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( 27 octobre, 2017 )

Hashimoto, on continue ensemble ?

 

Déjà plus de deux ans que ce petit recueil a vu le jour, et continue sa route. Dans la préface, j’avais écrit « Je suis atteinte moi-même de la maladie d’Hashimoto. Ce n’est pas mon histoire, juste un cri d’alerte afin de faire comprendre aux Autres, que certaines maladies invisibles engendrent de véritables souffrances, qu’il ne faut pas négliger.  Cette maladie fait partie de ma vie depuis bientôt deux ans. Arrivée, sans crier gare, sans prévenir, sournoisement. Pire qu’un amant jaloux, elle est toujours là à me suivre partout, à anticiper le moindre de mes mouvements, à m’empêcher d’agir à l’instant où il me serait nécessaire de le faire. Au moment où je vais le mieux, elle revient, plus forte, Hashimoto s’est infiltrée en moi. J’ai dû l’accepter, avec difficulté, me l’approprier et en sortir le meilleur. »

Deux ans plus tard, je constate avec regrets que cela n’avance qu’à pas d’escargot. Les médias continuent à dénigrer les maladies thyroïdiennes allant jusqu’à dire que ce ne sont que des maladies de gonzesses, propos repris par de nombreux internautes qui n’ont rien compris. D’abord, il n’y a pas que des femmes atteintes, et de deux, il y a aussi des enfants, beaucoup trop ces dernières années, certainement un signe que ces maladies ne sont pas prêtes de s’arrêter. Doit-on incriminer la société, son stress permanent, ce besoin de toujours devoir faire mieux ? Ou bien sont-ce les perturbations endocriniens, que l’on trouve aujourd’hui presque partout, les chocs violents qui dérèglent cette glande fragile ? La liste est longue, et au lieu de toujours chercher un coupable, essayons plutôt de comprendre.

Cette petite chose insignifiante qui ressemble tant à un papillon peut pourrir des vies. Ce n’est pas un cancer qui va tuer en six mois parfois, mais cette maladie peut creuser en profondeur, bousillant la vie de certains. Il y a de bons médecins, des mauvais comme partout.

Comme je l’écris dans ce recueil, j’ai rencontré un toubib de la pire espèce.

«  Je pense à un médecin que j’ai moi-même rencontré. Ma TSH avait fait subitement une envolée mais se trouvait encore dans la norme dite labo. Pourtant, j’étais un légume, frigorifiée, sans concentration. Je savais que mon traitement nécessitait juste une petite goutte de L-Thyroxine® en plus. Pourquoi ne l’ai-je pas prise toute seule ? Parce que je gardais tout de même confiance dans la médecine ! J’avais besoin d’aide, d’un conseil. Je n’ai rien eu de tout cela.  Le médecin m’a dédaigneusement dit que je devais être en pleine déprime, que j’étais bien stressée, que les élèves me fatiguaient et m’a juste prescrit un calmant, que je n’ai jamais pris. Je suis rentrée chez moi révoltée et le lendemain, j’ai augmenté mon dosage, toute seule, comme une grande. Une semaine après, j’étais de nouveau dans « ma norme » et explosais de forme. Si j’avais écouté ce type, je me serai gavée de médicaments qui m’auraient encore plus ralenti le cerveau, j’aurais continué à avoir froid toute la journée, à ressentir des crises de panique. Une goutte, juste une goutte qui a tout changé et qui a permis à ma TSH quelques semaines plus tard d’être de nouveau autour de 1, ma zone de confort. »

Aujourd’hui, je n’hésite plus à changer de praticiens si j’en rencontre un méprisant, à écrire même au conseil de l’ordre. Une nécessité de faire prendre conscience que nous ne sommes pas des Cobayes, que c’est vrai, il y a pire, mais que pour bien vivre sa maladie, on doit avoir une reconnaissance de celui qui est en face de nous.

Non, un malade de la thyroïde n’est pas un malade imaginaire, il ne simule pas, il n’en aurait même pas le courage dans ses pics de souffrance, il peut être soudain fatigué, sans aucun signal d’alarme. Si en plus d’un dérèglement s’ajoute une maladie auto-immune comme Hashimoto, les dés sont pipés. Rien n’est certain par avance, tout peut arriver.

Alors, oui, il faut continuer le combat jusqu’au bout, il faut continuer à visualiser du positif, car c’est important pour chacun de croire en le meilleur, et j’espère que dans deux ans, d’autres médecins auront rejoint la poignée qui nous soutient. Beaucoup le font dans l’ombre, car avec toutes les directives ministérielles, ce n’est pas au goût du jour d’ouvrir sa bouche pour dire que « l’on comprend un malade Hashimoto », et pourtant, on comprend bien un diabétique, une SEP, un dépressif, pourquoi on ne comprendrait pas une personne dont le papillon s’envole ?

 

Je rappelle que le recueil Hashimoto, mon amour est en stock de nouveau sur le site fnac

https://livre.fnac.com/a9389468/Sylvie-Grignon-Hashimoto-mon-amour#st=Hashimo&ct=&t=p

 

Et bientôt, un petit album jeunesse « H et la plume de l’espoir » chez Edilivre , pour que le message passe par les enfants.

 

( 26 octobre, 2017 )

Mais où est passé le bonheur ?

Pourquoi tout le monde veut-il plus que ce qu’il a ? Partout je ne lis que désespoir simplement parce que les personnes rêvent d’avoir plus. Elles sont dans une telle soif qu’elles passent à côté du bonheur tout simple. Une fois encore, la médiatisation a donné une définition universelle du bonheur liée à l’argent, à la possession des choses, au pouvoir, à la réussite, et en tout dernier à l’amour. Comme si l’amour s’inscrivait dans un cadre précis, comme s’il pouvait-être formaté, sculpté. L’amour n’a aucune limite, l’amour ne se force pas, il ne se choisit pas, il arrive. Le sentiment qui va en découler sera du bonheur. Peu importe si cette émotion dure ou non, l’éprouver est le premier pas.

Nul ne peut-être heureux dans un état d’esprit où règnent la violence, la haine, la douleur, la vengeance. Les émotions négatives bloquent cette course vers la plénitude, et malheureusement, trop de personnes ne vivent qu’en rabâchant le passé., et bien sûr le côté sombre du passé.

Où est passé le bonheur ? Il est là, à vos côtés, à vous de ne pas le rater. Déjà, il faut cesser de se mettre des barrières infranchissables. Le bonheur, ce peut-être une barre de chocolat aux noisettes. Vous avez trop de kilos ? Et alors ! Dégustez cette friandise sans culpabilité. Ce sera cette musique, une vous aimez tant, qui vous rappelle des souvenirs, que vous avez envie de chanter. Pourquoi la fuir ? Les souvenirs sont une trace de votre existence alors laissez vous planer, même si vos notes sont fausses, peu importe. Ce sera aussi ce dernier polar que vous venez d’acheter ( bien sûr si c’est le mien, ce serait encore mieux), mais même si c’est un Musso très critiqué, si vous aimez, prenez du plaisir ! Le bonheur ce sera ces amis que vous recevez avec joie, ce message qui va vous faire rire, ces petits riens qui font un tout.

Le bonheur, c’est surtout d’oser réaliser ses désirs, tenter, prendre quelqu’un dans ses bras pour l’aimer ou le consoler. Alors, non, le bonheur, il n’a pas disparu. Il faut juste ouvrir de grands yeux, bien regarder, cesser de ne penser qu’au temps, à l’argent, et même si c’est pour un temps court, ne pas le dénigrer. Mieux vaut de petits instants de bonheur, que pas de bonheur du tout !

( 21 septembre, 2017 )

Pourquoi ne peut-on effacer certaines personnes de nos mémoires ?

Pourquoi cette superbe chanson de JJG « Pas toi » revient-elle en mémoire ? Serait-ce certaines dates qui pointent leur nez ou l’arrivée de l’automne, ou simplement, le manque qui s’installe par vagues.

« J’ai beau me dire

Qu’il faut du temps

J’ai beau l’écrire

Si noir sur blanc

Quoi que je fasse

Où que je sois

Rien ne t’efface

Je pense à toi »

 

Pourquoi ? Nous pouvons passer des mois avec une personne, et ne pas souffrir du manque, et soudain pour une seule, pas la meilleure pourtant, pas nécessairement la plus gentille, celle-là va créer par son absence un vide dans nos vies, laissant un puits où nous tombons avec régularité.

Pourquoi ? Pourquoi ne pouvons-nous l’oublier ? Pourquoi n’arrivons-nous pas malgré nos jolis discours à tourner la page ?

Je n’ai pas de potion magique ni de solution miracle, je suis persuadée vu que nous sommes la somme de nos expériences, que ces perdre ont simplement laissé une traînée de poudre, et même si le temps efface les visages, s’il guérit de presque tout, (tout étant dans le presque) les souvenirs restent et ce sont eux qui maintiennent ce lien. Ce besoin de dire à quel point cette personne nous manque.

Ce temps, celui qui unit, celui qui sépare, ce passé que l’on regrette, ce présent que l’on n’ose pas vivre. Bien compliquée la vie … et puis, pourquoi vouloir à tout prix effacer ? On peut parfois juste réécrire dessus, en mieux … c’est ce que l’on appelle la seconde chance, alors pourquoi tout le monde n’y a pas droit ?

Tout se joue en 5 Secondes …

 

( Mes droits ayant été repris pour 5 Secondes, il  renaîtra dans quelques semaines sur Amazon, une seconde chance pour ce petit roman … )

( 18 septembre, 2017 )

Peut-on aimer deux personnes ?

Sandrine me pose cette redoutable question sur mon blog, qui pourrait aussi se conjuguer aussi bien au féminin qu’au masculin. C’est ce que j’appellerais une question piège, car tout dépend ce qui se cache derrière le mot amour. Ce mot a tant de signification, aimer, désirer, se déclinant à l’infini. L’amour maternel est illimité, alors pourquoi l’amour avec un grand A ne le serait-il pas ? Si nous rentrons dans le politiquement correct, nous sommes conditionnés dès notre tendre enfance à n’aimer qu’une seule personne, pour des raisons religieuses ou liées à la survie de l’espèce. Seulement, nous ne vieillissons pas toujours de la même manière ni au même rythme, et pouvons à un moment de notre vie être attiré par une autre personne. Appelez cela passion, désir, besoin de casser la routine, crise de la quarantaine, cinquantaine voire plus, peu importe. Quitte à choquer, oui, je pense que nombreuses sont les personnes qui en désirent deux à la fois, ne serait-ce que le béguin pour l’acteur du film culte ou le chanteur au top 50. Vous allez me dire que ce n’est pas la même chose, et pourquoi ? Il faut cesser de vivre au pays des Bisounours, combien de femmes ont fait l’amour en pensant à un autre homme? En rêvant d’autres choses ? Mieux vaut que vous ne le sachiez pas, messieurs ! Votre virilité en prendrait un coup. Après, passer à l’acte est certainement plus difficile, car aimer deux hommes ou deux femmes nécessite une organisation complexe, une confiance absolue dans l’autrre de l’ombre, et surtout autre chose que simplement de l’amour. Une liaison qui s’inscrit dans la durée, est une histoire où deux personnes se sont reconnues, pleinement, respectant l’autre vie.

Alors oui, on peut aimer passionnément deux personnes. Je pense que celle de l’ombre se conjuguera beaucoup plus sur une partition liée à l’érotisme, la sensualité, tandis que l’autre sera le pilier du foyer, basé sur la tendresse et la sécurité.

Ce type d’ouverture ne peut arriver que lorsque les deux partenaires laissent une brèche, une possibilité, souvent une usure de vie similaire, parfois inconsciemment niée.

Pourtant, le désir n’est-il pas surtout activé par cette passion de vivre qui nous dévore nous faisant voir la vie comme les couleurs d’un arc-en-ciel ? L’autre étant juste le catalyseur nous empêchant de nous perdre ?

Doit-on sacrifier cet amour pour sauver son couple ? Là aussi ne s’agit-il pas d’un leurre ? L’autre, celui auquel nous avons renoncé, n’est-il pas encore plus présent dans nos pensées, nous obligeant, malgré nous, à toujours l’aimer ?

( 30 juillet, 2017 )

Tout est éphémère

Enfant on m’avait dit que l’amour dure toujours, que la mort emporte les vieux, que si tu travailles bien, tu seras riche. Quelle claque cinquante ans après ! L’amour, cela se savoure, cela se déguste, mais cela finit toujours par disparaître ou se transformer ce qui est pareil. La mort n’épargne ni les nouveau-nés ni la personne la plus vigoureuse, en apparence. Elle arrive, elle prend, elle détruit, et repart, ailleurs. Quant à la richesse, elle n’est qu’illusion ! J’ai toujours bien travaillé, et pourtant ma retraite sera ridicule. Ainsi fonctionne notre société.

Quant à ces têtes bien pensantes qui imaginent que leurs philosophies ou leurs mots se trouveront immortalisés, comme s’ils étaient au-dessus du lot. Seule une poignée marquera l’histoire.

Notre petite vie n’est rien à l’échelle de l’humanité, quel orgueil incommensurable que de penser l’inverse. Souvenez-vous de la rose du Petit Prince, si éphémère qui sera certainement fanée le jour où le Petit Prince rejoindra sa planète. Il en sera de même de nos corps dans plusieurs centaines d’années. Il ne restera rien de nous, même pas une photo, le numérique aura tout emporté, même nos mots.

 

Nos sentiments également sont éphémères, il ne faut pas de se leurrer. Seuls les enfants croient encore aux contes de fées. L’amour, l’amitié, ces sentiments qui vont et viennent avec le vent, qui durent ou pas, qui cassent pour renaître ou pas.

Nous tombons amoureux, tellement souvent, parfois juste le temps d’un courant d’air, à tel point que cet amour éphémère va se transformer en fantasmes, et parfois, c’est rare, en un sentiment solide, sécurisant. Allons-nous cesser d’aimer ? Tout se joue dans ce verbe « aimer ». Si nous le relions au sexe, alors oui, son caractère éphémère va se volatiliser. S’il possède des fondations, alors il survivra, autrement.

L’amitié, c’est pareil. Notre route va croiser des dizaines de routes, pour certaines nous allons nous arrêter un temps, pour d’autres nous n’allons être que de passage. Certaines resteront, d’autres laisseront juste des traces, pas toujours agréables, mais qu’importe, nous passerons ensuite à autre chose de tout aussi éphémère, certainement, non sans oublier, car l’oubli, lui reste impossible. À certaines dates, nous nous rappellerons d’un temps qui n’est plus, avec un sourire ou pas, avec une larme ou pas, mais nous continuerons notre petite vie ponctuée de petits bonheurs tout aussi éphémères, de moments moins drôles dont l’image se brouillera, elle aussi,  avec le temps.

Enseignante, je me rends compte chaque fin d’années,  à quel point les larmes de mes CM2 à l’heure de passer pour la dernière fois la porte de l’école primaire est un moment intense, tout aussi éphémère puisqu’il sera oublié quelques jours après.

 

Au final, le bonheur ne réside-t-il pas simplement dans ce mot « éphémère », n’est-ce pas cette particularité qui fait que nous avons tellement peur de tout perdre, et qui nous fait ainsi savourer avec tant de plaisir ces quelques instants « éphémères » ?

( 26 juillet, 2017 )

Quart d’heure à la plage

Plus jeune, je passais des heures à lézarder au soleil, aujourdhui je préfère me promener le long de la mer, rêvasser en regardant les vagues s’écraser sur le sable, faire du vélo ou écrire, mais je garde mon quart d’heure plage, et quel moment !

 

Allez, je m’autorise quelques minutes à somnoler sur ma serviette, tranquille, enfin je le pensais, soudain voilà que la famille tartampion arrive, s’installe, et quand je dis s’installe, elle plante ses parasols, pose ses serviettes, les seaux, les pelles, les gosses qui se mettent à brailler, quand ce n’est pas le chien dans son panier qui se prend à aboyer. Là, bien sûr, sortant du brouillard, je vais pour me retourner, et vlan la gamine m’envoie en pleine figure son ballon. Sans s’excuser, elle vient le chercher tout en me regardant de travers. Je serre les dents, après tout je suis en vacances, et je dois rester zen. Je pense pouvoir enfin profiter de mon quart d’heure de béatitude, lorsque monsieur Machin s’installe sur sa serviette cramoisie à proximité, se badigeonne de crème solaire tout poussant des « yes » d’autosatisfaction, puis sort son téléphone. Ben oui, tout le monde sait que l’on va à la plage pour passer des coups de fil. À quand le PV « anti phone playa  » ? Bref le voilà qui appelle son fournisseur, qui lui hurle dessus, puis qui enchaîne des mots d’amour à sa femme lui promettant de revenir bien vite, lui jurant son amour, oups à sa maîtresse, car la femme arrive quelques minutes après, accompagnée d’un ado mal aimable. Heureusement, le soleil commence à bien chauffer, tout ce petit monde se calme, je vais enfin pouvoir profiter de mon quart d’heure tant désiré tout en flirtant avec Morphée, alors même si vous m’apercevez, je vous en conjure, ne venez pas me déranger. La plage, je ne passe pas des heures à lézarder, donc ces minutes, merci de me les laisser en profiter.

( 19 juillet, 2017 )

Les années passent, Hashimoto reste.

Déjà presque quatre ans qu’Hashimoto s’est invitée à ma table. Je ne l’y avais pas conviée, mais elle s’est installée sournoisement, et ne m’a plus quittée.

Quatre ans déjà … Le choc fut terrible, incompréhensible, la réalité s’était imposée avec force. Je n’étais plus la personne active et dynamique que j’étais, je n’étais plus  qu’une malade qui s’auto-détruisait, fatiguée, un légume sur pattes.

Les deux premières années furent très difficiles, avec des troubles divers et variés que tous les malades connaissent, des coups de fatigue presque continus, et si j’ai survécu, c’est exclusivement grâce à mes mots, à ce petit recueil « Hashimoto, mon amour » dont je remercie encore l’éditrice pour avoir tenté cette aventure. Par ce livre, j’ai pu donner un sens à une maladie qui n’en avait aucun, j’ai pu tirer un trait sur la méchanceté humaine qui m’avait poussée dans ce ravin. Ce que l’on ne peut supporter, le corps va le faire savoir. À l’époque, j’ai accepté, honteuse, triste, les rumeurs, les ragots, les discussions et les histoires qui se tramaient derrière mon dos. En se donnant bonne contenance, sans rien comprendre, certaines personnes ont tiré à vue, me fusillant du regard dans la rue, m’immolant. Coupable sans procès, simplement de n’avoir su protéger ma vie amicale. La thyroide, centre des émotions, a parlé à ma place.

Serais-je Hashimoto sans ce drame ? Nul ne peut l’affirmer, la maladie attendait certainement son heure pour frapper. La bêtise humaine, il devrait y avoir un médicament pour ! Les gens croient ce qu’ils veulent croire, jugent sans entendre, sans prendre conscience du mal qu’ils font.

Et l’important n’est-il pas que j’ai survécu au pire ? Je suis tombée au fond d’un puits, et me suis relevée, j’ai mis du temps, j’ai failli lâcher, mais j’ai rebondi.

Quatre ans déjà … Hashimoto est toujours là, j’ai un traitement à vie. Je l’accepte, c’est comme ça. Je vis normalement, pleinement chaque instant, sereinement.

Ah je ne serai plus jamais comme avant, mais c’est peut-être une bonne chose. J’ai grandi, j’ai ralenti mon rythme, je pèse mes mots, je ne m’emporte plus ( ou rarement). La maladie ? Je l’oublie souvent, même si lors de grand stress ( mon travail n’est pas de tout repos), elle se rappelle à moi, alors avec mon médecin toujours à l’écoute, on réajuste, on cherche comment soulager tel soucis qui s’invite.

Facile à gérer ? Pas tous les jours, surtout qu’étant allergique au stérate de magnésium, je ne peux prendre que peu de médicaments. Heureusement qu’ils n’ont pas encore mis d’excipients dans mon traitement, sinon que deviendrais-je ?

La vie ? Elle est belle la vie, elle est courte la vie, elle n’est pas facile, la vie, mais il faut s’accrocher car on n’en a qu’une.

Je ne suis pas tombée malade par hasard, mais cette maladie m’a fait prendre conscience d’une vraie réalité, on peut toujours continuer avancer, et même si c’est long, il arrive un moment où on voit une amélioration.

Pour certains malades, ce sera très vite, pour d’autres il faudra des années. Ce serait bien que les chercheurs se penchent sur la question, car à bien y regarder tout dépend si le caractère est héréditaire, lié à un traumatisme, ou environnemental.

Trouver la cause permettrait d’éviter que cet organe unique, dont on ne connait même pas l’utilité « avant », ne se détruise.

 

Alors le combat continue. La page Hashimoto a été retirée par FB. Pourquoi tant de divergences alors que nous ne devrions faire qu’un face à la maladie ? J’ai régulièrement des messages d’insultes sur ce blog, pourquoi ? Aider les autres bénévolement semble poser problèmes dans cette société de profit.

Et contrairement aux fausses informations, Hashimoto, mon amour est toujours en vente sur le site de la Fnac, et disponible ! Une cause comme celle-ci ne peut s’arrêter que lorsque les malades seront tous entendus !

Alors, on continue ? Ensemble ? Malades, familles, soignants, étudiants en médecin ( de plus en plus nombreux, merci à vous), ensemble, on donnera cette petite poudre qui s’appelle espoir.

 

http://livre.fnac.com/a9389468/Sylvie-Grignon-Hashimoto-mon-amour

( 19 mai, 2017 )

Eh, c’est à toi que je parle !

Petit clin d’oeil à ces actes manqués parfois par orgueil ou stupidité.

 

« Eh, stop, arrête-toi, oui toi, ne fais pas semblant de ne pas me voir. J’existe, tu ne peux le nier. Je ne suis pas un fantôme désincarné. Ne passe pas ainsi sans me regarder, comme si je n’existais pas, comme si tu ne me connaissais pas. Ne m’oblige pas à t’attraper par le bras. Ce dédain dans ton regard, je déteste cela. Que t’est-il arrivé ? Tu étais si charmant, si attentionné. Tu ne peux avoir ainsi changé.

Ne m’oblige pas à élever la voix, je ne le supporte pas. Je ne te demande presque rien, juste de croiser mon regard. Tes yeux ne mentaient pas, tout comme tes silences. Alors pourquoi ? Pourquoi fais-tu semblant de ne pas me voir ? Ça y est, te voilà accaparé par ton fichu téléphone. C’est facile pour faire diversion, pour fuir une réalité qui te remettrait en question. Je parie qu’il n’y a personne qui t’appelle, que tu fais semblant, encore, juste pour te donner une contenance, juste pour ne pas affronter mes sentiments. Ne me dis pas que tu as peur, que la culpabilité te ronge, pas toi, je ne le croirais pas, tu es tellement sûr de toi. Bien sûr que tu étais trop bien pour moi, tu crois que je ne le savais pas, et alors ? Au cas où ça, tu ne le savais pas, l’amour ça ne se commande pas, ça arrive sans prévenir, ça s’installe et ensuite c’est pire que du chewing gum, on n’arrive plus à s’en débarrasser. La preuve, tu crois que je n’ai pas essayé de t’oublier ? Je n’ai fait que cela, même prier un Dieu qui certainement n’existe pas, puisque là, à te croiser, je n’ai juste qu’une envie, sentir ton regard se poser, voir un sourire se dessiner, et puis, ne t’énerve pas je peux rêver, sentir ta bouche déposer sur ma joue un baiser.

Bon sang ! Tu m’as dépassée sans t’arrêter, sans te retourner. Serais-je défigurée ?

Aurais-je pris tant d’années ? Peut-être tout simplement ne m’as-tu pas reconnue ? Peut-être que ta mémoire s’est effacée ? Que l’hiver s’est installé ? C’est vrai que les années se sont égrainées, c’est vrai à bien y penser, tu as sacrément changé. Tu es plus vouté, moins enjoué, presque déprimé. Ne me dis pas que t’es malheureux ? Que tu t’es planté ? Que t’as mal choisi ? Je ne le supporterais pas. J’ai tout accepté pour toi, pour que tu sois heureux loin de moi. Est-ce que nous nous serions trompés ? Arrête, je voudrais juste savoir, juste te demander. Trop tard, tu es déjà loin. Pourquoi t’ai-je laissé passer ? pourquoi n’ai-je pas osé ?

Il ne me fallait juste que quelques secondes pour peindre ton sourire, et je t’ai laissé partir, mais c’est promis, la prochaine fois, c’est moi qui me retournerais, et je te jure, je te sourirais.

Texte protégé @

 

( 11 février, 2017 )

Ces appels en masqués

Le modernisme a ouvert une porte en offrant les appels masqués teintés de charme, propices aux fantasmes. Qui pourrait bien se cacher derrière ces nombreuses sonneries, certaines raccrochant avant d’avoir parlé. Naïvement, chacun pense au d’un prince charmant, tout tremblant, n’osant prononcer le moindre mot, par timidité. C’est touchant. Ce désir bouleverse, l’interlocuteur peut se l’imaginer ruisselante de désir, prête à avouer ses sentiments, mais ne pouvant s’y résoudre. Un peu comme dans la chanson de Diane Tell  » Si j’étais un homme »
« Je t’appellerais tous les jours, rien que pour entendre ta voix. »
Terriblement romantique. Nombreux ceux qui ont déjà senti leur coeur vibrer et qui ont désiré juste entendre la voix de l’autre, son timbre, son souffle.
Les gens stressés ou pressés ne s’attarderont pas sur ces futilités, mais les autres …
Ceux qui ont ressenti le besoin viscéral de composer ce numéro issu du passé, trainant sur un vieux bout de papier, et qui, au dernier moment, ont eu peur de parler, les mots sur le bout de la langue, par la peur qu’on leur raccroche au nez. Quel acte manqué !
Le smartphone a statistiquement remplacé le téléphone, et l’habitude du sms bloque souvent ce lien unique que sont les mots, simplement parce qu’écrire est plus simple, tandis que répondre à un appel, c’est se mettre en danger, dire le mot qu’il ne faut pas. Un sms se rattrape toujours, un appel a un pouvoir irréversible. L’émotion contenu dans une voix peut tout basculer. Nul besoin d’avoir vingt ans, pour foutre en l’air une conversation soigneusement préparée. Prenons l’exemple de l’appel que l’on a attendu tout l’été, faisant suite à des sms sans équivoque, que l’on a imaginé, rêvé et qui va diaboliquement se planter, parce que l’autre va nous prendre par surprise, poser la question à laquelle on n’arrive pas à répondre si vite, ou bien cet autre dont la voix ne semble pas aussi enjouée qu’on le supposait, cette discussion jouant sur l’ambiguïté, nous faisant douter, et on sait tous que parfois il ne faut pas grand chose pour perdre confiance en soi. Alors on raccroche, dépité, les larmes aux yeux, avec un cuisant sentiment d’échec, le mal est fait, on ne peut plus rien changer. Ce sera le souvenir de cet appel que l’on va regretter indéfiniment .
Toute l’ampleur de ces appels masqués réside dans ce silence porteur d’espérance.
Vous vous doutez bien que ma plume ne va pas s’attarder sur les démarcheurs de produits qui vont vite nous saouler ou les erreurs de numéros. Non, je parle juste de ces appels volontairement passés, anonymes, réguliers, ponctués parfois de codes que nous seuls pouvons identifier. Ces appels magiques, ces appels énigmatiques, qui vous font nous sentir aimer, un petit peu, un instant, même si c’est illusoire.
Un jour, parce que rien ne dure, parce que les autres s’en mêlent, le téléphone ne sonne plus. On se met à apprivoiser l’absence, à ne plus y penser, moins, parce que certaines personnes continuent à créer un vide. Pourtant, que ne donnerions-nous pas pour voir de nouveau s’afficher un appel masqué, son appel masqué. Juste cinq secondes, rien, une éternité. Alors vous qui me lisez, et si vous osiez, la vie est bien trop courte pour renoncer à ces appels masqués.

( 11 janvier, 2017 )

Ces hommes que l’on n’oublie pas.

Une chanson me disait récemment une amie, et le passé se rappelle à notre bon souvenir. Les statistiques montrent pourtant que les hommes souffrent bien plus que les femmes face à une rupture qu’ils n’ont pas décidée. Pourquoi ? Serait-ce parce que leur égo en a pris un sacré coup ou parce qu’à force de jouer les insensibles en surface, sous la couche, un coeur saigne ? L’amour est le sentiment le plus beau qui soit, magique, irréel que l’on dessine du bout des lèvres, du bout d’un pinceau, d’un stylo, d’une caresse. L’amour, c’est une énergie qui nous envahit jusqu’à nous rendre dépendant, pouvant nous changer. Les affinités amoureuses ne sont pas monnaie courante, c’est cette sensation presque parfaite de se sentir combler lorsque l’on se trouve avec l’autre que ce soit pour quelques minutes ou pour une vie. Ces hommes qui vont ainsi toucher notre âme ne seront parfois que de passage tel un éclair dans notre vie, parce qu’ils ne sont pas libres ou simplement pas amoureux, et pourtant ils vont laisser un sillon brûlant, un souvenir inébranlable, malgré les jours, les mois voire les années.
Pourquoi sont-ils si difficiles à oublier ? Parce que souvent nous n’arrivons pas à pardonner l’autre ce souhait de ne plus avoir de contact, nous lui en voulons de ne plus ou pas nous aimer. La colère, la frustration s’invitent alors à notre porte et plutôt que de refuser d’ouvrir, nous laissons s’infiltrer ces émotions bien trop négatives. Il faut se reconstruire après une rupture, surtout si elle n’a pas d’issue positive, surtout si on est certain d’avoir tout essayé, sinon on tombera vite dans un schéma type : dépression, rancune, violence.
Tous les psychologues sont unanimes sur ce point, il faut pardonner, ce qui ne veut pas dire oublier ou nier. Mais comment pardonner quand on a si mal ? Quand on ne cesse de penser en boucle au mal que l’autre nous a fait, à nos rêves effondrés, à ce désir non satisfait ? Tout d’abord, il est important de se dire que le pardon n’implique pas l’oubli.
 » Je sais ce que tu m’as fait, je ne l’oublierai jamais, mais j’accepte de te pardonner, de me pardonner, et de ne pas en reparler, et surtout, je te fais savoir que je ne prendrais pas ta culpabilité sur mes épaules. Ce qui est fait ne peut s’effacer. »
Il me semble primordial, et c’est le plus difficile, d’accepter la souffrance que l’on a pu ressentir et de la verbaliser.
« Je t’ai aimé à en mourir, au fond de mon âme, de mon coeur, ton abandon fut une véritable violence, même si tu ne l’as pas comprise, et je veux que tu le saches. »
Ce pardon que l’on accepte au fond de nous implique-t-il de se réconcilier avec l’autre ? La vie n’est pas un conte de fées et souvent, deux personnes n’évoluent pas au même rythme. Lorsque l’une termine son chemin vers sa reconstruction, l’autre parfois la commence juste. Très souvent, ces deux personnes n’ont plus rien à se dire, se raccrochent à un amour ancien qui n’existe plus. Souvent, on ne parvient pas à oublier ces hommes, simplement parce qu’il est sécurisant de se raccrocher à un ancien amour ou à une illusion. Tourner la page est violent, difficile et pose la question inéluctable  » Et si … Et si, il m’aime toujours, et si il est mon âme soeur, et si on pouvait juste une fois refaire ensemble le monde, et si je pouvais lui dire à quel point je l’aime Ou plutôt, je l’ai aimé … »
Au final, et si on les oubliait ces hommes qui nous ont fait tant de mal ? Parce qu’au final, s’ils  avaient voulu revenir vers nous, ne l’auraient-ils déjà fait ?

 

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