !

 

 

Bonjour, merci de vous prêter au jeu pour notre journal. On parle beaucoup de vous sur les réseaux sociaux, pourtant vous êtes dans l’ombre. Acceptez-vous de tout me dire au travers de cette interview en direct ?

Oui, pourquoi pas ? Je n’ai rien à cacher !

Votre signe astro ? Et s’il vous ressemble ? Avec quels signes vous êtes le plus proche ?

Cancer ascendant Scorpion, le pire signe ! Terriblement romantique, trop sensible, trop possessive. Très rancunière, mais persévérante. Le Cancer est très maternel, j’ai été puéricultrice puis enseignante, j’ai eu 5 enfants. Tout est dit, non ? Lorsque je crois en quelque chose, en une cause, en une personne, j’y crois jusqu’au bout. Lorsque je n’y crois plus, je tourne la page, sauf si cette personne n’est pas ordinaire.

Sinon, je m’entends avec presque tout le monde. Ma route a croisé celle de nombreux Cancers avec qui en général (hommes ou femmes), je surfe sur la même vague d’émotions, mais sinon, je n’ai pas vraiment fait attention.

Alors vous ne pardonnez pas ? 

Ah la question piège ! Si, bien sûr, c’est l’objet de mon dernier livre. On a tous une seconde chance. Parfois, il faut des mois, des années, mais cette chance existe.

Votre dernier livre parle de rencontres. Y a-t-il des rencontres qui vous ont marquée ? 

Bien sûr, il y a des rencontres qui marquent une vie, simplement parce qu’elles ont eu le mérite d’exister. Ce sont ces rencontres fortuites, que l’on ne cherche pas, que l’on ne provoque pas, que l’on ne trouve pas sur des sites spécialisés ou autres. J’aime beaucoup écrire sur le thème des rencontres, car ce sont elles qui changent nos vies.

Regrettez-vous certaines rencontres ? 

Non, je n’ai aucun regret. Chaque route que j’ai croisée a eu ensuite un impact sur ma vie, négatif parfois pour finir par quelque chose de beau. Je ne crois pas au hasard des rencontres, je crois que nous avons des choix à faire, divers chemins à prendre, et parfois on se trompe, le temps de 5 Secondes comme l’héroïne de mon roman, l’acte manqué.

Des actes manqués, vous en avez ? 

Ben comme tout le monde, j’en ai plein ! Ces choses que je n’ai pas sues dire, ces gestes non faits. Oui, qui n’en a pas ?

Vous les regrettez ? 

Non, je l’ai déjà dit, je n’ai aucun regret. Ce qui fut devait l’être. Des routes qui se croisent peuvent se croiser un jour de nouveau. C’est le principe même de la vie.

Changeons de sujet, pourquoi un blog ? 

J’ai commencé à écrire mon blog lors de la sortie de mon premier polar. On m’avait dit que ce serait utile. Au final, je me suis prise à cette écriture quotidienne, aux commentaires réguliers. Nombreux lecteurs m’ont dit avoir besoin de « mes mots ». Je me sens responsable d’eux,.

Votre principale qualité ? 

Ai-je une qualité ? Rires, je ne sais pas, la fidélité en amitié et en amour, la sincérité. C’est aux autres qu’il faut demander.

Votre pire défaut ? 

J’en ai trop pour les dire ! Réservée ( on m’a dit dernièrement et que c’était le plus gros défaut alors je choisis celui-là)

Vous parlez beaucoup de trahisons dans vos romans, c’est un point sensible ? 

Comment dire, je n’aime pas faire du mal, je n’aime pas que l’on m’en fasse. Lorsque je fais confiance, je ne pense pas que l’on puisse me trahir. Je suis assez naïve là-dessus. Après, j’écoute les raisons, j’entends et j’essaie de comprendre, si on veut m’expliquer ; Je suis très emphatique, et j’ai tendance à prendre les fêlures des autres sur mes épaules, à ressentir la vulnérabilité de certains, la solitude d’autres. Si je m’inscris dans un processus amical, je donne ma confiance, et c’est mal de la briser. S’il y a trahison, c’est que quelque chose n’a pas été compris, mais c’est peut-être de ma faute. J’assume d’avoir pu faillir.

Aucun pardon possible, alors ? 

Si justement ! Rires. Mais c’est compliqué. S’il y a eu des mots dits « face à face » ou téléphoniques, je pardonne rarement, car je sens l’énergie de la personne, « sa haine », et je n’aime pas ce ressenti. Si par contre, la cassure fut provoquée par des tiers, je vais prendre du recul, cela peut-être long, faire mon introspection puis je pardonne.

Je sens que ces tiers restent coincés. 

Pires que cela, certaines personnes ont bien pourri ma vie. On est dans une société où chacun se mêle de la vie des autres, rapportant mots ou situations déformées, et je ne parle même pas du danger d’Internet et de son anonymat. Sur le coup, cela fait mal, mais l’intelligence est de se demander si vraiment « l’autre » l’a dit ou pensé. Je laisse le doute possible. Vous savez, c’est le « J’en ai rien à foûtre d’elle, elle n’a jamais été importante. » On a tous connu des remarques rapportées similaires qui sont plus violentes qu’un coup de poignard. Face à cela, je rentre dans ma tanière, et je n’en sors plus. Rires

Aucune chance ? Pas de seconde chance ?

Si, une porte entreouverte.

C’est à l’autre de venir s’excuser ?

Je ne demande pas d’excuses. Le passé doit rester où il est, mais oui, c’est à l’autre de revenir.

Plusieurs retours de votre roman vous comparent à Nadia, cette Faiseuse de bonheur. 

Rires. Un livre est fait de mots et d’émotions, donc non, je ne suis pas Nadia, mais oui, certainement que ma pensée positive peut se sentir dans ce roman. J’ai voulu passer un message, faire comprendre que nous faisons tous des erreurs, que nous ratons tous des choix, que nous en faisons de mauvais pour de mauvaises raisons, et qu’au final, on le paie parfois le prix fort, mais que toujours, la vie est là, plus belle que jamais et que nous devons vraiment y croire, à cet avenir qui nous attend (et peut importe que l’on ait vingt ans ou soixante-dix), à cette seconde chance, au bonheur sans cesse renouvelé. Donc si mes mots peuvent aider, alors oui, on peut me comparer à Nadia …

Vous pratiquez la pensée positive dans vos romans ?

Comme dans la vie. J’essaie, depuis le décès de mon fils, de m’y astreindre, c’est ce qui m’a portée. J’ai mes limites et n’y arrive que lorsque je vais bien. Rires

tous ceux qui vous rencontrent vous décrivent avec un sourire lumineux. 

Ahahah. Votre question me déstabilise. J’essaie de garder le sourire, c’est tout, car malgré tout la vie n’est pas facile. On en prend des claques !

Que représente l’écriture pour vous ? 

Tout, absolument tout depuis toujours. J’ai toujours été une littéraire, adoré écrire. Je remplissais des carnets à mes amies d’enfance. Ensuite des lettres à mes amoureux. Quand j’y pense, qu’est-ce que j’ai dû les saouler ! Je ne perdais pas une occasion pour écrire.

Comme Carla ? 

Oui, j’écris mon journal depuis l’âge de treize ans. Cela en fait des carnets ! J’anticipe votre question, ne me demandez pas ce que je vais en faire ! Ils ne sont qu’une trace, une nécessité.

Qu’avez-vous éprouvé avant la sortie de votre dernier roman ? Et après ? 

Énervement ! Ce n’est pas simple d’être publiée et de travailler en même temps. Trop de pression. Après, je décompresse, et je suis déjà passée à autre chose.

Entre votre premier roman et votre dernier, écrivez-vous différemment ? 

Oui, et heureusement. Rouge fut juste un brouillon, écrit à la va-vite sur les conseils d’un collègue. J’avais commencé à écrire une histoire d’amour durant l’été 2010, et j’ai perdu les premiers chapitres. Rouge s’est inscrit de lui-même. Il n’était destiné ni à être lu ni à être publié. Il est donc bâclé. Rires. C’est surprenant, car il reste celui qui s’est le plus vendu. Je pense, enfin j’espère, que mes livres sont plus aboutis aujourd’hui.

Envisagez-vous l’écriture comme une activité professionnelle à temps plein ? 

Non, absolument pas. Le monde de l’édition est en crise, et on est loin de la poule aux oeufs d’or. Je suis professeur des écoles, et j’aime mon travail. Et puis, il y aura dans quelques années la retraite ! Là, je me consacrerai à l’écriture pleinement.

Monter une maison d’édition, vous en parlez sur votre blog. 

C’était un vieux rêve, et l’idée n’était pas de créer une grosse machine, mais qui sait ? Je lis beaucoup de manuscrits pour différentes petites éditions, et j’adore aider les jeunes auteurs à développer leur plume. Ayant vécu dans l’ombre d’une vraie édition durant deux ans, j’ai vu les pièges à éviter. Mais bon, la retraite est encore loin …

Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à nos lecteurs rêvant de devenir écrivain ? 

D’écrire, de croire en leur plume, d’écouter les conseils, les critiques. De toujours chercher à s’améliorer, et de se forger une carapace, car ce milieu est difficile.

Question piège, édition, autoédition, vous êtes beaucoup lue, pour quoi ?

Sujet tabou. Je crois dans les mots, et pour moi un livre, s’il est bon, sera lu publié dans une ME ou en autoédition. Quant à la raison de cet intérêt pour mes livres, aucune idée. Je ne cherche ni la notoriété ni le devant de la scène, la preuve, je ne fais ni salon (sauf le we dernier) ni dédicace. J’ai promis d’être honnête, cela me gave ! Je suis une sauvage. C’est un point de litige avec les ME. Je tiens à ma liberté, et je compte garder comme dirait Florent Pagny « ma liberté de penser ».

 Les critiques ou commentaires malveillants vous touchent en tant qu’auteur ? 

Bien sûr, je suis un être humain, et je n’aime pas lire des commentaires gratuits  » Votre livre est nul ». J’ai envie, besoin de savoir pourquoi pour m’améliorer. C’est vrai qu’arrivée au dixième livre, je ne lis plus que rarement les critiques, sauf des chroniqueuses, car ce sont elles qui font vivre nos livres.

Êtes-vous très active sur les réseaux sociaux ? 

Non, par manque de temps, je ne suis pas active sur Facebook ou les autres réseaux. J’ai ma page Facebook Rouge-Polar où je poste mes sorties littéraires, et je navigue un peu sur Linkedln qui est un réseau plus sérieux côté promotion. Je ne suis pas très informatique, et je préfère mon bouquin plutôt que me cacher derrière un écran.

 

Vous êtes contre le modernisme ?

Ce n’est pas ce que j’ai dit, juste que je suis une quiche en informatique, ce qui m’a valu à une époque de gros déboires. Je m’adapte ! J’écris sur un iPad pro, j’ai une liseuse Kobo, rires, je ne suis pas restée à l’ère du Moyen-Âge, mais j’avoue que je suis très réticente face à ce monde virtuel. On ne sait jamais qui se cache derrière un profil, derrière un mail.

 

Pourtant de nombreuses personnes ne travaillent aujourd’hui que par Internet ? 

Je sais, mais j’ai du mal à m’adapter à ce système. Je le redis, j’ai besoin d’avoir confiance, et j’ai vu les limites d’internet et ses risques. En tant qu’auteur, au début, je ne protégeais pas mes écrits, et j’ai retrouvé des passages entiers de mon blog dans certains livres.

Pourquoi écrire un livre sur Hashimoto  ? Est-ce un sujet qui vous touche particulièrement ?

Ah ! Bonne question ! Bien sûr que ce sujet me touche étant atteinte de cette maladie.

J’ai très mal vécu l’annonce de cette maladie qui m’a réduite à l’état de légumes durant deux ans. Aujourd’hui, je vais plutôt bien même si il m’arrive d’avoir des rechutes.

Lorsque j’ai écrit ce recueil, j’étais en colère contre moi, pour avoir laissé cette maladie s’installer, pour ne pas l’avoir anticipée. J’ai eu la chance d’avoir des médecins géniaux qui m’ont aidée, soutenue, chance que n’a pas tous les malades.

Hashimoto fut un peu une façon de crier ce que je n’avais pas eu le courage de dire, de mettre des mots sur des maux. Il en est à sa troisième édition, et continue à aider. J’en suis ravie !

 

Certains médecins rigolent de ce type de livre. 

Rires. Je sais, mais ce n’est pas grave. Je ne leur en veux pas. Ce n’est pas facile de comprendre un malade. Un médecin reste un être humain. On a trop tendance à les croire au-dessus de tout, ils ne sont que des hommes avec leurs propres vies, leurs soucis, « leurs emmerds » comme dirait Aznavour. Ils ont le droit d’en rire. L’important est ceux que j’ai touchés, ainsi que les malades ou les familles. 

 

Vous n’avez pas eu cette maladie pour rien écrivez-vous.

C’est une façon de parler, mais oui, j’ai l’impression d’avoir mis un sens dans un non-sens, d’avoir vécu quelque chose pour une bonne raison.

 

 Revenons à 5 Secondes, quel message avez-vous voulu transmettre à travers ce livre ?

Comme pour Hashimoto, que la vie nous laisse des choix, qu’il suffit de 5 Secondes pour tout détruire que parfois on entend, mais on se refuse à entendre l’autre, surtout que l’on fait tous des erreurs.

 

Vous aussi ? 

Rires. Bien sûr ! Si je pouvais effacer certaines choses, je le ferais immédiatement, quoique, si je n’avais pas vécu certaines épreuves, je ne serais pas là à vous parler, alors ?

 

Si vous aviez quelque chose à dire à quelqu’un, que diriez-vous ? 

Que je suis désolée, que l’on ne s’est pas compris. Que ce serait bien de lire 5 Secondes. Rires. Qu’une seconde chance existe.

 

Vos projets ? 

Un nouveau polar bien sûr ! Ensuite, j’ai envie de me lancer dans la littérature enfantine ou un autre style. Je terminais mes romans par 5 Secondes. Je n’ai plus d’histoires d’amour à raconter !

Pourquoi, l’amour est illimité.

Non justement, on se répète un peu trop. Cela devient redondant. Les histoires d’amour se ressemblent, et seules les histoires tourmentées se vendent.

Pour écrire aussi bien l’amour, vous y croyez ?  

Bien sûr, quelle question !

L’amour entre mêmes sexes ? 

Ce n’est pas ma tasse de thé, mais l’amour reste l’amour. Il ne s’arrête ni au physique ni au sexe. Il est, tout simplement.

Pensez-vous que l’on peut continuer à aimer sans se voir ? C’est un des thèmes de 5 Secondes.

L’amour n’a aucune limite. C’est un merveilleux sentiment qui doit être respecté, accepté. Oui, on peut aimer sans se voir, on peut rester amoureux d’une personne longtemps. Il y a tant de façons d’aimer. Le plus triste serait de ne plus aimer …

Et vous dans tout cela ? 

Jocker !

 

Le mot de la fin.

Une pensée à ceux qui ne sont plus, j’espère qu’ils auraient été fiers de moi, et à ceux qui ont compté. Ma plume aura toujours un peu de Vous …La prochaine fois, j’essayerai de ne pas louper ces 5 Secondes …

Merci à vous Lynda pour cet interview très sympa !

 

Retrouvez Sylvie Grignon sur le site Fnac, Edilivre ou les éditions-Félicia-France- Doumayrenc. Un grand auteur que je recommande !

 

( 30 mars, 2015 )

Les limites du modernisme

Quand rien ne marche, on frise la saturation. Comme vous le savez tous, depuis mon piratage d’il y a quelques années, je n’utilise plus mon propre PC l’ayant légué à mon fils, ravi d’avoir un micro performant, n’utilisant qu’un vieux PC qui lui, n’est pas relié à Internet. C’est important de protéger ainsi mes manuscrits vu le nombre croissant d’individus jaloux sur les groupes d’écriture. Je tiens à mes mots comme s’ils étaient le sang qui coulait dans mes veines. Mais étant toujours une quiche en informatique, je ne cesse de me battre contre Antidote qui refuse de fonctionner quand j’en ai besoin ou Word qui se bloque stupidement. Ah, le modernisme ! Tout cela pour dire que j’ai corrigé hier le BAT de BLEU avec bien du mal car ma vieille machine me faisait des caprices. J’ai même pensé un instant à un piratage possible rigolant de l’inutilité. Que pourrait-on me prendre sur ce vieux ordi ? Même mon dernier fichier n’y est pas enregistré ! Ah si, quelques préparations scolaires … Quelle utilité ! À l’ère du modernisme, tous les coups sont permis donnant bien du pouvoir parfois à des rancuniers m’ayant prise pour Maléfice. Mieux vaut rire de la bêtise humaine ! Je le redis et le signe encore : laissons le passé à sa place ! Que l’on me laisse écrire mes livres en paix. Je ne demande rien à personne alors que l’on respecte ma liberté, ma tranquillité.

( 8 octobre, 2014 )

La lettre

 

À quoi ça sert une lettre ? Question d’une de mes midinettes. Et oui ! Génération émail qui n’imagine même plus écrire un courrier ( ce que nous faisons pourtant par le biais d’une correspondance)
Au fond, pourquoi une lettre plutôt qu’un mail ? Me demanda un autre, fatigué au bout de cinq minutes d’avoir écrit juste une ligne. Plus rapide de taper sur un ordi et pourtant, pour moi, une lettre, LA lettre, ne peut qu’être manuscrite. Une lettre qui sort sous Word est juste un simulacre de lettres. Nul ne peut en savoir l’origine ou l’expéditeur. Pour l’avoir vécue, il suffit juste d’une signature gribouillée et vlan, on se retrouve expéditeur d’une lettre que l’on n’a pas écrite, et les ennuis en prime ! Merci le modernisme !
 C’est pour cela, ceux qui me connaissent depuis des années le savent,  mes courriers, mes cartes sont toutes écrites à la main. C’est plus que des mots qui y sont posés, c’est un peu mon âme. Une lettre manuscrite est réfléchie, chaque mot est posée car contrairement à l’ordinateur, une fois sur le papier, on ne peut le changer. Mes mots auront donc plus de force, plus de flammes, mes mots seront simplement vrais. Si le destinataire aime entendre les sons vibrer, il pourra presque toucher mes larmes ou voir mon rire se dessiner. Écrire une lettre c’est presque dire je t’aime, tu es mon ami, je te fais confiance et je reconnais qui tu es …
J’adore lire des lettres venant de mes ancêtres, des feuilles noircies à l’encre noire sur du papier jauni par les années, relire les petits bouts de papier sur lesquels mes enfants ont tracé de jolies phrases.
Une lettre se respecte. Une lettre est magique. Une lettre est un cadeau immense offert à l’autre.
Rien de pire que les individus, dénués de sensibilité qui pour se faire bien voir par leurs collègues ou amis vont dénigrer ces lettres, allant parfois jusqu’à offrir leur contenu à tout va. Trahison suprême. Une lettre n’est pas faite pour être passée de main en main. Je n’ai jamais compris ces gens qui sous de faux prétextes vont faire lire des lettres manuscrites à des tiers. Ils n’en veulent plus, ils les détruisent tout simplement. Quelle perfidie pousse quelqu’un à vouloir salir les émotions d’un tiers ?
Un élève me disait justement : Tu ne liras à personne la lettre que j’envoie à mon correspondant ? Bien sûr que non ! Honte à ceux qui violent ainsi les secrets ou les sentiments  pour des raisons souvent très égoïstes.
 Comme je le dis régulièrement sur ce blog : on ne joue pas avec les sentiments des autres. La vie n’est pas un jeu ! Il n’y a que dans nos romans où c’est le cas !
Lorsque j’écris une phrase à la main, je fais un don de moi. C’est pour cette raison que je n’offre jamais un livre qui n’est pas dédicacé. Afin que ce petit lien magique qui unit les êtres persistent à jamais …
( 12 mai, 2014 )

Être esclave …

Je rebondis toujours pour mes posts sur des discussions que j’ai en famille.
Hier, nous parlions des jeunes et de l’esclavage inconscient qu’ils s’infligent face aux ordinateurs. Je sais que cela fait un peu  » mamie  » mais de mon temps, nous allions le dimanche courir dans le parc du coin jusqu’à en revenir sales et couverts de boue, nous partions jouer à chat ou à la corde à sauter sur le parking d’en bas, nous nous donnions rendez-vous pour aller acheter des bonbons au boulanger près de l’église, alors que nous devions assister à la messe ! Nous sortions, nous vivions, nous étions un groupe d’enfants nous chahutant. Aujourd’hui, que reste-t-il de ce type de gamins ? Traversant le parc régulièrement je constate que d’années en années, il se vide de plus en plus de cris d’enfants. On y rencontre, certes, des personnes âgées pour qui marcher reste un besoin vital, mais plus de gosses en train de jouer au ballon, plus de garçons occupés à essayer d’attraper les tresses des demoiselles ou de jouer à cache-cache. Et où est donc passée la jeunesse ?
Derrière son ordinateur à jouer en ligne sur le dernier jeu à la mode !
Je reste bouche bée lorsque des élèves me disent : » j’ai passé un we super avec tous mes copains !  » Et au fur et à mesure des explications, le  » tous les copains »se trouve être le réseau en ligne du fameux jeu vidéo.
Les jeunes d’aujourd’hui sont esclaves, esclaves du modernisme, esclaves de l’anonymat derrière lequel ils se cachent.
Esclaves d’une société où l’indifférence règne.
Notre jeunesse se retrouve esclave d’elle-même …

J’en viens certains jours à souhaiter une grosse panne d’informatique qui ferait tout valser, qui permettrait aux jeunes de se retrouver, qui permettrait aux enfants de redevenir enfin des enfants …

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