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( 12 février, 2019 )

Mauvais jour.

Lorsque je suis passée, c’était un mauvais jour. Tes mains étaient crispées. Tu semblais dessiner dans l’air des mots que je ne pouvais lire. Je me noyais dans ta déception d’être si peu comprise. C’était encore un mauvais jour, devrais-je dire. Il n’y en a plus beaucoup de bons. Tu as pourtant bonne mine. Certainement parce que tu es bien nourrie. Je n’ai rien à dire, on s’occupe de toi, même si tu n’es plus vraiment là. Tu t’enfonces de plus en plus dans un monde qui n’existe pas. Mauvais jour. M’as-tu reconnue ou as-tu simplement vu un visage qui venait te rendre visite ? Je lis tellement d’incertitudes, tellement d’interrogations dans tes expressions. Ces histoires que tu voudrais raconter et que tu ne peux conceptualiser, ces peurs que tu ne peux exprimer, ce temps que tu n’arrives plus à déterminer. Tu m’as parlé de Noël qui est déjà passé, d’un plaid qui a été perdu. Pourquoi de lui te souviens-tu et non de proches que tu as complètement rayés, de moi ta fille aînée ?

Je déteste ces mauvais jours où j’ai l’impression de me perdre dans tes yeux bleus qui se figent comme s’ils se fondaient avec l’éternité, ces moments où même avec moi, tu n’es déjà plus là, ce temps qui de plus en plus me sépare de celle qui fut, de tes conversations pleines d’humour dans lesquelles tu m’entraînais.

Tu vis rythmée par le quotidien d’un monde aseptisé où tu as perdu toute notion de la réalité. Parfois comme si tu découvrais les mots, tu te rappelles d’une animation pratiquée. Un sourire enfantin se dessine. Tu t’en souviens durant un claquement de doigts, puis tu retournes derrière le miroir, dans un monde que tu es seule à pouvoir traverser. Je ne peux qu’espérer, parmi tous ces cauchemars que cette saleté de maladie te fait vivre, fichu Corps de Lewy, tu trouves tout de même des moments de paix.

 

C’était un mauvais jour, et une fois encore, je suis repartie le coeur brisé de n’avoir pas vu dans tes yeux briller ne serait-ce qu’une petite lumière d’intérêt …

C’était un mauvais jour, mais je me raccroche à l’idée que lors de ma prochaine visite, le temps aura changé, un rayon de soleil illuminera peut-être la journée, alors ce sera enfin un bon jour, même si ce sera certainement un des derniers avant que tu perdes totalement le sens de la réalité.

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( 25 janvier, 2019 )

La bienveillance

Longtemps j’ai vécu au pays des Bisounours, certainement parce que ma nature positive m’incitait à ne pas voir le mal chez les autres. Et puis ma route a croisé d’autres routes, dont certaines étaient tout sauf bienveillantes. Stupidement, je continuais pourtant à ne vouloir voir que le verre à moitié vide et non le verre à moitié plein. Pour moi, être bienveillant, c’était porter un regard aimant sur l’autre, sans jugement, sans négativisme. Découvrir que des personnes auxquelles on tient, qui se disent bienveillantes, sont prêtes à vous pousser dans le fossé, je ne le souhaite à personne. Devient-on soi-même, à ce moment, malveillant ? Peut-être pas jusque là, car l’empathie réelle a ce pouvoir, celui de garder le bon en soi tout en restant prudent. Cela  s’appelle être humain, mais ce désappointement de voir le miroir se briser peut pousser l’homme à dire des choses qui dépassent sa pensée. Je ne suis pas une sainte et je n’ai pas échappé à cette règle, chose que je regrette aujourd’hui, m’étant abaissée au niveau, bien petit, de ces vraies personnes malveillantes. Je me suis promis de ne plus jamais recommencer !

Étant terriblement emphatique, j’ai beaucoup souffert de ces actes de malveillance gratuits, et même des années après, j’ai toujours des difficultés à effacer « les mots qui tuent », parce que merveilleusement bien orchestrés, ils ont permis à la flèche de frapper où cela faisait le plus mal.

J’ai lu dernièrement une étude qui expliquait que l’homme reçoit de l’empathie et plus l’hormone nommée ocytocine se développe, et plus nous devenons nous-mêmes emphatiques. Seulement, il existe des personnes qui n’ont aucune empathie. Elles sont donc incapables de concevoir la bienveillance en dehors de la définition, et tout acte qui déséquilibrerait leur projet, leur désir, serait alors considéré comme un acte malveillance. Ces personnes n’ont aucun scrupule à faire volontairement du mal, puisque ce simple mot n’existe pas pour eux. Le seul comportement néfaste est un comportement qui contrarierait leur plan. Les autres ne sont que des objets manipulables. Je devrais en vouloir à ces personnes, je n’ai que de la peine. Quelle tristesse ! Une personne pleinement bienveillante, sans penser négative, vivra bien plus heureuse. Elle prendra les critiques avec philosophie, sourira aux remous de la vie. Être bienveillant, c’est déjà ne pas juger rapidement, accepter de communiquer en cas de conflits, de brouilles, de mésententes, bref ne pas choisir la facilité qui conduit à la méchanceté gratuite.

Mesurons nos mots, ils peuvent être de véritables portes blindées qui nous empêcheront d’exister ou des fenêtres qui s’ouvriront sur un monde justement empli de bienveillance. Plantons des graines de bienveillance, car notre société négative en a vraiment besoin !

 

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( 9 janvier, 2019 )

Ne jamais rien regretter …

Avoir des regrets est-il incompatible avec ne jamais rien regretter ? Peut-être pas. Qui n’a pas un jour émis simplement un état de faits, ce sentiment d’avoir envie de dire « Ah si j’avais … » , c’est ce que j’appelle regretter. Par contre avoir de vrais regrets, ce sont des virus qui se propagent comme de la poudre, qui poussent l’homme à ruminer inlassablement du négatif, à ne voir que le côté vide de la coupe. Bien sûr, on en a tous des petits regrets qui nous font regretter certaines situations passées, des mots dits trop vite, des choix que l’on n’aurait pas dû faire, des frustrations que l’on voudrait effacer, seulement si nous sommes capables de les accepter, de pointer ces regrets du doigt, d’en sourire, alors nous pourrons avancer. Seuls les pervers narcissiques n’auront jamais aucun remords ni regrets, c’est ce qui les différencient de nous. Ils ne s’excuseront que si cela peut leur apporter quelque chose en retour, mais les personnes que nous sommes nous, agissent différemment. Nous pouvons choisir de vivre avec ces regrets ou de ne jamais les porter comme un fardeau mais comme une épreuve que nous avons dû simplement traversée.

Regarder ces regrets autrement telle est la clé.

« Ah si j’avais fait … », devrait plutôt se dire : « si je n’avais pas fait telle chose, aurais-je aujourd’hui fait telle autre qui me rend tellement heureux ? »

Bien sûr, il y a des situations qui sont inéluctables des regrets incontournables, la maladie, un handicap, la mort, mais puiser dans la force de ce vécu permet de ne pas en faire des regrets éternels, voire simplement de les ranger dans un tiroir et de se dire  que nous avons fait un sacré chemin, et que se retourner serait stupide ! On a fait ce qui était bien pour nous, on est heureux, alors c’était le bon choix . On continue dans cette voie.

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( 12 décembre, 2018 )

Pourquoi tant d’auteurs mécontents ?

Question récurrente sur mon blog. Pourquoi tant de maisons d’édition refusent les manuscrits ? Réponse toute simple, parce que c’est leur métier ! Ils ne sont pas là pour accepter n’importe quel navet qui passe. Il faut savoir que statistiquement un manuscrit sur huit mille sera accepté, ce qui fait tout de même peu, sachant qu’un éditeur lambda reçoit en moyenne deux cents à cinq cents manuscrits par mois. Ensuite, le précieux manuscrit va passer dans des comités de lecture ou pas, ce sera selon les éditions, et pour finir le succès ne sera qu’en fonction du goût des lecteurs. Coup de bol, vous allez taper dans l’oeil de ces personnes, ce sera un saut de géant qui va vous propulser en haut de la liste de publication, sinon et bien votre chef-d’œuvre va juste rejoindre la pile d’ouvrages «  en attente » et cette attente peut durer des mois.

Alors bien évidemment, nul besoin de lire dans une boule de cristal, ce procédé fait de nombreux mécontents qui accusent les maisons d’édition de tous les maux.

Rendons à César ce qui lui appartient, chaque auteur, surtout ceux qui débutent, pensent que « leur bébé » va se retrouver mis en avant, que l’éditeur va les choisir, eux, pour faire LE fameux salon, que ce dernier va investir pour faire vivre ce roman.

Seulement, rares sont les auteurs qui auront cette opportunité même dans les éditions de renoms. Et alors, graves sont les désillusions de certains.

Trop souvent aussi, certains jeunes auteurs s’imaginent que, parce que leur premier livre a marché (on rappellera qu’un livre qui marche est un livre qui dépassera les 500 ventes), le second fera à coup sûr un buzz. Rien n’est moins sûr ! On le voit encore plus avec les « grands écrivains » qui vont nous ravir avec plusieurs romans et d’un coup, catastrophe, ce sera le flop !

Ensuite viennent s’ajouter le parrainage et le copinage comme on peut le lire dans un article de l’Express «  On fait plus attention aux connaissances que la personne peut avoir du monde de l’édition, donc on choisira plutôt d’anciens éditeurs, des critiques, et des auteurs qui ont déjà été publiés. »

Après on s’étonne que les auteurs s’en prennent à leur maison d’édition ? L’écrivain en herbe a mis tellement de fougue dans ses écrits qu’il ne peut supporter que son éditeur ne soit pas à ses petits soins. Une fois cette prise de conscience, il va trouver des failles dans son contrat, dans la mise en avant, dans la mise en page, dans la publicité, et c’est ainsi que l’on assiste sur les réseaux sociaux à de vrais lynchages en règle, avec des groupes d’auteurs agressifs et frustrés, prêts à démolir autant l’édition que les auteurs qui s’y trouvent. J’ai assisté à des échanges qui m’ont écœurée et surtout fait prendre la poudre d’escampette!

 

Tous ces auteurs mécontents me font bien rire, s’imaginant toujours que l’herbe est plus verte ailleurs, oubliant que leur premier livre n’aurait certainement jamais vu le jour sans le regard bienveillant de cet éditeur. Ils reprochent fréquemment, dans les éditions à droits d’édition, de ne pas avoir reçu le Goncourt ou d’avoir peu vendu.

Mais quitte à être dure, ce n’est pas l’éditeur qui fait le best-seller, mais le lecteur, et un livre qui n’aura eu qu’une trentaine de ventes, n’est peut-être au final qu’un mauvais livre !

Quelle prétention de penser que l’on peut faire éclater les compteurs à tous les coups !

Personnellement, j’ai la chance d’avoir un bon lectorat, ce qui ne m’a pas empêché de faire un bide avec mon petit roman jeunesse, même si toutes mes classes l’ont adoré. J’en suis totalement responsable ne l’ayant pas assez travaillé, n’ayant pas fait moi-même les illustrations et surtout ayant été très paresseuse zappant la pub.

Reconnaître avec modestie que nous, amoureux de la plume, nous ne sommes qu’une petite goutte d’eau dans l’océan de l’édition, me semble raisonnable et surtout se souvenir  qu’un best-seller reste par définition un cas unique, une ou deux fois par an  …

 

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( 3 décembre, 2018 )

Le cancer thyroïdien.

 

Vous avez été très nombreux à lire Maladies thyroïdiennes, dévoreuses de vie, et certains ont pointé un manque «  le cancer de la thyroïde ». Consciente de cette lacune, qui pour des raisons compliquées, du manque de témoignages, n’avait pu être comblée, j’ai décidé de publier cet article afin que cette reconnaissance de la maladie ne laisse personne sur le trottoir.

Vivre avec un problème de thyroïde, une absence de thyroïde, s’avère un parcours du combattant. Même souffrance. Même incompréhension.

Je vous laisse l’histoire d’une femme que l’on va appeler Jennifer,  48 ans, maman d’un garçon de 18 ans et qui souhaite garder l’anonymat.

 

Tout débute en 2017 par une mini grosseur, trouvée par hasard, à la base du cou. Pas d’affolement ! Jennifer ne panique pas. Elle va en parler à son médecin traitant lors de son prochain rendez-vous. Ce dernier, quelque temps plus tard, va confirmer, il y a bien quelque chose, peut-être un nodule, un kyste ou un lipome ? Rien de grave ! Il prescrit à Jennifer une échographie, juste pour voir. Le praticien lors de l’échographie parle de nodule hyper echogene. Jennifer est un peu inquiète ce qui est normal, mais vite rassurée par le médecin qui lui parle de cyto ponction. Rendez-vous pris. Un anesthésique local est prescrit. Le jour J, Jennifer arrive stressée, ce qui est tout à fait logique. Qui ne le serait pas ? Le médecin pratiquant la ponction est hautain, refuse de faire l’anesthésie locale, et frime devant une jeune infirmière qui assiste pour la première fois à cet examen. Il « joue » avec l’aiguille plantée dans le nodule en disant : « Vous voyez sur l’écran ce qui bouge ? Et bien, c’est l’aiguille ! »

Au bout de deux ponctions, c’est fini ! Jennifer paie l’examen, et rentre abasourdie sans en savoir plus. Aucun compte-rendu ne lui fut remis. Le résultat de la cyto ponction fut rapide, beaucoup d’hématies, rien de vraiment défini. L’examen ne montre rien de méchant, seulement la boule continue de grossir. Jennifer demande à son médecin de l’orienter vers un chirurgien afin d’avoir un avis et d’enlever ce nodule. Elle va tomber sur un chirurgien du vasculaire et thoracique qui après deux heures d’attente va enfin l’examiner. Il accepte l’opération non sans rappeler les risques : 97%  de chance que ce soit bénin et 3% de chance que ce soit malin.

Le rendez-vous est pris. L’exérène aura lieu fin mai. Il ne va enlever que l’isthme où se trouve le nodule. À  son réveil, on confirme à Jennifer que seul l’isthme fut enlevé car l’examen ex temporané réalisé pendant l’intervention a montré que le nodule était bénin.

Jennifer rentre chez elle le soir même et a un rendez-vous de contrôle six semaines plus tard pour les résultats définitifs de l’ana path. Le chirurgien rassure sa patiente en lui disant que si il y a un cancer, il la rappellera ! Le lendemain de l’opération, il rappelle Jennifer dont le sang ne fait qu’un tour. Soulagement ! C’est juste pour prendre de ses nouvelles car elle était en ambulatoire ! « Trop sérieux ce chirurgien! » se dit-elle.

Les jours puis les semaines passent, aucune nouvelle des résultats, donc Jennifer se rend sereine à son rendez-vous. Comme toujours à l ‘hôpital, beaucoup d’attente, puis lorsque c’est son tour, le chirurgien lui annonce d’emblée «  Il y a un cancer ! »

Un peu violent ! Jennifer panique, pose pleins de questions. L’homme lui parle d’ Eugene Marquis, de possible cure d iode ,de thyroidectomie de curage. Quand Jennifer pose la question que chacun se serait pisé « Est-ce que le cancer s’est étendu ? » , le chirurgien se moque d’elle ! Jennifer étant venue seule et confiante à ce rendez-vous, en ressort bouleversée et une fois chez elle, pleure.

Jennifer fête son anniversaire sans grande joie. Elle ne sait rien, on ne lui dit rien et elle va passer l’été à surfer sur Internet pour trouver la réponse à ses questions que les médecins auraient dû lui fournir ! Tout ce qu’elle lit ne fait que monter son a,gousse. La seule chose qu’elle sait, elle retourne au bloc en Septembre !

Jennifer travaille en milieu hospitalier et pourtant certains collègues n’hésitent pas à lui dire : « Mieux vaut ça qu’un décès » ou « C’est un petit cancer » , comme si au passage il existait une hiérarchie dans les cancers !

Jennifer n’avait qu’une envie, leur hurler que son cancer était peut-être « petit » mais qu’elle le vivait, et qu’ils n’étaient pas à sa place à elle.

Peut-être ces collègues se rassuraient-ils indirectement ? Peur d’être touchés un jour ?

D’autres lui suggéraient de travailler plutôt que d’être en mise en ALD sans réfléchir que pour aider d’autres malades, il faut être soi-même bien …

Le jour J arrive ! Bloc vers 9h30, retour vers 16h. Le passage en salle de réveil fut long.

Jennifer fut mise le lendemain sous Levothyrox nouvelle formule avec un chirurgien rassurant, argumentant que le médicament ne posera aucun problème, même si les souciés à la NF était déjà d’actualité.

Les mois suivants, l’état de Jennifer ne s’aléliore pas. Le médecin du travail pense au médicament et ce dernier est changé. La TSH, elle, reste problématique. Jennifer est seule, sans soutien, le chirurgien refuse qu’un endocrinologue la suive. On peut se demander pourquoi au passage !

Cette maladie est méconnue voire inconnue pour beaucoup et Jennifer en fait les frais.

Jennifer décide, grâce à la ligue contre le cancer de faire du yoga, change de médicament alternatif, et continue pourtant de faire du yoyo entre 0,2 et 4.

Elle reprend son travail et se heurte à l’incompréhension des autres face à cette maladie invisible qui génère une véritable souffrance mais ne se voit pas. Pour ses collègues, pourtant des soignants, un cancer sans chimio, ce n’est rien ! Et pourtant Jennifer n’est plus la même, son corps est bouleversé, elle oscille entre fatigue, insomnie, tachycardie, sautes d’humeur dont elle se sent coupable tout en tentant de faire bonne figure au travail.

Pour couronner le tout, un an après l’opération, elle fait une allergie au traitement et doit encore changer de médicament, quatrième traitement de substitution !

Aujourd’hui, elle en est au point mort, toujours avec cet effet yoyo, avec même un pic de TSH à 8. Jennifer n’est plus la même, et pourtant cela ne se voit pas. Elle passe par des périodes de grandes fatigues, de crises de tachycardie …

Une fois encore les médecins qu’elle rencontre écoutent, mais n’entendent pas, peut-être simplement parce qu’ils ne savent pas, mais le dire soulagerait certainement plutôt que de laisser penser que tout va bien !

Une fois encore Jennifer, comme pour beaucoup d’entre nous, se retrouve avec des collègues qui assimilent les maladies thyroïdiennes à maladies psys comme bi polaires.

 

Alors non ! Un malade ayant subi l’ablation de la thyroïde se retrouve avec un terrible déséquilibre et si son caractère change, s’il est soudain fatigué, s’il va bien un jour et le lendemain ne peut plus, ce n’est pas qu’il le fait exprès, ce n’est pas qu’il est psychotique, c’est juste que cette fichue glande, indispensable à l’organisme, ne peut plus faire son travail ! Vous qui n’avez pas eu ce type de cancer, comment osez-vous ainsi juger, trancher ? Comment pouvez-vous savoir ce qui se passe dans son corps ?

Certaines personnes auront la chance de pouvoir trouver un rééquilibrage rapide, d’autres vont mettre des mois voire des années. C’est cette différence qui impose une véritable reconnaissance ! Respect, tolérance et compréhension, il serait temps que les mentalités changent enfin !

 

 

 

 

 

( 12 novembre, 2018 )

Hashimoto , quand notre corps se rappelle à nous

 

Toute personne qui a croisé un jour le spectre de la maladie saura de quoi je parle, ce changement brutal qui nous claque au visage, ce point de non-retour. Alors va s’inscrire « un avant » et un « après », indissociables. Dans le cas d’une maladie auto-immune comme Hashimoto, l’impact n’est pas des moindres. La maladie est irréversible, à vie. C’est un peu comme si on avait appuyé sur un bouton qui avait enclenché une destruction régulière de notre organisme. Je sais que de nombreuses personnes ont la chance, car c’est vraiment une chance, de voir tous leurs symptômes disparaître une fois le bon dosage trouvé, mais il y a les autres, ceux qui comme moi, ont vu cette maladie apparaître telle un coup de poing ne pouvant être évité. Ces personnes vont avoir régulièrement leur corps qui va se rappeler à eux, par crises, sans même une petite sonnerie d’avertissement. Peu confortable ? Le mot est faible lorsque tout semble bien aller, et que tout bascule sournoisement. Alors vont revenir ces symptômes que l’on commence à haïr : sous les yeux ( une des caractéristiques d’Hashimoto), sous le plexus, aux doigts puis petit à petit, partout. Le système digestif qui part en vrac, avec un ralentissement intestinal et du bol alimentaire, le système nerveux qui va passer des phases selon les personnes, énervement, déprime, tristesse, difficultés à dormir malgré une immense fatigue, idées négatives et peurs qui surgissent en boucle. Le système cardio-vasculaire qui va se mettre à redébloquer selon les individus, coeur qui s’accélère ( là, je tiens à préciser que le raccourci coeur qui bat vite égal hyper est faussé. De nombreux cas d’hypothyroïdie sont relatés avec un coeur qui va battre vite. Nous ne sommes pas des normes). Souvent cette rechute s’accompagne d’une élévation de la tension pouvant atteindre des seuils très hauts ( qui vont baisser immédiatement avec le réajustement) d’où l’importance de ne pas prendre contre l’hypertension trop rapidement. Faiblesse musculaire entraînant courbatures, douleurs, blocages des vertèbres. Je ne vais pas m’attarder sur l’état des cheveux qui deviennent secs, cassants, la peau plus épaisse, plus sèche aussi, les ongles qui cassent, striés. Personnellement, en dehors de la fatigue qui arrive sans prévenir, le pire reste ce cerveau qui se ralentit. Seules les personnes atteintes de cette maladie peuvent comprendre. En un claquement de doigts, la concentration est impossible, on va buter sur les mots, les idées, sans arriver à les formuler, oublier ses clés dans le frigo, bref un scénario digne d’Alzeihmer, pensée catastrophique, inductrice de grosses crises d’angoisse.

Soyons hautement rassurants, la plupart de ces symptômes vont disparaître au bout de dix jours de « réajustement », et c’est une bonne nouvelle. Seulement, trop de médecins mal informés vont simplement prescrire un comprimés en plus soit 25 ug ce qui est énorme. Notre thyroïde peut se ralentir avec un manque de juste 5 ug ( voir 10ug) soit un demi comprimé. « Monter » trop le dosage peut faire basculer en hyper, et les désagréments seront autres.

Une fois encore, il faut bien écouter son corps. C’est lui qui va vous dire ce qui ne va pas. Votre thyroïde peut « aller bien » durant des mois voire pour certains des années, mais avec une maladie auto-immune, il y aura toujours à un moment une rechute : un nouveau stress, un changement de vie, un changement de médicament, un changement hormonal etc. Il faut donc vivre normalement sans se focaliser dessus, mais agir vite si plusieurs symptômes se dessinent ! Simplement parce que même si tout le monde crie à la maladie anodine, il n’en demeure pas moins que pour certains ces symptômes peuvent s’avérer hyper handicapants.

 

Afin de dédramatiser, de permettre aux malades de savoir qu’ils ne sont pas seuls, continuez à offrir, à prêter, à partager Maladies Thyroïdiennes, dévoreuses de vie.

 

 

https://livre.fnac.com/a12660516/Sylvie-Grignon-Maladies-thyroidiennes

 

https://www.evidence-boutique.com/samsara/maladies-thyroidiennes-devoreuses-de-vie

 

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( 6 novembre, 2018 )

Ces narcissiques

 

Qui n’en a pas croisé un ou une au détour de son chemin de vie, ces personnes capables de créer n’importe quel problème vis à vis de leur entourage si le malheur veut que leur propre ego soit touché. Ce seront ces personnes prêtes à tout, à mentir, à manipuler, à spéculer, simplement parce qu’elles ont un besoin sans limite d’amour, besoin qu’elles ne peuvent reconnaître, car totalement inconscient. J’appelle ces personnes « les destructeurs de l’âme », car là où elles passent, soit on plie soit on casse, mais si on a le malheur d’oser résister, l’autre sortira ses armes. Ces personnes sont brillantes, intelligentes, avec en général une belle carrière, riches également, et pensent avoir le pouvoir et surtout n’en ont jamais assez. Susceptibles, autoritaires, ils peuvent exploser n’importe quand s’ils sont touchés dans leur orgueil. Un rapport évident avec leur mère voire leur enfance.

Pourquoi un narcissique est-il destructeur ? Ma thérapeute m’a expliqué qu’un narcissique n’était qu’un petit enfant resté dans sa phase oedipienne ( autour de 4 ans). Un adulte qui ne serait qu’un sale gosse égocentrique. En général, un enfant mis sur un piédestal par la mère, surprotégé. Ce narcissique devient destructeur simplement parce que sa préoccupation continuelle est d’être le centre « d’attention », « d’amour » et un abandon que ce soit familial, amoureux ou amical fera naître chez lui, un mépris  violent, des critiques injustifiées, des scénarios formatés selon ce que lui veut pour accréditer ses analyses, toutes justifiant ce rejet inconcevable. Un narcissique, en particulier un pervers narcissique, sera incapable de reconnaître ses erreurs, et continuera de pourrir la vie de cette autre qui lui a résisté jusqu’au moment où une nouvelle cible se présentera.

De nombreuses victimes de pervers narcissiques n’obtiendront jamais réparation, simplement parce que la justice reste inerte face à ce type de comportements, n’arrivant souvent pas à trancher sauf si la violence physique prend le dessus.

Lorsque l’on traverse la route d’un pervers narcissique, on n’en sort jamais indemne, tout simplement parce que ces personnes, au premier abord, sont avenantes, dévouées, prêtes à nous aider sans limite, seulement à la moindre contrariété, lorsque la confiance aveugle est égratignée, le narcissique montre son vrai visage. La victime sera alors terrorisée par ce changement de comportement, elle ne comprendra pas, et avec le temps se sentira coupable, car ces narcissiques sont tellement calculateurs qu’ils arrivent à retourner une situation à leur avantage. Ils ne peuvent avoir fait d’erreurs. Qui ose dire qu’ils peuvent avoir à un moment ne pas avoir été parfaits ?

La plupart des narcissiques sont procéduriers, faisant de fausses interprétations, n’hésitant pas à dépenser des fortunes pour montrer que ce sont eux qui ont raison. On l’a compris, ils ne peuvent supporter l’échec ! S’affronter un pervers narcissique, c’est une démarche vaine. Le narcissique refusera toute communication, tellement paranoïaque qu’il s’imaginera dans ses délires que chaque mot se retournera contre lui. À l’extérieur, il sera apprécié, car dévoué, mais dans la relation avec la victime, il sera toujours dans l’idée de ce que l’autre veut lui faire, cherchant à le piéger, à trouver une faille même des années plus tard. Autant une personne ordinaire pardonnera, tendra la main, tandis que le narcissique pensera toujours que c’est un piège simplement parce que lui fonctionne ainsi.

Au final, ces narcissiques sont souvent des personnes lunatiques, dépressives, terriblement négatives envers ceux qui lui ont résisté. Le drame de ces personnes, c’est que sous leurs airs gentils et dévoués, elles sont dénuées d’empathie, et comprendre un pervers narcissique me semble totalement impossible. Ce sont des personnes qui ne changeront jamais, qui resteront toujours ce qu’elles sont, et que rien ne pourra sauver ni l’amour ni l’amitié. Et pourtant, comme nous aurions aimé garder un petit espoir …

 

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( 26 octobre, 2018 )

Une histoire se termine toujours …

 

La vie n’est pas un conte de fées, cela se saurait. Personne ne peut vivre éternellement dans un monde édulcoré, feutré. Il y a toujours un jour où la rose va avoir une épine plus acérée, où un simple caillou sur notre chemin va nous blesser.

On a beau être positif, vivre avec le sourire aux lèvres, on n’y échappe pas. Curieusement même, ce sera toujours au moment où on a retrouvé nos repères, où nous surfons sur une vague de bonheur, que la vie se rappelle à nous par un coup du destin, une santé qui défaille, un doute. La vie est parfois simplement une histoire qui se termine, parce que l’on a compris la leçon, même si elle a mis des mois, parce que l’on en a assez de toujours ressasser les mêmes erreurs, et surtout parce que le mot fin est inéluctablement au bout de chaque route, que nous soyons pauvres ou riches.

Alors six mois, un an, vingt ans, doit-on vraiment se projeter autant dans une histoire que dans notre propre histoire ? Demain, nul ne peut dire ce qu’il sera, un astéroïde et la Terre disparaîtra, un verdict fatal, et notre vie s’arrêtera, un choix pris trop vite, et un amour s’envolera. La vie est ainsi, faite de dizaines d’histoires qui se terminent, que l’on oublie parfois, ou pas, mais qui toujours nous ramène à une réalité, le sablier du temps ne s’écoule que dans un sens, et quoique l’on fasse, nous ne pouvons remonter le passé. Alors vivons, avant que notre histoire prenne un point final sur lequel on ne pourra pas revenir.

 

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( 11 octobre, 2018 )

La confiance

La confiance est une des choses qui me semble le plus important dans notre relation avec l’autre. Faire confiance n’est pas toujours chose facile surtout lorsque l’on s’est déjà fourvoyés. Sans elle, rien n’existe, rien n’est possible. La confiance contrairement à ce que l’on croit ne peut se détruire en un claquement de doigt, elle va, certes, s’égratigner, mais si on croit en l’autre, on ne va pas couper ce lien.

La plus belle confiance est celle que l’on partage dans une relation d’amitié, où les confidences vont s’inscrire avec la durée, où on apprend à connaître l’autre, où on lui fait cadeau d’un mot, d’un autre, où cette confiance augmente avec le temps passé à s’écouter. Parfois il n’y a nul besoin de se voir ni de s’écrire, on sait juste que « l’autre » est là, toujours, dans l’ombre, prêt à surgir si on appelle au secours.

Seulement, parfois, on se trompe de partenaire d’amitié, et cette dernière ne peut survivre sans une amitié réciproque.

Nous sommes dans une époque où tout va trop vite, où tout le monde se dit amis après un déjeuner ou un verre partagé. Je suis d’un autre temps, celui où on apprend à regarder les autres, à écouter leurs silences, à aimer leurs imperfections. Là, la confiance est nécessaire. Elle s’inscrit de manière indélébile. Si j’offre ma confiance, c’est un cadeau, un vrai, certainement fait de matière précieuse.

Qu’est-ce qu’un véritable ami ? Une personne qui est là pour nous quoiqu’il advienne, sans rien dire, sans juger surtout. Quelqu’un qui va automatiquement réagir si l’absurde s’invite dans nos vies, dont la présence sera là, omniprésente mais discrète. L’ami sera celui qui s’éclipsera doucement lorsque nous vivrons un nouvel amour, lorsque nous réclamons des moments de solitude. On doit pouvoir avoir confiance en nos amis les yeux fermer, pouvoir à travers leur simple sourire panser nos craintes, pouvoir surtout savoir qu’ils seront là, toujours.

 

J’ai l’immense chance d’avoir des amis merveilleux que je remercie. J’en ai d’autres aussi qui ont trahi ma confiance, qui ont lâché ma main sans regret, sans même venir me parler, en jugeant simplement sur des faits non fondés, et puis il y a aussi tous les autres, ceux qui se disent nos amis, ceux à qui ont offre soutien et confiance et pour qui on n’est au final que des pions sur un échiquier, interchangeables.

Et puis il y a les parasites, ceux qui s’incrustent sur les réseaux pour combler leur vide …

En tous cas, vous l’avez compris, lorsque je donne ma confiance, si vous en prenez soin, elle grandira avec le temps et sera à vie !

 

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( 7 octobre, 2018 )

Ce besoin de paix et de calme.

Jeune, je nageais dans le bruit, dans les rires des enfants, écoutant de mon vieux pic up la musique à fond. Parfois je m’interroge sur ce revirement total de mode de vie. Est-ce le fait d’avoir côtoyé des milieux trop sonores ? D’avoir croisé tant d’inepties que je préfèrerais être sourde ? En tous les cas, mon bonheur aujourd’hui est indéniablement lié à la paix. J’en ai assez des personnes qui cherchent midi à quatorze heures, qui ne veulent rien comprendre, qui s’évertuent à ne vouloir croire que ce qui les arrange, qui font une montagne d’un grain de sable, qui voient surtout le mal partout. Ces gens, souvent tenaces, sans empathie, ne lâchent ni leur proue ni leurs idées. Je suis saturée du bruit que fait leurs propos malveillants rebondissant telle une balle bien loin de moi. Il fut une époque où stupidement, je serai tombée dans leur piège, accueillant les bras ouverts le chaud puis serrant les dents lors de la douche glacée. Vieillir, c’est voir la liste de la connerie humaine s’allonger de jour en jour, ces mensonges dits pour soit disant « protéger » l’autre, ces interprétations nécessaires pour cacher la vérité, pour surtout croire en sa propre folie. Je pense à toutes ces personne qui passent leur temps libre à construire  des machination dignes d’un polar, à fabuler sur des relations avec des grands de ce monde, à assembler Pierre avec Paul.  à tous ces pervers narcissiques qui manipulent pour le plaisir.

Avant j’aurais tout fait pour prouver und bonne foi, ma sincérité, et au final, je m’aper Que l’ho Ne changera jamais d’avis s’il s’est inscrit dans son propre schéma mental. Pourquoi se fatiguer ?

Avant j’avais l’espoir que les gens changent, que l’humanité future se réveille beaucoup plus emphatique, plus honnête, il n’en est rien. L’homme reste ancré dans ses certitudes offrant un espoir parfois, simplement pour conserver le pouvoir. Comme vous, j’y ai cru, c’est fini !

Aujourd’hui , je m’en moque complètement. Je veux juste ma paix. J’appelle le silence. Je veux juste laisser les mots glisser sans avoir à rendre de compte, juste pouvoir disparaître derrière ces phrases pleines de couleur qui dansent.

 

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