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( 12 mars, 2020 )

Confinement des personnes âgées …

L’annonce est tombée dans les Ehpad, les visites sont proscrites, les mesures de confinement sont déclarées. Principe de précaution pour éviter une hécatombe.

Tout le monde trouve cela normal. On préserve nos anciens, mais est-ce eux que l’on préserve où la manne financière qu’ils rapportent ? Qui se préoccupe de la souffrance de ces personnes âgées qui se savent au bout de leur vie et qui du jour au lendemain vont être privées de la seule chose qui les retient en vie, leurs proches. Je ne peux inexorablement que penser à ma maman, elle qui me disait sans cesse que c’est long de mourir et dont l’unique bonheur était ces quelques minutes où je passais pour lui caresser la main.

Que l’on cesse de me dire que ces endroits sont fabuleux ! Elle était dans un institut plus que correct, très cher, et pourtant comme je l’écris dans mon livre qui sortira en fin d’année, elle y était si seule, si triste, parce que cet endroit était simplement rassurant pour moi.

Si elle était encore là, je n’ose imaginer cette sensation d’abandon qu’elle aurait ressentie. Les maladies comme la DCL sont perfides, elles ne permettent pas à la personne de toujours comprendre une situation, et l’état de peur et de psychose double chez elle. Rien n’est pire que cette solitude chez les personnes âgées.

J’ai une pensée pour tous les aidants qui vont avoir ce coeur serré pendant des semaines sans contact, car beaucoup ne peuvent plus téléphoner. Une pensée pour les résidants qui vont soudainement se trouver confinés sans rien comprendre.

Une mamie disait dans un article :  « Je suis prête à mourir du Coranavirus, mais pas d’ennui ».

Qui a pensé à ce que eux voudraient ? Confiner ces pauvres êtres pour protéger qui ? Notre bonne conscience ? Nos propres peurs ? Leur vie qui n’est que douleur ?

Je sais que je suis peut-être dure mais je pleure sur cet égoïsme de préservation qui va tuer nos anciens de l’intérieur bien plus que ne le fera le virus !

 

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( 10 août, 2019 )

La banlieue et ses clichés !

Une fois encore que de mots qui sentent le souffre et qui souvent n’apportent que ripostes et rébellions. Je sature de tous les clichés « banlieue » relégués par les médias comme si le fait de vivre en banlieue était la pire chose, comme si la vie dans les campagnes était, elle, parfaite. Une fois encore, arrêtons les images toutes faites.

Alors, sachez que l’on peut traverser une ville de banlieue sans se faire égorger même à des heures avancées de la nuit, que l’on ne brûle pas tous les jours des voitures aux quatre coins de rue, que l’on n’a pas des cambriolages tous les jours non plus. Et la violence, on peut aussi bien la croiser en dans ces petites bourgades où on nous passons nos vacances tranquillement.

Stigmatiser les jeunes de banlieue est une grave erreurs car les jeunes générations n’y sont pas plus violentes. C’est ce que veulent nous faire croire les médias, mais je pourrais vous donner le nom de certaines petites écoles de campagne bien plus violentes que mon école pourtant en zone sensible !

 

Mon article aujourd’hui a pour simple but de montrer que notre monde regorge de clichés tous aussi vomitifs les uns que les autres. Cela commence par un constat entendu il y a quelques jours : « un môme de banlieue est voué à l’échec, inutile qu’il essaie de s’en sortir ». Il faut arrêter ! J’ai des anciens élèves médecins, même un attaché à un ministère, d’autres avec des métiers plus manuels mais qui rapportent gros comme plombier ou garagiste. Ces raccourcis trop faciles me hérissent comme si je disais que les enfants dans les campagnes étaient juste destinés à être éleveur de moutons !

Le monde évolue, la banlieue aussi, bon pas les mentalités qui restent toujours aussi pourries !

Que l’on oppose ce qui l’est, des vérités réelles comme qu’en banlieue, il y a trop de béton, pas assez d’espaces verts! J’approuve ! Qu’en banlieue, il n’y a trop de monde au mètre carré, c’est bien vrai, mais à l’inverse, je connais beaucoup de personnes qui vivent dans les campagnes et qui souffrent de la solitude.

Alors se pose la vraie question :

L’endroit où l’on vit ne serait-il pas ce que l’on en fait  ? Certaines personnes ne seront jamais bien nul part alors que d’autres seront heureux même dans un logement exigüe.

Moralité :

À chacun de créer son univers idéal sans pour autant aller démolir celui de son voisin.

 

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( 9 septembre, 2018 )

La solitude

 

Que d’articles j’au lus dernièrement sur la solitude, solitude des anciens, solitude des jeunes, solitude des gens qui à notre époque, malgré les réseaux sociaux, malgré les applications à la mode, sont seuls et bien seuls. Autant, avec l’âge qui avance, on peut apprécier, par moment, cette solitude, surtout lorsque l’on a eu une vie très remplie, autant voir une jeunesse se vautrer dedans m’attriste. Parents responsables, ai-je lu. Hum, trop facile ! Comme tout parent j’ai toujours poussé mes enfants à avoir une vie riche, n’empêche que chacun d’eux perçoit la vie différemment, c’est aussi une question de caractère. Après, il y a effectivement les désirs que les parents projettent sur leurs enfants. Je me souviens d’une classe de découverte faite il y a vingt ans. J’avais eu un mal fou à convaincre une maman de me laisser emmener sa petite chérie. « Elle a besoin de moments de calme. Elle ne veut pas partir. ». Obtenant gain de cause, je sais être persuasive, la gamine s’est éclatée, et n’a jamais voulu de ces fameux instants de tranquillité, poire elle n’a jamais ouvert une seule lettre de sa mère ! Ce fut certainement la maman qui a le plus souffert de cette séparation, mais fait-on des enfants pour qu’ils soient heureux ou pour combler nos vides ?

 

La solitude n’est pas une fatalité. Il suffit de s’ouvrir un peu aux autres, de tendre la main, de sourire, et les moments où on se retrouve effectivement face à soi, sont simplement des douceurs apportées par le vent. Après, il existe bien sûr, les vrais « ours », n’ayant que peu d’amis, ne voulant pas en avoir, ressentant la solitude même au milieu d’une foule, ceux-là ont ce que je nomme, la solitude de l’âme … et il y a tout de même une petite blessure d’enfance dedans. Un peu de courage, l’homme a besoin des autres …

 

( 3 février, 2018 )

La solitude

 

Fléau du siècle lit-on partout. Grande douleur si elle n’est pas choisie, touchant aussi bien les jeunes, souvent seuls à notre époque où les relations sont virtuelles, que nos anciens qui ont perdu tous leurs amis du même âge.

Solitude choisie, silence parfois salutaire, pouvant être anxiogène pour certains. Qui n’a pas en vacances dans une vieille bicoque sursauté en entendant le vieux plancher craquer ?

La solitude faisant les gros titres, trop souvent assimilée à l’absence de partenaires sexuels. N’est-on pourtant pas parfois seul dans un couple et à l’inverse heureux seul ? L’absence de solitude passe-t-elle obligatoirement par le couple ou par cette profusion d’amis virtuels dont s’égosillent certains, ces parasites, ces lèches-bottes ?

Ne peut-on se retrouver parfois bien seul au milieu d’un grand groupe, dans ces endroits où tout le monde parle pour ne rien dire, où on ne s’entend plus ?

Au sein d’un couple, certains ne partagent plus leur repas préférant rester jouer devant leur console, préférant faire chambre à part, sont-ils plus seuls que les autres ou la solitude n’est-elle pas plutôt un mode de vie ou de pensées ?

Cet autre est-il là parce que nous l’aimons vraiment ou pour combler le vide restant. Tout est une question de philosophie de vie.

Vaincre la solitude, c’est surtout ne pas avoir peur de ce vide, s’autoriser à vivre avec, à sortir d’un cercle vicieux où souvent les blessures du passé sont tenaces, à ne pas se jeter dans les bras du premier venu ou dans les griffes de la première psychopathe prête à combler ce manque. Sortir de la solitude, c’est se dire déjà que l’on a le droit d’être heureux, seul ou pas.

 

La solitude n’est pas une fatalité, parfois juste un passage obligé pour avancer et se poser les bonnes questions.

« La tristesse vient de la solitude du coeur » Montesquieu

( 6 décembre, 2015 )

La solitude de nos anciens.

Régulièrement, je me retrouve à méditer sur cette terrible solitude palpable dans les instituts médicalisés. Quand je lis certains écrits prônant les lieux de fin de vie, je me demande où ces lieux magiques existent. À quelques pas de chez moi, une maison de retraite, des personnes âgées, atteintes pour la plupart de maladies cognitives, et cette douleur présente. Je m’y rends régulièrement pour y voir ma pauvre maman atteinte de démence de Levy et j’en ressors chamboulée, avec toujours une peine immense. Impuissante face à ces mamies qui m’agrippent me réclamant un sourire, un regard. Fichue empathie qui me laisse avec une amertume sans nom à chaque visite, n’arrivant parfois pas à soutenir les yeux délavés fixant l’infini où règne cette peur que n’ont que ceux sombrant dans deux univers où ils se perdent. Égoïstement, de retour chez moi, je compte les années qui me restent et poussant un profond soupir, je chasse vite les images qui se sont imprégnées. Le temps reste notre pire ennemi, prenant nos rêves, nos désirs de folie, notre mémoire et notre dignité. Que la vie m’épargne en m’évitant cette solitude des maisons médicalisées et surtout cette conscience de n’être plus vraiment ce que je fus un jour.

( 28 novembre, 2014 )

La solitude de nos anciens

 

Passant chaque matin pour me rendre à mon travail devant une maison médicalisée, je ne peux que sentir cette solitude ressentie par les personnes qui y sont enfermées. Ils sont, telles des marionnettes,  dans des chambres minuscules, le regard rivé sur l’extérieur, sur le monde dans lequel ils ne font plus vraiment partie. Ils côtoient des soignants qui font au mieux, le décalage pourtant des générations est énorme. Ils sont nés pendant la guerre ou même avant, n’ont connu que des jouets précaires. La télévision n’est apparue dans leur monde que tardivement. Et voilà que subitement, comme par magie, les jeunes qui les entourent communiquent au travers de téléphones sophistiqués, de tablettes numériques, parlent même un langage qui leur est inconnu bourré de  » lol, cool, mdr »
Le fossé se creuse jour après jour. Une question me hante : comment une société dite civilisée comme la notre peut-elle laisser la mémoire de notre passé s’enfoncer dans une telle solitude ? Le chômage augmente. Pourquoi ne pourrait-on pas créer des emplois pour simplement donner le sourire à ceux qui ont tant offert dans leur vie, un peu comme  » les nez rouges dans les hôpitaux pour enfants ». Pourquoi surtout continuer à augmenter dangereusement l’âge de la retraite au lieu de permettre, comme avant, à des personnes de 55 ans de partir, permettant ainsi une embauche de notre jeunesse, favorisant l’ouverture entre ces jeunes retraités et  » nos vieux ».
J’espère qu’un jour, l’empathie reviendra pointer son nez car bombarder ce monde de scandales politiques ou de faits divers emplis de violence nous fait souvent oublier la simple réalité de la vie, celle qui est là, à deux pas, à notre porte.
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