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( 22 janvier, 2018 )

L’oubli qui ne vient pas …

Qui n’a pas pesté contre l’oubli ? Un peu cynique quand on pense qu’à l’inverse à un âge avancé, on prie tous les Saints pour qu’il n’arrive pas. Seulement voilà, que l’on ait vingt ans ou soixante, nous ne sommes pas à l’abri de ce coup de grisou qui nous a emportés dans une fin difficile. Alors on râle, on crie, on pleure, on supplie l’oubli de venir. On l’insulte même, car il prend un malin plaisir à se faire attendre. Il se cache parfois faisant mine de venir nous saluer, nous laissant croire que c’est bon, que tout va bien, que ce visage de l’ombre n’existe plus. Et puis, le coquin, il nous fait un coup de chien, se carapatant d’un coup. Il suffit souvent d’un rien, d’une chanson, d’un mot, d’un regard, d’un hasard, de routes qui se croisent sans vraiment se voir au détour d’un chemin, d’un magasin.

Alors le passé se dessine de nouveau, ces mots que l’on n’a pas dits, ces lèvres que l’on n’a pas embrassées, ce corps que l’on rêverait de caresser, cette amie qui n’est plus là, cette âme qui s’est envolée. L’oubli s’est évaporé, et ça fait mal de nouveau.

Alors on se rappelle tout le bien comme le mal, le plaisir, la douleur, les regrets, la frustration, et on est de nouveau prêt à n’importe quoi pour que l’oubli arrive, même à faire semblant que cet autre n’ait jamais existé, même à dire que l’on s’en fout, que l’on a tout oublié, même à rire de soi, même à dire que l’on n’y pense pas.

Mais c’est faux, l’oubli ne vient pas, il n’est pas là, le passé s’accroche, il ne lâche pas. Et plus il reste, plus on pense à cet autre, plus on comprend que si ça dure tant, c’est que l’on était vraiment amoureux, que cet autre, on l’aimait vraiment, que cette amie, cet amour, cet autre nous manque cruellement.

Alors, sérieux, l’oubli, faudrait te décider à venir vite dans nos vies, parce que continuer à aimer l’impossible, continuer à attendre une main qui reste fermée, qui n’existe plus, qui s’est envolée, continuer à danser sur un sourire, ça fait mal l’oubli ! Alors viens, dépêche-toi parce que sur ce coup là, t’es vraiment en retard, c’est vraiment pas sympa d’agir, ce n’est pas parce qu’on l’aime encore cet imbécile qu’il faut laisser nous laisser en plan. Il est temps de mettre le mot fin puisque lui s’en fout, alors rapplique-toi ! Attachment.png

( 6 décembre, 2017 )

Ta souffrance t’a forgé

N’est-ce pas ce que l’on ne cesse de nous dire pour nous remonter le moral lorsque nous avons trop souffert ?  La souffrance est bénéfique et forge le caractère. Je veux bien, mais entre nous, je m’en serai bien passée. Cela fait un peu pansement religieux que l’on essaie de mettre sur nos plaies. Toutes les souffrances ne sont pas bénéfiques. Certaines sont tellement brutales, incompréhensibles qu’elles nous plongent dans un climat de totale insécurité.

Certaines de mes souffrances furent un tremplin, comme la perte de mon fils. J’ai réussi, non pour moi mais pour mes enfants, à transformer cette douleur en un moteur qui m’a poussée des années tel le vent sur les voiles d’un navire. Et puis, j’ai rencontré d’autres souffrances, pourtant bien moins grandes, qui m’ont mises à terre. Je me suis sentie dépossédée de mon « moi ». Je me suis sentie réduite à « rien », des mots qui me furent rapportés, des mots qui brisent. Comment peut-on vivre si on n’est plus rien ? Alors d’abord on survit, ce que j’ai fait, en laissant son propre corps se détruire, ainsi on offre la victoire à ce « rien ». Peut-être inconsciemment on espère disparaître totalement, pour ne plus souffrir, pour ne plus chercher de réponses. On n’a plus de courage, on se dit que l’on a déjà tant vécu. Et puis un jour, car il y a toujours un jour, un événement nous pousse à sortir de ce grand sommeil. Finalement, on ne veut plus que la souffrance guide nos vies, on ne veut pas qu’elle nous forge, on veut simplement vivre. On comprend que se battre contre cette douleur ne sert à rien. Elle fut, elle est, peut-être qu’elle sera toujours là, mais c’est à nous de l’apprivoiser, de faire en sorte qu’elle ne soit plus qu’une simple cicatrice. On s’autorise donc un nouvel art de vivre, ce que beaucoup appellent la résilience, qui pour moi n’est pas une force, juste une nouvelle manière d’appréhender le monde qui nous entoure avec l’aide que les autres nous offriront. Car ce n’est pas la souffrance qui nous fait grandir, c’est l’amour ( au sens large) des autres.

 

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( 1 décembre, 2017 )

Le consentement sexuel, est-ce si simple.

 

Je viens d’écouter une émission, et je suis un peu choquée par la future loi autorisant le consentement sexuel à treize ans. Ai-je mal compris ? L’émission était-elle dirigée ? Qui peut imaginer ce qu’implique une relation sexuelle à cet âge ? À treize ans, on est encore une enfant, et un enfant n’est jamais consentant pour un rapport sexuel. C’est l’âge où on découvre son corps, où on découvre l’amour, mais pas le sexe. Je suis peut-être d’un autre siècle, mais je n’arrive même pas à comprendre l’intérêt d’une telle loi, alors que tant de pédophiles sont là, les babines salivantes prêts à passer à l’acte.

Après, qu’est-ce que le consentement sexuel ? Parce qu’une femme ouvre ses cuisses, c’est qu’elle est d’accord. Cela me rappelle une histoire que m’avait relaté une lectrice.

Pendant plus de vingt ans, elle avait subi, sans rien dire ( cela veut-il dire pour autant consentir ?) les coups de reins et les fellations imposés par son mari, chaque jour sans relâche, fatiguée, enceinte, en période de règles, quand lui voulait, à n’importe quelle heure de la nuit ou du jour. Est-ce de l’amour que de ne pas avoir eu le courage de dire non ou de la peur ? Certains hommes possèdent ce pouvoir, celui de tenir l’autre pour diverses raisons. Pour moi, cet homme était un vrai malade, sans aucun respect pour sa femme, et ces rapports sexuels s’apparentent à un viol. On peut imaginer de telles personnes ayant à leur disposition une jeune belle-fille de treize ans ? Ou simplement « en manque » ?

Et le consentement dans les cités, tout le monde sait que des collégiennes acceptent des pratiques sexuelles pour ne pas se faire tabasser, l’obligation de « faire une pipe » dans une cave, et cela dès l’âge de quatorze ou quinze ans. Alors faut-il donner ce consentement à treize ans ? Cela voudra-t-il dire pour autant que cette gamine sera « une femme » ? Qu’elle aura conscience de ce qu’elle faisait ? Aussi bien de ses actes que de ses sentiments ? N’est-ce pas ouvrir une grande porte à l’inconnu ? Mais peut-être les commentaires des journalistes étaient dirigés et m’ont induit en erreur.

( 16 novembre, 2017 )

La vieillesse

 

Ah cette vieillesse que nous appréhendons dès que nous avons vingt ans, le jour où nous nous trouvons déjà vieux. Seulement, les années passent, et lorsque nous arrivons à la porte du temps, sur le seuil, nous essayons de ne plus penser à cette fatalité si proche. Certes, notre miroir souligne un peu plus nos rides, met en évidence nos cheveux blancs, notre silhouette moins svelte, mais dans notre tête nous avons toujours le même âge, celui des folies, celui de l’amour, celui de la découverte. Bien sûr, nos articulations se rappellent à nous, nos pas sont moins rapides, notre mémoire aussi. Doit-on avoir peur de ce sablier qui ne cesse de couler ?

À chaque changement de dizaines, la panique nous saisit à la gorge, associée à de multiples remises en question. Cassons un peu les préjugés ! Le plus bel âge n’est certainement pas celui de nos jeunes années.

La vieillesse nous apporte-t-elle la sagesse ? Certainement pas, je vois tant de seniors reproduire les mêmes âneries que dans leur jeunesse. Personnellement, j’espère garder mon grain de folie jusqu’à ce que la faucheuse arrive, en tenant bien mon gouvernail afin que ma barque ne chavire pas trop, je n’aimerais pas me noyer trop tôt. Vieillir nous incite à utiliser notre expérience, à ne pas commettre deux fois les mêmes erreurs, à surtout ne plus avoir peur, et à oser aller jusqu’au bout de nos désirs, car quoique l’on puisse dire, la vie est courte, le temps passe bien vite, et il serait bien bête de le regarder juste s’écouler.

Jusqu’au bout, ne pas regarder l’âge que nous avons, juste ce que nous pouvons faire, car vivre, c’est apprivoiser la vieillesse.

Comme disait si bien Victor Hugo « Quarante ans, c’est la vieillesse de la jeunesse, mais cinquante ans, c’est la jeunesse de la vieillesse. ».

Mais vieillir bien sans laisser notre mémoire s’envoler trop vite. Malheureusement, cela arrive par période avec une maladie de la thyroïde dessinant à l’avance le plongeon dans lequel ma pauvre maman se noie chaque jour dans sa maladie CDL.

Vieillir en restant soi, en restant digne.

 

Image sur fb me signaler si souci de droit

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( 27 octobre, 2017 )

Hashimoto, on continue ensemble ?

 

Déjà plus de deux ans que ce petit recueil a vu le jour, et continue sa route. Dans la préface, j’avais écrit « Je suis atteinte moi-même de la maladie d’Hashimoto. Ce n’est pas mon histoire, juste un cri d’alerte afin de faire comprendre aux Autres, que certaines maladies invisibles engendrent de véritables souffrances, qu’il ne faut pas négliger.  Cette maladie fait partie de ma vie depuis bientôt deux ans. Arrivée, sans crier gare, sans prévenir, sournoisement. Pire qu’un amant jaloux, elle est toujours là à me suivre partout, à anticiper le moindre de mes mouvements, à m’empêcher d’agir à l’instant où il me serait nécessaire de le faire. Au moment où je vais le mieux, elle revient, plus forte, Hashimoto s’est infiltrée en moi. J’ai dû l’accepter, avec difficulté, me l’approprier et en sortir le meilleur. »

Deux ans plus tard, je constate avec regrets que cela n’avance qu’à pas d’escargot. Les médias continuent à dénigrer les maladies thyroïdiennes allant jusqu’à dire que ce ne sont que des maladies de gonzesses, propos repris par de nombreux internautes qui n’ont rien compris. D’abord, il n’y a pas que des femmes atteintes, et de deux, il y a aussi des enfants, beaucoup trop ces dernières années, certainement un signe que ces maladies ne sont pas prêtes de s’arrêter. Doit-on incriminer la société, son stress permanent, ce besoin de toujours devoir faire mieux ? Ou bien sont-ce les perturbations endocriniens, que l’on trouve aujourd’hui presque partout, les chocs violents qui dérèglent cette glande fragile ? La liste est longue, et au lieu de toujours chercher un coupable, essayons plutôt de comprendre.

Cette petite chose insignifiante qui ressemble tant à un papillon peut pourrir des vies. Ce n’est pas un cancer qui va tuer en six mois parfois, mais cette maladie peut creuser en profondeur, bousillant la vie de certains. Il y a de bons médecins, des mauvais comme partout.

Comme je l’écris dans ce recueil, j’ai rencontré un toubib de la pire espèce.

«  Je pense à un médecin que j’ai moi-même rencontré. Ma TSH avait fait subitement une envolée mais se trouvait encore dans la norme dite labo. Pourtant, j’étais un légume, frigorifiée, sans concentration. Je savais que mon traitement nécessitait juste une petite goutte de L-Thyroxine® en plus. Pourquoi ne l’ai-je pas prise toute seule ? Parce que je gardais tout de même confiance dans la médecine ! J’avais besoin d’aide, d’un conseil. Je n’ai rien eu de tout cela.  Le médecin m’a dédaigneusement dit que je devais être en pleine déprime, que j’étais bien stressée, que les élèves me fatiguaient et m’a juste prescrit un calmant, que je n’ai jamais pris. Je suis rentrée chez moi révoltée et le lendemain, j’ai augmenté mon dosage, toute seule, comme une grande. Une semaine après, j’étais de nouveau dans « ma norme » et explosais de forme. Si j’avais écouté ce type, je me serai gavée de médicaments qui m’auraient encore plus ralenti le cerveau, j’aurais continué à avoir froid toute la journée, à ressentir des crises de panique. Une goutte, juste une goutte qui a tout changé et qui a permis à ma TSH quelques semaines plus tard d’être de nouveau autour de 1, ma zone de confort. »

Aujourd’hui, je n’hésite plus à changer de praticiens si j’en rencontre un méprisant, à écrire même au conseil de l’ordre. Une nécessité de faire prendre conscience que nous ne sommes pas des Cobayes, que c’est vrai, il y a pire, mais que pour bien vivre sa maladie, on doit avoir une reconnaissance de celui qui est en face de nous.

Non, un malade de la thyroïde n’est pas un malade imaginaire, il ne simule pas, il n’en aurait même pas le courage dans ses pics de souffrance, il peut être soudain fatigué, sans aucun signal d’alarme. Si en plus d’un dérèglement s’ajoute une maladie auto-immune comme Hashimoto, les dés sont pipés. Rien n’est certain par avance, tout peut arriver.

Alors, oui, il faut continuer le combat jusqu’au bout, il faut continuer à visualiser du positif, car c’est important pour chacun de croire en le meilleur, et j’espère que dans deux ans, d’autres médecins auront rejoint la poignée qui nous soutient. Beaucoup le font dans l’ombre, car avec toutes les directives ministérielles, ce n’est pas au goût du jour d’ouvrir sa bouche pour dire que « l’on comprend un malade Hashimoto », et pourtant, on comprend bien un diabétique, une SEP, un dépressif, pourquoi on ne comprendrait pas une personne dont le papillon s’envole ?

 

Je rappelle que le recueil Hashimoto, mon amour est en stock de nouveau sur le site fnac

https://livre.fnac.com/a9389468/Sylvie-Grignon-Hashimoto-mon-amour#st=Hashimo&ct=&t=p

 

Et bientôt, un petit album jeunesse « H et la plume de l’espoir » chez Edilivre , pour que le message passe par les enfants.

 

( 26 octobre, 2017 )

Mais où est passé le bonheur ?

Pourquoi tout le monde veut-il plus que ce qu’il a ? Partout je ne lis que désespoir simplement parce que les personnes rêvent d’avoir plus. Elles sont dans une telle soif qu’elles passent à côté du bonheur tout simple. Une fois encore, la médiatisation a donné une définition universelle du bonheur liée à l’argent, à la possession des choses, au pouvoir, à la réussite, et en tout dernier à l’amour. Comme si l’amour s’inscrivait dans un cadre précis, comme s’il pouvait-être formaté, sculpté. L’amour n’a aucune limite, l’amour ne se force pas, il ne se choisit pas, il arrive. Le sentiment qui va en découler sera du bonheur. Peu importe si cette émotion dure ou non, l’éprouver est le premier pas.

Nul ne peut-être heureux dans un état d’esprit où règnent la violence, la haine, la douleur, la vengeance. Les émotions négatives bloquent cette course vers la plénitude, et malheureusement, trop de personnes ne vivent qu’en rabâchant le passé., et bien sûr le côté sombre du passé.

Où est passé le bonheur ? Il est là, à vos côtés, à vous de ne pas le rater. Déjà, il faut cesser de se mettre des barrières infranchissables. Le bonheur, ce peut-être une barre de chocolat aux noisettes. Vous avez trop de kilos ? Et alors ! Dégustez cette friandise sans culpabilité. Ce sera cette musique, une vous aimez tant, qui vous rappelle des souvenirs, que vous avez envie de chanter. Pourquoi la fuir ? Les souvenirs sont une trace de votre existence alors laissez vous planer, même si vos notes sont fausses, peu importe. Ce sera aussi ce dernier polar que vous venez d’acheter ( bien sûr si c’est le mien, ce serait encore mieux), mais même si c’est un Musso très critiqué, si vous aimez, prenez du plaisir ! Le bonheur ce sera ces amis que vous recevez avec joie, ce message qui va vous faire rire, ces petits riens qui font un tout.

Le bonheur, c’est surtout d’oser réaliser ses désirs, tenter, prendre quelqu’un dans ses bras pour l’aimer ou le consoler. Alors, non, le bonheur, il n’a pas disparu. Il faut juste ouvrir de grands yeux, bien regarder, cesser de ne penser qu’au temps, à l’argent, et même si c’est pour un temps court, ne pas le dénigrer. Mieux vaut de petits instants de bonheur, que pas de bonheur du tout !

( 21 septembre, 2017 )

Pourquoi ne peut-on effacer certaines personnes de nos mémoires ?

Pourquoi cette superbe chanson de JJG « Pas toi » revient-elle en mémoire ? Serait-ce certaines dates qui pointent leur nez ou l’arrivée de l’automne, ou simplement, le manque qui s’installe par vagues.

« J’ai beau me dire

Qu’il faut du temps

J’ai beau l’écrire

Si noir sur blanc

Quoi que je fasse

Où que je sois

Rien ne t’efface

Je pense à toi »

 

Pourquoi ? Nous pouvons passer des mois avec une personne, et ne pas souffrir du manque, et soudain pour une seule, pas la meilleure pourtant, pas nécessairement la plus gentille, celle-là va créer par son absence un vide dans nos vies, laissant un puits où nous tombons avec régularité.

Pourquoi ? Pourquoi ne pouvons-nous l’oublier ? Pourquoi n’arrivons-nous pas malgré nos jolis discours à tourner la page ?

Je n’ai pas de potion magique ni de solution miracle, je suis persuadée vu que nous sommes la somme de nos expériences, que ces perdre ont simplement laissé une traînée de poudre, et même si le temps efface les visages, s’il guérit de presque tout, (tout étant dans le presque) les souvenirs restent et ce sont eux qui maintiennent ce lien. Ce besoin de dire à quel point cette personne nous manque.

Ce temps, celui qui unit, celui qui sépare, ce passé que l’on regrette, ce présent que l’on n’ose pas vivre. Bien compliquée la vie … et puis, pourquoi vouloir à tout prix effacer ? On peut parfois juste réécrire dessus, en mieux … c’est ce que l’on appelle la seconde chance, alors pourquoi tout le monde n’y a pas droit ?

Tout se joue en 5 Secondes …

 

( Mes droits ayant été repris pour 5 Secondes, il  renaîtra dans quelques semaines sur Amazon, une seconde chance pour ce petit roman … )

( 18 septembre, 2017 )

Peut-on aimer deux personnes ?

Sandrine me pose cette redoutable question sur mon blog, qui pourrait aussi se conjuguer aussi bien au féminin qu’au masculin. C’est ce que j’appellerais une question piège, car tout dépend ce qui se cache derrière le mot amour. Ce mot a tant de signification, aimer, désirer, se déclinant à l’infini. L’amour maternel est illimité, alors pourquoi l’amour avec un grand A ne le serait-il pas ? Si nous rentrons dans le politiquement correct, nous sommes conditionnés dès notre tendre enfance à n’aimer qu’une seule personne, pour des raisons religieuses ou liées à la survie de l’espèce. Seulement, nous ne vieillissons pas toujours de la même manière ni au même rythme, et pouvons à un moment de notre vie être attiré par une autre personne. Appelez cela passion, désir, besoin de casser la routine, crise de la quarantaine, cinquantaine voire plus, peu importe. Quitte à choquer, oui, je pense que nombreuses sont les personnes qui en désirent deux à la fois, ne serait-ce que le béguin pour l’acteur du film culte ou le chanteur au top 50. Vous allez me dire que ce n’est pas la même chose, et pourquoi ? Il faut cesser de vivre au pays des Bisounours, combien de femmes ont fait l’amour en pensant à un autre homme? En rêvant d’autres choses ? Mieux vaut que vous ne le sachiez pas, messieurs ! Votre virilité en prendrait un coup. Après, passer à l’acte est certainement plus difficile, car aimer deux hommes ou deux femmes nécessite une organisation complexe, une confiance absolue dans l’autrre de l’ombre, et surtout autre chose que simplement de l’amour. Une liaison qui s’inscrit dans la durée, est une histoire où deux personnes se sont reconnues, pleinement, respectant l’autre vie.

Alors oui, on peut aimer passionnément deux personnes. Je pense que celle de l’ombre se conjuguera beaucoup plus sur une partition liée à l’érotisme, la sensualité, tandis que l’autre sera le pilier du foyer, basé sur la tendresse et la sécurité.

Ce type d’ouverture ne peut arriver que lorsque les deux partenaires laissent une brèche, une possibilité, souvent une usure de vie similaire, parfois inconsciemment niée.

Pourtant, le désir n’est-il pas surtout activé par cette passion de vivre qui nous dévore nous faisant voir la vie comme les couleurs d’un arc-en-ciel ? L’autre étant juste le catalyseur nous empêchant de nous perdre ?

Doit-on sacrifier cet amour pour sauver son couple ? Là aussi ne s’agit-il pas d’un leurre ? L’autre, celui auquel nous avons renoncé, n’est-il pas encore plus présent dans nos pensées, nous obligeant, malgré nous, à toujours l’aimer ?

( 30 juillet, 2017 )

Tout est éphémère

Enfant on m’avait dit que l’amour dure toujours, que la mort emporte les vieux, que si tu travailles bien, tu seras riche. Quelle claque cinquante ans après ! L’amour, cela se savoure, cela se déguste, mais cela finit toujours par disparaître ou se transformer ce qui est pareil. La mort n’épargne ni les nouveau-nés ni la personne la plus vigoureuse, en apparence. Elle arrive, elle prend, elle détruit, et repart, ailleurs. Quant à la richesse, elle n’est qu’illusion ! J’ai toujours bien travaillé, et pourtant ma retraite sera ridicule. Ainsi fonctionne notre société.

Quant à ces têtes bien pensantes qui imaginent que leurs philosophies ou leurs mots se trouveront immortalisés, comme s’ils étaient au-dessus du lot. Seule une poignée marquera l’histoire.

Notre petite vie n’est rien à l’échelle de l’humanité, quel orgueil incommensurable que de penser l’inverse. Souvenez-vous de la rose du Petit Prince, si éphémère qui sera certainement fanée le jour où le Petit Prince rejoindra sa planète. Il en sera de même de nos corps dans plusieurs centaines d’années. Il ne restera rien de nous, même pas une photo, le numérique aura tout emporté, même nos mots.

 

Nos sentiments également sont éphémères, il ne faut pas de se leurrer. Seuls les enfants croient encore aux contes de fées. L’amour, l’amitié, ces sentiments qui vont et viennent avec le vent, qui durent ou pas, qui cassent pour renaître ou pas.

Nous tombons amoureux, tellement souvent, parfois juste le temps d’un courant d’air, à tel point que cet amour éphémère va se transformer en fantasmes, et parfois, c’est rare, en un sentiment solide, sécurisant. Allons-nous cesser d’aimer ? Tout se joue dans ce verbe « aimer ». Si nous le relions au sexe, alors oui, son caractère éphémère va se volatiliser. S’il possède des fondations, alors il survivra, autrement.

L’amitié, c’est pareil. Notre route va croiser des dizaines de routes, pour certaines nous allons nous arrêter un temps, pour d’autres nous n’allons être que de passage. Certaines resteront, d’autres laisseront juste des traces, pas toujours agréables, mais qu’importe, nous passerons ensuite à autre chose de tout aussi éphémère, certainement, non sans oublier, car l’oubli, lui reste impossible. À certaines dates, nous nous rappellerons d’un temps qui n’est plus, avec un sourire ou pas, avec une larme ou pas, mais nous continuerons notre petite vie ponctuée de petits bonheurs tout aussi éphémères, de moments moins drôles dont l’image se brouillera, elle aussi,  avec le temps.

Enseignante, je me rends compte chaque fin d’années,  à quel point les larmes de mes CM2 à l’heure de passer pour la dernière fois la porte de l’école primaire est un moment intense, tout aussi éphémère puisqu’il sera oublié quelques jours après.

 

Au final, le bonheur ne réside-t-il pas simplement dans ce mot « éphémère », n’est-ce pas cette particularité qui fait que nous avons tellement peur de tout perdre, et qui nous fait ainsi savourer avec tant de plaisir ces quelques instants « éphémères » ?

( 26 juillet, 2017 )

Quart d’heure à la plage

Plus jeune, je passais des heures à lézarder au soleil, aujourdhui je préfère me promener le long de la mer, rêvasser en regardant les vagues s’écraser sur le sable, faire du vélo ou écrire, mais je garde mon quart d’heure plage, et quel moment !

 

Allez, je m’autorise quelques minutes à somnoler sur ma serviette, tranquille, enfin je le pensais, soudain voilà que la famille tartampion arrive, s’installe, et quand je dis s’installe, elle plante ses parasols, pose ses serviettes, les seaux, les pelles, les gosses qui se mettent à brailler, quand ce n’est pas le chien dans son panier qui se prend à aboyer. Là, bien sûr, sortant du brouillard, je vais pour me retourner, et vlan la gamine m’envoie en pleine figure son ballon. Sans s’excuser, elle vient le chercher tout en me regardant de travers. Je serre les dents, après tout je suis en vacances, et je dois rester zen. Je pense pouvoir enfin profiter de mon quart d’heure de béatitude, lorsque monsieur Machin s’installe sur sa serviette cramoisie à proximité, se badigeonne de crème solaire tout poussant des « yes » d’autosatisfaction, puis sort son téléphone. Ben oui, tout le monde sait que l’on va à la plage pour passer des coups de fil. À quand le PV « anti phone playa  » ? Bref le voilà qui appelle son fournisseur, qui lui hurle dessus, puis qui enchaîne des mots d’amour à sa femme lui promettant de revenir bien vite, lui jurant son amour, oups à sa maîtresse, car la femme arrive quelques minutes après, accompagnée d’un ado mal aimable. Heureusement, le soleil commence à bien chauffer, tout ce petit monde se calme, je vais enfin pouvoir profiter de mon quart d’heure tant désiré tout en flirtant avec Morphée, alors même si vous m’apercevez, je vous en conjure, ne venez pas me déranger. La plage, je ne passe pas des heures à lézarder, donc ces minutes, merci de me les laisser en profiter.

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